Guillaume III des Pays-Bas

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Guillaume III
Guillaume III des Pays-Bas par Nicolaas Pieneman (1856)
Guillaume III des Pays-Bas par Nicolaas Pieneman (1856)
Titre
Roi des Pays-Bas

(&&&&&&&&&&01522641 ans, 8 mois et 6 jours)
Président du gouvernement Paul Eyschen
Prédécesseur Guillaume II
Successeur Wilhelmine
Grand-duc de Luxembourg

(&&&&&&&&&&01522641 ans, 8 mois et 6 jours)
Prédécesseur Guillaume II
Successeur Adolphe
Biographie
Dynastie Maison d'Orange-Nassau
Nom de naissance Willem Alexander Paul Frederik Lodewijk van Oranje-Nassau
Date de naissance
Lieu de naissance Bruxelles (Belgique)
Date de décès (à 73 ans)
Lieu de décès Apeldoorn (Pays-Bas)
Père Guillaume II
Mère Anna Pavlovna de Russie
Conjoint Sophie de Wurtemberg
Emma de Waldeck-Pyrmont
Enfant(s) Guillaume d'Orange-Nassau
Maurice d'Orange-Nassau
Alexandre d'Orange-Nassau
Wilhelmine Red crown.png

Guillaume III des Pays-Bas
Monarques des Pays-Bas

Guillaume III, né le à Bruxelles et décédé à Apeldoorn le , fut roi des Pays-Bas et grand-duc du Luxembourg du au .

Fils du roi Guillaume II des Pays-Bas et de Anna Pavlovna de Russie, il est le neveu du tsar Nicolas Ier de Russie.

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille Royale : espoirs et désespoir[modifier | modifier le code]

Le roi Guillaume II, alors prince royal et la princesse royale Anne entourés de leurs enfants : Guillaume, Alexandre, Henri, Sophie (1832)

Guillaume Alexandre Paul Frédéric Louis d'Orange-Nassau est né à Bruxelles, alors ville du Royaume des Pays-Bas, où ses parents, le prince royal Guillaume et la princesse Anna avaient élu domicile.

En signe d'affection, la population Bruxelloise leur offrit un palais (l'actuel Palais des Académies) où le prince et sa famille emménagèrent en 1828.

Deux ans plus tard éclata la Révolution qui proclama l'indépendance de la Belgique. Les Belges cherchèrent un roi constitutionnel; Nombreux furent ceux qui pensèrent élire à cette dignité le prince royal Guillaume mais en vain. Après avoir fait bombarder Anvers, celui-ci se retira auprès de son père Guillaume Ier des Pays-Bas; Le futur Guillaume III avait alors 13 ans.

Guillaume fut élevé avec son frère cadet Alexandre. Leur père, le prince royal Guillaume, s'intéressait de près à l'éducation de ses deux aînées allant jusqu'à leur dispenser personnellement les cours de géographie. Le prince et la princesse royale montraient une nette préférence pour leur cadet, enfant aimable et simple, lui enseignant plus qu'à leur aîné l'art de gouverner.

Plus tard les deux jeunes gens furent envoyés à l'université de Leyde où l'un comme l'autre montrèrent peu d'aptitude pour les études; En 1836,au cours d'une tempête, les deux princes qui rentraient de Leyde durent abandonner leur équipage et, accompagnés de leur suite, voulurent renter à pied. Ils durent traverser une forêt alors que les arbres s'effondraient. Le prince Guillaume, héritier du trône en second, fut protégé par leur entourage mais le prince Alexandre fut écrasé par un arbre, il en sortit vivant mais sa santé ne s'en remit pas.

Le prince Alexandre mourut célibataire à l'âge de 29 ans en février 1848 laissant sa famille dans le désespoir. Le décès de son frère étant proche de la date de son anniversaire, le futur Guillaume III décida plus tard qu'il ferait célébrer cet événement au mois de juin en même temps que celui de son épouse.

En effet, le prince Guillaume avait rencontré en 1838 une cousine d'un an sa cadette, la princesse Sophie de Wurtemberg (1818-1877), fille du roi Guillaume Ier et de la défunte Catherine Pavlovna de Russie, sœur de la reine Anna des Pays-Bas.

Les pères des jeunes gens envisagèrent de les marier.

