Guerre d'indépendance turque

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Guerre d'indépendance turque
L'Armée turque entrant dans Izmir.
L'Armée turque entrant dans Izmir.
Informations générales
Date 1919 à 1922
Lieu L'Asie mineure
Casus belli Non reconnaissance par les indépendantistes turcs du Traité de Sèvres issu de la défaite de l'Empire lors de la Première Guerre mondiale
Issue Victoire turque
Reconnaissance par le Traité de Lausanne de la République de Turquie dans ses limites actuelles (excepté le Sandjak d'Alexandrette)
Belligérants
Ottoman flag alternative 2.svg Empire Ottoman Empire ottoman (gouvernement républicain de la Grande assemblée nationale) Flag of the Democratic Republic of Armenia.svg République démocratique d'Arménie
Drapeau français France
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
State Flag of Greece (1863-1924 and 1935-1970).svg Royaume de Grèce
Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d'Italie
Commandants
Mustafa Kemal Atatürk

La guerre d’indépendance turque (en turc : Kurtuluş Savaşı) est un conflit qui se déroula en Turquie du au , date de la signature de l'armistice, et qui oppose la résistance nationaliste turque menée par Mustafa Kemal aux puissances alliées victorieuses de l'empire ottoman à la suite de la Première Guerre mondiale.

Avec les guerres franco-turque, arméno-turque et gréco-turque, les armées kémalistes parviennent à forcer les Alliés à renoncer aux clauses du traité de Sèvres et à négocier le traité de Lausanne en juillet 1923. La guerre d'Indépendance aura pour conséquence de provoquer la chute du sultanat turc et du système monarchique ancestral, lequel sera remplacé aussitôt par la République turque actuelle. Ce changement radical de régime sera l'amorce d'un processus révolutionnaire qui se poursuivra dans les années qui suivent sous la houlette du kémalisme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les frontières de la Turquie redessinées par le traité de Sèvres.
Milices nationalistes Kuvva-i Milliye.

À l'issue de la Première Guerre mondiale, l'Empire ottoman qui est considéré comme étant l'un des empires centraux, se retrouve dans le camp des pays vaincus, et subit le même sort que ses alliés : l'Empire allemand, l'empire d'Autriche-Hongrie et le Royaume de Bulgarie.
Le , le traité de Sèvres, signé entre les alliés et les mandataires du sultan Mehmed VI, scelle le sort de l'empire turc, dont une grande partie du territoire devient : soit indépendant, soit placé sous l'influence et l'occupation des puissances victorieuses. Ainsi, les régions arabophones du Proche-Orient s'émancipent et sont placées pour certains d'entre elles, sous mandat de la Société des Nations qui les confie à la France (Liban et Syrie) et au Royaume-Uni (Irak et Palestine).
Les vilayets de Van, Bitlis, Trébizonde et Erzurum doivent être intégrés à la République indépendante d'Arménie, la détermination de la frontière étant soumise à l'arbitrage du président américain (articles 88 à 94 du traité).
Un « territoire autonome des Kurdes » englobant le sud-est de l'Anatolie est également constitué (articles 62 à 64 du traité), placé sous zone d'influence française pour la partie occidentale et britannique pour la partie orientale.
De plus, d'autres zones d'influence sont également octroyées :

Enfin, Istanbul, les côtes de la mer de Marmara et les Dardanelles sont démilitarisées. Les détroits sont placés sous le contrôle d'une commission internationale.

Le nouvel Empire ottoman n'est plus qu'un petit territoire de 120 000 kilomètres carrés (en comparaison avec son immensité avant la guerre), composé en majeure partie de terres inexploitables, privé de possibilité de développement à cause d'un système de « garanties » qui viennent s'y superposer.
Les finances du pays doivent être administrées par des commissions étrangères. Toutes les ressources du pays doivent être affectées par priorité aux frais d'occupation et au remboursement des indemnités dues aux Alliés.
Des commissions sont aussi créées afin de dissoudre intégralement l'armée pour la remplacer par une force de gendarmerie. Par ailleurs, la police, le système fiscal, les douanes, les eaux et forêts, les écoles privées et publiques doivent être soumis au contrôle permanent des Alliés.

