Gui d'Amalfi

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Gui de Hauteville, duc d'Amalfi (en italien : Guido d'Altavilla, duca d'Amalfi ; né v. 1060/1065 - † ), est un duc normand d'Amalfi, en Italie méridionale, membre de la Maison de Hauteville.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'Italie en 1084.

Gui est le deuxième fils de Robert Guiscard, duc d'Apulie, de Calabre et de Sicile, et de la princesse lombarde Sykelgaite de Salerne.

Encore enfant ou tout juste adolescent, il est nommé par son père duc d'Amalfi, prise par les Normands en 1073. Mais les habitants de la ville n'acceptèrent jamais le joug normand et Gui semble avoir passé peu de temps dans son duché. À deux reprises, les Amalfitains se révoltent et élisent leur propre duc ; Gisulf en 1088[1], puis Marinus en 1096[2], qui reçoit le soutien de l'Empire byzantin.

Sa vie en Italie est peu connue et il semble que, comme son frère cadet Robert, il reste dans l'ombre de son frère aîné Roger, successeur désigné de Guiscard, et de son demi-frère Bohémond.

En 1084-1085, il participe avec ses frères Roger, Robert et Bohémond à l'expédition menée par Robert Guiscard dans les Balkans contre l'Empire byzantin. Ce dernier l'envoie notamment avec Roger occuper Aulona. Selon Anne Comnène, l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène tenta de le détacher des intérêts de son père en lui proposant un mariage avantageux, des richesses immenses, et les charges les plus considérables de l'Empire ; Gui ne rejeta pas tout à fait ces offres bien que la négociation soit demeurée sans effet, et qu'elle ait été tenue fort secrète[3]. Certains historiens pensent que la proposition de l'empereur eut lieu, non pas lors de cette expédition, mais lors de celle menée en 1107-1108 par Bohémond contre Dyrrhachium[4]. Toujours selon Anne Comnène, il faillit être capturé par les Vénitiens[5], vainqueurs en 1085 des troupes normandes près de Buthrotum (en actuelle en Albanie).

Lors de la Première croisade, Gui se trouve déjà à Byzance[6], au service de l'empereur Alexis Ier Comnène, probablement depuis les années 1080[7].

Lors de l'expédition menée dans les Balkans en 1107-1108 par son demi-frère Bohémond contre l'Empire byzantin, Gui l'aurait trahi lors du siège de Dyrrhachium. Selon l'auteur anonyme d'une histoire des Français, Gui tomba malade et fit appeler son demi-frère, et le pria de lui pardonner les fautes qu'il avait commis envers lui. Interrogé par Bohémond sur ces fautes, il lui avoua que l'empereur lui avait promis sa fille avec Dyrrhachium et d'autres dons, et que c'était lui qui, par ses conseils, animant les citoyens de la ville assiégé à se défendre, avait retardé la prise ou la reddition de cette ville. En apprenant un crime si abominable, « Bohémond le détesta et s'éloigna de lui, après avoir accumulé sur sa tête malédictions sur malédictions. Gui mourut peu après ».

Selon la nécrologie de la cathédrale de Salerne, Gui meurt le 8 juillet 1108.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philip Grierson, Lucia Travaini, Medieval European Coinage : Vol. 14 (South Italy, Sicily, Sardinia : With a Catalogue of the Coins in the Fitzwilliam Museum, Cambridge, Vol. 14, Part. 3), Cambridge University Press, 1998.
  2. Giovanni Cherubini, Idomeneo Barbadoro, Storia della società italiana, Vol. 5, Teti, 1984.
  3. Anne Comnène, Alexiade, L. VI, Chap. IV.
  4. Ralph B. Yewdale, Bohemond I, Prince of Antioch, Princeton, 1917.
  5. Ibid..
  6. Richard Philip Abels, Bernard S. Bachrach, The Normans and Their Adversaries at War : Essays in Memory of C. Warren Hollister, p. 93. Boydell & Brewer, 2001.
  7. The Chanson D'Antioche : An Old-French Account of the First Crusade, Ashgate Publishing, Ltd., 2011. P. 55.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]