Si Guillaume se sentait attiré par la jeune fille, il n'en était pas de même pour celle-ci. La reine Anne des Pays-Bas, mère du prince, était également opposée au mariage. Fille du tsar de Russie, elle avait été élevée dans la religion orthodoxe qui condamne le mariage entre proches cousins et n'approuvait pas le projet de son mari et de son beau-frère. Le mariage eut cependant lieu l'année suivante.

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Guillaume épousa Sophie à Stuttgart le 18 juin 1839, Ces mariages endogames au sein des familles royales étaient plus que fréquents à l'époque et considéré comme un gage de stabilité politique. Les méfaits possibles de la consanguinité étaient alors ignorés. De cette union naîtront trois enfants :

Dans le même temps, pour pouvoir épouser sa maîtresse une dame... Belge et catholique, le roi Guillaume Ier avait abdiqué en 1840 en faveur de son fils, prénommé comme lui et qui régna sous le nom de Guillaume II.

Après avoir accordé à ses peuples une constitution qui évita aux Pays-Bas les violences qui avaient ensanglanté les autres monarchies d'Europe, interdit de séjour aux Pays-Bas sa sœur la princesse Marianne de Prusse qui avait divorcé pour pouvoir épouser son cocher (ce qui causa un immense scandale), l'intelligent et populaire Guillaume II s'éteignit peu après son fils préféré Alexandre en 1849. Son fils aîné, également prénommé Guillaume, âgé de 32 ans, devint roi sous le nom de Guillaume III. Roi des Pays-Bas qui possédaient un empire colonial en Indonésie, en Amérique du Sud et dans les Antilles, Guillaume III était aussi le souverain du Grand-duché de Luxembourg et du Duché de Limbourg. Sophie devint donc reine des Pays-Bas, grande-duchesse de Luxembourg et duchesse de Limbourg.

On ne pouvait concevoir un couple royal aux idées si opposées. Guillaume, conservateur, imbu de sa naissance, sensuel, autoritaire et capricieux. Sophie intellectuelle libérale mais exaltée, peu portée aux choses de l'amour et méprisant ouvertement son époux. La mésentente du couple, bientôt connue du public et qui prit parfois un tour violent, était attisée par les mauvaises relations de la reine Sophie avec sa belle-famille notamment la reine-mère Anna. Seul le défunt prince Alexandre avait su nouer de bonnes relations avec sa belle-sœur.

De plus, les débuts du règne furent endeuillés par la mort de leur fils cadet, Maurice. Le petit prince était malade. La reine préconisa d'appeler en renfort d'autres médecins que ceux de la cour. Guillaume III s'y refusa. Le petit prince mourut. Il avait 7 ans.

La reine, effondrée et révoltée, se réfugia à Stuttgart dans sa famille. Celle-ci la convainquit de remplir ses devoirs de souveraine et d'épouse. La reine rentra aux Pays-Bas. De cette réconciliation naquit en 1851 un autre enfant, un fils, que le roi et la reine nommèrent Alexandre en hommage à leur frère et beau-frère défunt et à leur cousin germain, le tsarévitch Alexandre Nicolaïevitch de Russie.

Le couple se sépara définitivement en 1855. Le roi, gardant près de lui leur fils aîné, retourna à ses débauches et la reine, emmenant avec elle leur fils cadet, s'installa au palais de Huis ten Bosch. Elle se consacra à sa correspondance et mourut en 1877. le prince Alexandre désespéré s'enferma dans le palais où il mourut sept ans plus tard, célibataire et malade.

Guillaume III épousa en 1879 Emma de Waldeck-Pyrmont (1858-1934). De cette union qui assagit un Guillaume III vieillissant naitra :

Le roi[modifier | modifier le code]

Gravure de Guillaume III

Proche parent des Hohenzollern auxquels il est attaché par de nombreux liens familiaux et des intérêts politiques (frontière commune entre les deux pays tandis qu'une garnison prussienne stationne dans la forteresse de la ville de Luxembourg, première place forte d'Europe depuis 1815), Guillaume III est aussi le petit-fils de Paul Ier de Russie, le tsar assassiné en 1801. Dans ses veines coule le sang des Hohenzollern, militaristes et conservateurs à la santé mentale parfois précaire et celui des Romanov réputés pour leur force physique mais également pour leur tempérament cyclothimique et leur cruauté. Il est d'ailleurs très proche de sa mère Anna Pavlovna de Russie, sœur des tsars Alexandre Ier et Nicolas Ier, qui avait une grande influence sur lui. Son père Guillaume II, s'il avait gouverné avec sagesse, avait été compromis par une relation homosexuelle dénoncée en 1819 par le ministre Cornelis van Maaren.

