Guerres d'Italie

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La bataille de Pavie, huile sur bois, XVIe siècle).

Les guerres d’Italie sont une suite de conflits menés par les souverains français en Italie au cours du XVIe siècle pour faire valoir ce qu'ils estimaient être leurs droits héréditaires sur le royaume de Naples, puis sur le duché de Milan.

Origines[modifier | modifier le code]

Le royaume de Naples, jusqu’en 1442, est aux mains de la maison d'Anjou, maison cadette des Capétiens. À cette date, l’Aragon avec le roi Alphonse V en prend le contrôle. La maison d’Anjou essaie alors sans relâche d’en reprendre possession. Son dernier représentant, René d’Anjou meurt en 1480 : ses droits sur le royaume de Naples passent alors au royaume de France, où règne Louis XI, puis, à partir de 1483, Charles VIII.

Charles VIII doit faire d'importantes recherches dans les archives pour prouver le bien-fondé de ses prétentions, d'autant plus que la maison d'Anjou a perdu ses possessions napolitaines en 1442. Ce legs comprend aussi le royaume de Jérusalem, qui sera occupé par les mamelouks jusqu'en 1517. Trois traités diplomatiques assurent à la France la neutralité de l'Espagne par le traité de Barcelone en 1493 (Ferdinand II d'Aragon récupère le Roussillon et la Cerdagne), de l'Angleterre par le traité d'Étaples en 1492 et de l'empereur Maximilien par le traité de Senlis en 1493. Dans ces derniers accords, Charles VIII renonce à la Franche-Comté, dot de l'ancienne fiancée du roi Marguerite d'Autriche, mais que Maximilien a déjà récupérée.

En 1486, certains barons du royaume de Naples, restés fidèles aux Angevins, se révoltent. Vaincus ils se réfugient en France. Les monarques français vont alors essayer de faire valoir leurs droits pendant près de 60 ans.

Charles VIII est en outre incité à se rendre en Italie par Ludovic le More, tuteur du duc de Milan Jean Galéas Sforza. Ludovic le More est inquiet de la rupture possible de l’équilibre en Italie : l’alliance formée dès 1467 par Florence, Milan et Naples, pour lutter contre la puissance vénitienne, bat de l’aile et Pierre l’Infortuné, le successeur de Laurent le Magnifique, se rapproche du royaume de Naples.

En outre, le projet de Charles VII est discrètement soutenu en Italie même par une faction, à la tête de laquelle se trouve "le cardinal Giuliano della Rovere le futur Jules II, [qui] comptait sur l'appui des Français pour faire déposer le pape régnant Alexandre VI Borgia"[1]

Les premières guerres d’Italie : de Charles VIII à Marignan[modifier | modifier le code]

Première guerre d'Italie (1494-1497)[modifier | modifier le code]

Première guerre d'Italie
L'Italie en 1494
L'Italie en 1494
Informations générales
Date 1494-1497
Lieu Italie
Casus belli Revendications françaises sur le trône de Naples
Issue Trêve d’Alcalá de Henares
Belligérants
Royaume de France
Duché de Milan (1494-1495)
Royaume de Naples
République de Venise (1495-1497)
États pontificaux (1495-1497)
Saint-Empire (1495-1497)
Aragon (1495-1497)
Castille (1495-1497)
Duché de Milan (1495-1497)
Commandants
Charles VIII de France
Louis d'Orléans
Gilbert de Montpensier
François II de Mantoue
Gonzalve de Cordoue
Guerres d'Italie
Batailles
Seminara - Fornoue

Allié au duché de Milan, Charles VIII part de Grenoble et franchit le col de Montgenèvre le 2 septembre 1494. Son projet, à la fois ambitieux et irréaliste consistait, une fois maître du Royaume de Naples à entreprendre une nouvelle croisade contre l'Empire ottoman de Bajazet, dont le but final n'était rien moins que la reconquête Jérusalem[2].

L’armée française qui pénètre en Italie est composée de la garde rapprochée du roi, formée par deux cents cavaliers, une cavalerie de 1 600 lances, 12 000 fantassins (dont 6 000 Suisses et 3 000 Gascons) et surtout une artillerie de 70 pièces, légères et maniables, tirant des boulets de bronze ou de cuivre à cent coups à l'heure.

Les Français avancent rapidement et atteignent la ville d’Asti le 9 septembre[3]. Parallèlement, à Rapallo, près de Gênes, les troupes franco-milanaises commandées par Louis d’Orléans, appuyées par la marine française, mettent en déroute une armée de 5 000 Aragonais, fraîchement débarqués dans le port de Gênes. Victime de la petite vérole, Charles VIII ne peut pénétrer dans Gênes avant le 6 octobre.

L’armée française continue alors en direction de Naples : le 20 octobre, les Français prennent Mordano, en Romagne, et y massacrent civils et soldats; le 26, c’est le bourg de Fivizzano qui subit le même sort. Les Italiens sont terrorisés, et après négociation, Florence est prise sans combat le 17 novembre. Les Français la quittent le 28 du même mois et entrent dans Rome le 31 décembre où ils sont accueillis triomphalement. Charles VII se fait remettre par le pape Alexandre le propre frère du sultan Bajazet, Djem. Celui-ci avait combattu sans succès Bajazet pour recueillir l'héritage de leur père, le sultan Mehmed II. Afin d'échapper à la vindicte de son frère, Djem avait d'abord trouvé refuge chez les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Rhodes, et ceux ci l'avaient ensuite confié au pape. Charles VII comptait sur Djem pour rallier des musulmans à sa cause et combattre Bajazet. L'aventure n'aura pas de suite, car Djem mourra quelques semaines plus tard[4].

