Groupement blindé de gendarmerie mobile

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Ecusson du GBGM

Le groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM), est implanté à Versailles-Satory.

VBRG de la gendarmerie.

Basé à proximité de Paris, il constitue une réserve gouvernementale prévue pour les situations de crise où les forces classiques de maintien de l'ordre se révéleraient insuffisantes, mais le recours à l’armée, excessif.

Il est particulièrement chargé de garantir la sécurité et la liberté d’action des organes gouvernementaux majeurs mais, au quotidien, il participe pleinement à toutes les missions habituelles de la gendarmerie mobile et ses unités sont régulièrement engagées sur l'ensemble du territoire métropolitain, en Corse, dans les DOM-COM ainsi que dans les opérations extérieures (OPEX).

Il dispose des moyens et de l'expertise nécessaires à l'engagement sur des opérations majeures de maintien et de rétablissement de l'ordre ou lors d'événements exceptionnels.

Missions[modifier | modifier le code]

Système de barrage mobile DRAP
Véhicule PC Renault B110 et véhicules de groupe Irisbus
VBRG, version "lame"
Renault Premium
TRM-2000

Le GBGM remplit trois types de missions[1] :

  • Missions classiques d'un groupement de gendarmerie mobile : maintien de l'ordre, sécurité publique, formation et missions militaires.
  • Missions assurées par certains groupements au niveau des régions de gendarmerie : mise à disposition de matériels spécialisés comme par exemple les systèmes DRAP (Dispositif de retenue autonome du public).
  • Missions nationales  :
    • mise en œuvre des véhicules blindés de la gendarmerie;
    • formation, conseil et intervention dans le domaine NRBC (Nucléaire, Radiologique, Bactériologique et Chimique), de façon autonome ou en accompagnement des autres moyens NRBC de la gendarmerie. Un des escadrons du groupement maintient une posture d'alerte NRBC en permanence;
    • mise en œuvre de moyens vidéos spécialisés pour les missions de maintien de l'ordre ou de sécurité publique;
    • intervention dans certaines situations particulières de maintien de l'ordre (manifestants retranchés ou entravés etc.).

Le GBGM assure également la gestion du camp de Beynes au profit de toutes les formations de la gendarmerie nationale.

Par ailleurs, le commandant et l'état-major du GBGM sont régulièrement sollicités pour organiser et assurer les services d'ordre de grande ampleur lors d'événements majeurs.

Organisation[modifier | modifier le code]

Placé sous les ordres du commandant de la Région de gendarmerie d'Ile-de-France, le colonel commandant le GBGM dispose :

  • d'un état-major ;
  • d'un escadron de soutien ;
  • d'une section des appuis opérationnels comprenant :
    • une cellule nationale nucléaire-radiologique-biologique-chimique (NRBC)
    • une cellule nationale d'observation et d'exploitation d'imagerie légale (CNOEIL)
    • une cellule nationale d'aide à la mobilité (CNAMO)
  • de sept escadrons de gendarmerie mobile[2] (EGM) dotés de véhicules blindés à roue de la gendarmerie VBRG et qualifiés NRBC :
    • EGM 11/1 ;
    • EGM 12/1 ;
    • EGM 13/1 ;
    • EGM 14/1 ;
    • EGM 16/1 ;
    • EGM 17/1 ;
    • EGM 18/1 ;
  • de la compagnie de camp de Beynes ;
  • d'un état-major de réserve - l'EMGGM I/1 R ;
  • d'un escadron de réserve :
    • ERGM 119/1.

Moyens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : VBRG.

Implanté au quartier Moncey, le GBGM rassemble un effectif d’un millier de personnels militaires ou civils ainsi qu’environ 150 réservistes. Il met en œuvre :

  • Les équipements d’un groupement classique de gendarmerie mobile : véhicules Irisbus, Renault B110, Peugeot P4, Renault Premium etc.
  • Les équipements gérés habituellement au niveau d’une région de gendarmerie (véhicules DRAP, camions type TRM-2000 etc.)
  • Les véhicules blindés VBRG ainsi que leurs moyens de transport (véhicules porte-engins etc.). Les personnels du GBGM apportent leur support au parc de blindés VBRG déployé en Corse, outre-mer ou à l’étranger (Kosovo).
  • Des véhicules spécialisés - opérationnels (Renault Master avec système OEIL) ou en cours d’évaluation.

L’entretien de ces véhicules est réalisé par le centre de soutien automobile de la gendarmerie (CSAG) de Satory.

