Guillaume de Chartres (templier)

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Guillaume de Chartres
Son blason tel qu'il est dans la deuxième salle des Croisades du château de Versailles mais les armes présentes en 2 et 3 lui ont été attribuées par erreur, ce sont d'anciennes armes du comté de Bar-sur-Seine.
Son blason tel qu'il est dans la deuxième salle des Croisades du château de Versailles mais les armes présentes en 2 et 3 lui ont été attribuées par erreur, ce sont d'anciennes armes du comté de Bar-sur-Seine.
Titre
14e Maître de l'Ordre du Temple
1210[1]1219[1]
Prédécesseur Philippe du Plaissis
Successeur Pierre de Montaigu
Biographie
Dynastie Famille de Chartres
Date de naissance av. 1178
Lieu de naissance Inconnu
Date de décès 1219
Lieu de décès Damiette

Guillaume de Chartres (templier)

Guillaume de Chartres (Guillielmus de Carnoto, Willelmus de Carnoto) fut le quatorzième maître de l'ordre du Temple[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

La vie de Guillaume de Chartres avant ses débuts en tant que maître en 1210 est mal connue et ses origines ont fait l'objet de nombreuses hypothèses.

Il a fallu attendre 1902 et la publication par Charles Métais de ses recherches sur « les templiers en Eure-et-Loir » pour identifier clairement qui était ce Guillaume de Chartres. Dans cet ouvrage figure une charte rédigée par Robert de Chartres, seigneur de Ver qui mentionne deux Guillaumes de Chartres. D'une part son frère, devenu templier mais aussi son oncle qui l'était tout autant[2]. Guillaume de Chartres, frère de Robert est celui qui accéda aux plus hautes fonctions et il a dû rejoindre l'ordre du Temple aux alentours de 1191/92[3].

Quelques auteurs du XIXe siècle considéraient qu'il était fils de Milon IV, comte de Bar-sur-Seine[n 1],[4],[n 2] et d'Hellisende[n 3], fille de Renaud de Joigny[5]. D'autres ont pensé que cet homme était Guillaume de Ferrières, Vidame de Chartres[6],[7], surtout connu des historiens pour un recueil de chansons[8] mais cette hypothèse est aussi réfutée depuis longtemps.

À l'époque où la salle des croisades du château de Versailles fut construite, c'est l'hypothèse selon laquelle il était fils de Milon IV qui faisait autorité, d'où l'illustration erronée de ses armoiries qui de surcroît ne sont pas celles des comtes de Bar-sur-Seine au moment de la cinquième croisade...[n 4]. Concernant la seconde hypothèse, il existe bien un lien entre Guillaume de Ferrières et les templiers, attesté par un acte rédigé en 1204 alors qu'il se rendait de Saint-Jean-d'Acre à Constantinople, voyage au cours duquel il tomba malade. Dans cet acte, il est fait mention de deux donations aux frères de la milice du Temple de Generville[9],[n 5] et du fait qu'il est reçu comme « confrère et participant des biens et des prières de la maison »[10]. On a cru alors que Guillaume de Chartres[11], ayant surmonté la maladie, était devenu plus tard le quatorzième maître de l'Ordre[6],[7].

Un autre Guillaume de Chartres[n 6] apparait en tant que commandeur de la forteresse de Saphet vers 1188[12] avant que celle-ci ne soit enlevée par Malek el Adel, frère de saladin après un siège de plus d'un an[13],[14].

Maître de l'Ordre du Temple[modifier | modifier le code]

Il est élu quatorzième maitre de l'ordre du temple, en 1210 suite au décès de Philippe du Plaissis[1].

Peu après il assiste au couronnement comme roi de Jérusalem de Jean de Brienne (avec l'appui de Philippe Auguste). La situation des princes chrétiens en Palestine est peu reluisante et le pape Innocent III exhortera de nouveau les souverains d'occident à prendre la croix, ce qui donnera lieu au IVe concile du Latran en novembre 1215.

En 1211, les Templiers réinvestissent leurs forteresses dans le royaume arménien de Cilicie aux dépens de Léon II d'Arménie. Guillaume est blessé au cours d’une embuscade alors que la garnison qui l’accompagnait tentait de ravitailler la forteresse de Port-Bonnel[15],[16]. On notera que dès 1201, les templiers s’étaient rangés aux côtés de Bohémond IV d'Antioche alors que les hospitaliers avaient pris le parti de Léon II, tuteur de Raymond-Roupen d'Antioche. Cette crise ne s’apaisera qu’à partir de 1216[17]. Près d'Haïfa, en Palestine, ils construisent Château Pèlerin[4], une imposante forteresse grâce à laquelle ils repousseront régulièrement les armées musulmanes. Ce n'est qu'en 1216[18] que la forteresse de Baghras, enlevée par les musulmans en 1187 et reprise par le roi de Petite-Arménie en 1191[19], est rendu aux Templiers malgré un arbitrage papal datant de 1211.

En dehors des états latins d'Orient et au cours de dix années où il fut maître, les templiers s'illustrèrent militairement en continuant de participer à la Reconquista même si leur engagement semble faiblir. Leur présence en 1212 à la bataille de Las Navas de Tolosa est avérée mais leur rôle fut modeste et le maître de la province de Castille y fut tué. Au Portugal, ils sont présents lors de la conquête d'Alcacer do Sol en 1217[20].

Guillaume de Chartres participe à la cinquième croisade mais les disputes entre chefs croisés lors du siège de Damiette ne permettent pas d'obtenir des résultats significatifs. Une épidémie de peste emporte de nombreux croisés dont Guillaume de Chartres en août 1219[1].

