Guerre d'indépendance du Mexique

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Guerre d'indépendance du Mexique
Bataille du Mont des Croix (30 octobre 1810).
Bataille du Mont des Croix (30 octobre 1810).
Informations générales
Date 16 septembre 1810 (Grito de Dolores) - 27 septembre 1821
Lieu Mexique
Issue Indépendance du Mexique par la signature de l'Acte de l'Indépendance de l'Empire mexicain
Belligérants
Guadalupano.jpg Insurgés
Flag of the Three Guarantees.svg Armée des Trois Garanties
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Espagne
Commandants
Miguel Hidalgo (1810-1811)
Ignacio Allende (1811)
Ignacio López Rayón (1811)
José María Morelos (1810-1815)
Guadalupe Victoria et Vicente Guerrero (1815-1821)
Francisco Xavier Mina (1817)
Agustín de Iturbide (1821)
Francisco Javier Venegas (1810-1813)
Félix María Calleja del Rey (1813-1816)
Juan Ruiz de Apodaca (1816-1821)
Francisco Novella Azabal Pérez y Sicardo (1821)
Juan O'Donojú (1821)
Forces en présence
123 000 combattants 17 000 combattants
Pertes
1 000 morts

La guerre d'indépendance du Mexique est une guerre qui dura de 1810 à 1821, au terme de laquelle le Mexique devint indépendant du Royaume d'Espagne et de l'Empire espagnol. Elle fut menée principalement par des Espagnols nés au Mexique : Des créoles.

Évènements déclencheurs[modifier | modifier le code]

Parmi les principaux évènements déclencheurs figurent :

  • Les jalousies et rancœurs que les créoles (les créoles sont les espagnols nés dans la colonie) nourrissaient à l'égard des Espagnols nés, eux, en Espagne, leur impossibilité d'accéder à de hautes charges, leurs difficultés à commercer librement dues au monopole favorisant les péninsulaires.
  • Le mécontentement dû aux impôts très élevés que payaient les créoles et les métis (les indigènes et les personnes, groupes de villages considérés comme tels en étaient exemptés, par des lois datant du 47ème vice-roi don Martin de Mayorga).

Le premier essai d'indépendance a été dirigé par le propre fils de Hernán Cortés, Martín Cortés, qui prit la tête en 1563 d'un mouvement fomenté par les descendants des Conquistadors rétifs à tolérer l'autorité de la Couronne espagnole dans le gouvernement des terres conquises[réf. nécessaire]. Un autre essai commence en décembre 1650 lorsqu'un Irlandais William Lamport (ou Guillén de Lampart) s'échappe des geôles de l'Inquisition et colle sa proclamation d'indépendance sur quelques murs de la cité. Lampart voulait que le Mexique se séparât de l'Espagne ainsi que la séparation de l'Église et de l'État, qu'il dirigerait en tant que roi ou empereur. Cela ne se passa pas comme cela, Lamport fut rapidement repris et conduit au bûcher sous l'accusation d'hérésie, il fut aussi considéré comme un agent anglais. Le Mexique dut attendre deux siècles son indépendance.

Début de la guerre[modifier | modifier le code]

Statue de Miguel Hidalgo

Les plans des conspirateurs étaient connus du gouvernement, les partisans de Ferdinand VII furent informés par Josefa Ortiz de Domínguez, la Corregidora, épouse du corregidor de Querétaro que leur arrestation avait été ordonnée. Cette révélation pousse Hidalgo, le soir du 15 septembre 1810, à lancer l'insurrection sans délai. Les cloches de l'église appelèrent la population et Hidalgo leur demanda de se joindre à la lutte contre le gouvernement de Joseph Bonaparte par le Grito de Dolores (Cri de Dolores):

« ¡Viva la Vírgen de Guadalupe! Muera el mal gobierno ¡Viva Fernando VII!

(« Vive Notre-Dame de Guadalupe Mort au mauvais gouvernement ! (celui de Joseph Bonaparte ) Vive Ferdinand VII d'Espagne ! (considéré par les créoles comme le roi légitime) »)

La date du 15 septembre 1810 est remise en question par des historiens mexicains qui font remarquer qu'en fait Hidalgo s'est soulevé contre l'occupation française de l'Espagne en criant vive Ferdinand VII. C'est le 19 août 1811 à Zitácuaro dans le Michoacán qu'Ignacio López Rayón a lui clairement initié un gouvernement mexicain sans les Espagnols totalement libre et indépendant de toute puissance étrangère.[1]

Une masse hétéroclite formée principalement d'indigènes menés par des créoles répondit avec enthousiasme et bientôt elle marchait sur la capitale régionale de Guanajuato. Les mineurs de Guanajuato se joignirent aux habitants de Dolores dans le massacre des Espagnols et des partisans des juntes espagnoles favorables à Joseph Bonaparte ainsi que de nombreux innocents, femmes et enfants qui s'étaient réfugiés dans un magasin à grain l'Alhóndiga de Granaditas y compris l'intendente Riano qui avait espéré les sauver en les y réunissant.

