Guillaume Ier d'Allemagne

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Guillaume Ier
Guillaume Ier d'Allemagne vers 1884.
Guillaume Ier d'Allemagne vers 1884.
Titre
Empereur allemand
18 janvier 18719 mars 1888
17 ans, 1 mois et 19 jours
Couronnement 1871, en la galerie des glaces du château de Versailles
Chancelier Otto von Bismarck
Prédécesseur Création du titre
Successeur Frédéric III
Roi de Prusse
2 janvier 18619 mars 1888
Prédécesseur Frédéric-Guillaume IV
Successeur Frédéric III
Biographie
Dynastie Hohenzollern
Nom de naissance Wilhelm Friedrich Ludwig von Hohenzollern
Date de naissance 22 mars 1797
Lieu de naissance Berlin (Prusse)
Date de décès 9 mars 1888 (à 90 ans)
Lieu de décès Berlin (Empire allemand)
Père Frédéric-Guillaume III de Prusse
Mère Louise de Mecklembourg-Strelitz
Conjoint Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach
Résidence Château de Berlin

Guillaume Ier d'Allemagne
Rois de Prusse
Empereurs allemands

Guillaume Frédéric Louis de Hohenzollern, roi de Prusse (1861-1888), puis empereur allemand (1871-1888) sous le nom de Guillaume Ier (en allemand : Wilhelm I. ou Wilhelm Friedrich Ludwig von Preußen), né le 22 mars 1797 et mort le 9 mars 1888 à Berlin, fut le cinquième roi de Prusse de 1861 à 1888, et le premier empereur allemand de 1871 à 1888.

Sa famille[modifier | modifier le code]

Guillaume est le fils cadet de Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse, et de Louise de Mecklembourg-Strelitz, l'héroïque reine, symbole de la résistance à l'envahisseur français, morte prématurément en 1810 alors que Guillaume n'avait que treize ans.

N'ayant pu épouser comme il le souhaitait, Élisa Radziwiłł, une princesse de haute noblesse mais non de sang royal, il épouse le 11 juin 1829 Marie-Louise-Auguste-Catherine de Saxe-Weimar-Eisenach (1811-1890), fille cadette du grand-duc Frédéric-Charles de Saxe-Weimar-Eisenach (1783-1853), et de Maria Pavlovna de Russie (1786-1859) tout en confiant à sa sœur la tsarine Alexandra Feodorovna - épouse du tsar Nicolas Ier de Russie et tante par alliance d'Augusta - qui a favorisé son mariage que son épouse le « laisse froid ».

La princesse est une femme de devoir. Cultivée, libérale, francophile et dotée d'un caractère fort, elle s'entendra mal avec son mari, militariste et conservateur.

De cette union sont issus :

Biographie[modifier | modifier le code]

De la naissance à la révolution[modifier | modifier le code]

Comme le veut la tradition princière de la Maison de Hohenzollern, notamment dans un état comme la Prusse réputée pour son armée, le prince Guillaume est destiné à une carrière militaire. Fortement marqué par la défaite de Iéna en 1806, il prend part dès son adolescence aux campagnes contre Napoléon Ier en 1814 et en 1815.

La Prusse fait partie des vainqueurs et, au Congrès de Vienne, augmente considérablement son territoire.

En 1840, à l'avènement de son frère Frédéric-Guillaume IV, Guillaume est nommé gouverneur de Poméranie. Il reçoit le commandement de plusieurs régiments en Prusse et à l'étranger.

Fier de son sang et ouvertement conservateur, il est le plus fort soutien de la répression par les armes du mouvement révolutionnaire de 1848. Il est la cible des libéraux qui le surnomment le « Prince la mitraille ». Son palais est incendié le 20 mars et le 23 mars, il s'exile quelque temps en Angleterre tandis que son épouse et ses enfants restent à Potsdam. L'année suivante, il écrase les révolutionnaires du Grand-duché de Bade.

Gouverneur de Rhénanie[modifier | modifier le code]

Coblence

En 1850, Guillaume est nommé par son frère gouverneur de Rhénanie, ce qui le protège de la rancœur des Berlinois. Il s'installe avec sa fille au confluent du Rhin et de la Moselle à Coblence dans l'ancienne résidence des archevêques-électeur de Trêves.

En 1854, il est également nommé Generaloberst de l'armée prussienne, et gouverneur de la forteresse fédérale de Mayence.