Mehmed VI sent bien que son autorité s'effrite, face à la popularité grandissante de ce jeune officier idéaliste qu'est Mustafa Kemal, catégoriquement opposé au traité et qui souhaite l'abolition du régime monarchique.
Le Sultan met donc la tête de ce dernier à prix, tout en n'hésitant pas à signer un accord secret plaçant l'Empire ottoman tout entier sous mandat britannique et stipulant que le sultan, « met la puissance morale et spirituelle du Califat au service du Royaume-Uni dans tous les pays musulmans où s'exerce son influence. »[1].
Pendant ce temps, les nouveaux députés élus lors d'un scrutin organisé par Kemal se réunissent à Ankara et le , un nouveau pas vers la création de la république turque est accompli avec la fondation de la Grande assemblée nationale de Turquie (Türkiye Büyük Millet Meclisi). Le 29 avril 1920, un Comité exécutif est élu. Ce comité déclare que le nouveau parlement est le gouvernement légal et provisoire du pays. Celui-ci refuse catégoriquement alors les clauses du traité de Sèvres.

Article détaillé : Armée du Calife.

Le sultan, relayé par les Hodja et les prêtres, exhorte alors les Turcs à prendre les armes contre les nationalistes de Kemal, présentés comme les ennemis de Dieu. L'inévitable guerre civile éclate dans toute sa brutalité. À Konya, les insurgés arrachent les ongles et écartèlent les envoyés de Kemal. En représailles, les notables de la ville sont pendus publiquement par les forces kemalistes.

Les nationalistes essuient plusieurs défaites, et l'armée du Sultan se rapproche d'Ankara, siège du nouveau parlement. Des désertions ont lieu chez les troupes les plus fidèles à Mustafa Kemal. Ce dernier se voit contraint de se replier. Des militaires nationalistes qui devaient reprendre la ville d'Hendek aux partisans du sultan, fraternisent avec ceux-ci. Quelques jours plus tard, une division entière est exterminée par l'Armée du Calife qui vient de conquérir une douzaine de grandes villes turques. Des désertions ont lieu chez les troupes les plus fidèles à Mustafa Kemal, suivies d'une mutinerie au sein d'une milice nationaliste qui passe sous le contrôle du sultan. De son côté le général Kazım Karabekir a du mal à tenir son armée.

Miliciens nationalistes turcs

Avec l'avancée des milices gouvernementales, Mustafa Kemal se replie avec ses gardes du corps dans les bâtiments d'une ancienne école d'agriculture, où il vit en état d'alerte permanente, pour se protéger des agents du sultan voulant l'assassiner. Mais en signant le traité de Sèvres, qui consacre le dépècement de l'Empire, le gouvernement du sultan perd le soutien de bien des Turcs qui se tournent désormais vers les nationalistes. Les soldats de l'Armée du Calife décident alors l'arrêt des combats. Mustafa Kemal constitue aussitôt un gouvernement de « salut public » et charge ses généraux d'organiser la défense nationale. L'Armée du Calife se désagrège d'elle-même et l'on assiste dans certaines unités à des violences où des chefs se font égorger par leurs propres hommes qui estiment avoir été trahis. Au bout d'une semaine[Quand ?], elle a pratiquement disparu, sauf à Izmit où elle sert de couverture à la garnison britannique.

La défaite de l'Armée du calife, signe la fin de l'influence du sultan en Turquie, la fin de la guerre civile et les débuts de la guerre d'indépendance contre les troupes d'occupations.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Ancel, La Question d'Orient, p. 287

Liens externes[modifier | modifier le code]