Guide Michelin

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Couverture du Guide Michelin de 1929.

Le Guide Michelin, souvent surnommé Guide rouge, est un annuaire et guide gastronomique hôtelier et touristique lancé au début du XXe siècle par la société des pneumatiques Michelin, qui en est toujours l'éditeur et le revendique en ornant sa couverture du célèbre Bibendum.

Le guide sélectionne chaque année, selon ses critères, les hôtels (plus de 4 650 en 2010), les restaurants (4 600 en 2014[1]) et les localités proposant le gîte et le couvert, sur lesquels il donne des renseignements et des appréciations (textes brefs, de trois lignes au plus).

C'est l'un des plus anciens[note 1] et des plus célèbres guides gastronomiques du monde. Il a été vendu, selon son éditeur, à quelque trente millions d'exemplaires entre 1900 et 2004[réf. nécessaire]. Chaque année, ses réalisateurs décernent les « étoiles Michelin » qui récompensent les meilleures enseignes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier guide Michelin est créé en 1900 par André Michelin et son frère Édouard. Publié à l'occasion de l'exposition universelle de 1900, c'est alors un guide publicitaire offert avec l’achat de pneumatiques. La France compte alors 2 400 conducteurs, pionniers de l'automobile à qui le guide fournit des informations précieuses : liste des rares garagistes, des médecins, plan de quelques villes et liste des curiosités.

En 1907, il existe également un Guide Michelin pour l'Algérie et la Tunisie[2].

Jusqu'en 1908, le guide comporte des réclames, les annonces d'hôtels et de mécaniciens. La suppression des publicités est solennellement annoncée : « […] tout comme la femme de César, Bibendum ne doit pas être soupçonné. Cette année, on ne trouvera dans notre guide aucune réclame payante […] »[réf. nécessaire].

À partir de 1920, le guide n'est plus donné, mais vendu. En contrepartie, les restaurants apparaissent, les informations étant fournies par les clients de Michelin et par les premiers inspecteurs anonymes. Cet ajout des restaurants augmente le nombre de pages, donc le prix de revient du guide. Néanmoins, les indications « mérite un détour » ou « vaut le voyage » doivent en bonne logique inciter les automobilistes à consommer du pneu. La formule payante ne marche pas, peu de personnes se montrant enclines à payer ce qu'elles ont toujours reçu gratuitement. Se retrouvant avec des milliers d'invendus, Michelin les fait distribuer gratuitement aux écoles afin de récompenser les élèves les plus méritants lors de la distribution des prix. L'opération se révèle excellente en termes d'image en valorisant ainsi le guide, qui dès l'année suivante trouvera des acheteurs.

En 1926, les « étoiles de bonne table » apparaissent pour désigner les meilleurs restaurants, et en 1931, le classement en 1, 2 et 3 étoiles qui récompense d'abord l'axe Paris-Lyon-Marseille (axe de la Nationale 6 et la Nationale 7). 1926 sera aussi l'année de la création du Guide régional Michelin, le premier guide touristique Michelin, ancêtre du Guide Vert.

Exemple de contenu du Guide Michelin de 1929.

Le terme « macaron » est fréquemment utilisé, à tort, à la place de celui d'« étoile ». Selon Michelin, un ancien journaliste aurait utilisé ce terme pour éviter des répétitions dans un article, créant ainsi cette confusion[3].

Dans les années 1930, le guide maille la France avec des établissements tous les 10 kilomètres, à l'instar des Guide Continental et Guide Kléber.

En 1940, lors de la bataille de France, les Allemands en première ligne de la Blitzkrieg sont équipés en guide Michelin qui leur facilitent l'invasion française.[citation nécessaire] En 1944, l’état-major allié craint que la progression des troupes après le débarquement de Normandie ne soit ralentie sur les routes et surtout dans les villes françaises, car toute signalisation y a été détruite ou démontée par l’occupant allemand. Avec l’accord secret de la direction de Michelin à Paris, il choisit de faire imprimer à Washington, D.C. et de distribuer à chaque officier une reproduction de la dernière édition du Guide, celle de 1939, car elle comporte des centaines de plans de villes, détaillés et actualisés.[citation nécessaire]

En 1997 apparaît le Bib Gourmand, qui récompense un repas soigné à prix modéré. Un « Bib hôtel » signale les établissements offrant une prestation de qualité à prix raisonnable.

Le guide sélectionne aussi des maisons d'hôtes (avec un sigle rouge pour les plus agréables).

Avec le temps, le nombre de produits offerts par les guides Michelin s'est étoffé. Le site web[4] permet de retrouver les hôtels et restaurants des guides rouges. Une application est disponible pour l'Iphone, qui ne reprend que les restaurants sélectionnés et reste payante contrairement au site.

Guides gastronomiques[modifier | modifier le code]

Le Guide rouge[modifier | modifier le code]

C'est le guide Michelin « de référence », consacré aux hébergements, hôtels et restaurants. Imprimé dans le plus grand secret, ou presque, il fait l'objet d'un tirage (chiffre non communiqué) semblant dépasser de façon considérable celui des ouvrages concurrents (pour la France : le Guide Pudlo, le Champérard et le Gault et Millau, notamment).

Les guides Michelin concernant la table et l'hébergement sont de plus en plus nombreux et divers.

En 2006, douze guides rouges citent plus de 45 000 hôtels et restaurants dans toute l'Europe et à New York (depuis 2006). Selon son éditeur, Le Guide rouge pour la France est vendu à quelque 30 millions d'exemplaires depuis sa création, et tire à 500 000 copies tous les ans. Le Guide rouge existe pour la France (depuis 1900), la Belgique, les Pays-Bas (seuls, depuis 2007), l'Italie (depuis 1956 pour la partie nord, 1957 pour la Péninsule), l'Allemagne (depuis 1964), l'Espagne et le Portugal, la Suisse (depuis 1994), le Royaume-Uni et l'Irlande (depuis 1974) et les « principales villes d'Europe ».

