Guillaume Guizot

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Guillaume Guizot

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Guillaume Guizot photographié par Nadar

Naissance 11 janvier 1833
Paris
Décès 23 novembre 1892
Saint-Siffret
Nationalité Français
Diplôme
Profession
Autres activités
Sous-directeur puis chef de la division des Cultes non catholiques
Formation
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur
Ascendants
Famille

Guillaume-Maurice Guizot, né le 11 janvier 1833 à Paris et mort le 23 novembre 1892 dans sa propriété de Rocheferrand (commune de Saint-Siffret, près d'Uzès)[1], est un essayiste, traducteur, professeur de lettres et haut fonctionnaire français de la seconde moitié du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guillaume est le fils du ministre François Guizot et de sa seconde épouse, Élisa Dillon, qui meurt d'une fièvre puerpérale quelques semaines après l'accouchement. À ce triste événement s'ajoute, quatre ans plus tard, la mort du demi-frère de Guillaume, François, âgé de 21 ans. Ce double deuil pèsera durablement sur l'affection portée par l'homme d’État à son fils survivant : « Dieu m'avait donné, dans mon cher François, de quoi satisfaire toute mon ambition paternelle. Il me l'a retiré. Je suis devenu, sans savoir pourquoi, infiniment moins ambitieux pour ce pauvre petit Guillaume »[2].

Entamées au collège de Bourbon (aujourd'hui lycée Condorcet), où Guillaume se lie à Hippolyte Taine et à Cornélis de Witt, son futur beau-frère, les études du jeune garçon sont brièvement interrompues par la Révolution française de 1848, qui contraint les Guizot à l'exil en Angleterre. De retour à Paris dès 1849, Guillaume y poursuit des études de droit dans les premières années du Second Empire tout en menant une vie de gandin, consacrant une grande partie de son temps aux femmes, aux cigares et aux jeux de hasard. Ses dettes de jeux le pousseront à emprunter une forte somme (50.000 francs) auprès de Napoléon III lui-même. Cette libéralité de l'empereur sera opportunément rappelée par les bonapartistes plus de trois ans après la chute de l'Empire, lors d'une polémique opposant Émile Ollivier à Guizot père. Malgré les démarches entreprises par ce dernier pour libérer sa famille de cette dette compromettante, l'ex-impératrice Eugénie refusera tout remboursement.

Après l'échec d'un projet de fiançailles avec Amélie Hottinguer, fille du banquier Henri Hottinguer (fin 1851-début 1852) puis une liaison clandestine avec une certaine Elizabeth (1856-1858), Guillaume épouse Gabrielle Verdier de Flaux (1839-1916), une jeune femme issue d'une riche famille nîmoise liée aux Guizot. Célébré par le pasteur Jean Monod, le mariage a lieu le 26 avril 1860 au grand temple de Nîmes. Le couple n'aura pas d'enfant.

Guillaume Guizot donnant un cours au Collège de France (1872)

Titulaire d'une licence en droit (1857), Guillaume est avant tout passionné de littérature. Après avoir fait paraître ses premiers essais dès le milieu des années 1850 (dont une étude sur Ménandre couronnée par l'Académie française[3] et saluée par Rémusat), il entreprend une thèse sur Montaigne et fait paraître chez son ami Michel Lévy sa traduction des travaux de Macaulay, un historien britannique rencontré lors de l'exil londonien. En 1866, Louis de Loménie (gendre d'un ami de Guizot père, Charles Lenormant), le choisit comme remplaçant puis comme suppléant titulaire pour assurer son cours de langue et littérature françaises modernes au Collège de France, prestigieuse institution dont il obtient la chaire de langues et littératures d'origine germanique en février 1874, après la mort de Philarète Chasles[3]. Ses cours, très suivis, sont surtout consacrés à la littérature anglaise.

Guillaume Guizot à la fin de sa vie (gravure de 1892)

Poussé par son père, Guillaume Guizot a vainement tenté une carrière politique, notamment en acceptant d'envisager, dès 1864, une candidature au conseil général du Gard. Malgré plusieurs tentatives dans l'arrondissement du Vigan, le canton de Pont-Saint-Esprit et le canton d'Uzès, il ne sera jamais élu (certaines nécrologies des journaux de 1892 font erreur en le présentant comme le maire de Connaux[4], ce mandat étant alors détenu depuis près de trente ans par François-Louis Maurensac) et son activité politique se bornera à afficher ses opinions orléanistes, notamment en cosignant un manifeste en faveur de la liste monarchiste du Gard lors des élections législatives de 1885[3].

Grâce à son père, qui s'est rapproché du pouvoir sous l'Empire libéral, Guillaume Guizot est nommé sous-directeur de la division des Cultes non catholiques au ministère de la Justice et des Cultes le 12 avril 1870. Après avoir été pressenti pour un poste d'ambassadeur à Athènes en juillet 1871, il est maintenu dans ses fonctions et promu chef de division par la jeune Troisième République, encore dominée par les orléanistes. À ce titre, il a préparé le décret autorisant la publication de la Déclaration de foi de l'Église réformée de France de 1872[5]. Nommé chevalier de la Légion d'honneur (par décret du 9 décembre 1876) en récompense de ses services, il est finalement remplacé par Eugène Hepp en mai 1880[6]. Après cette décennie passée dans l'administration, il poursuit son engagement en faveur de ses coreligionnaires au sein du Conseil central des Églises réformées, dont il est le secrétaire pendant une vingtaine d'années[7].

Souffrant du cancer des fumeurs, il doit être remplacé au Collège de France par Arthur Chuquet[3] et meurt à cinquante-neuf ans sans avoir pu achever son étude sur Agrippa d'Aubigné[1] ni ses recherches sur Montaigne, dont une partie sera publiée par Auguste Salles en 1899.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Société de l'histoire du protestantisme français, Bulletin historique et littéraire, t. XLI, Paris, 1892, p. 676.
  2. Lettre de François Guizot à sa mère, juillet 1840, citée par Laurent Theis (cf. bibliographie), p. 201-202.
  3. a, b, c et d Le Temps, 25 novembre 1892, p. 3.
  4. Le Rappel, 25 novembre 1892, p. 3.
  5. Laurent Theis, p. 524.
  6. Journal des débats, 26 mai 1880, p. 2.
  7. Almanach national, Paris, Berger-Levrault, 1873, p. 413, et 1891, p. 592.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Theis, François Guizot, Paris, Fayard, 2008, p. 201-214.
  • Albert Sorel, « Guillaume Guizot », Revue chrétienne, t. 13, 1893, p. 35-39.
  • Adolphe Bitard, « Guizot, Maurice Guillaume », Dictionnaire de biographie contemporaine française et étrangère, Paris, Lévy, 1887, p. 144.

Publications de Guillaume Guizot[modifier | modifier le code]

  • Ménandre, étude historique et littéraire sur la comédie et la société grecques, Paris, Didier, 1855, 457 p.
  • Alfred le Grand, ou l'Angleterre sous les Anglo-saxons, Paris, Hachette, 1856, 224 p.
  • Thomas Babington Macaulay, Essais historiques et biographiques et Essais politiques et philosophiques, 6 volumes, Paris, Michel Lévy frères, 1860-1882.
  • Étude sur Vauvenargues, Nîmes, 1864, 12 p.
  • Montaigne : études et fragments, œuvre posthume publiée par les soins de M. Auguste Salles, préface d'Émile Faguet, Paris, Hachette, 1899.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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