À la mi-février 1495, le roi Alphonse II de Naples abdique et Ferdinand II lui succède. Ce dernier doit fuir devant l’arrivée des troupes françaises le 22 février 1495. Des nobles italiens, nostalgiques de la période angevine et convaincus de la justesse des prétentions de Charles VIII se rallient à lui avec leurs hommes d'armes (Lavorata…) et agissent en condottieres. Ils se contentant de la solde du roi (8d pour un chevalier). L’occupation militaire de Naples sera l’occasion pour de nombreux soldats de contracter un mal jusqu’alors inconnu : la syphilis.

L’arrogance de l’occupant français provoque l’hostilité de la population. En outre, une alliance anti-française, se constitue dans le Nord à l'instigation de Venise. Charles VIII décide de quitter Naples le 20 mai 1495 avec le gros de son armée. Gilbert de Montpensier, devenu vice-roi, y demeure à la tête d’une garnison française.

Resté en Lombardie avec une partie des troupes, Louis d’Orléans, bien qu’ayant reçu l’ordre de ne pas attaquer le duc de Milan Ludovic le More, ne peut résister à l’envie de s’emparer de Novare. Il y entre le 10 juin 1495 et y est très bien reçu par les habitants, mais ne pousse pas jusqu'à Milan, pourtant peu défendue et sans doute prête à l'accueillir de la même façon.

Le retour vers la France de Charles VIII s’effectue dans des conditions difficiles. Le roi, ayant quitté Naples avec une armée diminuée (il n’a plus que 9 000 hommes avec lui), fait traverser à grand-peine les Apennins à son artillerie et arrive près de Fornoue le 5 juillet. Rattrapé par l’armée coalisée, forte de 35 000 hommes et commandée par le marquis de Mantoue, François II, Charles VIII est obligé d’accepter le combat. Le 6 juillet se déroule la bataille de Fornoue où les Français, malgré leur infériorité numérique, remportent une relative victoire leur permettant de poursuivre leur retraite.

L’armée arriva à Asti dans un état de délabrement certain. Louis d’Orléans, enfermé avec ses troupes dans Novare par les 30 000 hommes de Ludovic le More et en proie à la famine, appelle son cousin à l’aide, qui part à son secours sans lui tenir rigueur de son insubordination.

Des négociations s’ouvrent entre les deux parties qui conduisent à la paix de Verceil signée le 9 octobre 1495. Louis d’Orléans évacue Novare avec ses 5 500 hommes majoritairement suisses dont un grand nombre, trop affaibli, meurt peu après. Le traité de Verceil accorde au roi de France des espérances chimériques et laisse en réalité le champ libre au duc de Milan.

Pendant ce temps, les Français laissés sur les débris du royaume de Naples combattent pour en conserver la possession. Ferdinand II débarque en Calabre et les assiège dans Naples. Montpensier s'enferme dans les châteaux en attendant les secours de France. Ceux-ci tardent à arriver : Ludovic le More ne tient pas son engagement d'envoyer une flotte pour acheminer leur troupes vers Naples et Charles VIII est à court d’argent. Le coût de son expédition en Italie aurait dû être partiellement couvert par des dons des Florentins, dons conditionnés au retour sous leur contrôle des places fortes prêtées au roi. Ces places fortes sont finalement vendues à Lucques, Venise, Gênes ou Pise, après la trahison du commandant français en Toscane, Robert de Balsac. Charles VIII se voit donc contraint à rembourser les prêts florentins et ne reçoit pas de nouveaux fonds de cette ville.

Gilbert de Montpensier, en désespoir de cause, embarque avec la quasi-totalité de sa garnison et se rend à Salerne. L’armée du comte, composée en grande partie de mercenaires allemands et italiens, manquant souvent de vivres et n’ayant pas reçu sa solde depuis fort longtemps, se laisse enfermer par Ferdinand II dans la petite ville d’Atella. Une partie des mercenaires allemands fait défection, poussant les Français à la capitulation. L’armée française retenue prisonnière est décimée par la maladie et la faim.

L’Espagne, engagée dans la Ligue de Venise en violation du traité de Barcelone, attaque le Languedoc à plusieurs reprises courant 1496. Des négociations en vue d’obtenir une paix séparée avec l’Espagne occupent une partie de l’année 1496, toute l’année 1497 et le début de 1498, aboutissant à la signature de la trêve d’Alcalá de Henares le 24 novembre 1497.

Charles VIII, toujours désireux de reconquérir le royaume de Naples, entretient des intelligences avec les princes d’Italie dont les États peuvent lui ouvrir de nouveau le chemin de ce royaume. Le duc d’Orléans contribue cependant à faire naître des obstacles aux projets du roi qui meurt en 1498 sans assouvir ses rêves de revanche.