Les hommes de son temps[modifier | modifier le code]

Au cours de sa vie et comme maître de l'ordre du Temple, Guillaume de Chartres a côtoyé des hommes remarquables :

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bouquet, Recueil des historiens des Gaules et de la France...,‎ 1818 (lire en ligne), p. 746
  • Charles Métais, « Les templiers en Eure-et-Loir : histoire et cartulaire... », dans Archives du diocèse de Chartres, vol. 7,‎ 1902
  • Histoire littéraire de la France : ouvrage commencé par des religieux bénédictins de la Congrégation de Saint Maur, et continué par des membres de l'Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres), t. XXIII, Paris,‎ 1856 (lire en ligne), p. 606-607
  • Histoire littéraire de la France : ouvrage commencé par des religieux bénédictins de la Congrégation de Saint Maur, et continué par des membres de l'Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres), t. XXI, Paris,‎ 1847 (lire en ligne), p. 787
  • Eugène Mannier, Ordre de Malte : Les commanderies du grand-prieuré de France d'après les documents inédits conservés aux Archives nationales à Paris, Aubry & Dumoulin,‎ 1872, 808 p. (lire en ligne), p. 136-156
  • Coutant, Histoire de la ville et de l'ancien comté de Bar-sur-Seine,‎ 1854, 476 p. (lire en ligne), p. 434
  • Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire »,‎ 2008 (1re éd. 2005), poche, 664 p. (ISBN 978-2-7578-1122-1)
  • Nicolas Viton de Saint-Allais, L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments depuis la naissance de Notre-Seigneur, Paris,‎ 1818, 500 p. (lire en ligne), p. 349-350
  • Coutant, Histoire de la ville et de l'ancien comté de Bar-sur-Seine,‎ 1854, 476 p. (lire en ligne), p. 390, 434
  • Jean-Georges Eccard, Corpus des historiens du Moyen Âge, t. II,‎ 1723
  • François Formel - Le Vavasseur, Le Duc de Saint-Simon, comte de la Ferté-Vidame, mémorialiste et épistolier : Rétrospective documentaire,‎ 2009, 332 p. (ISBN 978-2-8106-0354-1, lire en ligne), p. 54 et note 8 en page 59
  • Guillaume de Ferrières, Chansons et saluts d'amour de Guillaume de Ferrières dit le Vidame de Chartres : précédés d'une notice sur l'auteur par M. Louis Lacour, Paris, A. Aubry,‎ 1856 (lire en ligne)
  • René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem - II. 1131-1187 L'équilibre, Paris, Perrin,‎ 1935 (réimpr. 2006), 1013 p.
  • (de) Marie Luise Bulst-Thiele, Sacrae domus militiae templi hierosolymitani magistri, Göttingen, Vandenhoeck und Ruprecht, coll. « Abhandlungen der Akademie der Wissenschaften in Göttingen. Philologisch-historische Klasse »,‎ 1974, 416 p. (ISBN 3-525-82353-3, résumé), p. 159-169
  • Emmanuel-Guillaume Rey, « L'Ordre du Temple en Syrie et à Chypre : les Templiers en Terre sainte », dans Revue de Champagne et de Brie, vol. 24, H. Menu,‎ 1888 (résumé)
  • Henri de Curzon, La règle du temple, H. Champion,‎ 1977, 368 p. (résumé)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce fils n'a jamais existé.Il aurait été beaucoup trop jeune, cf. la généalogie des comtes de Bar-sur-SeineMilon IV ne peut être né avant le mariage de ses parents en 1168 et avoir un fils en âge de se rendre en Terre sainte.
  2. cf. Eccard 1723, p. 1406, Saint-Allais faisant référence à cet ouvrage dans lequel Willelmus de Carnoto est qualifié de fils de Milon et de maître du Temple mais il s'agit d'une interprétation erronée des écrits d'Olivier le scholastique. Celui-ci énumérant en latin une liste de personnalités décédées à Damiette dont « Milon, comte de Bar-sur-Seine et son fils », le nom de Guillaume de Chartres ne venant qu'après. cf. Bouquet 1818, p. 746 où figure l'extrait de la Majori Anglicana Historia de Matthieu Paris.
  3. Orthographié Elissendre dans l'ouvrage de Lucien Coutant.
  4. cf. les articles Milon IV de Bar, Famille du Puiset et Château de Bar-sur-Seine. Les armes de Gaucher, fils de Milon étant toujours celles du Puiset.
  5. Il s'agit des templiers de la Commanderie de Sours.
  6. Il se pourrait qu'il s'agisse de son oncle (cf. Famille de Chartres).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Demurger 2008, p. 611
  2. Métais 1902, p. 28-30, cf. Charte n° XXII.
  3. Bulst-Thiele 1974, p. 162
  4. a et b Saint-Allais 1818, p. 349
  5. Coutant 1854, p. 390
  6. a et b Formel - Le Vavasseur 2009, p. 54
  7. a et b Histoire littéraire de la France, Tome 23 1856, p. 606
  8. Ferrières 1856
  9. Mannier 1872, p. 138
  10. Histoire littéraire de la France, Tome 23 1856, p. 607
  11. Ferrières 1856, p. 14-16
  12. Rey 1888, p. 373
  13. Grousset 1935, p. 824
  14. Curzon 1977, p. 312-312 (retrait n°604)
  15. Demurger 2008, p. 353
  16. Bulst-Thiele 1974, p. 164
  17. Demurger 2008, p. 352-353
  18. Demurger 2008, p. 233
  19. Demurger 2008, p. 352
  20. Demurger 2008, p. 247

Liens externes[modifier | modifier le code]