Côte de Guinée

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Carte anglaise du XVIIIe siècle désignant une large zone appelée « Guinée ». L'intérieur des terres était alors largement inconnu des Européens, comme en témoigne le tracé du Niger. Le Negroland était appelé Nigritie ou Soudan sur les cartes françaises.

La côte de Guinée s'allonge sur 3 600 km de la presqu'île du Cap-Vert au mont Cameroun. C'est une portion du littoral africain où les Européens pratiquèrent, à partir du milieu du XVe siècle, un commerce intense avec les royaumes africains littoraux. L'or et les esclaves étaient l'objet de lucratives transactions. Les esclaves étaient capturés dans un vaste espace en Afrique de l'Ouest, à l'intérieur des terres, entre le golfe de Guinée et le cours moyen du Niger. On prit l'habitude d'appeler Guinée cet espace géographique très mal défini[1].

L'origine du nom de Guinée[modifier | modifier le code]

Avant leur venue le long des côtes de Guinée, les Européens avaient accès aux marchandises de l'Afrique subsaharienne par l'intermédiaire des Maghrébins de la côte des Barbaresques qui contrôlaient aussi les routes commerciales transsahariennes. L'or et les esclaves étaient vendus comme venant de Djenné, la ville mythique d'Afrique noire, dotée d'une mosquée célèbre, grand marché et grand point de départ de caravanes sur les rives du Niger.

Trois routes transsahariennes atteignaient le pays de Djenné[2] :

Ayant réussi, grâce aux progrès de la navigation, à court-circuiter les Barbaresques et à atteindre Djenné par le sud, les Européens appelèrent « côte de Guinée » le nouveau littoral à partir duquel il leur était désormais possible de commercer avec Djenné.

Pour Léon l'Africain (1494-1554) qui passa sa jeunesse à Fès et certains auteurs plus récents qui se réfèrent à lui, ce nom proviendrait du nom de « Djenné »[3]. Ce témoignage a le mérite de nous renseigner sur la grande renommée de cette ville auprès des Maghrebins. Mais certains autres auteurs font remarquer que, dans les langues tamazightes parlées par les Berbères d'Afrique du Nord et les Touaregs, l'expression Akal n-Iguinawen signifie "Terre des Noirs", Ghinawen "Noirs", mot arabisé en Guinauha ou Genewah dans les dialectes maghrébin. C'est un fait que les musiciens noirs d'origine subsaharienne qui se produisent aujourd'hui dans tout le Maghreb y sont appelés Gnaouas (Guinéens). Il y a donc une incertitude sur l'étymologie du mot Guinée.

La première apparition du mot Guinée se trouve dans une Chronique de Gomes Eanes de Zurara rédigée en 1453 et intitulée Découvertes d'Henri le Navigateur. En 1483, Jean II de Portugal ajoute à ses titre celui de seigneur de Guinée (Senhor da Guiné).

Qu'est-ce que la Guinée ?[modifier | modifier le code]

Si la côte de Guinée est définissable et cartographiable, la Guinée n'est pas une région qu'on pourrait précisément définir et cartographier à l'intérieur de frontières. C'est un espace aux contours vagues qui varie beaucoup en fonction du lieu à partir duquel on le considère.

Vue à partir du Maghreb...[modifier | modifier le code]

Vue à partir de l'océan Atlantique...[modifier | modifier le code]

Dans les siècles qui précédèrent la colonisation cependant, du XVe au XVIIIe siècle, il est arrivé que les Européens distinguent une haute Guinée bordée par la côte de Guinée, de la presqu'île du Cap-Vert au mont Cameroun, et une basse Guinée du mont Cameroun au cap de Bonne-Espérance. Cette terminologie, qui s'appuyait sur une différence de richesse entre une côte riche en or et en esclaves et une côte, à l'époque, moins attractive, a été abandonnée.

Histoire de l'installation des premiers Européens sur la côte de Guinée[modifier | modifier le code]

Les Portugais, déjà implantés sur le littoral saharien à Boujdour (depuis 1434), sur le cap Blanc (depuis 1441), sur l'île d'Arguin (depuis 1445), fondèrent un établissement commercial sur la presqu'île du Cap-Vert en 1445, à Portudal, sur la Côte sérère, en 1447 et à Cacheu, au nord de l'actuelle Guinée-Bissau en 1450. Entre 1482 et 1484, ils établirent les postes d'Axim et de Saint-Georges-de-la-Mine (São Jorge da Mina) sur la côte de l'Or, dans l'actuel Ghana[4].

Les composantes de la côte de Guinée[modifier | modifier le code]

Du nord-ouest au sud-est, la côte comprend les littoraux suivants :

Les centres d'extraction de l'or de Djenné[modifier | modifier le code]

Djenné est à 2.000 km du Tafilalet (Sud marocain) :

  • Le bassin aurifère de Lobi sur le cours de la haute Volta Noire, à 400 km au sud-sud-est de Djenné.
  • Le bassin des Ashantis, plus au sud encore à 800 km de Djenné.
  • Les bassin du Mali et de Bouré, sur le cours du haut Niger, sont à 400 et 700 km au sud-ouest de Djenné.
  • Le bassin de Bambouk, sur le cours du fleuve Sénégal, à 700 km à l'ouest de Djenné.

Ces lieux sont tous plus accessibles aux Européens à partir de la côte :

  • Le bassin de Lobi est à 600 km de la côte ;
  • Le bassin des Ashantis est à 200 km de la Côte de l'Or ;
  • Le bassin de Bambouk est à 500 km de Dakar et de l'île de Gorée.

La côte de Guinée a donné son nom à trois États actuels[modifier | modifier le code]

Elle a donné son nom à une zone climatique[modifier | modifier le code]

  • la zone guinéenne est une zone tropicale à courte saison sèche et longue saison des pluies.

Elle se situe entre la zone équatoriale (pluie et humidité toute l'année) au sud et la zone soudanaise (avec une saison sèche plus longue) au nord, puis la zone sahélienne (saison sèche encore plus longue) plus au nord en bordure du Sahara.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  • Grand dictionnaire encyclopédique Larousse (GDEL), article Guinée, Paris 1983.
  • Jean Brignon, Abdelazziz Amine et alii, Histoire du Maroc, éditions Hatier, Paris et Casablanca, 1967.
  • Sekene Mody Cissoko et Djibril Dione, Histoire de l'Afrique, édition Présence africaine, Dakar, 1972.
  1. Voir Sources GDEL.
  2. Voir Sources, Histoire du Maroc, page 190.
  3. Léon écrit cette information en 1526 et elle est publiée en 1550.
  4. Voir sources : Histoire de l'Afrique, page 101 ; Histoire du Maroc, page 190.