Guillermo de Jesús Buitrago Enríquez

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Guillermo Buitrago

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Guillermo Buitrago.

Informations générales
Nom Guillermo de Jesús Buitrago Enríquez
Naissance
Ciénaga, Drapeau de la Colombie Colombie
Décès (à 29 ans)
Ciénaga, Drapeau de la Colombie Colombie
Activité principale Auteur-compositeur-interprète, chanteur, musicien
Genre musical Vallenato
Instruments Guitare, chant
Années actives de 1943 à 1949
Labels Disques Fuentes

Guillermo de Jesús Buitrago Enríquez était un compositeur, un musicien et un chanteur de vallenato, très populaire dans le folklore colombien, bien qu'il soit mort prématurément à l'âge de 29 ans en 1949. Sa musique est restée, cependant, vivante durant le reste du XXe siècle. Guillermo Buitrago est considéré de plus comme l'un des principaux pionniers de la popularisation du vallenatotant en Colombie que dans toute l'Amérique latine, l'Espagne et même les États-Unis avec d'autres artistes comme Julio César Bovea. Il fut, avec Bovea, un des premiers interprètes des lettres du Maître Raphaël Escalona. Buitrago est né à Ciénaga le 1er avril 1920 et y est mort le 19 avril 1949.

Vie[modifier | modifier le code]

Son instrument de prédilection était la guitare avec laquelle il a parcouru le littoral nord de la Colombie. À Santa Marta, il rencontra un jeune coiffeur, Julio César Bovea (1934 - 2009), avec lequel ils formeront un duo; ils furent les premiers interprètes des chansons de leur contemporain Rafael Escalona (1927 - 2009). Le duo n'a duré que quelques années, Bovea se séparant pour former son propre "Trio" avec ses vallenatos.

Outre les œuvres de Raphaël Escalona, Buitrago a également interprété des chansons de Tobías Pumarejo, Andrés Paz Barrios et Emiliano Zuleta. Il reçut, comme hommage posthume, l'honneur que Gabriel García Márquez, Prix Nobel de Littérature ait mentionné son nom dans l'une de ses chroniques en 1983. L'écrivain disant de Buitrago : "Le premier qui ait mis la musique vallenata à la mode, permettant ainsi de faire connaître de nombreux compositeurs qui aujourd'hui jouissent beaucoup de sa renommée." [1]

Le Chardonneret de la Savane[modifier | modifier le code]

Les années quarante voient naître en Colombie les plus importantes figures de la musique populaire colombienne du vingtième siècle. Guillermo de Jesus Buitrago Enríquez a été le pionnier du vallenato dans le pays.

En 1943, pour inaugurer ses studios d'enregistrement et de pressage de disques qui furent les premiers à exister en Colombie, le propriétaire de la station de Radio Fuentes, de Carthagène, le musicien et chef d'entreprise Antonio « Ton » Fuentes, invita Buitrago et ses musiciens (Angel Fontanilla, Efraín Torres et Carlos "El Mocho" Rubio) alors très populaires sur la côte atlantique par leurs prestations dans les théâtres et les stations de radio locales, afin qu'ils participent au premier enregistrement entièrement produit et réalisé en Colombie. Le 12 mars 1943, dans la rue de l'Université à Carthagène, dans la ville murée, au troisième étage de la station de radio, ont été enregistrées les chansons suivantes : Las mujeres a mí no me quieren et Compae Heliodoro, une chanson de Buitrago consacrée à son ami de toujours, Heliodoro Egüis Mirador, dans laquelle le refrain lui était dédié.

Buitrago et l'amour[modifier | modifier le code]

« Les filles se retournaient, folles, lorsqu'elles croisaient Buitrago », déclara Aurora de Fontanilla, la femme d'Angel Fontanilla, seconde guitare de l'ensemble, aujourd'hui décédé. « Son port, ses cheveux blonds et ses yeux bleus, le rendaient très attrayant. Les gens accouraient dans les théâtres des stations de radio pour le voir chanter ». Entre 1943 et février 1949, Buitrago a ainsi enregistré près de cinquante chansons pour les disques Fuentes. Dans certaines de celles-ci, comme Qué criterio, La gota fría et Grito vagabundo, d'Emiliano Zuleta, Buitrago était accompagné par l'ensemble Los Trovadores de Barú, dirigé par José Boues. Le compositeur barranquillero Juancho Esquivel, qui faisait les arrangements musicaux de ce groupe, rappelle (alors qu'il avait 79 ans) que la nuit où ils ont enregistré "La víspera de año nuevo" : « Buitrago s'habillait toujours de manière impeccable, en blanc. Comme la chaleur était accablante pendant le jour, il portait ses bajonazos, cadeau Antonio Fuentes, et préférait toujours enregistrer la nuit. Buitrago m'a montré un poème qu'avait composé Tobías Enrique Pumarejo à l'intention de sa fiancée Doris del Castillo Altamar. Nous avons fait quelques changements à cette lettre et j'ai réalisé l'arrangement musical en rythme "merengue". J'ai pris la clarinette afin qu'il sache quand commencerait la chanson ».