Deuxième guerre d'Italie (1499-1500)[modifier | modifier le code]

Deuxième guerre d'Italie
Informations générales
Date 1499-1500
Lieu Milanais
Casus belli Revendications françaises sur le duché de Milan
Issue Capture du duc de Milan
Changements territoriaux Duché de Milan-Gênes
Belligérants
Royaume de France
République de Venise
Duché de Milan
Commandants
Jacques de Trivulce Ludovic le More
Guerres d'Italie
Batailles
Novare

Louis d’Orléans, devenu Louis XII, hérite des droits des Valois sur le royaume de Naples et estime en avoir également sur le duché de Milan, par sa grand-mère issue de la famille Visconti. Conseillé par le cardinal-archevêque de Rouen, Georges d'Amboise, Louis XII prépare minutieusement sa campagne en Italie. Il se rapproche d’abord des Borgia pour s'assurer l’appui du pape Alexandre VI pour l'annulation de son mariage avec Jeanne de France et son remariage avec la veuve de Charles VIII, Anne de Bretagne, dans le but de conserver le duché de Bretagne. César Borgia apporte la bulle pontificale accordant l’annulation du mariage. En récompense, le roi de France accorde au messager le duché de Valentinois, érigé en duché-pairie, ainsi que la main de Charlotte d'Albret, sœur du roi de Navarre, à la satisfaction du pape désireux de placer tous les membres de sa famille à l’échelle européenne. Louis XII se rapproche également de la République de Venise avec qui il signe le traité de Blois le 2 février 1499 par lequel il lui promet la région de Crémone si elle intervient au côté de la France. Le 16 mars 1499 est signé le traité de Lucerne entre la France et les Cantons suisses. Enfin, il conclut des accords avec le roi Henri VII d'Angleterre et le futur roi de Castille, Philippe le Beau. Le duc de Milan Ludovic le More se trouve ainsi totalement isolé.

Les Français commandés par le condottiere Jacques de Trivulce et les Vénitiens attaquent le duché de Milan en juillet 1499. Ludovic le More, sans soutien de l'Empereur et attaqué sur deux fronts, se réfugie au Tyrol. Trivulce occupe Milan le 2 septembre 1499. Gênes tombe également aux mains du roi de France. Louis XII rejoint Trivulce à Milan puis repart pour son royaume, laissant la protection du duché à son général. Ludovic Sforza reconstitue une armée et reprend Milan en mars 1500.

Louis XII envoie alors La Trémoille et Georges d'Amboise reconquérir le duché. Ludovic le More n’ayant pas soldé ses mercenaires, ces derniers refusent de combattre les Français et leur livrent même leur chef à Novare le 10 avril 1500. Ludovic Le More est emmené en captivité en France où il meurt en 1508. Louis XII nomme Charles II d'Amboise de Chaumont gouverneur de Milan.

Troisième guerre d'Italie (1501-1504)[modifier | modifier le code]

Troisième guerre d'Italie
Informations générales
Date 1501-1504
Lieu Royaume de Naples
Casus belli Revendications françaises sur le royaume de Naples
Issue Armistice de Lyon
Changements territoriaux Royaume de Naples
Belligérants
Royaume de France Royaume de Naples Royaume d'Aragon
Commandants
Bayard Gonzalve de Cordoue
Guerres d'Italie
Batailles
Seminara - Ruvo - Cérignole - Garigliano

Une fois conquis le duché de Milan, Louis XII se tourne vers le royaume de Naples. Une fois encore, il obtient l’appui du pape Alexandre VI qui reproche au roi Frédéric Ier de Naples de s’être allié aux Turcs. Le 11 novembre 1500, Louis XII signe le traité de Grenade avec Ferdinand II d'Aragon régissant le partage du royaume de Naples : les Pouilles et la Calabre pour l’Aragon, Naples, le Labour et les Abruzzes pour la France.

En 1501, Naples doit faire face à la double offensive franco-espagnole si bien que son roi doit capituler le 26 septembre 1501. Il se réfugie auprès du roi de France, qui lui attribue le titre de duc d'Anjou en contrepartie de son renoncement au royaume de Naples.

Durant le même temps, et avec l’accord de la France, César Borgia, fils d’Alexandre VI, prend possession de la totalité de la Romagne pontificale (1500), puis du Duché d'Urbino (juin 1502). Louis XII s’oppose à ses velléités d’attaquer Florence. Le 31 décembre 1502, il fait massacrer les barons de la famille Orsini à Senigallia.

Dans le royaume de Naples, l’occupation par les Français de certains territoires contestés entraîne un conflit avec Ferdinand II d'Aragon dès 1502.

Alexandre VI meurt en août 1503. Son successeur, Pie III, ne règne que quelques mois, et un adversaire farouche des Borgia, Jules II, devient pape. César Borgia doit rendre les villes et forteresses qu’il occupe et fuit en Espagne, où il est emprisonné, puis finit par se réfugier en Navarre où il meurt en 1507.

Les défaites françaises de Seminara, de Cérignole et du Garigliano contre Gonzalve de Cordoue, entraînent la perte de Naples et, le 1er janvier 1504, la capitulation de Gaëte.

En février 1504 est signé l’armistice de Lyon par lequel Louis XII renonce au royaume de Naples au profit de Ferdinand II d'Aragon. Louis XII a donc permis l’extension de la Papauté et a provoqué l’installation des Espagnols à Naples.