Historique[modifier | modifier le code]

Héritier du groupe spécial autonome formé en 1933 au sein de la garde républicaine mobile (GRM) le GBGM a pour devise : Parfois brutal, toujours loyal.

Le groupe spécial de la garde républicaine mobile[modifier | modifier le code]

Char Renault FT-17

Un groupe spécial autonome est formé en 1933 au sein de la garde républicaine mobile (GRM). Composée d’un état major, de deux compagnies de chars Renault FT-17 et d’une compagnie d’automitrailleuses Panhard Schneider P16 (Citroën-Kégresse), cette unité constitue une réserve gouvernementale mais elle reçoit également une mission d'instruction. Ses compagnies participent également aux services ordinaires de maintien de l’ordre ainsi qu'aux autres missions de la GRM[3]. Le 1er avril 1934, il prend le nom de groupe spécial blindé de garde républicaine mobile et il est rattaché à la 1ere légion de garde républicaine mobile[4].

Le groupe spécial de Satory met également en œuvre à partir de 1935 un peloton de motocyclistes chargé d’assurer l’escorte du président de la République et des hautes personnalités françaises et étrangères. Cette unité est l’ancêtre de l’actuel escadron motocycliste de la garde républicaine[5].

La Seconde Guerre mondiale et le 45e BCG[modifier | modifier le code]

Char Hotchkiss H-39 au camp de Mourmelon

Le 13 novembre 1939, le gendarmerie active le 45e bataillon de chars de la gendarmerie[6] (45e BCG), unité créée sous le commandement du chef d'escadron de gendarmerie Bézanger à partir du Groupe spécial de Satory. Le 45e bataillon est constitué de personnels volontaires en provenance de la GRM et de la gendarmerie départementale, complétés par des personnels de l'armée de terre, notamment du 505e régiment de chars de combat de Vannes.

Equipée de chars légers Hotchkiss H39, l'unité sera engagée dans les Ardennes au sein de la 3e division cuirassée à Sy et Stonne et Tannay, perdant 30 tués, 4 disparus et 50 blessés en 37 jours de combat. Le 45e BCG sera cité à l'ordre de l'armée[7].

Le 19 janvier 1971, deux quartiers du camp de Satory seront baptisés en l'honneur du capitaine Louis DELPAL et de l'adjudant-chef Moïse GUICHARD, tombés lors des combats de 1940[8]. Le GBGM perpétue également le souvenir du 45e BCG dans sa salle de traditions.

L'après-guerre : garde républicaine puis gendarmerie mobile[modifier | modifier le code]

Char Sherman devant un VBRG
VBC-90

Dissoute le 1er septembre 1940, l’unité blindée de gendarmerie de Satory, est rétablie sous la forme du 2e groupe de la 23e légion de garde républicaine en novembre 1944 et dotée de chars M4A2 et M4A4 Sherman. A partir de 1947, l’unité reçoit progressivement des modèles plus récents (M4A1 et M4A1E8) ainsi que des half-tracks véhicules blindés semi-chenillés, pour le transport de troupes).

Le 1er octobre 1951 l'unité devient le premier groupe blindé de garde républicaine, administré par la 1ère légion bis. Il comporte alors deux escadrons de chars M4A1 et M4A1E8. Ce groupe blindé devient autonome le 1er janvier 1952.

Le 9 février 1954, le premier hélicoptère de la gendarmerie, un Bell 47, est affecté au groupe blindé de Satory. La section d’hélicoptères de la gendarmerie et l’atelier central hélicoptères de la gendarmerie seront créés respectivement en 1956 et 1957 et rattachés au 1er groupe blindé de gendarmerie mobile[9].

Le 1er groupe blindé de garde républicaine devient le 1er groupement blindé de gendarmerie mobile lorsque, par décret du 20 septembre 1954 la garde républicaine devient la gendarmerie mobile.

VBRG et Véhicules DRAP à Satory

Le 1er GBGM est déployé en unité constituée pour la seule fois de son histoire au mois d’avril 1961, à la suite du putsch d’Alger, pour protéger les principaux organes du pouvoir d’attentats potentiels[10].

En 1964, il se compose de deux escadrons d'AMX-13 et d’un d’AMM8, de dix véhicules chacun. Le groupement compte également un char Sherman M4A3 et treize half-tracks qui seront remplacés par des AMX-13 VTT en 1972.

