Guérisons de Lourdes

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Article principal : Sanctuaires de Lourdes.

Cet article détaille les guérisons miraculeuses de Lourdes reconnues comme telles par l'Église catholique depuis les premières en 1858. En 2013, soixante-neuf guérisons sont reconnues. Pour qu'une guérison soit reconnue comme miracle par l'Église catholique romaine il faut qu'un groupe de médecins indépendants la déclare être complète, durable et « inexplicable dans l'état actuel des connaissances médicales ». Ces miracles sont attribués à Marie (mère de Jésus), et ont contribué à faire des sanctuaires Notre-Dame de Lourdes un important centre de pèlerinage.

Procédure[modifier | modifier le code]

Les guérisons miraculeuses reconnues par l'Église catholique[modifier | modifier le code]

De très nombreuses personnes affirment avoir été guéries à Lourdes. En 1884, l'Église catholique a mis en place une structure (le bureau des constatations médicales) pour examiner les déclarations et, parfois, authentifier les miracles. Le processus d'authentification passe par trois grandes étapes : examen par le bureau médical de Lourdes (ancien bureau des Constatations), transfert au bureau médical international (comité médical international de Lourdes fondé en 1925), investigation par le diocèse d'origine de la personne guérie[1].

Le diocèse d'origine de la personne guérie statue sur l'état de miracle, par l'intermédiaire de la commission diocésaine. Le sens à donner à la guérison est alors le guide principal de l'évêque concerné (il doit s'agir d'un « signe de Dieu » et non d'une simple guérison).

À ce jour, sur quelque 7 000 dossiers de guérison déposés à Lourdes depuis les apparitions, 69 guérisons ont reçu le statut de « guérison miraculeuse » après un processus qui peut s'étaler sur plusieurs années[2].

La bénédiction solennelle par les prêtres et les évêques est un des rites les plus attendus par les pèlerins. Certains malades auraient guéri à ce moment précis, d'autres en buvant de l'eau de la source, en priant à la grotte ou, le plus souvent, après s'être baignés dans la piscine.

Examen scientifique[modifier | modifier le code]

Seules les deux premières étapes ont un caractère véritablement scientifique (la dernière étape est essentiellement de nature religieuse) et mènent à une éventuelle déclaration du bureau sur le caractère non explicable scientifiquement au moment de la guérison. À cette étape, les médecins invités à s'exprimer (et l'avis ainsi formé) ne se limitent pas aux seuls médecins catholiques. Tout médecin présent peut tenter de proposer une explication naturelle à la guérison.

Les critères de base examinés par le bureau médical sont les suivants :

  • la maladie doit avoir été elle-même authentifiée et le diagnostic confirmé préalablement à la supposée guérison ;
  • le pronostic doit être totalement clair pour les médecins (y compris quand il s'agit de lésions à caractère permanent ou d'un pronostic de décès);
  • la guérison doit être complète, immédiate, sans convalescence, définitive et sans rechute ;
  • aucun des traitements ne peut être considéré comme la cause de la guérison, ni y avoir contribué.

Ces critères stricts éliminent rapidement la grande majorité des déclarations avant même leur examen par les autorités religieuses comme en témoignent les dossiers conservés au bureau médical, lesquels sont librement accessibles.

Émile Zola, doutant de ces guérisons, mène une enquête scientifique sur ces guérisons en 1892, se rendant en « train Blanc » à Lourdes lors du pèlerinage national. Il y rencontre deux graves malades condamnées par la médecine, Marie Lebranchu et Marie Lemarchand, qu'il décide d'en faire les héroïnes de son prochain roman. Bien qu'il constate lui-même leur guérison subite, il exprime son scepticisme dans un écrit intitulé Mon Voyage à Lourdes et dans son roman, Lourdes, publié en août 1894, dans lequel il n'hésite pas à les faire mourir après une rémission passagère. Le docteur Boissarie, président du bureau des constatations médicales de Lourdes, lui reproche cette distorsion avec la réalité[3].

Le docteur Pierre Vachet a recensé un certain nombre d'escroqueries à propos de ces guérisons[4].

Guérisons de Lourdes reconnues par l’Église[modifier | modifier le code]

D'après la liste des miraculés de lourdes-france.org[5]. La guérison de Pieter De Rudder n'a pas eu lieu à Lourdes même, mais dans un sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes, en Belgique[6].

7 reconnues en 1858[modifier | modifier le code]

Toutes les guérisons de 1858 ont été reconnues le 18 janvier 1862 par monseigneur Laurence.