Quatrième guerre d'Italie (1508-1513)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Quatrième guerre d'Italie.
Quatrième guerre d'Italie
Informations générales
Date 1508-1513
Lieu Vénétie-Romagne-Lombardie-Picardie-Bourgogne-Navarre
Casus belli Occupation de quelques villes de Romagne par Venise.
Issue Traité de Dijon
Changements territoriaux Duché de Milan
Belligérants
États pontificaux (1508-1510)
Royaume de France
Navarre
Saint-Empire
Venise
États pontificaux (1510-1513)
Aragon (1511-1513)
Royaume d'Angleterre
Cantons suisses
Commandants
Louis XII
Gian Giacomo Trivulzio
Charles II d'Amboise de Chaumont
Maximilien de Habsbourg
Gaston de Foix-Nemours
Jacques II de Chabannes
La Trémoille
Bartolomeo d'Alviano
Andrea Gritti
Guerres d'Italie

En 1508, le traité de Cambrai, débouche sur la quatrième guerre d’Italie également appelée guerre de la Ligue de Cambrai. La ligue de Cambrai est dirigée contre Venise et regroupe la Papauté, qui veut récupérer quelques places de Romagne que Venise a occupées en 1504, la France, qui veut récupérer quelques places vénitiennes en Lombardie et le Saint-Empire, qui veut récupérer quelques places dans le Frioul. En 1506, Jules II s’était déjà emparé seul de Pérouse et de Bologne.

Les Vénitiens refusent de céder à l’ultimatum papal et la guerre éclate en mai 1509. Les troupes françaises, commandées par Louis XII en personne, assisté par Trivulce et Charles II d'Amboise de Chaumont, franchissent la frontière lombarde le 9 mai 1509 et battent les Vénitiens de Bartolomeo d’Alviano à la bataille d'Agnadel le 14 mai.

Louis XII s’empare immédiatement des villes lombardes qui lui reviennent, Maximilien fait de même avec les siennes et Jules II occupe la Romagne.

Les troupes vénitiennes se ressaisissent toutefois et, le 15 juillet, les Vénitiens qui s’étaient fortifiés dans Trévise, reprennent Padoue sous les ordres d’Andréa Gritti. L’empereur vient mettre le siège devant la ville le 15 septembre, mais doit le lever 17 jours plus tard,

Inquiet des progrès de Louis XII, le pape Jules II manifeste sa volonté de chasser les Français d’Italie. Le 24 février 1510, il lève l’excommunication de Venise et les troupes papales et vénitiennes vont combattre ensemble pour chasser les Français d’Italie, les Vénitiens reprenant progressivement leurs territoires sur la Terre Ferme.

En mai 1511, Louis XII prend Bologne et convoque un concile à Pise destiné à destituer le pape. Jules II riposte par sa bulle Sacrosanctæ, convoquant un concile au Latran, en excommuniant les membres du concile de Pise.

Le 5 octobre 1511, le pape forme la Sainte Ligue avec l’Espagne et Venise, puis l’Angleterre et les cantons suisses, contre la France.

Les troupes françaises, commandées par Gaston de Foix, parviennent toutefois à vaincre les troupes de la Ligue : celles-ci doivent lever le siège de Bologne, évacuer Brescia qu’elles avaient reprises et vainquent les troupes de la Ligue le 11 avril 1512 lors de la bataille de Ravenne. Gaston de Foix meurt cependant durant cette bataille et Jacques II de Chabannes, son successeur, n’a pas ses talents de général ![réf. nécessaire].

Au lieu de marcher sur Rome, les troupes françaises perdent du temps à piller Ravenne. Les troupes espagnoles et pontificales ont le temps de se ressaisir et les 18 000 soldats suisses arrivent en Lombardie. En juin 1512, les Français ont complètement évacué la Lombardie et Maximilien Sforza est placé sur le trône ducal à Milan.

Jules II meurt le 20 février 1513. Il laisse à son successeur Léon X une papauté très forte. Les Français, dirigés par La Trémoille et Trivulzio, lancent une nouvelle offensive et reprennent la plupart des villes du duché, dont Milan. Cette offensive est pourtant mise en échec à son tour, le 6 juin 1513, à la bataille de Novare, perdue contre les Suisses. Les troupes françaises évacuent une nouvelle fois le Milanais et repassent en France pour faire face à un nouveau danger.

Au nord, les Anglais lancent l’offensive à partir de Calais en Picardie, tandis que les Suisses lancent l’offensive en Bourgogne. La cavalerie française est battue à la bataille de Guinegatte le 16 août 1513 face aux Anglais d’Henri VIII. Ce dernier occupe ensuite Thérouanne. Les Suisses mettent le siège devant Dijon. Au sud, Fadrique Álvarez de Toledo y Enríquez de Quiñones, deuxième duc d'Albe, commandant les Aragonais, lance l’offensive contre la Navarre. Il conquiert tout le pays au sud des Pyrénées, contraignant Jean d'Albret à faire retraite. Le 14 septembre, Louis II de la Trémoille signe le traité de Dijon par lequel il achète le départ des Suisses et abandonne ses prétentions sur l’Italie au nom du roi Louis XII. Ce dernier ne ratifie pas ce traité.

Louis XII a perdu l’Italie. La récupération de ces territoires sera l'œuvre de son successeur, François Ier.

Cinquième guerre d'Italie (1515-1516)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Marignan.
Cinquième guerre d'Italie
Informations générales
Date 1515-1516
Lieu Milanais
Casus belli Revendication françaises sur le duché de Milan
Issue Concordat de Bologne-Traité de Noyon-Traité de Fribourg
Changements territoriaux Duché de Milan
Belligérants
Royaume de France Milan
Cantons suisses
Saint-Empire
Aragon
États pontificaux
Commandants
François Ier Matthieu Schiner
Guerres d'Italie
Batailles
Marignan

Sacré roi de France le 25 janvier 1515, François Ier rassemble de l’argent pour une nouvelle expédition en vue de reprendre le duché de Milan. Il est lui aussi descendant de Valentine Visconti, et veut sans tarder réoccuper Milan. Il signe des traités avec le roi d’Angleterre Henri VIII, le prince des Pays-Bas bourguignons Charles (futur Charles Quint) et la République de Venise.