En 1856, il marie sa fille Louise au grand-duc de Bade Frédéric Ier tandis que son fils Frédéric-Guillaume se réjouit à l'idée de conclure un mariage d’inclination avec la princesse Victoria du Royaume-Uni, fille aînée de la reine Victoria Ire du Royaume-Uni et du prince consort Albert de Saxe-Cobourg et Gotha. C'est une alliance brillante pour les Hohenzollern et la première fois qu'un futur souverain Prussien épouse une princesse étrangère. Malgré les objections du gouvernement prussien, le mariage a lieu à Londres. Le couple a rapidement un fils — le futur Guillaume II — en 1859.

Cependant, Frédéric-Guillaume IV, son frère ainé, étant atteint d'une maladie mentale et n'ayant pas d'enfant de son mariage avec la princesse Élisabeth de Bavière, Guillaume assure la régence à partir de 1858.

Frédéric-Guillaume IV meurt le 2 janvier 1861 sans avoir recouvré la santé ; Guillaume lui succède, il a 63 ans.

Régent puis Roi de Prusse[modifier | modifier le code]

Le comte de Bismarck en 1860.

En 1858, la Prusse connaît un tournant libéral, les partis progressistes remportent plusieurs succès électoraux (1858, 1861). La question militaire va cependant opposer le roi au Parlement. Bloqué par le Landtag qui refuse de voter les crédits militaires dans la mesure souhaitée par le roi et son ministre de la guerre Albrecht von Roon, Guillaume songe à abdiquer en faveur de son fils le Kronprinz Frédéric-Guillaume connu pour ses opinions libérales.

Le prince est l'époux de la princesse Victoria du Royaume-Uni fille de la reine Victoria Ire du Royaume-Uni et du prince consort Albert. Intelligente et cultivée, la Kronprinzessin incite son mari à accepter le pouvoir. Elle y voit l'occasion de construire une Allemagne libérale sous l'égide de la Prusse mais le Kronprinz, moins politique que son épouse, s'en tient à son devoir d'officier et refuse la couronne que lui propose son père.

Il reste à Guillaume Ier une dernière carte à jouer. Il appelle au pouvoir l'ultra-conservateur Otto von Bismarck, dont il craignait jusqu'alors les idées d'alliance avec la France et le caractère trop affirmé. Dès lors son gouvernement évolue vers l'absolutisme. Bismarck, ministre-président de Prusse en 1862, veut résoudre les problèmes politiques par le fer et le sang. Il compte diriger la politique étrangère de la Prusse au service exclusif de la raison d'État prussienne. Pour cela, Bismarck va s'employer à dominer par tout moyen le roi : en l'isolant de sa famille - notamment du Kronprinz - et de ses autres conseillers, en corrompant la presse, en lui faisant des scènes, du chantage à la démission, etc. Le chancelier sera servi par ses succès.

Vers l'empire : le fer et le sang[modifier | modifier le code]

En 1864, Bismarck entraîne l'Autriche dans une guerre victorieuse contre le Danemark (guerre des duchés) et donne à la Prusse les duchés de Holstein et de Saxe-Lauenbourg.

Deux ans plus tard, Bismarck tend un piège à l'empereur d'Autriche François-Joseph en poussant celui-ci à déclarer la guerre à Guillaume Ier : le roi de Prusse est maître de la Confédération allemande après la victoire de Sadowa sur les Autrichiens le 3 juillet 1866. Lors des pourparlers de paix, si Bismarck, préparant l'avenir et contre les désirs de son souverain, ménage l'Autriche, il annexe au profit de la Prusse le Duché de Schleswig, le Royaume de Hanovre, l'Électorat de Hesse-Cassel, le Duché de Nassau et la ville libre de Francfort. Le Grand-duché de Hesse-Darmstadt ne doit sa survie qu'au fait que son souverain est le beau-frère du tsar Alexandre II.

La Prusse est désormais un état unifié qui s'étend de la Moselle à la Mer Baltique sur la quasi-totalité du nord de la Confédération germanique laquelle est dissoute au profit d 'une Confédération de l'Allemagne du Nord créée pour l'occasion sous la présidence de la Prusse. Des traités secrets d'assistance et de défense mutuelles sont imposés aux souverains des États d'Allemagne du sud, Grand-duché de Hesse-Darmstadt, Grand-duché de Bade, Royaume de Wurtemberg et Royaume de Bavière. L'Autriche est exclue du système allemand.

En 1870, c'est l'empereur des Français qui tombe dans le piège Bismarckien. La Dépêche d'Ems est le prétexte qui pousse Napoléon III à déclarer la guerre à la Prusse. Celle-ci en appelle à ses "alliés" du sud de l'Allemagne, Bade, Wurtemberg et Bavière tandis que la France est isolée. La défaite de la France est totale. Le pays est amputé de l'Alsace-Lorraine. Occupé, il doit payer une énorme indemnité.