Un nouveau guide rouge est consacré à la ville de Tokyo depuis 2008. C'est le premier en dehors de l’Occident. 90 000 exemplaires en auraient été vendus le premier jour de sa sortie. Et déjà huit restaurants japonais sont primés 3 étoiles, sur un total de 150 restaurants étoilés. Le premier restaurant chinois primé 3 étoiles du monde entier est signalé dans le guide rouge pour Hong Kong et Macao en décembre 2008, pour l'édition 2009.

Le 21 juillet 2012, un exemplaire du guide rouge 1900 est adjugé pour la somme record de 15 000 euros lors d’une vente aux enchères organisée dans le cadre de la 11e Convention des collectionneurs Michelin au casino de Royat, près de Clermont-Ferrand[5].

Les Coups de cœur[modifier | modifier le code]

Publiés depuis 2003, Les Coups de cœur proposent une sélection d'hôtels et de maisons d'hôtes de charme.

Les Guides Gourmands[modifier | modifier le code]

Les Guides Gourmands proposent des restaurants « typiques » et des boutiques situés dans les régions de France. Cette collection a été lancée en 2003, avec le titre Rhône-Alpes.

Guide Vert[modifier | modifier le code]

Michelin édite aussi des collections de guides à vocation touristique (Guide vert) lancés au cours des années 1920.

Article détaillé : Guide vert.

Guides illustrés des champs de bataille[modifier | modifier le code]

Première édition[modifier | modifier le code]

Une première édition des Guides Illustrés Michelin Des Champs De Bataille 1914-1918 est parue entre 1917 et 1925. Elle comprenait 32 titres[6],[7] :

Deuxième édition[modifier | modifier le code]

Une deuxième édition des Guides Illustrés Michelin Des Champs De Bataille 1914-1918 est parue à partir de 2011. Elle comprenait, en 2014, 7 titres :

Critiques[modifier | modifier le code]

Au début du XXIe siècle, Le Guide rouge est un des guides gastronomiques les plus réputés, et donc les plus critiqués, notamment à travers les ouvrages L'inspecteur se met à table (2004) de Pascal Remy qui fut inspecteur pendant seize ans pour le compte du guide et pendant quatre ans au Gault et Millau et Food Business : la face cachée de la gastronomie française d'Olivier Morteau (2004).

Il est si influent, en raison de ses ventes, que l’octroi ou la récupération d'une étoile entraîne une augmentation notable de la clientèle. À l'inverse, la perte d'une étoile, notamment pour les « trois étoiles », est très médiatisée et, semble-t-il, pénalisante, comme ce fut le cas notamment pour Lasserre, la Tour d'Argent, le Crocodile[réf. nécessaire].

Certains chefs de cuisine refusent ostensiblement de jouer le jeu et allèguent ne pas vouloir recevoir d'étoiles, ou prétendent « la rendre ». Cela peut passer pour une gesticulation publicitaire, la plupart des intéressés le faisant abondamment savoir par voie de presse, à l'instar d'Alain Senderens quand il prend du recul au Lucas-Carton (Antoine Westermann fit exception lorsqu'il abandonne le Buerehiesel de Strasbourg à son fils, qui reconquiert rapidement une étoile à titre personnel). D'après l'éditeur, un établissement peut refuser d'apparaître dans le guide alors qu'il n'est pas possible de retirer ses étoiles[1].

En 2005, le restaurant Ostend Queen, installé dans le Casino Kursaal d'Ostende, reçoit deux « fourchettes » et un « Bib gourmand », alors qu'il n'est pas encore ouvert. Après avoir admis s'être basé exclusivement sur la réputation de Pierre Wynants (chef du Comme chez soi, un restaurant trois étoiles), Michelin Belgique retire le guide des librairies[réf. souhaitée].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pascal Remy, L'inspecteur se met à table, Équateurs, avril 2004 (ouvrage qui décrit la vie d'un inspecteur par le détail)
  • La Saga du Guide Michelin, Michelin, février 2004 (ouvrage « ne pouvant être vendu »)
  • Pierre-Gabriel Gonzalez, « Cent ans de guides Michelin », Génium/Nos Ancêtres, janvier 2005 (dossier de 32 pages)
  • « La mondialisation vaut le détour, ou comment le guide Michelin s'est imposé au Japon », ParisTech Review, 1er juin 2011[8]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il existe des guides imprimés en français pour les voyageurs depuis le début du XVIIe siècle.[pas clair]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mariana Gonçalves, « Michael Ellis : "Le Guide Michelin se doit d'être honnête pour être crédible" », sur journaldesfemmes.com,‎ 11 septembre 2014 (consulté le 3 octobre 2014).
  2. Guide Michelin pour l'Algérie et la Tunisie, Michelin-guide (Paris),‎ 1907 (présentation en ligne, lire en ligne)
  3. David Caviglioli, Guide Michelin : ces macarons qui n'en sont pas, Nouvel Obs, 1er mars 2010
  4. viamichelin.fr
  5. Un guide Michelin vendu 15 000 euros, le Figaro, 22 juillet 2012
  6. Les guides des champs de bataille 1914-1918 de Michelin sur centenaire.org
  7. Dossier de presse Michelin sur fortificationetmemoire.fr
  8. « La mondialisation vaut le détour, ou comment le guide Michelin s'est imposé au Japon », ParisTech Review,‎ 1er juin 2011 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]