Les Suisses tiennent le duché, au nom de son jeune duc Maximilien Sforza. Ils obtiennent le soutien, le 7 février 1515, de l’empereur Maximilien Ier de Habsbourg et de Ferdinand II d'Aragon pour la protection du Milanais. Le pape Léon X, plus soucieux de défendre les intérêts de sa famille à Florence n’adhère à l’accord que le 15 juillet. En réalité seuls les Suisses sont prêts à défendre le duc de Milan, l’empereur fermant les yeux sur l’engagement par François Ier de plus de 15 000 lansquenets allemands.

Les Suisses se préparent à l’invasion française en installant des garnisons dans le Piémont, aux débouchés traditionnels des armées françaises, Suse et Pignerol, par le col du Mont-Cenis et du Montgenèvre. Les Français prennent cependant une voie nouvelle pour venir en Italie, le col de Larche, et forcent ainsi les Suisses à faire retraite pour défendre la Lombardie.

Au cours de l’été, le roi de France promet aux Confédérés d’énormes sommes d’argent en échange de l’abandon du duché de Milan. Les Suisses hésitent, puis refusent. Suisses et Français s’affrontent alors les 13 et 14 septembre 1515 lors de la bataille de Marignan. Les Français sont vainqueurs et peuvent rapidement prendre le contrôle de l’ensemble de la Lombardie. La France et la Papauté signent alors le concordat de Bologne qui régira les rapports entre les deux puissances jusqu’à la Révolution française, renforçant le poids du roi dans l’Église gallicane.

Le 13 août 1516, Charles de Habsbourg, devenu roi d’Espagne à la mort de son grand-père Ferdinand II d'Aragon, reconnaît à la France la possession du Milanais, contre l’abandon de toute prétention française sur Naples : c’est la paix de Noyon.

Il fut plus difficile pour le roi de France de s’entendre avec les Suisses divisés. En janvier 1516, huit cantons décident d’accepter les conditions du roi, cinq autres autorisent l’empereur à recruter pour une nouvelle expédition en Italie. Finalement le 29 novembre 1516, une paix perpétuelle est signée entre la Confédération et la France. Le roi de France pouvait de nouveau engager des Suisses dans son armée. Une paix durable semble s’installer en Italie.

Les six guerres du duel Valois/Habsbourg[modifier | modifier le code]

Sixième guerre d'Italie (1521-1526)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sixième guerre d'Italie.
Sixième guerre d'Italie
Informations générales
Date 1521-1526
Lieu Italie France Espagne
Issue Victoire des Habsbourg
Belligérants
Royaume de France
République de Venise
Saint-Empire
Espagne
Royaume d'Angleterre
États pontificaux
Commandants
François Ier
Odet de Foix
Guillaume Gouffier de Bonnivet
Pierre Terrail de Bayard
Anne de Montmorency
Charles Quint
Charles de Lannoy
Fernando de Avalos
Charles III de Bourbon
Prospero Colonna
Batailles
Pampelune — Noain — Mézières — Tournai — La Bicoque — Gênes — Sesia — Marseille — Pavie

À la suite de l’élection de Charles Quint à la tête du Saint-Empire, la France se retrouvait entourée par les États des Habsbourg, qui possédaient l’Espagne, l’Empire, les Pays-Bas et le Royaume de Naples. Les affrontements ne se limitent plus à l’Italie, mais celle-ci reste tout de même le principal champ de bataille.

Le 29 avril 1522, les Français qui tentaient une nouvelle fois de prendre le royaume de Naples, sont vaincus à la bataille de la Bicoque près de Milan et doivent abandonner le duché de Milan. Francesco Maria Sforza est installé sur le trône ducal.

En septembre 1523, Charles de Bourbon, connétable et premier officier du royaume, se révolte contre le roi et passe au service du Habsbourg. Dans le Midi, le maréchal de Lautrec, par une résistance héroïque, contraint les Espagnols à lever le siège de Bayonne.

En 1524, les troupes françaises doivent se retirer complètement de Lombardie et abandonnent même leurs pièces d’artillerie durant la retraite. Le chevalier Bayard meurt le 30 avril 1524, durant la retraite.

En juillet de la même année, les troupes espagnoles, commandées par Charles de Bourbon, envahissent la Provence. Elles ne parviennent toutefois pas à réussir le siège de Marseille et les Français font une contre-offensive, qui leur permet de repasser les Alpes en octobre. Milan est reprise le 26 octobre et les Espagnols se réfugient à Lodi et Pavie.

Pavie est assiégée durant trois mois et une armée impériale, commandée par Georg Frundsberg, vient au secours des assiégés en février 1525. La bataille de Pavie se solde par une véritable déroute française.

Septième guerre d'Italie (1527-1529)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Septième guerre d'Italie.
Septième guerre d'Italie
Informations générales
Date 1527-1529
Lieu Italie France Espagne
Issue Victoire des Habsbourg
Belligérants
Royaume de France
États pontificaux
République de Venise
Florence
Royaume d'Angleterre
Duché de Milan
Saint-Empire
Espagne
République de Gênes
Commandants
Odet de Foix
Francesco Ferrucci
Jean des Bandes Noires de Médicis
Malatesta Baglioni
Charles III de Bourbon
Georg von Frundsberg
Philibert de Châlon
Batailles
Rome · Naples · Landriano · Florence · Gavinana

Le 14 janvier 1526, François Ier avait signé le traité de Madrid selon lequel il devait renoncer à ses prétentions en Italie, céder la Bourgogne à l'Espagne, renoncer à sa souveraineté sur les Flandres et l'Artois et épouser Eléonore de Habsbourg, la sœur de Charles Quint. Mais à son retour en France après sa libération le 17 mars 1526, François Ier annule le traité et ne respecte par conséquent aucune des promesses qu’il avait faites pour être libéré.