Se montrant un parfait réactionnaire et pour contrarier et tenter de soumettre son épouse, Guillaume III interdit toute activité intellectuelle dans ses foyers. Il menait publiquement une vie de débauche où l'adultère tenait la première place et fut surnommé par le New York Times, le Roi Gorille". Dans sa correspondance avec la reine Sophie, la reine Victoria Ière du Royaume-Uni le traitait de "Paysan sans éducation".

Guillaume III monta sur le trône au moment où en Europe, les forces réactionnaires - et notamment son cousin le roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse - abattaient la Révolution de 1848.

Dédaignant les aspirations de ses sujets, sans pouvoir réellement s'y opposer (sauf au Luxembourg), Guillaume III devint vite impopulaire, aussi ménagea-t-il l'avenir en annonçant qu'il abdiquerait dès que son héritier atteindrait l'âge de régner. Il se garda bien de tenir parole une fois le moment venu.

La reine[modifier | modifier le code]

La reine Sophie par Winterhalter (1861)

Méprisée par sa belle-mère et tante, l'intelligente et libérale Sophie s'entourait de savants et d'artistes. Peu sensuelle, elle méprisait son mari traditionaliste et immature à la libido exacerbée.

Ses malheurs conjugaux ne la rendaient pas pour autant compatissante aux malheurs d'autrui à moins que seule sa rancœur envers sa belle-famille l'ait porté à condamner ouvertement la princesse Marianne des Pays-Bas, tante bien aimée de son mari. Cette princesse avait divorcé du prince Albert de Prusse pour épouser son cocher dont elle avait eu un fils. Rejetée par les cours de Berlin et La Haye, Marianne avait été réhabilitée par Guillaume III... Sophie, qui elle aussi avait souffert de son union avec un prince adultère et ultra-conservateur, la jugeait "moralement indigne".

Femme de lettres férue d'histoire qui correspondait également avec les princes et les chefs d'état de son temps, notamment l'empereur des Français Napoléon III et la reine Victoria Ière du Royaume-Uni, elle se considérait comme nettement plus capable que son mari d'exercer le pouvoir et le fit notoirement savoir.

Profondément affectée par la mort de son second fils en 1850, elle retourna à Stuttgart où sa famille la convainquit de conserver une attitude conforme à son rang et la reine des Pays-Bas retourna dans son pays d'adoption.

Cependant, elle tenta en vain d'obtenir le divorce en 1855 et, dès lors se réfugia de plus en plus souvent à Stuttgart près de sa famille.

Le couple royal finit par se séparer, le roi gardant près de lui son fils aîné, la reine conservant le plus jeune, Alexandre, qui lui vouera un amour exclusif. A la mort de celle-ci, il s'enfermera dans son palais où il mourut prématurément du typhus en 1884.

Le prince Royal[modifier | modifier le code]

Le prince d'Orange

Élevé dans l'entourage de son père, Guillaume, prince d'Orange dit "Wiwil" devint à son tour un débauché notoire.

Après deux vaines tentatives de mariage, l'une en 1860 avec la princesse Alice du Royaume-Uni, l'autre en 1868 avec la grandet-duchesse Maria Alexandrovna de Russie, le roi et la reine ne s'entendirent que pour s'opposer au mariage de leur fils aîné avec une jeune fille de l'aristocratie et ce, malgré l'accord du parlement. Le couple royal prétexta que la jeune fille, n'appartenant pas à une famille régnante, n'était pas de naissance suffisamment élevée (chose inconcevable à l'époque) (1874);

Le prince Guillaume, outrepassant le refus de ses parents et souverains, demanda en personne la main de la jeune fille. Les parents de celle-ci s'y opposèrent également. Le bruit courut que la jeune fille était une enfant adultérine du roi et donc la demi-sœur de Guillaume.

Révolté, le prince héritier Guillaume préféra s'éloigner des Pays-Bas. Il s'installa à Paris où il mena une vie de Bohême et mourut prématurément quelques années plus tard peu après sa mère.