Depuis Guanajuato, les forces d'Hidalgo au nombre de 80 000 hommes, encadrés par des militaires (régiments de Valladolid et de Celaya) de carrière mais très désordonnés et sans artillerie, marchent sur Mexico en octobre 1810, après avoir rallié et pris Zacatecas, San Luis Potosí, et Valladolid. Le 30 octobre 1810, ils rencontrent une vive résistance des royalistes commandés par Trujillo à la tête de 7 000 hommes aguerris à la bataille de Monte de las Cruces, bataille incertaine dont les deux camps se disent victorieux. Hidalgo ne voulut pas entrer dans la ville de Mexico sachant que ses troupes perdraient toute discipline et se livreraient à tous les désordres, il craignait aussi que désorganisées elles soient facilement vaincues par les soldats de Calleja. Après quelques victoires supplémentaires, les forces insurgées marchent sur le nord vers le Texas. Mais suite à la bataille du pont de Calderón du 17 janvier 1811, les insurgés mexicains sont mis en déroute et c'est en mars de la même année que les principaux dirigeants de l'insurrection — Hidalgo, Allende, Juan Aldama, Jiménez et Abasolo — sont faits prisonniers à las Norias de Acatita de Bajan (dans l'État actuel de Coahuila) suite à la trahison d'Elizondo. Hidalgo en tant que prêtre fut jugé par le Saint Office de l'Inquisition, privé de son sacerdoce puis condamné à mort. Le 31 juillet 1811, Hidalgo est fusillé, son corps décapité et sa tête exposée à Guanajuato comme un avertissement à ceux que la sédition aurait pu tenter.

Bataille du Mont des Croix

Le gouvernement colonial espagnol partisan de Joseph Bonaparte publia une rétractation que l'on prétendit signée par lui, où il déclare que le Mexique n'était pas prêt pour l'indépendance, dont il ne résulterait qu'anarchie et despotisme.

On sait aussi qu'Hidalgo fut horrifié par la barbarie de ses troupes indigènes et qu'en tant que catholique il en fut très affecté.

Guadalupe Victoria et la guérilla[modifier | modifier le code]

L'activité militaire de Guerrero de 1812 à 1817.
Insurgé mexicain, copie d'une gravure de Linati (publiée à Londres chez Engelmann), Graf Coindet en 1830 intitulée "Créole à cheval lançant le nœud coulant"

De 1815 à 1821, la lutte d'indépendance se limite à des mouvements de guérilla isolés. Parmi ces mouvements deux hommes se distinguent : Guadalupe Victoria — qui avait choisi ce nom de guerre en l'honneur de la Virgen de Guadalupe patronne du mouvement insurgé et en honneur de la victoire de sa cause (son véritable nom reste une énigme, selon l'historien mexicain Fernando Orozco Linares il se nommait Miguel ou Manuel Félix Fernández et selon Luis Pazos, José Miguel Fernández y Félix) à Puebla — et Vicente Guerrero à Oaxaca, qui tous deux obtiennent allégeance et respect de leurs partisans.

Le Vice-roi espagnol, cependant, pressentant que la situation était sous contrôle, décréta une amnistie générale pour tout insurgé qui déposerait les armes. Dans le Veracruz, Santa Anna offre des terres à ceux qui se rendent, fondant ainsi de nouveaux villages.

Après dix ans de guerre civile, la mort de ses fondateurs, au début de 1820, le mouvement indépendantiste est au point mort et proche de l'effondrement. Les insurgés font face à une importante résistance militaire espagnole et à l'apathie de la plupart des créoles. Les violents excès, pillages et viols, des armées d'Hidalgo et de Morelos ont renforcé les craintes des classes aisées, qui préfèrent un gouvernement espagnol stable qui protège les personnes et les biens tant qu'une voie pacifique vers l'indépendance ne peut être trouvée.