Le 22 mai 1526, la France, la Papauté (en la personne de Clément VII), le duché de Milan, l’Angleterre, Venise et Florence forment la ligue de Cognac contre l’Empire. Alors que l’armée impériale est affaiblie par les maladies et le manque d’argent pour payer la solde, le duc d'Urbino Francesco Maria della Rovere, qui commande les armées de la Ligue, ne peut se résoudre à attaquer Milan et attend les renforts.

En septembre 1526, à la suite de la défaite des Hongrois à Mohács contre Soliman le Magnifique et contraint par une partie de la noblesse romaine, Clément VII doit conclure une trêve avec l’empereur.

Au printemps 1527, Charles de Bourbon ne peut plus payer l’armée impériale, qui comprend entre autres 12 à 15 000 lansquenets conduits par Georg von Frundsberg : pour éviter une dislocation de son armée, il lui promet qu’elle pourra se payer sur les villes toscanes et pontificales.

Florence et Bologne parviennent à payer l’armée impériale pour qu’elle se détourne de leurs terres et l’armée se dirige alors vers Rome. Clément VII, convaincu qu’il pourra négocier, néglige les défenses de la ville.

Au matin du 6 mai 1527, en réaction à l'alliance de Clément VII avec François Ier contre lui, Charles de Bourbon ordonne à son armée de prendre d’assaut Rome, sans préparation d’artillerie ni siège. Bourbon est tué durant l'assaut, mais les soldats prennent la ville en quelques heures

La ville est mise à sac durant plusieurs jours, les soldats pillant tout, lieux de culte et demeures des partisans de Charles Quint compris. Après trois semaines de siège, le château Saint-Ange, où s’étaient réfugiés le pape et les cardinaux, est pris. Le pape doit verser une rançon de 70 000 ducats d’or. Le retentissement du sac de Rome est immense dans toute la chrétienté et d’innombrables exégèses voient le jour.

L’armée impériale ne quittera la ville qu’en février 1528, se rendant enfin à Naples. Durant le sac de Rome, les armées françaises s’étaient rendues dans le royaume de Naples, avaient entrepris sa conquête et mis le siège devant Naples en avril 1528.

Les épidémies, la malaria et le changement de camp d’Andrea Doria, amiral génois, contraignent les Français à abandonner le royaume de Naples et ils subissent une dernière défaite en Lombardie.

Le 5 août 1529, la France et les Habsbourg signent la paix de Cambrai.

Huitième guerre d'Italie (1535-1538)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Huitième guerre d'Italie.
Huitième guerre d'Italie
Informations générales
Date 1535-1538
Lieu Savoie-Piémont-Milanais-Provence
Casus belli Revendications françaises sur le duché de Milan
Issue Paix de Nice
Changements territoriaux Savoie-Piémont
Belligérants
Royaume de France
Empire ottoman
Saint-Empire
Espagne
Commandants
François Ier
Montmorency
Charles Quint
Guerres d'Italie

Au début des années 1530, François Ier préfère soutenir les ennemis de l’Empereur, comme la ligue des princes protestants allemands (Ligue de Smalkalde) ou l’Empire ottoman, avec lequel il fera plusieurs fois alliance.

Charles Quint, au contraire, se présente de plus en plus comme le défenseur de la foi. En juin 1535, il reprend quelques villes de la Tunisie et, une année plus tard, le 5 avril 1536, il fait une entrée triomphale à Rome, accueilli par le pape Paul III. L’empereur et le pape conviennent de l’organisation d’un concile pour ramener les princes protestants allemands dans le giron catholique.

François Ier n’en veut pas et avait profité de la mort du duc de Milan, le 1er novembre 1535, pour revendiquer l’héritage du duché. Au début de l'année 1536, 40 000 soldats français envahissent la Savoie et s’arrêtent à la frontière lombarde, François Ier espérant trouver une solution négociée. La Savoie et le Piémont resteront possession française jusqu’en 1559. En février, le roi de France parvient à signer un traité d’alliance avec le sultan ottoman.

Charles Quint envahit la Provence en juin 1536. L’armée française doit battre en retraite, mais Montmorency inaugure la politique de la terre brûlée. Une offensive des Impériaux en Picardie est arrêtée par les Français. En septembre, les Espagnols doivent quitter la France sans avoir livré la moindre bataille.

Trêves éphémères et conflits se succèdent sans résultats, l’Italie devenant de moins en moins importante. Grâce à l’intervention du pape Paul III, élu en 1534 et partisan d’un rapprochement entre les deux souverains, le roi et l’empereur signent le 18 juin 1538 la Paix de Nice et se réconcilient lors de l'entrevue d'Aigues-Mortes le 15 juillet 1538, promettant de s’unir face au danger protestant. Le pape pousse d'ailleurs les deux souverains à partir en croisade contre les Turcs.

