Guerre d'indépendance de l'Angola

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Guerre d'indépendance de l'Angola
Débarquement de militaires portugais depuis une Alouette III
Débarquement de militaires portugais depuis une Alouette III
Informations générales
Date 1961 - 1975
Lieu Angola
Issue • Chute du régime de l'Estado Novo au Portugal
• Indépendance de la République populaire d'Angola
• Déclenchement de la guerre civile angolaise
Belligérants
Bandeira da FNLA.svg Front national de libération de l'Angola
Flag of UNITA.svg Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola
Movimento Popular de Libertação de Angola (bandeira).svg Mouvement populaire de libération de l'Angola
Flag of Cabinda.svg Front pour la libération de l'enclave de Cabinda


Drapeau de Cuba Cuba
Drapeau du Portugal Portugal


Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud
Forces en présence
65 000[1]
Guerres coloniales portugaises

La guerre d'indépendance de l'Angola a opposé le Portugal à différentes rébellions indépendantistes de 1961 à 1975. Après la défaite portugaise, celles-ci se sont entre-déchirées au cours de la Guerre civile angolaise.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, l'Angola est la première terre à être colonisée par une puissance européenne, le Portugal. Cependant, la conquête de l'intérieur des terres n'intervient qu'à partir du congrès de Berlin en 1885. Le colonisateur s'allie aux élites locales, les assimilados, qui peuvent bénéficier de la nationalité portugaise[2].

À partir de l'arrivée au pouvoir de Salazar en 1932, la rentabilité des colonies devient la priorité. Dans les années 1950 et 1960, dans un contexte de guerre froide et alors que URSS, États-Unis et ONU favorisent la décolonisation, les démocraties anglaises, françaises, belges et hollandaises ont donné de gré ou de force leur indépendance aux peuples de leurs anciens empires. Le Portugal en revanche, refuse d'envisager la perte de ses territoires outre-mer. Agostinho Neto, intellectuel formé à l'université, fonde le MPLA, Mouvement populaire de Libération de l'Angola, d'inspiration marxiste-léniniste. Il est alors allié au Parti communiste clandestin portugais[2].

Déroulement[modifier | modifier le code]

En 1960, des manifestations indépendantistes pacifiques sont violemment réprimées. Dès l'année suivante, le MPLA lance une insurrection armée, suivie par deux autres organisations concurrentes, le Front National de Libération de l'Angola, FNLA, et l'Union Nationale pour l'Indépendance Totale de l'Angola, UNITA. En 1963 et 1964, les deux autres colonies portugaises en Afrique, Guinée-Bissau et Mozambique, suivent leur exemple. Pour les écraser, le Portugal envoie 190 000 soldats dont 65 000 en Angola, ce qui représente 90 % de son potentiel militaire[2].

Parallèlement, il tente d'accélérer la colonisation du pays. Avec 600 000 colons en 1973, Lisbonne a transféré presque 10 % de sa population outre-mer[2]!

Suites et conséquences[modifier | modifier le code]

En 1974, le Portugal est épuisé par son effort militaire et colonisateur. Depuis dix ans, il a consacré 40 % de son budget à ses guerres en Afrique[3]. En avril 1974, lors de la révolution des Œillets, de jeunes officiers portugais prennent le pouvoir à Lisbonne, proclament la démocratie et l'arrêt de la guerre. UNITA et MPLA ne contrôlent qu'une petite partie du territoire angolais et elles commencent à s'affronter dès le départ des Portugais.

Le pays est en pleine confusion et dès l'année suivante, l'Afrique du Sud encore sous l'apartheid du Parti national, en soutient au Portugal, et Cuba, sous le gouvernement de Fidel Castro, en soutient à l'indépendance y interviennent massivement, donnant au conflit une envergure internationale.

L'indépendance de l'Angola, sera signé le 11 novembre 1975[4] et Cuba continuera d'envoyer des hommes défendre l'Angola contre l'Afrique du Sud, soutenue par les États-Unis et par la Zambie, pendant la Guerre de la frontière sud-africaine. Celle-ci se déroulera jusqu'à la victoire de Cuba, de l'Angola et de la Namibie, lors de la Bataille de Cuito Cuanavale, du 12 au 20 janvier 1988, qui marquera la fin de la lutte pour l'indépendance et permettra la fin en 1991 de l'apartheid[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Forças Armadas - Efectivos » (consulté le 29 octobre 2010)
  2. a, b, c et d Philippe Lemarchand, L'Afrique et l'Europe, Éditions Complexe, 1994, p. 70
  3. Philippe Lemarchand, L'Afrique et l'Europe, Éditions Complexe, 1994, p. 71
  4. http://www.governo.gov.ao/Arquivos/Constituicao_da_Republica_de_Angola.pdf
  5. « Nelson Mandela et Cuba: une amitié basée sur la lutte anti-apartheid », lexpress.fr,‎ 7 décembre 2013 (consulté le 12 décembre 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armelle Enders, Histoire de l'Afrique lusophone, Chandeigne, 1994
  • Oliveira Marques, Histoire du Portugal et de son empire colonial, Karthala, 1998