Guerre d'usure

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Guerre d'usure
Carte montrant la frontière de l'Égypte et de Suez
Carte montrant la frontière de l'Égypte et de Suez
Informations générales
Date Juillet 1967 - Août 1970
Lieu La péninsule du Sinaï (contrôle israélien) et les frontières jordaniennes
Issue Les deux camps revendiquent la victoire, poursuite de l'occupation israélienne du Sinaï
Belligérants
Drapeau d’Israël Israël Drapeau de la République arabe unie République arabe unie
Flag of the Soviet Union.svg Union soviétique
Flag of Palestine.svg OLP
Drapeau de Cuba Cuba
Drapeau de la Jordanie Jordanie
Commandants
Flag of Israel.svg Haim Bar-Lev
Flag of Israel.svg Mordechai Hod
Flag of Israel.svg Uzi Narkiss
Flag of United Arab Republic.svg Ahmad Ismail Ali
Flag of United Arab Republic.svg Saad El Shazly
Flag of United Arab Republic.svg Abdul Munim Riad
Forces en présence
Flag of Israel.svg
275 000 hommes
Flag of United Arab Republic.svg
200 000 hommes

Flag of the Soviet Union.svg
15 000 hommes
Pertes
Flag of Israel.svg
594 à 1424 soldats tués
127 civils tués
3000 blessés
14 à 30 avions perdus
1 destroyer
Flag of United Arab Republic.svg
2 882 soldats tués
10 000 civils tués
6 285 blessés
60 à 120 avion perdus

Flag of the Soviet Union.svg
58 soldats tués
5 avions perdus
Drapeau de Cuba
180 soldats tués
250 blessés
Drapeau de la Jordanie
84 tués
250 blessés
4 capturés
30 chars perdus
2 avions perdus
Conflit israélo-arabe
Batailles
Opération Bulmus 6 - Bataille de Karameh
Coordonnées 29° 30′ 00″ N 33° 50′ 00″ E / 29.5, 33.833329° 30′ 00″ Nord 33° 50′ 00″ Est / 29.5, 33.8333  

La guerre d'usure est une conception des états-majors de la Première Guerre mondiale. Elle correspond à l'ultime blocage de la « guerre de position » résultant de l'échec du « culte de l'offensive ». Son paroxysme est atteint sur le front de la Somme de juillet à novembre 1916 où une hypothétique victoire était recherchée dans l'anéantissement de l'adversaire. Cette « lutte à mort » eut pour conséquences environ un million de soldats morts ou blessés ainsi que le limogeage des généraux Joffre, Foch et Falkenhayn.

Guerre d'usure dans le conflit israélo-arabe[modifier | modifier le code]

Soldats israéliens célébrant leur victoire après un engagement contre la marine égyptienne près de Rumani, juillet 1967.
Ancien radar égyptien P-12 conservé au Musée de la force aérienne israélienne.
Le président égyptien Gamal Abdel Nasser lors d'une revue de troupes sur le front au Sinaï, janvier 1968.

La terminologie « guerre d'usure » fut utilisée ultérieurement à plusieurs reprises, notamment dans le cadre des conflits israélo-arabes. Cette transposition moderne, sans rapport dans ses conséquences avec celle de la Grande guerre, correspond à une fixation des éléments engagés le long de la ligne de cessez-le-feu, principalement le long du canal de Suez. Son nom est prononcé pour la première fois par le président égyptien Gamal Abdel Nasser dans une déclaration qu'il fait le 23 juin 1969 : « Je ne peux envahir le Sinaï, mais je peux casser le moral d'Israël par l'usure. » Nasser compte sur la poursuite de l'approvisionnement en armes par l'Union soviétique, et espère ainsi contrecarrer une contre-offensive massive israélienne, afin d'obliger en fin de compte Israël à évacuer le canal de Suez. Lorsqu'en octobre 1968, la guerre d'usure arrive à son niveau de tensions maximum sur la frontière égyptienne, Israël construit la ligne Bar-Lev.

Le 31 octobre 1968, l'armée israélienne organise une attaque sur la partie Nord de la frontière avec l'Égypte, et détruit ainsi la position de Banaj Hamadi. La proposition faite d'envahir les territoires situés sur l'autre rive du canal est alors rejetée, du fait du manque de matériel à la disposition de Tsahal pour traverser le canal, mais aussi pour des raisons politiques. Après quelques mois d'accalmie, en mars 1969, l'artillerie égyptienne entame des tirs intensifs contre les positions israéliennes le long du canal. Le 20 juillet 1969, Israël riposte en attaquant, par les airs, les villes égyptiennes situées le long du canal. Cette attaque fait fuir de la région 750 000 habitants égyptiens. Fin janvier, début février 1970, l'URSS fait parvenir à l'Égypte des cargaisons d'armes en quantité impressionnante. Ces dernières comprennent entre autres des missiles SAM-3 (sol-air), des canons Nun-Mem (terre-air, c'est-à-dire contre les avions), des appareils de communication-radio accompagnés de nombreux techniciens soviétiques, des avions Yirot pilotés également par des pilotes soviétiques. 15 000 militaires soviétiques sont en outre envoyés en Égypte. Le 18 avril 1970 a lieu le premier combat entre l'aviation israélienne et des avions MiG pilotés par les Soviétiques. Le 30 juillet, cinq avions MiG sont abattus par les forces israéliennes. Suite à ce combat, Moscou fait alors pression sur les Égyptiens afin d'accepter un cessez-le-feu.

Opération Tarnegol 53[modifier | modifier le code]

L’opération Tarnegol 53 (מבצע תרנגול 53, littéralement « Coq 53 ») est une opération militaire israélienne menée pendant la guerre avec pour objectif de capturer un radar égyptien P-12. La mission est lancée le 26 décembre 1969 à 21h00. Des A-4 Skyhawk et F-4 Phantom commencent à attaquer les forces égyptiennes le long de la rive ouest du canal de Suez et la mer Rouge. Cachés par le bruit des avions d'attaque, 3 SA321 Super Frelon transportant des parachutistes israéliens, ont fait leur chemin à l'ouest vers leur cible. Pour soigner leur approche afin de ne pas être repérés à l'avance, les parachutistes submergent le contingent de sécurité égyptien à l'installation radar et ont rapidement pris le contrôle du site. À 2h00 le 27 décembre, lorsque les parachutistes avaient pris part la station de radar et préparé les différentes parties pour les CH-53, deux hélicoptères sont appelés à travers la mer Rouge. Un CH-53 transporte la caravane de communication et l'antenne radar, tandis que l'autre a pris la partie plus lourde, le radar en lui-même de quatre tonnes. Les deux hélicoptères ont fait leur chemin du retour à travers la mer Rouge et sont revenus en territoire israélien[1]. Durant l'opération, un soldat israélien a été blessé tandis que deux soldats égyptiens ont été tués et quatre autres capturés.

L'opération a permis aux Américains et aux Israéliens d'étudier la dernière technologie de radar soviétique, et a causé un impact majeur sur le moral des Égyptiens.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la signature, sous contrôle américain, du cessez-le-feu du 7 août 1970, les Égyptiens concentrent sur les bords du canal de nombreux lanceurs de missiles, et ce, contrairement aux accords conclus.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Yaacov Bar-Simon Tov, The Israeli-Egyptian War of Attrition, 1969–70. New York: Columbia University Press, 1980.
  • (en) Lawrence L. Whetten, The Canal War: Four-Power Conflict in the Middle East. Cambridge, Mass: MIT Press, 1974. (ISBN 978-0-262-23069-8).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Operation “Rooster”— Israel Captures Egyptian Radar In War of Attrition

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]