Guillaume de Beaujeu

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Guillaume de Beaujeu
Image illustrative de l'article Guillaume de Beaujeu
Titre
21e Maître de l'Ordre du Temple
12731291
Prédécesseur Thomas Béraud
Successeur Thibaud Gaudin
Maître de province des Pouilles
1271 – 1273
Prédécesseur Arnoul de Wisemale[1]
Successeur Arnoul de Wisemale
Maître de province de Tripoli
Biographie
Date de décès 1291
Lieu de décès Saint-Jean-d'Acre
Père Guichard de Beaujeu
Mère Catherine, fille de Guillaume VIII

Guillaume de Beaujeu
Blason de la famille de Beaujeu

Guillaume de Beaujeu (parfois cité comme Guillaume de Beaulieu)[2] était le 21e maître de l'Ordre du Temple.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guillaume de Beaujeu est toujours présenté comme étant originaire de Bourgogne[3] et apparenté à Charles Ier d'Anjou[4]. Il fut d'abord seigneur de Sevans[5] avant de rejoindre l'Ordre des Templiers.

La plupart des historiens s'accordent pour penser que sa mère Catherine était la fille de Guillaume VIII, Dauphin d'auvergne mais son père est souvent qualifié à tort de seigneur de Beaujeu[5]. Si tel est le cas, il s'agit alors de Guichard de Beaujeu, seigneur de Monpensier de 1216 à 1256[6].

Il serait donc frère avec Humbert de Beaujeu[7], connétable de France et Héric de Beaujeu, maréchal de France. Quoi qu'il en soit, son appartenance à la maison de Beaujeu n'est pas remise en cause[8] comme en atteste le blason qu'il portait.

Seigneur de Sevans[modifier | modifier le code]

Le toponyme de Sevans n'étant plus d'usage et les informations concernant cette seigneurie étant absentes, il est difficile de déterminer de quelle seigneurie il s'agit. De plus, elle est parfois désignée sous le nom de Sevens.

Ce pourrait être Sept-Vents[9] mais l'éloignement géographique semble trop important et l'histoire généalogique de la maison de Beaujeu ne fait pas ressortir d'alliances avec le duché de Normandie à cette époque[8].

Ou alors, Il pourrait s'agir de Seveux comme le pensait l'Académie des sciences de Besançon car les seigneurs de Beaujeu étaient peut-être également seigneurs de Ray à cette même époque[10] et avaient des liens avec le comté de Bourgogne grâce au mariage d'Alix de Savoie, fille d'Amédée III de Savoie et arrière petite-fille de Guillaume Ier de Bourgogne, comte de Bourgogne avec Humbert III de Beaujeu, seigneur de Beaujeu.

Maître de l'ordre du Temple[modifier | modifier le code]

Il commença sa carrière en tant que châtelain du château Pèlerin[11], était maître de la province de Tripoli en 1271[12] puis commandeur de la province de la Pouille depuis deux ans mais n'était pas en Terre Sainte lorsqu'il fut élu maître de l'Ordre du Temple, le 13 mai[3] 1273[13]. Le chapitre désigna le frère Goufier (de roannais) comme sous-maître en attendant son arrivée et envoya les frères Bertrand de Fox et Guillaume de Ponçon le chercher[14],[15].

Il est d'abord présent au deuxième concile de Lyon avant un voyage en Angleterre afin de récupérer les sommes considérables empruntés par Édouard Ier d'Angleterre (Acte signé à Londres le 11 août 1274)[3].

Il n'arriva qu'en septembre de cette année[3] dans la ville d'Acre, reste à peu près unique des établissements chrétiens en Orient. Lorsqu'en 1291, le sultan d'Égypte Khalil al-Ashraf vint mettre le siège devant cette place, Guillaume de Beaujeu mérita, par ses talents guerriers et l'ascendant de son caractère, que tout ce qui restait de défenseurs à la Terre Sainte se missent sous son commandement.

Il justifia cet honneur par ses prodiges d'héroïsme et la glorieuse mort qu'il trouva sous les murs de la ville assiégée. Lorsque les mamelouks parviennent à rompre les remparts de Saint-Jean-d'Acre et y pénètrent le 17 mai 1291, Guillaume reçut une flèche sous l'aisselle[7]. La légende raconte que se retirant vers les lignes arrières, il est apostrophé par un templier à qui il aurait répondu : « je ne m'enfuis pas, je suis mort ». Il sera ramené à la commanderie où il décédera quelques heures plus tard.

Les hommes de son temps[modifier | modifier le code]

Au cours de sa vie et comme maître de l'ordre du Temple, Guillaume de Beaujeu a côtoyé des hommes remarquables :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Demurger, Jacques de Molay - Le crépuscule des templiers, Paris, Payot & Rivages, coll. « Biographie Payot »,‎ 2002, 390 p. (ISBN 2-228-89628-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Demurger 2008, p. 334
  2. Histoire constitutionnelle et administrative de la France depuis la mort de Philippe-Auguste, Tome II. sur Google Livres, Baptiste-Honore-Raymond Capefigue, 1834.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i Histoire critique et apologétique de l'ordre des chevaliers du temple de Jérusalem dits Templiers sur Google Livres, Claude Mansuet Jeune, 1789, pages 70 à 89.
  4. La croix d'Anjou au cœur de la Provence. sur Google Livres
  5. a et b Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des Pairs, grands officiers de la couronne et de la maison du roi... sur Google Livres, Anselme de Sainte-Marie, Honoré Caille Du Fourny & Ange de Sainte-Rosalie, compagnie des libraires, 1730, page 85.
  6. Mémoires pour servir a l’histoire de Dombes, Tome I. sur Google Livres, Marie-Claude Guigue, 1868, pages 520-522.
  7. a et b Demurger 2008, p. 413-414
  8. a et b Cartulaire de l'église collégiale Notre-Dame de Beaujeu, suivi d'un appendice et d'un tableau généalogique de la maison de Beaujeu. sur Google Livres, Marie-Claude Guigue, 1864, page 59.
  9. Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, volume 5. sur Google Livres, Imprimerie de Baudoin, 1805.
  10. Mémoires et documents inédits pour servir à l'histoire de la Franche-Comté, Tome IV. sur Google Livres, Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon et de Franche-Comté, 1867, page 363.
  11. Demurger 2008, p. 143
  12. Pierre-Vincent Claverie, L'ordre du Temple en Terre Sainte et à Chypre au XIIIe siècle , catalogue analytique des actes relatifs à l’histoire de l’ordre en Terre Sainte et à Chypre aux XIIe et XIIIe siècles., vol. 3, Centre de Recherche Scientifique, coll. « Sources et études de l'histoire de Chypre »,‎ 2005, 680 p. (ISBN 978-9-9630-8094-6, présentation en ligne), p. 324
  13. Demurger 2008, p. 611
  14. Demurger 2002, p. 66-69
  15. (la) Reinhold Röhricht, Regista Regni Hierosolymitani (1097-1291) : Edidit,‎ 1883 (lire en ligne), p. 367 (N°1413)