Guerre de la Bande d'Agacher

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Guerre de la Bande d'Agacher
Informations générales
Date du 14 au 30 décembre 1985
Lieu frontière entre le Burkina Faso et le Mali
Casus belli Entrée d'agents recenseurs burkinabés au Mali
Issue Jugement de la CIJ
Changements territoriaux Division du territoire disputé
Belligérants
Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso Drapeau du Mali Mali
Commandants
Burkina Faso Thomas Sankara Flag of Mali.svg Moussa Traoré
Forces en présence
Burkina Faso
4 600 hommes
Flag of Mali.svg
7 600 hommes
Pertes
Burkina Faso
141 morts
257 blessés
Flag of Mali.svg
38 morts
17 blessés

La guerre de la Bande d’Agacher, également connue sous le terme de Guerre de Noël, est un conflit de frontière entre le Mali et le Burkina Faso en 1985 autour de la bande d’Agacher, une bande de terre semi-désertique de 160 kilomètres de long et de 30 kilomètres de large se trouvant entre le nord du Burkina Faso et l'est du Mali, et réputée receler du gaz naturel et des ressources minières.


Contexte[modifier | modifier le code]

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Il était admis que la zone concernée le long de la frontière entre le Burkina Faso et le Mali contenait d'importantes ressources naturelles. Les deux gouvernements espéraient que l'exploitation de ces ressources aiderait à améliorer les situations économiques de leurs pays respectifs.

Dans un autre registre, il faut observer que la révolution burkinabé qui a suscité un sursaut d'éveil de l'ensemble des peuples de la sous-région ouest-africaine inquiétait beaucoup ses voisins qui craignaient la contagion idéologique et le renversement de leurs régimes. Dans sa fulgurante offensive diplomatique qui faisait fi de règles en la matière, le régime révolutionnaire a été le premier à reconnaitre officiellement la République arabe sahraouie démocratique (RASD) alors en lutte contre le Maroc pour son indépendance. Le Capitaine Sankara a effectué un voyage officiel au Sahara occidental et a invité le dirigeant Saharaoui au Burkina Faso. Cette action a porté au grand jour la revendication du peuple saharaoui et a contribué à dissiper le blackout que le puissant souverain chérifien avait réussi à imposer sur cette question ultrasensible. Bon nombre d'observateurs ont signalé le soutien très actif (armement, aviation, logistique, finances) du Maroc au Mali dans cette « guerre des pauvres » pour déstabiliser le pouvoir révolutionnaire burkinabé[réf. nécessaire].

La première « guerre » (1974)[modifier | modifier le code]

La controverse territoriale dégénéra en conflit armé le 25 novembre 1974. Le conflit n'a été marqué par aucune opération militaire d'envergure. Seules quelques escarmouches frontalières impliquant des échanges de tirs d'armes légères ont été rapportées entre la fin du mois de novembre et le début du mois de décembre 1974. Les pertes ont été minimes pour les deux pays.

Médiation régionale[modifier | modifier le code]

Une médiation a été entreprise par le président du Togo Gnassingbé Eyadéma et par le président du Niger Seyni Kountché. Des escarmouches continuèrent au début de l'année 1975. Dans ce contexte de tension, il y eut des représailles contre les Maliens résidant en Haute-Volta. Ceci conduisit l'Organisation de l'unité africaine à créer une commission pour résoudre la crise. Les médiateurs recommandèrent la mise en place d'une commission technique neutre pour établir un tracé définitif pour la frontière. Lors d'une rencontre ayant eu lieu à Lomé (Togo), les deux parties en acceptèrent le principe.

Depuis 1977, la Haute-Volta et le Mali s'engagèrent dans la voie de la médiation politique dans le cadre d'un groupe ouest-africain connu sous le sigle ANAD (Accord de non-agression et de défense). Ce processus ne déboucha toutefois pas sur une solution concrète.

