Guerre d'indépendance de l'Érythrée

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Guerre d'indépendance de l'Érythrée
Carte de l'Érythrée indépendante.
Carte de l'Érythrée indépendante.
Informations générales
Date 1er septembre 1961 - 29 mai 1991
Lieu Province éthiopienne d'Érythrée
Issue Victoire des mouvements séparatistes érythréens.
Changements territoriaux Indépendance de l'Érythrée
L'Éthiopie perd son accès à la mer
Belligérants
Flag of Ethiopia (1897-1936; 1941-1974).svg Empire éthiopien

Érythrée :
Flag of Eritrea (1952-1961).svg Front de libération de l'Érythrée
Flag of the EPLF.svg Front populaire de libération de l'Érythrée

En Éthiopie :
Flag of the Tigray Region.svg Front de libération du peuple du Tigray

Soutien logistique :
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau du Soudan Soudan
Drapeau de la Syrie Syrie
Drapeau de l'Irak Irak
Drapeau de l'Iran Iran
Flag of Libya (1969–1972).svg Libye
Drapeau de la Tunisie Tunisie
Drapeau de la Somalie Somalie [1]
Drapeau de Cuba Cuba (jusqu'en 1977)
Flag of Ethiopia (1897-1936; 1941-1974).svg Empire éthiopien

Derg :
1.Flag of Ethiopia (1991-1996).svg Gouvernement militaire provisoire de l'Éthiopie socialiste (Derg)

2.Flag of Ethiopia (1987–1991).svg République populaire démocratique d'Éthiopie

Soutien logistique :
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Drapeau de la République démocratique populaire du Yémen Yémen du Sud


Drapeau de Cuba Cuba (à partir de 1977)
Drapeau de l'Allemagne de l'Est Allemagne de l'Est

Commandants
Flag of Ethiopia (1897-1936; 1941-1974).svg Haile Selassie I (Empereur d'Éthiopie)

Flag of the EPLF.svg Issayas Afeworki
Flag of the Tigray Region.svg Meles Zenawi
Flag of Ethiopia (1897-1936; 1941-1974).svg Haile Selassie I (Empereur d'Éthiopie)

Flag of Ethiopia (1991-1996).svg Mengistu Haile Mariam (Derg)
Pertes
environ 60 000 soldats[2]
environ 90 000 civils[2]
Éthiopiens
75 000[3] à 500 000[4]
Cubains
5 000[3]

La guerre d'indépendance de l'Érythrée est un conflit qui a opposé le gouvernement éthiopien à des mouvements séparatistes érythréens, de septembre 1961 à mai 1991. La guerre s'est achevé par la séparation de l'Érythrée et de l'Éthiopie et la proclamation d'un nouvel État érythréen le 28 mai 1993. Ce conflit sera doublé d'une guerre interne à la région érythréenne et d'une guerre civile entre d'autres fronts régionaux séparatistes et le gouvernement éthiopien.

La colonisation[modifier | modifier le code]

L'Italie occupe officiellement le sud de l'Érythrée actuelle, autour d'Assab, en 1882 [5], et la côte nord, avec Massawa, en 1885. L'ensemble est unifié sous le nom de «Colonia Eritrea» en 1890. En 1936, après la conquête de l'Éthiopie lors de la seconde guerre italo-éthiopienne, l'Érythrée devient une partie de l'Afrique orientale italienne, ainsi que la Somalie italienne.

Libérée par les Alliés en 1941, l'Éthiopie redevient indépendante, tandis que l'Érythrée est administrée par le Royaume-Uni jusqu'en 1952. À cette date, l'ONU décide sa fédération avec l'Éthiopie, qui l'annexe en 1962. Un mouvement de libération apparaît alors et commence une guerre d'indépendance.

Déroulement du conflit[modifier | modifier le code]

Principales batailles de la guerre d'indépendance.
Issayas Afeworki, secrétaire général du FPLE depuis 1987.

Le Front de libération de l'Érythrée (FLE) lance ses premières opérations militaires contre l'armée éthiopienne en 1961. En 1967, le mouvement gagne considérablement en popularité auprès des paysans, en particulier du nord et de l'ouest, et à Massawa.[réf. nécessaire] L'empereur éthiopien Hailé Selassié Ier tente d'apaiser les troubles en visitant le pays et en garantissant à ses habitants un traitement égal sous le nouvel ordre. Il accorde titres, argent et fonctions officielles aux opposants dans l'espoir de les voir se rallier au gouvernement central mais la résistance se poursuit. En 1971, l'Éthiopie décrète la loi martiale en Érythrée.

Des conflits internes au FLE à propos des tactiques et stratégies à adopter aboutissent à une scission et la formation du Front populaire de libération de l'Érythrée en 1972. Les deux mouvements s'affrontrent sporadiquement entre 1972 et 1974. Le combat pour l'indépendance se poursuit après la chute de Haile Sélassié suite au coup d'État de 1974 et l'accession au pouvoir du Derg, junte militaire dirigée par Mengistu Haile Mariam. À la fin des années 1970, le FPLE dirigé par Issayas Afeworki prend le dessus sur le FLE et devient le principal mouvement indépendantiste.

En 1977, une livraison massive d'armes soviétiques permet à l'Éthiopie de contraindre le FPLE à reculer. De 1978 à 1986, le Derg lance huit importantes offensives en Érythrée, sans parvenir à le dominer. En 1988, le FPLE prend Afabet, où se trouvent les quartiers généraux de l'armée éthiopienne au nord-est de l'Érythrée. Le FPLE progresse ensuite vers Keren, deuxième ville d'Érythrée.

En mai 1991, des militants du Front de libération du peuple du Tigré, proche du FPLE et soutenus par les États-Unis, renversent le Derg. Un gouvernement provisoire est mis en place. Des pourparlers de paix se déroulent alors à Washington. L'Éthiopie reconnaît le droit de l'Érythrée à organiser un référendum, qui abouti à l'indépendance du pays le 28 mai 1993.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Mémorial de la guerre d'indépendance à Massawa en Érythrée.
Article détaillé : Guerre Érythrée-Éthiopie.

Une nouvelle guerre éclate en 1998 entre les deux États à propos de la frontière et de lieux contestés. Les pertes totales sont estimées à 70 000 morts[6]. Depuis, les tensions restent fortes entre l'Érythrée et l'Éthiopie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Spencer C. Tucker, A Global Chronology of Conflict: From the Ancient World to the Modern Middle East, page 2402
  2. a et b Eritrean and Ethiopian Civil War, Cousin Tracey L., ICE Case Studies.
  3. a et b Eritrean War of Independence 1961-1993
  4. David Pool, Eritrean Independence: The Legacy of the Derg and the Politics of Reconstruction. African Affairs (Royal African Society) 92 (368): 389–402
  5. Des intérêts semi-privés italiens y sont depuis 1869.
  6. "Time on line","Agence Reuters", "The Guardian"