Sa modernisation se poursuit avec des dotations en blindés légers Panhard AML 60/90 (AML) en 1970[11] et en véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG) à partir de 1974, puis en véhicules blindés de combat (VBC) de type VBC 90 en 1982.

Un décret du 1er mars 1973 confirme également le rôle du GBGM comme unité combattante dans la défense opérationnelle du territoire (DOT). C'est également en 1973 que la totalité des six escadrons que comporte le groupement à l'époque est regroupée à Satory (auparavant, quatre escadrons étaient implantés respectivement au Plessis-Robinson, à Ivry-sur-Seine, à Malakoff et à Issy-les Moulineaux). Deux escadrons supplémentaires sont affectés au groupement en 1978. En résidence au Plessis-Robinson, ils déménageront pour Satory en 1981-1982. Un neuvième escadron de marche, doté de mortiers de 81 mm pour ses missions militaires, sera attribué au groupe en 1981 puis dissous en 1983.

Rebaptisé Groupement blindé de gendarmerie mobile le 1er septembre 1991, il appartient à la Légion de gendarmerie d'Ile-de-France (LGMIF) et ses escadrons sont renumérotés.

VBRG version "lame"
VBRG "lame" vue arrière
VAB de la gendarmerie à Satory
ancienne numérotation nouvelle numérotation 1991 équipement
1er groupe d'escadrons
Escadron 2/1 EGM 11/1 VBC 90
Escadron 3/1 EGM 12/1 VBC 90
Escadron 4/1 EGM 13/1 AMX 13 VTT
Escadron 5/1 EGM 14/1 AMX 13 VTT
2e groupe d'escadrons
Escadron 1/1 EGM 16/1 AML
Escadron 6/1 EGM 17/1 VBRG
Escadron 7/1 EGM 18/1 VBRG
Escadron 8/1 EGM 19/1 VBRG

Après la dissolution des légions en 2005, le GBGM passe sous l'autorité de la Force de Gendarmerie mobile et d'intervention (FGMI) jusqu'à la dissolution de cette dernière en 2010. Il est maintenant directement subordonné à la région de gendarmerie d’Île-de-France.

Jusqu'au début des années 2000, il est articulé en deux groupes[12] de quatre escadrons chacun (l’un, équipé de VBC 90 ; les trois autres, de VBRG), auxquels s’ajoute un escadron de commandement et de soutien.

1997 - 2004 équipement
Groupe 1/1
EGM 11/1 VBC 90
EGM 13/1 VBRG
EGM 14/1 VBRG
EGM 16/1 VBRG
Groupe 2/1
EGM 12/1 VBC 90
EGM 17/1 VBRG
EGM 18/1 VBRG
EGM 19/1 VBRG

Depuis le retrait des VBC 90 en 2004, ses escadrons sont tous équipés de VBRG[13].

À noter que la gendarmerie a également acquis auprès de l’armée de terre une vingtaines de véhicules de l’avant blindés (VAB) pour emploi en Afghanistan par les escadrons - du GBGM et des autres groupements de gendarmerie mobile - déplacés sur ce théâtre. Ces engins ont depuis été rapatriés à Satory et sont sous la responsabilité du GBGM.

Le 10 novembre 2011, le ministre de la défense Gérard Longuet, cite le GBGM à l'ordre de l'armée et lui attribue la Croix de la valeur militaire avec palme de bronze au titre de ses actions de combat en Afghanistan (Opération Pamir), au Kosovo et en Côte d'Ivoire (Opération Licorne)[14] .

À noter enfin que, de 2003 à 2013, le GBGM comportait une Equipe Sportive Militaire de Haut Niveau (ESMHN).