Le règne[modifier | modifier le code]

Guillaume III ne cachait pas son opposition à la "Loi fondamentale du Royaume des Pays-Bas", constitution libérale octroyée par son père Guillaume II en 1848 afin d'éviter à ses États les mouvements révolutionnaires qui perturbèrent la vie des États voisins. Élaborée par l'intelligent Johan Rudolf Thorbecke, cette constitution promouvait entre autres la liberté de l'enseignement et des cultes et la séparation de l'Église (calviniste) et de l'État. Elle mettait fin aux vexations dont étaient victimes les catholiques.

En 1853, le Pape Pie IX créa cinq évêchés aux Pays-Bas ce qui fut impopulaire auprès de la population majoritairement calviniste. Le prédicateur Bernard ter Haar prit la tête des contestataires et, au cours d'un sermon virulent, en appela au roi depuis la Nieuwe Kerk. Guillaume III contraignit Thorbecke à démissionner. Ce comportement autoritaire et anticonstitutionnel donna lieu à des contestations appelées le "mouvement d'avril" qui ne furent apaisées que par la nomination à la tête du gouvernement de Floris Adriaan van Hall. Le roi tenta également d'enlever à son frère Henri ses droits de succession.

À la fin des années 1860, le roi soutint les menées du ministère Isaäc Dignus Fransen van de Putte contre la chambre basse lequel avait entamé en 1863 la lutte contre le "Cultuurstelsel".

Le coup de 1856[modifier | modifier le code]

Les Pays-Bas de 1815 à 1867 : 1: Pays-Bas ; 2: Limbourg; 3: Belgique ; 4 et 5: Luxembourg.

Avec l'aide de son frère Henri, gouverneur du Luxembourg, par une habile manœuvre politique, il abrogea la constitution libérale qui régissait la vie politique Luxembourgeoise et la remplaça par une constitution réactionnaire d'inspiration prussienne.

Le Limbourg et le Luxembourg au cœur de l'Europe (1866)[modifier | modifier le code]

L'indépendance de la Belgique eut pour conséquence le redécoupage du Royaume-Uni des Pays-Bas. Le différend portait sur deux régions : le Grand-Duché de Luxembourg qui, de plus était membre de la Confédération germanique et la province de Limbourg.

Ces deux provinces avait été annexées par le nouveau royaume belge en 1830 au grand dam du grand-père de Guillaume III qui refusait tout traité de paix.

Le Traité des XXIV articles de 1839 résolut de départager les deux adversaires en partageant les deux provinces. La partie occidentale du grand-duché devint la Province de Luxembourg-belge, la partie orientale avec la ville de Luxembourg et sa citadelle occupée par une armée prussienne restant au roi des Pays-Bas. Quant au Limbourg, la rive gauche de la Meuse devenait belge, la rive droite avec Maastricht restait aux Pays-Bas. De plus, il devenait un État membre de la Confédération germanique pour compenser la perte par celle-ci de la moitié du Luxembourg.

Cet état de chose dura jusqu'à la guerre de 1866 qui opposa les États allemands dans la guerre de l'Autriche contre la Prusse. À l'issue du conflit, la confédération germanique fut dissoute et le Limbourg néerlandais, tout comme le Luxembourg, obtinrent une complète indépendance ; le Limbourg fut définitivement rattaché à la couronne Néerlandaise.

Pour des raisons économiques, le Luxembourg, membre de la Zollverein, restait "indépendant".

La crise Luxembourgeoise de 1867[modifier | modifier le code]

Guillaume III (1865)

Si le Congrès de Vienne avait élevé le duché de Luxembourg au rang de Grand-Duché et octroyé celui-ci à titre personnel au souverain du Royaume-Uni des Pays-Bas, il avait également autorisé l'occupation de la forteresse de Luxembourg-ville, d'une importance stratégique considérable, par une garnison prussienne.

En 1839, l'année même du mariage de Guillaume et Sophie, le Traité de Londres réglait la question de l'indépendance de la Belgique en amputant le grand-duché de la moitié de son territoire au profit du nouveau Royaume de Belgique (qui avait d'abord annexé le grand-duché dans sa totalité). Le premier roi des Belges n'était autre que le prince Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha, oncle bien aimé et mentor de la reine Victoria Ière du Royaume-Uni. Prince allemand, allié à la famille royale d'Angleterre, l'habile Léopold conclut également une alliance avec la France en épousantLouise d'Orléans, fille du roi des Français.