  • Catherine Latapie dite Chouat de Loubajac guérie le 1er mars 1858 d’une paralysie de type cubital, par élongation traumatique du plexus brachial depuis 18 mois.
  • Louis Bouriette de Lourdes guéri le 26 février 1858[7]à 54 ans d’un traumatisme de l’œil droit datant de 20 ans avec amaurose.
  • Blaisette Cazenave née Soupéne de Lourdes guérie à 50 ans de chémosis ou ophtalmie chronique avec ectropion depuis 3 ans.
  • Henri Busquet de Nay (Pyrénées-Atlantiques) guéri le 28 avril 1858 à 15 ans d’une adénite depuis 15 mois.
  • Justin Bouhort de Lourdes guéri à 2 ans le 6 juillet 1858 d’une hypothrepsie chronique post infectieuse avec retard du développement moteur.
  • Madeleine Rizan de Nay (Pyrénées-Atlantiques) guérie à 58 ans d’une hémiplégie gauche depuis 24 ans le 17 octobre 1858.
  • Marie Moreau de Tartas guérie à 17 ans le 9 novembre 1858 d’une diminution importante de la vue avec lésions inflammatoires surtout œil droit depuis 10 mois.

2 reconnues en 1907[modifier | modifier le code]

  • Abbé Cirette de Beaumontel guéri à 46 ans le 31 août 1893 d'une sclérose spinale antéro-latérale
  • Jeanne Tulasne de Tours guérie à 20 ans le 8 septembre 1897 du mal de Pott lombaire avec pied bot névropathique

20 reconnues en 1908[modifier | modifier le code]

  • Pieter De Rudder de Jabbeke guéri à 52 ans le 7 avril 1875 d’une fracture ouverte de la jambe gauche avec pseudoarthrose. Reconnue le 25 juillet 1908
  • Joachime Dehant de Gesves guéri à 29 ans le 13 septembre 1878 d’un ulcère de la jambe droite avec gangrène. Reconnue le 25 avril 1908.
  • Marie Mabille de Bernay Sœur Eugénia guérie à 28 ans d'un abcès du petit bassin avec fistules vésicale et colique phébite bilatérale
  • Anne Joudain de Goincourt Sœur Joséphine-marie guérie à 36 ans le 21 août 1890 d'une tuberculose pulmonaire
  • Clémentine Trouvé de Rouillé (Vienne) sœur Agnès-marie guérie à 14 ans le 21 août 1891 d'une ostéo-péristite du pied droit fistulé
  • Marie Lebranchu de Paris épouse Wuiplier guérie à 35 ans le 20 août 1892 d'une tuberculose pulmonaire
  • Marie Lemarchand de Caen épouse Authier guérie à 18 ans le 21 août 1892 d'une tuberculose pulmonaire avec ulcères visage et jambe
  • Elise Lesage de Bucquoy guérie à 18 ans le 21 août 1908 d'une ostéo-arthrite tuberculeuse du genou
  • Sylvanie Delporte de Lille Sœur Marie de la présentation Guérie à 46 ans le 31 août 1893 de la sclérose spinale antéro-latérale
  • Aurélie Huprelle de Saint-Martin-le-Nœud Guérie à 26 ans le 21 août 1895 d'une phtisie pulmonaire aigüe
  • Esther Brachmann de Paris guérie à 15 ans le 21 août 1896 d'une péritonite tuberculeuse
  • Clémentine Malot de Gaudechart guérie à 25 ans le 21 août 1898 d'une tuberculose pulmonaire Hémoptoïque
  • Rose Labreuvoies épouse François de Parisguérie à 36 ans le 20 août 1899 d'un phelgmo, fistulé bras droit avec énorme œdème
  • Révérend père Salvador guéri à 38 ans le 25 juin 1900 d'une péritonite tuberculeuse
  • Sœur Maximilien Religieuse de l'espérance de Marseille guérie à 43 ans le 20 mai 1901 d'un Kyste hydatique du foie, phlébite membre inférieur gauche
  • Marie Savoie guérie à 24 ans le 20 septembre 1901 d'une mitralite rhumatismale décompensée
  • Johanna Dubos épouse Bézenac de Saint-Laurent-des-Bâtons guérie à 28 ans le 8 août 1904 d'une cachexie de cause inconnue, impétigo paupières et front
  • Lucie Jupin Sœur Saint-Hilaire de Peyreleau guérie à 39 ans le 20 août 1904 d'une tumeur abdominale
  • Rosalie Vildier Sœur Sainte-Béatrix d'Évreux guérie à 42 ans le 31 août 1904 d'une laryngo-bronchite probablement tuberculeuse
  • Marie-Thérèse Noblet d' Avenay guérie à 15 ans le 31 août 1905 d'une spondylite dorso-lombaire

1 reconnue en 1909[modifier | modifier le code]

  • Cécile Douville-de-Franssu de Tournai guérie à 19 ans le 21 septembre 1905 d'une péritonite tuberculeuse