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décision n° 966 du 1er mars 1978 (signée de Monsieur Yvon BOURGES – Ministre de la Défense) « Le premier groupement blindé de gendarmerie mobile constitue une réserve générale à la disposition du gouvernement : - Il est plus particulièrement chargé de garantir la liberté d'action et la sécurité des organes gouvernementaux majeurs ; - Dans la mesure où il n'est pas hypothéqué par sa mission prioritaire définie ci-dessus, il participe à toutes les missions de la gendarmerie mobile dont il fait partie intégrante et ceci, dans l'hexagone comme outre-mer ».
  2. après dissolution de l'escadron 19/1 en octobre 2010
  3. Collectif, Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, Volume I, Editions SPE-Barthelemy, Paris, 2007
  4. Collectif, Histoire de la Maréchaussée et de la Gendarmerie (guide de recherche) sur le site du Service Historique de la Défense (voir lien externe ci-dessous) p.946.
  5. Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, volume I, op. cit. À noter que, de nos jours, lors des cérémonies telles que la célébration du 14 juillet, le command car du président de la République est conduit par un gendarme du GBGM .
  6. Egalement appelé 45e Bataillon de chars légers de la gendarmerie (BCLG) ou, pour l'armée de terre, 45e bataillon de chars de combat (45e BCC). Voir également l'article détaillé : 45e bataillon de chars de la gendarmerie pour d'autres appellations (BC-G, BCCG etc.)
  7. Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, volume I, op. cit. Voir également Claude Cazals : La Garde sous Vichy, les éditions la Musse, 1997
  8. Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, volume I, op. cit.
  9. L’atelier changera d'affiliation en 1965 mais restera physiquement implanté à Satory.
  10. Rappelés de manœuvres en mai 1968 et mis en alerte, ses escadrons interviendront mais sans leur équipement lourd.
  11. Les AML seront retirés du service en 1997.
  12. Dans la gendarmerie mobile, les groupes d'escadrons ont été dissous dans les années 80, sauf au GBGM qui a conservé les siens jusqu'au début des années 2000.
  13. Le nombre d'escadrons VBRG a été réduit à sept depuis la dissolution de l'escadron 19/1 le 1er octobre 2010 dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques.
  14. Texte de la citation : « Unité qui, en 2011 au cours de différentes opérations extérieures, s'est particulièrement distinguée dans l'accomplissement des missions qui lui ont été confiées. Ayant participé à de nombreuses actions de combat en Afghanistan, au Kosovo et en Côte d’Ivoire, a montré une détermination sans faille qui lui a permis de mener à bien l’ensemble de ses missions dans des contextes particulièrement dégradés et dangereux. En Afghanistan, au cours de l’opération « Pamir », intégrée au sein du dispositif militaire international, a contribué à la sécurisation des axes empruntés par les forces, à la professionnalisation de la police afghane et à son déploiement au sein des zones rebelles. Au Kosovo, déployée sur une zone tampon, a permis, en mettant judicieusement en œuvre ses capacités blindées, de limiter les affrontements inter-ethniques et d’empêcher une exacerbation des tensions au cours de missions sensibles de rétablissement de l’ordre, et au prix de nombreux blessés dans ses rangs. Engagée également aux côtés des unités en Côte d’Ivoire au cours de l’opération « Licorne » a, par la mise en œuvre pertinente de ses moyens et savoir-faire, contribué à assurer la protection des emprises diplomatiques et des ressortissants français menacés notamment dans la ville d’Abidjan. Unité opérationnelle particulièrement performante, a fait preuve de forces morales exemplaires et de qualités tactiques remarquables lors de ses engagements sur ces différents théatres d’opérations extérieurs. Pour son action déterminante, mérite d’être cité en exemple.» Cette citation comporte l’attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec palme de Bronze

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, 3 volumes, Editions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, ISBN 2-912838-31-2
  • Collectif, Histoire de la Maréchaussée et de la Gendarmerie - Guide de recherche sur le site du Service Historique de la Défense. Consultable en ligne (voir lien externe ci-dessous).
  • Besson (Général) et Collectif, Encyclopédie de la Gendarmerie Nationale tome II, Éditions SPE Barthelemy Paris 2005. ISBN 2-912838-29-0
  • Patrick Bruneteaux, Maintenir l'ordre, Presses de Sciences Po, Paris, 1996 - ISBN 2-7246-0676-0
  • Georges Carrot, Le Maintien de l'ordre en France au XXe siècle, Éditions Veyrier, 1990, 432 p.,(ISBN 2851993559[à vérifier : isbn invalide]).
  • Claude Cazals : La Garde sous Vichy, Les éditions la Musse, Paris, 1997, 287 p, ISBN 2-904016-01-5
  • P. Denis & J-Y Hardouin, Véhicules de la Gendarmerie, ETAI, Boulogne-Billancourt, 1997, 144 p. ISBN 2-7268-8367-2
  • Thierry Forest : La Gendarmerie Mobile à l'épreuve de mai 1968, Service Historique de la Défense 2007. ISBN 978-2-1109-6335-2
  • G. Tavera & JP Montbazet : Les blindés de la gendarmerie, Editions M.D.M., 1992 – ISBN 2-90931304-2

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]