En 1867, traversant une sérieuse crise budgétaire, le roi Guillaume III voulut accepter l'offre que lui avait faite l'empereur des français Napoléon III. L'empereur des Français souhaitait acheter le Grand-Duché de Luxembourg pour 5 millions de florins ce qui déclencha la Crise luxembourgeoise.

Son lointain cousin, l'ex-duc Adolphe de Nassau dont les possessions avaient été "réunies" à la Prusse à la suite de la guerre austro-prussienne, ayant accepté une indemnité conséquente de la Prusse en dédommagement de la perte de ses pays Nassoviens, le roi Guillaume III se sentait libéré du traité de la Maison de Nassau, qui concernait le grand-duché de Luxembourg (1866) (le duc de Nassau devant succéder au roi des Pays-Bas en cas d'extinction de la Maison royale des Pays-Bas).

De son côté, l'empereur des Français Napoléon III, pensant pouvoir obtenir une compensation pour la neutralité que la France avait conservée durant ladite guerre austro-prussienne, proposa à son "cousin" des Pays-Bas d'acheter le Grand-Duché, le chancelier prussien Otto von Bismarck ayant fait miroiter - sans s'engager - cette opportunité. Dès lors, le chancelier prussien - qui préparait l'unification allemande sous l'égide de la Prusse - eut beau jeu de rendre publique cette transaction et de la présenter comme une agression française contre la nation allemande et de laisser faire les choses : l'opinion publique allemande se mobilisa avec passion, se souvenant des souffrances endurées sous le joug de Napoléon Ier, oncle et prédécesseur de l'empereur des français.

La crise luxembourgeoise fut sur le point de dégénérer en une guerre entre la Prusse et la France. L'Angleterre proposa un congrès et le 11 mai 1867, un second Traité de Londres officialisa l'indépendance du Grand-Duché de Luxembourg conservant Guillaume III des Pays-Bas comme grand-duc régnant mais proclamait sa neutralisation.

Le Grand-Duché étant devenu un état neutre, la forteresse de Luxembourg-ville devait être démantelée et perdait son intérêt stratégique. Le chancelier Bismarck pouvait simuler un geste vers la paix en acceptant le départ des troupes prussiennes. En revanche, le grand-duché restait membre de la Zollverein. L'empereur des Français avait été la dupe du chancelier prussien.

Trois ans plus tard, les manipulations du même Bismarck amèneront Napoléon III à déclencher la guerre franco-allemande qui fera s'écrouler son empire et chasser sa dynastie. L'annexion de Metz par le nouvel Empire allemand compensera largement la perte de la forteresse de Luxembourg-ville.

Guerre d'Aceh[modifier | modifier le code]

La mort du général Kohler (1873)

En 1873 éclata aux Indes néerlandaises, la guerre d'Aceh qui dura jusqu'en 1904.

Pour contrer l'influence néerlandaise en Indonésie, le Sultanat d'Aceh situé dans le nord de l'île de Sumatra rechercha l'alliance des États-Unis, ce que les Pays-Bas considérèrent comme un casus belli.

Partie de Batavia (nom de l'actuelle Djakarta), l'Armée royale des Indes néerlandaises envahit le sultanat.

En deux expéditions, celui-ci fut vite conquis et un traité signé avec le nouveau sultan mais les Néerlandais se trouvèrent confrontés à la population qui résista et mena une guérilla qui engloutit la majeure partie du budget colonial néerlandais et suscita de nombreux opposants aux Pays-Bas.

La création d'une maréchaussée constituée d'autochtones en 1890 permit de lutter efficacement contre la guérilla et Kuta Rajat la capitale du sultanat fut définitivement conquise en 1904.

Second mariage et succession[modifier | modifier le code]

Le roi et sa seconde épouse
La princesse Wilhelmine (1885)

Veuf en 1878, le roi tenta en vain d'épouser sa maîtresse, une cantatrice française qu'il avait anoblie ce qui déchaina un scandale au parlement et dans la famille royale.

Il se résolut à épouser une femme de son rang. La princesse Thyra de Danemark, sœur de la princesse de Galles et de la tsarine, se récusa.