« Buitrago, dit Diaz-Granados, a connu un grand « succès » musical avec l'histoire picaresque de l'épisode de la vie dissolue d'une fille du "quartier Paris", de Ciénaga, qui était d'une famille très connue et nommée Josefa, qui lors de la saison du Carnaval, avait mis le bonnet traditionnel ainsi que les accessoires. Mais ses amis n'aimaient pas cela et cela leur déplaisait, aussi l'un d'eux entraina Josefa dans la plantation de noix de coco, et quand Josefa arriva à l'extrémité de la propriété de noix de coco, l'un de ses frères la jeta de de cette « coquera », après qu'elle eut foulé le « quitipón », une porte rustique faite généralement de brindilles de uvito ou de trupillo. Ainsi est née la chanson "La capuchona".

Pionnier de la musique populaire[modifier | modifier le code]

Buitrago a été la première vedette de la musique populaire colombienne. Il a aussi été un mécène pour beaucoup de compositeurs sans lesquels le folklore colombien ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui. Il a ainsi sorti de l'anonymat Rafael Escalona, Emiliano Zuleta, Abel Antonio Villa - qui fut son grand ami -, Tobías Enrique Pumarejo, Chema Gómez, Luis Pitre et Eulalio Meléndez, le compositeur de "La piña madura".

Le thème de "La piña madura" reposant sur cette anecdote : une nuit de février 1894, dans la maison de Don Godofredo Armenta, à Ciénaga, les convives remarquèrent que la majorité des hôtes de la soirée admiraient la taille et la beauté d'un ananas qui avait été placé dans le « saibó », une espèce de meuble de salle à manger, et qui en faisait le plus beau des fruits, plus que la beauté des femmes de la soirée. Eulalio Meléndez a écrit cette histoire et en a composé la mélodie, que Buitrago a arrangée quand lors de l'enregistrement de cette chanson.

Mort[modifier | modifier le code]

Une semaine avant de mourir, le 19 avril 1949 (certains prétendent qu'il a été empoisonné, d'autres qu'il est décédé d'une cirrhose, d'autres enfin qu'il aurait été emporté par une pneumonie) Buitrago a demandé à Abel Antonio Villa le service qu'il l'accompagne pour acheter le berceau de son fils récemment né, Gregorio. « Il était déjà très malade, se rappelle Villa, et c'est la dernière fois que je l'ai vu ; nous étions amis ». « À l'endroit où son corps a été veillé, entouré d'amis et d'êtres chers, il y avait son inséparable guitare, une de ses amours, abandonnée et triste. Notre chanteur Buitrago fut très pleuré », spécifie Díaz-Granados. Buitrago est mort très jeune, à 29 ans, mais cinquante ans après sa mort, c'est encore un des chanteurs qui vend le plus de disques en Colombie. Par un de ces paradoxes du destin, le jour-même de sa mort, est revenu de La Havane le propriétaire de la maison de disques Fuentes. Il rapportait un contrat pour que Buitrago chante et fasse quelques enregistrements avec l'Orchestre du Casino de la Plage, que dirigeait le pianiste Anselmo Sacasas.

Lors de la dissolution de l'ensemble de Buitrago à sa mort, son ancien compagnon cienaguero Julio Bovea, proposa à Angel Fontanilla et au chanteur Alberto Fernández, tous de la région de Ciénaga, de former le trio "Bovea et ses Vallenatos" qui deviendra le plus célèbre ensemble de musique de la côte, se rendra en Argentine, entre 1967 et 1975, où il popularisera les chansons de Rafael Escalona.