Empereur allemand[modifier | modifier le code]

Elévation du roi Guillaume Ier de Prusse à l'empire au palais de Versailles.
Guillaume Ier en 1887 à 90 ans.
L'Empire Allemand en 1871 (en bleu, la Prusse après les acquisitions de 1866).
L'empereur et ses successeurs : le Kronprinz, le futur Guillaume II et son arrière-petit-fils (1882).

Le 18 janvier 1871 (Anton von Werner) : Guillaume Ier est entouré de son fils à sa droite et de son gendre le grand-duc de Bade à sa gauche; au pied du trône, en uniforme blanc, se distingue le chancelier von Bismarck. Le 18 janvier 1871, Guillaume Ier est proclamé empereur dans le cadre prestigieux de la galerie des Glaces du château de Versailles.

Le titre Deutscher Kaiser, « Empereur allemand », a été méticuleusement choisi entre Bismarck et lui.

« Empereur d’Allemagne » eût été malvenu aux yeux des autres monarques fédérés.

La formulation « empereur des Allemands » a été rejetée par Guillaume Ier car elle fait écho à la Révolution de 1848 et que le nouvel empereur ne désire pas ce titre aux relents démocratiques puisqu’il se considère souverain « par la grâce de Dieu ».

En effet, Guillaume Ier n’accepte ce titre qu’avec réticence, la direction d’une Allemagne unie allant à l’encontre de son conservatisme, l’unité de la nation faisant figure d’idéal libéral et progressiste. Bismarck saura habilement surmonter cette objection en faisant adresser à Guillaume une demande officielle des princes et rois du nouveau Reich d'accepter ce titre. Pour l'anecdote, c'est le romantique roi Louis II de Bavière qui lui remettra la demande, rédigée par Bismarck, en échange d'une rétribution secrète de 100 000 thalers annuels.

La réticence de Guillaume s'explique aussi par sa crainte d'apparaître comme le « liquidateur » d'une Prusse absorbée voire dissoute dans le Reich (La Constitution du Reich instituant pourtant un système fédéral ou l'identité des États est préservée). Il attachera toujours autant d'importance à son titre de roi de Prusse qu'à celui d'Empereur. Là aussi, Bismarck saura lever cette hypothèque en réservant à la Prusse un statut dominant dans le système fédéral.

Guillaume Ier devient donc le chef, primus inter pares, d’un Reich allemand qui s'étend de la Lorraine à la Lituanie et fédère les royaumes de Bavière, de Wurtemberg et de Saxe, les grand-duchés de Bade et de Hesse sans oublier les villes libres de Hambourg, Lübeck et Brême et la Terre d’Empire d’Alsace-Lorraine. Lors de son discours d'ouverture au Reichstag, il fait allusion aux négociations avec la France pour avancer le paiement de l'indemnité de guerre et libérer le territoire français, ce qui fait monter la Bourse[1].

Tentatives d'assassinat[modifier | modifier le code]

Durant son règne, Guillaume Ier échappe à plusieurs attentats perpétrés par des anarchistes qui le considèrent comme un tyran : le 11 mai 1878, Max Hödel tire deux coups de revolver sans l'atteindre, le 2 juin de la même année, il est blessé par un coup de feu tiré par Karl Nobiling. En 1885, la pluie fait avorter un attentat à l'explosif organisé par August Reinsdorf. Ces attentats confortent le pouvoir personnel de Bismarck qui s'en sert comme prétexte pour cerner les oppositions et rendre populaire ses législations sociales et anti-socialistes.

L'année des trois empereurs : 1888[modifier | modifier le code]

Guillaume Ier s'éteint dans sa 91e année en mars 1888. Son fils lui succède sous le nom de Frédéric III. Atteint d'une maladie incurable, il meurt trois mois plus tard au grand dam des libéraux du monde entier.

Le troisième empereur allemand de la Maison de Hohenzollern, fils aîné de Frédéric III parvient au trône à l'âge de 29 ans sous le nom de Guillaume II. Désirant gouverner seul, il renvoie le vieux prince de Bismarck.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Guillaume Ier de Prusse appartient à la première branche de la Maison de Hohenzollern. Cette lignée donna des Électeurs, des rois, des empereurs à la Prusse et l'Allemagne. Guillaume Ier de Prusse est l'ascendant de l'actuel chef de la Maison impériale d'Allemagne, le prince Georges Frédéric de Prusse.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Mémoriaux[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Autres

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Colling, La Prodigieuse histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières,‎ 1949, p. 290

Voir aussi[modifier | modifier le code]