Dans ce qui était supposé être la dernière offensive gouvernementale contre les insurgés, en décembre 1820, le vice-roi Juan Ruiz de Apodaca envoie une force menée par un officier royaliste créole, Agustín de Iturbide, combattre l'armée de Guerrero à Oaxaca. Iturbide, un natif de Valladolid, avait acquis une réputation pour le zèle avec lequel il avait persécuté les rebelles d'Hidalgo et Morelos lors des premières batailles de la lutte indépendantiste. Iturbide était la personnification des valeurs conservatrices : religieux fervent et ardent défenseur des droits de propriété, il était par contre contrarié par la lenteur de son avancement et par la faiblesse de sa fortune, à ses yeux l'indépendance du Mexique permettait d'échapper aux conséquences de la constitution libérale de 1812.

Ferdinand VII d'Espagne[modifier | modifier le code]

L'expédition d'Iturbide à Oaxaca coïncide avec le coup d'État victorieux contre la nouvelle monarchie de Ferdinand VII en Espagne. Les dirigeants du coup d'État contraignirent Ferdinand à signer la constitution espagnole libérale de 1812. Lorsque la nouvelle de cette charte libérale atteint le Mexique, Iturbide y voit à la fois une menace du statu quo et une opportunité pour les créoles de prendre le contrôle du Mexique. Après un conflit initial avec les forces de Guerrero, Iturbide change de camp et invite le dirigeant rebelle à une rencontre et à discuter les nouveaux principes de la lutte d'indépendance.

Alors stationné dans la ville d'Iguala, Iturbide proclame trois principes, ou « garanties », pour l'indépendance du Mexique: établissement de la religion catholique romaine comme seule religion du pays, proclamation de l'indépendance et égalité sociale entre Espagnols et Créoles. Après avoir convaincu ses troupes d'accepter ces principes, ils furent promulgués le 24 février 1821, en tant que Plan d'Iguala, Iturbide persuade ensuite Guerrero de joindre ses forces aux siennes.

Une nouvelle armée, l'Armée des Trois Garanties, est placée sous le commandement d'Iturbide afin que se réalise le Plan d'Iguala. Le plan avait une base si large qu'il plut aussi bien aux patriotes qu'aux loyalistes. Le but de l'indépendance et la protection du catholicisme rassemblait toutes les factions. Il permettait de préserver le mode de vie colonial mais sans l'Espagne : l'Église restait le plus grand propriétaire terrien, les militaires et les gens d'église conservaient leurs fueros (le droit de n'être jugés que par leurs pairs sans être inquiétés par le gouvernement) et les propriétés communautaires indigènes restèrent protégées jusqu'à ce que les lois de la Réforme promulguées par Benito Juárez entrent en vigueur.

Arrivée du nouveau vice-roi[modifier | modifier le code]

Le 21 juillet 1821, le nouveau Vice-roi de la Nouvelle-Espagne Juan O'Donojú arrive à Veracruz. Il découvre que tout le pays, à l'exception de cette ville, et surtout Mexico et Acapulco soutiennent le Plan d'Iguala et le général rebelle Agustín de Iturbide.

Le 3 août 1821, O'Donojú invite Iturbide pour une conférence dans un lieu de son choix, ce dernier désigne la cité de Córdoba. O'Donojú, accompagné du Colonel Antonio López de Santa Anna y arrive le 23 août, la rencontre a lieu le jour suivant. Ils parviennent à un accord et signent le Traité de Córdoba (25 août 1821) basé sur le Plan d'Iguala.

Les chefs militaires espagnols de la colonie n'acceptent pas l'indépendance du Mexique. Des troupes espagnoles occupent les places de Mexico et Veracruz, le fort de San Carlos de Perote, et le fort de San Diego à Acapulco. Ils sont assiégés et tous sauf Veracruz se rendent. Francisco Novella est assiégé à Mexico par l'Armée des Trois Garanties, conduite par Vicente Guerrero et Nicolás Bravo. Novella accepta une suspension des hostilités. Le colonel Santa Anna assiège son ancien supérieur le brigadier García Dávila à San Juan de Ulúa, Veracruz, mais ce dernier ne se rendra que quatre ans plus tard.

O'Donojú usa de son influence pour un retrait des troupes espagnoles du pays avec un minimum d'effusion de sang et une reddition honorable. Il approuva la promotion de Novella, le précédent vice-roi par intérim, au grade de maréchal d'Espagne.

Acte d'indépendance du Mexique

Le 13 septembre 1821, O'Donojú rencontre Novella et Iturbide à l'hacienda de la Patera, près de Villa de Guadalupe, arrondissant les angles et arrangeant les détails de la passation de pouvoirs. Novella ordonne alors aux troupes espagnoles de quitter Mexico.