Neuvième guerre d'Italie (1542-1544)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Neuvième guerre d'Italie.
Neuvième guerre d'Italie
Informations générales
Date 1542-1544
Lieu Comté de Nice-Piémont-Picardie-Champagne-Écosse-Manche
Casus belli Revendication françaises sur le duché de Milan
Issue Trêve de Crépy-en-Laonnois-Traité d'Ardres
Changements territoriaux Savoie-Piémont
Belligérants
Royaume de France
Empire ottoman
Écosse
Saint-Empire (1542-1544)
Espagne (1542-1544)
Royaume d'Angleterre (1543-1546)
Commandants
François Ier
François de Bourbon
Khayr ad-Din Barberousse
Charles Quint
Henri VIII
Guerres d'Italie

François Ier, allié aux Turcs reprend les hostilités 4 ans plus tard en réaction à la violation des accords par Charles Quint qui a donné le Milanais à son fils, Philippe, en novembre 1540. François Ier envoie une armée commandée par le duc d’Orléans sur les Pays-Bas, une autre armée commandée par Du Bellay sur le Milanais et une autre armée commandée par le dauphin Henri sur le Roussillon. L’armée du nord (duc d’Orléans) comprend 20 000 lansquenets, 6 000 fantassins français, 500 gendarmes des compagnies d’ordonnance. Celle du Roussillon, commandée par le Dauphin, Montpezat et Annebault, réunit 40 000 fantassins français, 2 000 gendarmes et 2 000 chevau-légers. L’armée de Piémont (Du Bellay), a plus de 10 000 hommes. Les Français échouent sur tous les fronts en 1542. L’Angleterre s’engage dans le conflit au côté de Charles Quint si bien que la France fait jouer son alliance ancestrale avec l’Écosse. Jacques V d'Écosse est battu par les Anglais de Norfolk à Solway Moss le 24 novembre 1542.

En août 1543, les Français du comte d'Enghien font le siège de Nice, assistés par la flotte turque de Khayr ad-Din Barberousse. La ville se rend sauf la citadelle. Le comte d’Enghien poursuit l’offensive en direction de Milan et bat les Impériaux à la bataille de Cérisoles le 11 avril 1544. Cette victoire fait passer le Montferrat à la France. Tandis que la France connaît des succès au sud, elle doit affronter un important danger au nord. Henri VIII d’Angleterre et Charles Quint s’entendent pour une offensive conjointe au nord et à l’est de la France. Henri VIII lance une offensive à partir de Calais et vient assiéger Boulogne. Charles Quint lance une offensive en Champagne et menace Paris.

Le 18 septembre 1544, François Ier et Charles Quint signent la trêve de Crépy-en-Laonnois. François Ier conserve la Savoie et le Piémont mais doit renoncer à ses prétentions sur l’Artois, la Flandre, le Milanais et Naples. Charles Quint renonce à ses prétentions sur le duché de Bourgogne. Le troisième fils de François Ier, Charles d'Orléans, se voit fiancé avec Anne d'Autriche, nièce de l’empereur, avec le Milanais en dot.

La guerre se poursuit entre la France et l’Angleterre. Cette dernière doit essuyer plusieurs échecs contre les troupes écossaises et la flotte française. Le 7 juin 1546 est signé le traité d'Ardres entre François Ier et Henri VIII par lequel ce dernier restitue Boulogne à la France contre une rançon.

Dixième guerre d'Italie (1552-1556)[modifier | modifier le code]

Dixième guerre d'Italie
Informations générales
Date 1552-1556
Lieu Lorraine-Toscane-Corse
Casus belli Occupation des Trois-Évêchés par Henri II
Issue Trêve de Vaucelles
Changements territoriaux Trois-Évêchés-Corse-Piombino-Orbetello-Sienne
Belligérants
Royaume de France
Empire ottoman
Sienne
Saint-Empire
Espagne
Gênes
Commandants
Henri II
François de Guise
Blaise de Monluc
Charles Quint
Guerres d'Italie

Henri II se rapprocha donc des puissances qui pourraient contrebalancer celle de l’empereur. Le pape Paul III avait besoin de la France pour installer son ambitieuse famille. En mars 1547, le pontife avait décidé de transférer le concile de Trente à Bologne, avant de le suspendre en septembre 1549 : néanmoins le travail sur la foi et la discipline était déjà largement ébauché. Henri II décida de gagner le Piémont, en août 1548, dont il s’estimait le légitime possesseur désormais : en effet, contrairement à ses engagements, son père François Ier n’avait pas rendu ce territoire de l’autre côté des Alpes. Les Piémontais réservèrent au roi un accueil chaleureux. De nouveaux accords furent aussi signés avec les Suisses.

Cependant en 1550 le nouveau pape Jules III (1550-1555) était favorable à la cause impériale. Il avait convoqué de nouveau les évêques à Trente pour 1551, au grand mécontentement du roi de France qui se considérait très capable de reformer lui-même son Église. Le pape passa à l’offensive en menaçant la maison Farnèse, celle de son prédécesseur, qui était protégée de la France. Henri II avait aussi maintenu d’excellentes relations avec le sultan Soliman et il reçut de lui en 1551 l’aide d’une flotte. Finalement le pape capitula devant les menaces françaises. La pression de la France et la menace des armées luthériennes qui s’approchaient de Trente conduisirent à une nouvelle suspension du concile. Ainsi la politique d’Henri II avait tenu en échec le pape et l’empereur à la fois, et affirmé la présence et l’influence françaises dans le Saint-Empire et en Italie, tant par des opérations militaires que par des manœuvres diplomatiques.