Discographie[modifier | modifier le code]

Sa musique a été à l'origine distribuée sur des disques 78 tours. Il est impossible de connaître le nombre exact de chansons que Buitrago a enregistrées, mais on l'estime entre 100 et 150 titres. Les Disques Fuentes, sa maison de disques, continue de recueillir les archives et de distribuer ses chansons, de nos jours au format CD. La filiale colombienne « Odéon » a publié ses premiers enregistrements avant les Disques Fuentes. Les Disques Fuentes ont compilé beaucoup de ces chansons en 33 tours et en CD plus récemment, les compilations les plus significatives sont :

Víspera de año nuevo

  1. "Las mujeres a mí no me quieren"
  2. "Compae Heliodoro"
  3. "La hija de mi comadre"
  4. "Ron de vinola"
  5. "Qué criterio"
  6. "El hijo de la luna"
  7. "Grito vagabundo"
  8. "El huerfanito"
  9. "La víspera de año nuevo"
  10. "La araña picua"
  11. "Dame tu mujer José"
  12. "La vida es un relajo"

Música inédita

  1. Se marchitaron las flores
  2. La loca Rebeca
  3. Muchacha patillalera
  4. Gallo basto y pelao
  5. El toque de queda
  6. El desdichado
  7. La cita
  8. Careperro
  9. Cinco noches de velorio
  10. Las contradicciones
  11. El gallo atravesao
  12. El tigre guapo
  13. El maromero
  14. Buitrago me tiene un pique

La piña madura

  1. La capuchona
  2. Adiós mi maye (la despedida)
  3. Cienaguera
  4. La carta
  5. El testamento
  6. El tiburón de marbella
  7. El amor de claudia
  8. Pacha rosado
  9. La piña madura
  10. La varita de caña
  11. Espera que me muera
  12. El compae migue (El ermitaño).

Regalito de navidad Ce disque LP a été publié par les Disques Fuentes en mélangeant parmi les 12 chansons du disque quelque 4 chansons qui n'appartiennent pas à Guillermo Buitrago et qui sont interprétées par un autre chanteur par Julio C. San Juan surnommé « Buitraguito », beaucoup de personnes tendent à confondre les deux chanteurs ce qui pour être juste, est du au mélange de ces chansons. Les chansons avec une astérisque sont de Buitraguito :

  1. Regalito de navidad*
  2. Palomita mensajera*
  3. Yo no monto en avión*
  4. El amor es un collar
  5. Las sabanas del diluvio
  6. Luis Eduardo
  7. Rosa Valencia*
  8. La peste
  9. Pacho y Abraham
  10. Los enanos
  11. El brujo de Arjona (El enviado)
  12. Moralito.

El testamento y otors cantos inéditos

  1. El cazador
  2. La mujer que quiere a uno
  3. La fiera de pabayo
  4. Pacho y Abraham
  5. La costumbre de los pueblos
  6. El testamento
  7. La matica de yuca
  8. Espera que muera
  9. El dolor de Micaela
  10. La vida es un relajo

Entre autres titres de son répertoire on trouve les chansons suivantes qui ont pratiquement disparu et que seuls quelques collectionneurs possèdent :

-# Buitrago me tiene un pique (Versión 1)

  1. Como se pierde se gana(bolero)
  2. Compay Chaney (El zorro)
  3. El bachiller
  4. El bobo de la yuca
  5. El coco rayado
  6. El día de San Sebastián (El caimán)
  7. El doctor Rafael Lavalle
  8. El compa´e mige (1st version)
  9. El jerre jerre
  10. El negro maldito
  11. El negro Mendo
  12. La estricnina
  13. La vaca lechera
  14. Linda nena
  15. Los panderos de Río Frío
  16. Mi guayabo
  17. Mil veces(Lombo)
  18. Mi morenita
  19. Petra la pelua
  20. Santo Tomás
  21. Zorro chucho, marimonda y baco

Les enregistrements suivants ont complètement disparu :

  1. El alazanito
  2. Mala noche (El negrito figurin)
  3. Toño miranda en el Valle
  4. Falsas caricias
  5. Anhelos
  6. Los choferes
  7. La rosca
  8. Teresa Mercedes
  9. Las muchachas de Buitrago
  10. Ritmo colombiano (Mi Colombia)
  11. La cañandonga

Les disques Fuentes possèdent la plupart de ses chansons et des enregistrements de Buitrago bien que beaucoup de celles-ci aient cessé de sortir à la lumière publique depuis des décennies et ont disparu à tel point que les Disques Fuentes eux-mêmes ne savent ce qu'ils ont fait de ces enregistrements historiques. Les filiales d'Odéon Argentine et d'Odéon Chili ont publié certains de ces enregistrements, qui sont extrêmement difficiles à retrouver, et que seuls des collectionneurs peuvent avoir sous forme d'enregistrements 78 tours.