Le roi se tourna alors vers sa famille et demanda la main de sa nièce Élisabeth de Saxe-Weimar, ce qui n'était pas particulièrement choquant dans les familles royales de l'époque. Mais la grande-duchesse Sophie de Saxe-Weimar, sœur du roi et mère de la jeune fille, connaissait trop bien les mœurs désordonnées de son frère. Elle incita celui-ci à tourner ses regards vers la cour de Waldeck-Pymont, une minuscule Maison souveraine allemande dont les princes avaient au siècle précédent servi avec bravoure la Maison d'Orange-Nassau. Le prince de Waldeck-Pyrmont avait de nombreuses filles. L'aînée des princesse Pauline de Waldeck-Pyrmont refusa d'épouser ce roi sexagénaire à la vie scandaleuse mais la cadette, la princesse Emma de Waldeck-Pyrmont, bien qu'ayant 41 ans de moins que lui, agréa ce mariage qui fut célébré à Arolsen le 7 janvier 1879. Les festivités furent rapidement interrompues, le frère du roi étant décédé peu après.

Le président du conseil, le baron Constantijn Theodoor van Lynden van Sandenburg reçu le titre de comte pour s'être chargé des négociations matérielles du mariage.

Sous l'influence de sa nouvelle épouse et peut-être également de l'âge, le roi revint à des mœurs plus policées. Le couple n'eut qu'un seul enfant : une fille Wilhelmine en 1880.

Ses fils survivants et célibataires rompirent alors leurs relations avec leur père.

Le prince héritier Guillaume de même que le prince Henri d'Orange-Nassau, frère de Guillaume III, s'éteignirent en 1879. Guillaume III perdit également son oncle, Frédéric Guillaume d'Orange-Nassau, en 1881. Le prince d'Orange, Alexandre, héritier depuis la mort de son frère mourut du typhus en 1884.

Aucun de ces princes n'avait de descendance masculine.

N'ayant plus d'héritier mâle, Guillaume III fit abroger la Loi salique en 1884 et proclama sa fille, Wilhelmine, âgée de 4 ans, héritière du trône .

Bien que Guillaume III se soit montré réfractaire à la culture, c'est à la fin de son règne que furent édifiés à Amsterdam le Rijksmuseum (1876/1885) par Pierre Cuypers qui avait déjà dirigé la construction de la gare centrale d'Amsterdam et le Concertgebouw (1888) mais ces constructions sont le fait de particuliers ou de collectivités et non du roi. Très critique, lors de l'inauguration du musée, le roi affirma "Je ne mettrai pas les pieds dans ce couvent".

Tombé malade en 1887, Guillaume III meurt à l'âge de 73 ans en 1890 au Palais Het Loo laissant le trône à sa fille de 10 ans, Wilhelmine, et la régence à sa seconde épouse Emma de Waldeck-Pyrmont, une femme de 32 ans, d'une grande droiture qui saura redonner à la Maison Royale dignité et popularité. Étonnamment, la reine Wilhelmine n'aura pas de descendance mâle, de même que sa fille la reine Juliana. Ainsi de 1890 jusqu'au 30 avril 2013, ce sont des femmes qui règnent sur ce petit pays du nord de l'Europe.

En vertu du traité entre les branches de la Maison de Nassau de 1783/1815, en vigueur au Luxembourg jusqu'en 1907, le Grand-Duché revient au vieux duc Adolphe de Nassau (le même qui avait vu son duché annexé par la Prusse en 1866).

Généalogie[modifier | modifier le code]

Guillaume III des Pays-Bas appartenait à la sixième branche (Nassau-Dietz) issue de la seconde branche (Nassau-Dillenbourg) de la Maison de Nassau. Cette lignée de Nassau-Dietz, aujourd'hui Orange-Nassau appartient à la tige ottonienne qui donna des stathouders à la Hollande, la Frise, la Gueldre, la Zélande, un roi à l'Angleterre et l'Écosse en la personne de Guillaume III d'Orange-Nassau, des rois et reines aux Pays-Bas. Guillaume III des Pays-Bas est l'arrière-grand-père de la reine Béatrix des Pays-Bas.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-Charles Volkmann, Généalogie des rois et des princes, éditions Jean-Paul Gisserot, 1998.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Prince d’Orange
(1840 — 1849)
Guillaume
Héritier présomptif du trône néerlandais et luxembourgeois
(1840 — 1849)