Mais la situation internationale restait instable. En avril 1552, Henri II s’empare des Trois-Évêchés de Metz, Toul et Verdun. En Italie, la ville de Sienne avait chassé sa garnison espagnole le 26 juillet 1552 et demandé l’intervention française. C’était pour la France l’occasion d’ouvrir un nouveau front : cette guerre de Sienne dura trois ans. En octobre, Charles Quint tente de reprendre les Trois-Évêchés et met le siège devant Metz, mais la ville, défendue par François de Guise, résiste et les Impériaux lèvent le siège en janvier 1553. En 1553, Français et Turcs, qui soutiennent les Corses, révoltés contre les Génois, débarquent sur l’île. La même année, Charles Quint fait raser Thérouanne, en Artois, la ville étant tombée après avoir été assiégée.

En juin 1554, le connétable de Montmorency reprend le projet avorté d'une marche sur Bruxelles. Il dispose de 40 000 fantassins et de 1 200 cavaliers. Gaspard Ier de Coligny prend Dinant mais Montmorency, hésitant, évite un combat frontal. Il se replie devant l'armée impériale vers Cambrai, Calais, Boulogne et enfin Renty, petit village doté d'un solide château aux mains des troupes du Saint-Empire. Après un combat acharné, les Français, invaincus, abandonnent le siège faute de munitions.

La ville de Sienne, défendue par Monluc, dut finalement capituler le 17 avril 1555. L’Espagne cède Sienne à Florence mais conserve les présides toscans de Piombino et Orbetello. C’était pour la France la fin d’un rêve toscan.

L’empereur accepta la trêve de Vaucelles le 15 février 1556, il laissait à Henri II la Savoie, le Piémont, Metz, Toul et Verdun, comme la Corse qui avait été conquise.

Onzième guerre d'Italie (1557-1559)[modifier | modifier le code]

Onzième guerre d'Italie
Informations générales
Date 1557-1559
Lieu Flandre Calais Saint-Quentin
Issue Traités du Cateau-Cambrésis
Belligérants
Royaume de France
Empire ottoman
Sienne
Saint-Empire
Espagne
République de Gênes
Royaume d'Angleterre
République florentine
Duché de Savoie
Commandants
Henri II
François de Guise
Blaise de Monluc
Pierre Strozzi
Soliman le Magnifique
Charles Quint
Philippe II d'Espagne
Ferdinand Ier
Marie Ire
Cosme Ire
Emmanuel-Philibert de Savoie
Guerres d'Italie

La trêve de Vaucelles, si favorable à la France, fut rompue par les intrigues du pape Paul IV Carafa (1555-1559). C’était un Napolitain très hostile à l’occupation espagnole. Il souhaitait donc s’allier aux Français contre les Habsbourg mais sans vouloir rendre la France trop puissante en Italie. Le duc François de Guise arriva en Italie au début de 1557, mais cette expédition se révéla vaine, tant militairement que diplomatiquement[5]. Le pape fit, dès l’automne 1557, la paix avec l’Espagne, dont la présence en Italie était solide. En rompant la trêve, Henri II s’exposait à une reprise de la guerre du nord le 31 janvier 1557. La reine Marie Tudor suivit son mari Philippe II dans l’affrontement. L’armée espagnole trompa la vigilance des Français et réussit à assiéger Saint-Quentin qui était dégarnie de défenseurs. L’amiral de Coligny réussit à s’y glisser. Pour aider son neveu, le connétable de Montmorency prépara une vaste opération de secours qui échoua : l’armée fut décimée et le connétable prisonnier le 10 août 1557. Cette « journée de Saint-Laurent » était une victoire espagnole, autant psychologique que stratégique. La route de Paris était ouverte, mais les Espagnols préférèrent obtenir la capitulation de Saint-Quentin : après une résistance farouche, Coligny dut se rendre. Il avait néanmoins retardé l’avance espagnole et empêché l’invasion. Le seul général qui restait à Henri II était François de Guise qu’il fit revenir d’Italie. Celui-ci prit le 6 janvier 1558 par surprise Calais, anglais depuis 1347. La rivalité entre les Guise et les Montmorency s’aiguisait un peu plus. Pour continuer la guerre, Henri II décida de réunir à Paris en ce 6 janvier 1558[6] les États généraux, assemblée des notables. Pour aller plus vite, le clergé fut représenté par les évêques et les archevêques, la noblesse par les baillis et sénéchaux, le tiers état par les maires et échevins. La prise de Calais stimula les énergies. Le roi se préoccupait de plus en plus de la situation religieuse du royaume. Philippe II voulait lui aussi lutter contre les progrès du protestantisme en Europe. La mort de Marie Tudor et l’avènement d’Élisabeth Ire le 17 novembre 1558 affaiblissaient la position espagnole d’autant plus qu’Élisabeth refusait Philippe II comme mari et rejoignait le protestantisme. Le 2 avril 1559, la France signait le traité avec l’Angleterre et le 3 avril celui avec l’Espagne et le duché de Savoie : c’est la paix du Cateau-Cambrésis.

Note[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Milza, Histoire de l'Italie, Fayard, 2005, p. 408.
  2. Pierre Milza, Ibid., p. 408
  3. se référer à ces liens[1][2]
  4. Sur Djem, voir : Louis Thuasne, Djem-sultan (...) étude sur la question d'Orient, Paris, E. Leroux, 1897 ; Gilles Rossignol, Pierre d'Aubusson, Lyon, La Manufacture, 1991.
  5. Eric Durot, François de Lorraine, duc de Guise entre Dieu et le Roi, Paris, Classiques Garnier, 2012, chapitre 7.
  6. Réunion des États Généraux de Paris le 6 janvier 1558

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]