D'autres enregistrements ont été retrouvés à la radio comme :

  • une publicité pour un vieux rhum,
  • une autre publicité pour un "rhum motilon",
  • une publicité enregistrée comme introduction pour les programmes radiophoniques de Guillermo Buitrago (des documents radiophoniques en général)etc.

D'autres enregistrements radiophoniques existent mais ce ne sont que des redécouvertes des archives précédentes.

Un des derniers CD qui ait été mis sur le marché est une compilation des chansons les plus populaires de Buitriga, 16 Éxitos De Navidad Y Ano Nuevo. Dans ce CD quelques titres ont été restaurés, d'autres (notamment dans El Brujo De Arjona) ont été ainsi ajoutés alors qu'ils étaient absents lors des enregistrements initiaux, d'autres mutilations ont également eu lieu sur d'autres titres. Les titres "enrichis" avec des congas comportent une astérisque dans cet album, 16 Éxitos De Navidad Y Ano Nuevo :

  1. Víspera De Ano Nuevo*
  2. Ron De Vinola
  3. Dame Tu Mujer José
  4. Grito Vagabundo*
  5. El Huerfantio*
  6. Compae Heliodro*
  7. El Amor De Claudia
  8. La Carta*
  9. La Araña Picua*
  10. La Piña Madura*
  11. La Hija De Mi Comadre*
  12. Que Criterio*
  13. Las Mujeres A Mi No Me Quieren*
  14. Cienaguera
  15. El Testamento
  16. El Brujo De Arjona*

un Air Immortel : La víspera de año nuevo (La veille du nouvel an)[modifier | modifier le code]

Thème de la chanson[modifier | modifier le code]

D'abord un poème puis une chanson, La víspera de año nuevo (la Veille du Nouvel An), est la composition la plus populaire de Buitrago. C'est un hymne à l'année qui se termine. La nuit du 22 décembre 1945, Tobías Enríque Pumarejo était sur le point d'enlever de sa propriété une Noire qu'il avait connue des semaines auparavant - Doris del Castillo Altamar - dont il était éperdument amoureux. Le plan était simple : avec la complicité d'un voisin il irait jusqu'à la porte de sa maison et l'enlèverait jusqu'à sa maison du Copey, Cesar. Mais au cours de l'opération, Tobias se montra très nerveux à un moment donné lorsqu'il crut que les frères de Doris les poursuivaient avec des chiens ; et jusqu'à il lui parut entendre des coups de feu, ce qui les obligea durant un bon imoment à rester dissimulés dans une ceiba creuse qu'ils avaient trouvée sur le chemin. Une fois arrivés ils ont commencé à faire des plans pour le futur. Toutefois, dans la nuit du 31 décembre, Tobias est allé faire la bringue avec des amis de Los Venados, population proche de Caracolí, Cesser, mais dans le fracas de la virée, et pour demander pardon à Doris, qu'il avait laissée seule et triste dans sa propriété, il composa des vers pour lui faire plaisir. En retournant à la propriété, où Doris l'attendait, Tobias introduisit la main dans sa poche pour en extraire le poème qu'il avait écrit à sa bien-aimée, poème dans lequel il lui demandait pardon et où il lui affirmait qu'elle lui avait inspiré ces vers lors de cette aventure.

Analyse et commentaires sur la chanson[modifier | modifier le code]

Il est ici nécessaire de faire un commentaire : lorsque Buitrago a enregistré la chanson - en février 1949 - le dernier vers lui a paru indécent et il l'a changé par « avec toi là dans les feuilles », comme le constatent et le confirment le compositeur Emiliano Zuleta (l'auteur de La Gota Fría) ainsi que Rafaël et Álvaro Gutiérrez ainsi que José Domingo Pumarejo, tous trois cousins germains de Tobias. L'hommage à l'inondation des savanes et du Camperucho a deux interprétations : d'abord, l'une et l'autre ont été et restent, de très belles terres productives, d'autre part, elles furent le lieu des amours de Tobias et de Dorys ainsi que le lieu de son évasion. Le dernier paragraphe serait un pressentiment que le compositeur a eu : «Si frères de Doris sont venus me trouver pour me tuer." D'où l'allusion à la mort.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Guillermo de Jesús Buitrago. Centro Cultural. Enlace revizado el 13 de septiembre de 2009.