Guerre de Noël (1985)[modifier | modifier le code]

La révolution burkinabée amena au pouvoir en 1983 le jeune capitaine Thomas Sankara qui avait pour ambition de prendre à bras-le-corps l'ensemble des problèmes du pays y compris le conflit territorial avec le Mali. Les relations entre les deux pays étaient déjà en voie de détérioration quand un diplomate malien au Burkina Faso, Drissa Kéïta, fut expulsé. Les deux présidents Thomas Sankara et Moussa Traoré, avaient déjà des relations personnelles difficiles depuis un certain temps. Après l'échec de rencontres entre des responsables diplomatiques des deux pays au sujet de la question territoriale, les positions se radicalisèrent, en particulier au Burkina Faso ou certains journaux accusèrent le Mali de planifier une invasion. Le Mali rejeta ces accusations et accusa le Burkina Faso d'attiser la tension.

À la fin de l'année 1985 le gouvernement burkinabé organise un recensement sur l'ensemble du territoire. Les agents recenseurs visitèrent des camps Peul dans la bande d'Agacher dans une zone que le gouvernement malien considérait comme appartenant à son territoire. Ce dernier considéra donc qu'il s'agissait d'une violation flagrante de sa souveraineté. Après une période confuse dans laquelle des troupes burkinabé s'infiltrèrent dans la bande d'Agacher pendant que le président malien Moussa Traoré demandait, en vain, aux dirigeants africains de faire céder Thomas Sankara, les troupes maliennes passèrent à l'action la nuit de Noël 1985.

Le 25 décembre 1985, l'armée malienne lança plusieurs attaques terrestre contre des postes de frontière burkinabés. L'armée burkinabée achemina des soldats dans la région et lança des contre-attaques. L'armée malienne montra des degrés de préparation et d'organisation supérieurs avec des nombreuses attaques et bombardements couronnés de succès, ce qui l'amena à libérer les villages occupés par le Burkina Faso et à poursuivre son offensive au-delà des positions initiales. Il y eut une réaction de la part des Burkinabés mais ceux-ci essuyèrent des pertes supérieures à celles des Maliens. Le gouvernement libyen essaya, sans succès, d'amener les belligérants à un cessez-le-feu. L'épisode le plus sanglant de la guerre fut le bombardement par les forces aériennes maliennes du marché de la ville de Ouahigouya, dans lequel de nombreux civils furent tués. Un deuxième cessez-le-feu promu par le Nigéria et la Libye le 29 décembre fut également un échec. Une trêve signée le 30 décembre sous l'égide de l'ANAD mit fin à ce qui allait être connu par la suite comme la « guerre de Noël ». Les estimations des pertes lors du conflit varient de 59 à 300 morts.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

En janvier 1986, lors d'un sommet de l'Accord de non-agression et d'assistance en matière de défense (ANAD) dans le cadre de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest[1] à Yamoussoukro (Côte d'Ivoire, les présidents burkinabé et malien acceptèrent de retirer leurs troupes aux positions qu'elles occupaient avant le conflit. Les prisonniers de guerre furent échangés en février et les relations diplomatiques rétablies en juin. En dépit de ces signes positifs, le contentieux resta sans solution. Le cas fut soumis à la Cour internationale de justice.

Dans son jugement, rendu le 22 décembre 1986, la Cour, se basant sur la reconnaissance par les deux parties de la frontière établie avant l'indépendance par l'administration française, partagea les 3 000 kilomètres carrés de façon presque égale entre les deux États selon cette frontière. Le Mali reçut la partie occidentale et le Burkina Faso la partie orientale. Des modifications mineures en huit points de cette frontière furent toutefois opérées de façon à respecter cette égalité des surfaces. Ces huit petites zones furent dévolues au Mali. Le président malien qualifia le jugement de « très satisfaisant » et de victoire pour les « peuples frères » du Burkina Faso et du Mali.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]