Les troupes quittent la capitale dès le 21 septembre et les insurgés y entrent le 24. Le 26 O'Donojú puis le 27 Iturbide décrètent l'indépendance du Mexique. O'Donojú ainsi que 33 autres personnalités font partie du gouvernement provisoire que dirige Iturbide. Le 28 septembre 1821 une junte provisoire déclare le gouvernement mexicain constitué sur les bases du Plan d'Iguala et du Traité de Córdoba. Iturbide est désigné premier chef de l'armée impériale des Trois Garanties et président de la Régence, avec le titre de Majesté. Le 24 février 1822 se réunit un comité constituant chargé de rédiger une Constitution. Entre le 19 et le 21 mai 1822 le Congrès appuyé autant par les royalistes que par les anciens insurgés nomme et confirme Iturbide Empereur constitutionnel de l'Empire Mexicain.

Acte d'indépendance[modifier | modifier le code]

Il est écrit :

"La nación mexicana que por trescientos años ni ha tenido voluntad propia, ni libre el uso de la voz, sale hoy de la opresión en que ha vivido. Los heroicos esfuerzos de sus hijos han sido coronados y está consumada la empresa eternamente memorable que un genio superior a toda admiración y elogio, por el amor y gloria de su patria, principió en Iguala, prosiguió y llevó a cabo arrollando obstáculos casi insuperables.

Restituida, pues, cada parte del Septentrión al ejercicio de cuantos derechos le concedió el autor de la naturaleza, y reconociendo por inajenables y sagrados las naciones cultas de la tierra, en libertad de constituirse del modo que más convenga a su felicidad, y con representantes que pueden manifestar su voluntad y sus designios, comienza a hacer uso de tan preciosos dones y declara solemnemente por medio de la Junta Suprema del Imperio, que es una nación soberana e independiente de la antigua España, con la que en lo sucesivo no mantendrá otra unión que la de una amistad estrecha en los términos que prescriben los tratados; que entablará relaciones amistosas con las demás potencias, ejecutando respecto a ellas, cuantos actos pueden y están en posesión de ejecutar las otras naciones soberanas; que va a constituirse con arreglo a las bases que en el Plan de Iguala y Tratados de Córdoba estableció sabiamente el primer jefe del Ejército Imperial de las Tres Garantías, y en fin que sostendrá a todo trance y con sacrificio de los haberes y vidas de sus individuos (si fuere necesario) esta declaración hecha en la capital del imperio a 28 de septiembre de 1821, primero de la independencia mexicana".

Autres insurgés[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Lucas Alamán, Historia de México desde los primeros movimientos que prepararon su independencia en 1808 hasta la época presente, México D.F., Fondo de Cultura Económica,‎ 1985
  • (es) Carmen Blázquez Domínguez, Veracruz, una historia compartida, Gobierno del Estado de Veracruz, Instituto Veracruzano de Cultura,‎ 1988, 369 p. (ISBN 968-6173-60-9)
  • (es) Francisco Bulnes, La guerra de Independencia, México D.F.,‎ 1910
  • (es) Carlos María de Bustamante, Cuadro histórico de la Revolución mexicana, México D.F., INEHRM,‎ 1843 (réimpr. 1985)
  • (es) Luis Garfias Magana, Guerrilleros de México: Personajes famosos y sus hazanas, desde la Independencia hasta le Revolución mexicana, México D.F., Panorama,‎ 1980, 138 p.
  • Alexander Von Humboldt, Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne, Paris,‎ 1811
  • (es) Luis Pazos, Historia sinóptica de México de los Olmecas a Salinas, México D.F., Diana,‎ 1993, 165 p. (ISBN 968-13-2560-5)
  • (es) Guillermo Prieto, Memorias de mis tiempos, Editorial Pátria,‎ 1828 (réimpr. 1906)
  • Vicente Rivas Palacio (coord.), Julio Zárate, México a través de los siglos, vol. III : La guerra de independencia (1808 - 1821), México D.F., Cumbre,‎ 1880 (réimpr. 1970)
  • Vicente Rivas Palacio (coord.), Juan de Dios Arias, Enrique de Olavarría y Ferrari, México a través de los siglos, vol. IV : México independiente (1821-1855), México D.F., Cumbre,‎ 1880 (réimpr. 1970)
  • Alejandro Villaseñor y Villaseñor, Biografías de los héroes y caudillos de la Independencia, México D.F., Editorial del Valle de México,‎ 1910 (réimpr. 2004) (ISBN 968-6406-55-7).