4 reconnues en 1910[modifier | modifier le code]

  • Aimée Allope de Vern-d'Anjou guérie à 37 ans le 28 mai 1909 de nombreux abcès tuberculeux dont 4 fistulées paroi abdominale antérieure
  • Amélie Chagnon de Poitiers Guérie à 17 ans le 21 août 1891 d'une ostéo-arthrites tuberculeuse genou et pied
  • Marie Lucas épouse Biré de Sainte-Gemme-la-Plaine guérie d'une cécité d'origine cérébrale, atrophie papillaire bilatérale
  • Antonia Moulin de Vienne (Isère) guérie à 30 ans le 10 août 1907 d'une fistule ostéite fémur droit avec arthrite du genou

1 reconnue en 1911[modifier | modifier le code]

  • Marie Borel de Cultures guérie à 22 ans le 17 mai 1908 d'une cystite tuberculeuse, néphrite

4 reconnues en 1912[modifier | modifier le code]

  • Elisa Seisson de Rognonas guérie à 27 ans le 29 août 1882 d'une hyperthrophie cœur et œdème des membres inférieurs
  • Aline Bruyére de La Roque Sœur julienne guérie à 25 ans guérie le 1er septembre 1889 d'une tuberculose pulmonaire cavitaire
  • Virginie Haudebourg de Lons-le-Saunier guérie à 22 ans le 17 mai 1908 d'une cystite tuberculeuse, néphrite
  • Marie Fabre de Montredon (Lot) guérie à 32 ans le 29 septembre 1911 d'une entérite muco-membraneuse, prolapsus utérin

1 reconnue en 1913[modifier | modifier le code]

  • Juliette Orion de Saint-Hilaire-de-Voust guérie à 24 ans le 22 juillet 1910 d'une tuberculose pulmonaire et laryngée, mastoïdite gauche suppurée.

1 reconnue en 1946[modifier | modifier le code]

  • Françoise Capitaine Sœur marie-Marguerite de Rennes guérie à 64 ans le 22 janvier 1937 d'un abcès rein gauche avec œdème phlycténulaire et crises cardiaques

1 reconnue en 1948[modifier | modifier le code]

  • Gabrielle Clauzel d' Oran Guérie à 49 ans le 15 août 1943 d'une spondylose rhumastismale

1 reconnue en 1949[modifier | modifier le code]

  • Francis Pascal de Beaucaire (Gard) guérie à 3 ans 10 mois le 31 août 1938 de cécité et paralysie membre inférieur

2 reconnues en 1950[modifier | modifier le code]

  • Jeanne Frétel de Rennes guérie à 34 ans le 8 octobre 1948 d'une péritonite tuberculeuse
  • Fulda Edeltraud de Vienne Autriche épouse Haidinger guérie à 34 ans le 12 août 1950 de la maladie d'Addison

2 reconnues en 1951[modifier | modifier le code]

  • Louise Jamain épouse Maître de Paris guérie à 22 ans le 1er avril 1937 d'une tuberculose pulmonaire intestinale et péritonéale
  • Jeanne Pelin épouse Gestas de Bègles guérie à 50 ans le 22 août 1947 de troubles dyspeptiques avec accidents occlusifs post opératoires

1 reconnue en 1952[modifier | modifier le code]

  • Marie-thérèse Canin de Marseille guérie à 37 ans le 9 octobre 1947 du mal de Pott dorso-lombaire et périntonite tuberculeuse fistulisée

1 reconnue en 1953[modifier | modifier le code]

  • Paul Pellegrin de Toulon guéri à 52 ans le 3 octobre 1950 d'une fistule post opératoire d'un abcès du foie

1 reconnue en 1955[modifier | modifier le code]

  • Evasio Ganora de Casale Italie guérie à 37 ans le 2 juin 1950 de la maladie de Hodgkin

2 reconnues en 1956[modifier | modifier le code]

  • Alice Gourdon épouse Couteault de Bouille-Loretz guérie à34 ans le 15 mai 1952 d'une sclérose en plaque depuis 3 ans
  • Marie-Bigot de La Richardais guérie à 31 ans le 8 octobre 1953 et le 10 octobre 1954 d'une arachnoïdite fosse postérieure

1 reconnue en 1957[modifier | modifier le code]

  • Henriett Bressolles de Nice guérie à 32 ans le 3 juillet 1924 du mal de Pott, paraplégie

2 reconnues en 1958[modifier | modifier le code]

  • Lydia Brosse de Saint-Raphaël (Var) guérie à 41 ans le 11 octobre 1930 d'une fistules tuberculeuse multiples avec vastes décollements région fessière gauche
  • Rose Perona épouse Martin de Nice guérie à 46 ans le 3 juillet 1947 d'un cancer du col de l'utérus

