Guillaume du Bellay

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Guillaume du Bellay d’après Pourtraits et Vies des Hommes Illustres d’André Thévet (1584).

Guillaume du Bellay, seigneur de Langey (1491, château de Glatigny près de Souday, dans le Perche (Loir-et-Cher) - , Saint-Symphorien-de-Lay), historien français joignant les talents de la littérature à ceux de la guerre et de la diplomatie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était fils aîné de Louis du Bellay et de Marguerite de La Tour-Landry, et le frère du cardinal Jean du Bellay et de Martin du Bellay. Il signala son courage en diverses occasions, et se fit admirer par sa conduite et sa valeur. Chevalier de l'ordre de Saint-Michel, la duchesse d'Alençon, soeur du roi, l'envoya, en 1525, auprès du roi François Ier, prisonnier en Espagne.

Gouverneur de Turin en 1537, il fut ensuite vice-roi du Piémont ; il y reprit diverses places sur les impériaux, et le marquis del Vasto avouait que le seigneur de Langey était le plus excellent capitaine qu'il eut connu.

« Entre grands points de capitaine, qu'avoit M. de Langey, dit Brantôme, c'est qu'il dépensoit fort en espions.... En quoi j'ay ouï conter, qu'estant en Piémont, il mandoit et envoyoit au roy avertissement de ce qui se fesoit ou devoit faire vers la Picardie ou la Flandres ; si que le roy qui en estoit voisin et plus près n'en savoit rien ; et puis après en venant savoir le vray s'ébahissoit, comment il pouvoit découvrir ces secrets. »

Langey avait le corps tout cassé, et les membres perclus, par suite de ses fatigues à l'armée.

Il avait été aussi utile à son souverain dans des ambassades en Italie auprès de Clément VII, puis en Angleterre et en Allemagne. L'an 1542, il partît du Piémont, en litière, pour venir donner quelques avis importants au roi ; mais entre Lyon et Roanne, il se trouva si mal, qu'il fut obligé de s'arrêter au bourg de Saint-Saphorin (aujourd'hui Saint-Symphorien-de-Lay), et y mourut, le [1].

« Il ne sçait, dit un auteur, ni quand le roy se lève, ni quand il se couche ; mais il sçait bien où sont les ennemis : il se couvre et s'assied devant François Ier ; quand il a chaud, il oste sa fraise et se met en veste. »


« Nous en avons vu naguère l'expérience, au décès du preux et docte chevalier Guillaume du Bellay, du vivant duquel la France était dans une telle félicité que tout le monde l'enviait, tout le monde s'y ralliait, tout le monde la redoutait. Soudain, après son trépas, elle a été bien longtemps méprisée de tout le monde. »

— Rabelais, Quart Livre, chapitre 26, Ed. Marabout, 1963. Adapté au français moderne, Maurice Rat.

Guillaume du Bellay ne s'est pas moins illustré dans la république des lettres que dans les armes.

Publications[modifier | modifier le code]

On a de lui plusieurs ouvrages, dont on trouve la liste dans la Bibliothèque chartraine de Dom Liron, et dans celle de la Croix du Maine et d'Antoine du Verdier ; les principaux sont :

  1. Instructions sur le fait de la guerre, Paris, 1548, in-fol. ;
  2. Epitome de l'antiquité des Gaules et de France, suivi de quelques opuscules du même auteur, 1556, in-4°, réimprimé en 1587. L'ouvrage est divisé en 4 livres. II fait descendre les Gaulois de Samothès, fils aîné de Japhet ; et les Français, du mélange des Troyens échappés de la ruine de Troie, et des Gaulois qui avaient été au secours de cette ville.
  3. Les mémoires de messire Martin Du Bellay, seigneur de Langey. Contenans le discours de plusieurs choses advenues au Royaume de France, depuis l'an M.D.XIII. jusques au trespas du Roy François premier, auxquels l'Autheur a inséré trois livres, & quelques fragmens des Ogdoades de Messire Guillaume Du Bellay, Seigneur de Langey, son frère. Paris, Abel l'Angelier, 1585. Des mémoires sur les affaires de son temps, réimprimés avec ceux de Martin du Bellay, son frère, et du maréchal de Fleuranges, et le Journal de Louise de Savoie, Paris, 1735, 7 vol. in-12. L'abbé Lambert, éditeur, a fait des notes historiques et critiques, et des corrections dans le style et quelques altérations. Les mémoires de Martin et Guillaume avaient été imprimés plusieurs fois dans le XVIe siècle, en 1569, 1572, 1582, 1588, in-fol. ; 1570, 1573, 1586, in-8°, etc. Langey avait intitulé son ouvrage les Ogdoades (Huitaines) ; il l'avait d'abord composé en latin, puis le traduisit en français, par ordre du roi. Il avait fait ses divisions de huit en huit livres ; de là le nom d' Ogdoades. Une très petite partie de cet ouvrage a été publiée[2].

Ses mémoires ont été réimprimés au XIXe siècle dans la coll. Petitot et la coll. Michaud. C'est à ces deux illustres frères que revient surtout l'honneur d'avoir convaincu François Ier d'attirer autour de lui les savants et les beaux esprits de son temps.

Langey a pris naturellement le parti de François Ier contre Charles Quint ; et, à l'occasion de cette partialité, Montaigne dit :

« Je ne veux pas croire qu'il ayt changé quant au gros du fait ; mais de contourner le jugement des événements, souvent contre raison à notre avantage, et d'omettre tout ce qu'il y a de chatouilleux en la vie de son maistre, il en fait métier : témoins les disgrâces de Montmorenci et de Biron, qui y sont oubliées : voire le seul nom de madame d'Etampesne s'y trouve point. On peut couvrir les actions secrètes ; mais de taire ce que tout le monde sçait, et les choses qui ont eu des effets publics et de telles conséquences, c'est un défaut inexcusable. »

En parlant de la magnificence qu'étalèrent les courtisans à l'entrevue du Drap d'or, en 1520, entre François Ier et Henri VIII, il dit,

« Que leur dépense fut telle, que plusieurs y portèrent leurs moulins, leurs forêts et leurs prés sur les épaules. »

On lui fit cette épitaphe :

Ci gît Langey, dont la plume et l'épée
Ont surmonté Cicéron et Pompée.

La suivante est de Joachim du Bellay :

Hic situs est Langœus ! ultra nii qusere, viator
Nil majus dici, nil potuit brevius.

Jean et Martin du Bellay, ses frères, lui firent élever un beau mausolée dans l'église cathédrale du Mans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ainsi que le porte l'épitaphe de ce personnage qu'on lit sur son mausolée placé dans l'église du Mans. Consulter, sur la famille du Bellay (Guillaume-Jean-Martin-René et Eustache) les Recherches sur Saumur par Jean-François Bodin, t. 2.
  2. Voir à cet égard la Bibliothèque historique de la France du Père Jacques Lelong, numéros 1761-23.

Source partielle[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]