1 reconnue en 1959[modifier | modifier le code]

  • Yvonne Fournier de Limoges guérie à 22 ans le 19 août 1945 d'un syndrome progressif post traumatique du membre supérieur gauche 'syndrome de Leriche'

2 reconnues en 1960[modifier | modifier le code]

  • Maddalena Carini de Sanremo guérie à 31 ans le 15 août 1948 d'une tuberculose péritonéale, pleuro-pulmonaire et osseuse avec coronarité
  • Léo Schwager Frère de Fribourg guéri à 28 ans le 30 avril 1952 d'une sclérose en plaques depuis 5 ans

1 reconnue en 1961[modifier | modifier le code]

  • Angéle Théa Sœur Marie-Mercédes de Tettnang Allemagne guérie à 20 ans le 20 mai 1950 d'une sclérose en plaques depuis 6 ans

1 reconnue en 1963[modifier | modifier le code]

  • Ginette Fabre épouse Nouvel de Carmaux guérie à 26 ans le 21 septembre 1954 de la maladie de Budd-Chiari

2 reconnues en 1965[modifier | modifier le code]

  • Elisa Aloi épouse Varacalli de Patti Italie guérie à 27 ans le 5 mai 1958 d'une tuberculose ostéo-articulaire et fistules à localisations multiples du membre inférieur droit
  • Juliette Tamburini de Marseille guérie à 22 ans le 17 juillet 1959 d'une ostéo-périostite fémorale fistulée, épistaxis datant de 10 ans

1 reconnue en 1976[modifier | modifier le code]

1 reconnue en 1978[modifier | modifier le code]

  • Serge Perrin de Le Lion-d'Angers guéri à 41 ans le 1er mai 1970 d'une Hémiplégie droite itérative avec lésions oculaires par troubles circulatoires carotidiens bilatéraux

1 reconnue en 1989[modifier | modifier le code]

  • Delizia Cirolli épouse Costa de Paterno Italie guérie à 12 ans le 24 décembre 1976 d'un sarcome d'Ewing du genou droit

1 reconnue en 1999[modifier | modifier le code]

1 reconnue en 2005[modifier | modifier le code]

  • Anna Santaniello de Salerne Italie guérie à 41 ans le 19 août 1952 d'une décompensation cardiaque par maladie mitrale suite à rhumatisme articulaire aigu

1 reconnue remarquable mais pas miraculeuse en 2011[modifier | modifier le code]

  • Serge François d'Angers guéri à 56 ans le 12 avril 2002 d'une algie sciatique ; guérison reconnue inexpliquée donc remarquable mais pas miraculeuse[8]

1 reconnue en 2012[modifier | modifier le code]

  • Luigina Traverso de Casale Monferrato guérie à 31 ans le 23 juillet 1965 d'une lombo-sciatique paralysante[8]

1 reconnue en 2013[modifier | modifier le code]

  • Danila Castelli de Bereguardo, guérie à 43 ans le 4 mai 1989 de graves crises d'hypertension[9],[10]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Henry Branthomme, Chantal Touvet, Histoire des sanctuaires de Lourdes: 1947-1988, évolution et réalisations, Éditions NDL,‎ 2005, p. 562
  2. Les miraculés de Lourdes, sur lourdes-france.org
  3. Pierre Ouvrard, Le fait religieux, notamment le miracle chez Zola : foi et raison, L'Harmattan,‎ 2002, p. 45
  4. Pierre Vachet, Lourdes et ses mystères, édition de la Revue de l'Université,‎ 1924, 149 p.
  5. Liste des miraculés de lourdes-france.org
  6. Georges Bertrin, Histoire critiques des évènements de Lourdes, Gabalda,‎ 1905, p. 519
  7. Histoire nouvelle, populaire et illustrée de Notre-Dame de Lourdes par le R. P. M. Léon Porte
  8. a et b Reconnaissance officielle du 68ème miracle de Lourdes : Sœur Luigina Traverso
  9. Un 69e miracle reconnu à Lourdes, Agence France-Presse, 21 juillet 2013
  10. (it)Pavia, il vescovo certifica «guarigione miracolosa», Lettera 43, 18 juillet 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Lunel, Les guérisons miraculeuses. Enquête sur un phénomène inexpliqué, J'ai lu, 2004
  • Théodore Mangiapan, Les guérisons de Lourdes, Œuvres de la Grotte, 1994
  • Lucien Boissarie, Les grandes guérisons de Lourdes, Douniol, 1900
  • Docteur Alphonse Olivieri, Difficultés contre le caractère extra-naturel des guérisons de Lourdes, Bulletin de l’Association Médicale Internationale de Lourdes, 1959

Lien externe[modifier | modifier le code]