Groupe de prévention et d'action pour la santé et le travail des transsexuel(le)s

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Défilé de Groupe de prévention et d'action pour la santé et le travail des transsexuel(le)s à la Gay Pride à Paris en France, juin 2005.

Le Groupe de prévention et d'action pour la santé et le travail des transsexuel(le)s ou PASTT est une association Loi 1901 créée en 1993[1], reconnue d'utilité publique œuvrant pour la démarginalisation, la reconnaissance et l'intégration des transsexuels dans la société[2] par la dermatologue et politicienne franco-brésilienne Camille Cabral lorsqu'après son changement d'expression de genre, elle se retrouva sans emploi[3].

Le PASTT est constitué d'une communauté de transgenres[4] agissant au service des transgenres, dont l'accueil est réalisé à la fois dans des locaux parisiens et dans un bus[5]. Le PASTT s'occupe d'une population de l'ordre de 100 personnes[1].

Activités[modifier | modifier le code]

Ses activités d'aide concernent la prévention du sida auprès de prostituées (transgenres initialement) mais également l'accompagnement administratif (hospitalier, bancaire, prisonnier) et l'aide à l'obtention de logements[6]. L'association se consacre en particulier à l'aide aux étrangers en situation irrégulière, dont elle a suivi l'évolution récente, depuis les transgenres originaires du Brésil, majoritaires dans les années 1980, puis l'arrivée, dans les années 1990, d'Équatoriennes, d'Africaines, de Thaïlandaises et de Guadeloupéennes puis, depuis les années 2000, de filles du Maghreb[7], parmi la population prostituée pratiquant au Bois de Boulogne[8].

Outre ces aides apportées aux travailleuses du sexe, le PASTT porte sur la scène publique des revendications de nature politique concernant les droits des personnes qu'il défend. En particulier, le PASTT a débattu de la liberté d'accès au soin, défendant que les personnes désirant changer de sexe en France puissent librement choisir le chirurgien pratiquant cette opération, alors que la loi présente prévoit une liste de médecins agréés pour ces opérations[9]. Le PASTT a également pris une part dans le débat politique ayant accompagné la préparation de la Loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure[10] notamment en participant aux manifestations de travailleurs du sexe de novembre 2002[11]. Après l'application de la loi, l'association a accueilli une équipe de recherche mandatée par la Mairie de Paris pour en étudier les conséquences[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Suzanne Cagliero, Hugues Lagrange, La Consommation de drogue dans les milieux de la prostitution féminine, rapport de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, octobre 2004, p. 67 [1]
  2. Elle fut fondée sous le nom plus court de Prévention action santé travail pour les transgenres et changea de nom en 1997. Voir Rose Marie Lagrave, Arlette Farge, Agathe Gestin. Dissemblances: jeux et enjeux du genre, publié par le Centre d'étude des mouvements sociaux chez L'Harmattan, 2002 (ISBN 2747528987) (publication contenant les actes de colloques réalisés les 23 et 24 novembre 2000 au CEMS)
  3. Camille Cabral: transsexuelle, militante associative et femme politique, article de Silvano Mendes de la rédaction brésilienne de RFI, publié le 14 mars 2005 [2]
  4. Les membres du Conseil d'administration à l'exception du Président sont des personnes transgenres. Voir, de Victoire Patouillard, Portraits de groupes : Camille Cabral (PASTT), Joëlle Grégorie (ASB), Armand Hotimsky (Caritig), article publié dans [[Vacarme (revue)|]] numéro 11, printemps 2000 [3]
  5. 24 heures de la vie du PASTT. France Culture, émission du mardi 2 octobre 2001, diffusée de 15 h à 16 h. [4].
  6. Présentation de l'association faite par Kouka Garcia lors du colloque national Médiation en Santé Publique : Prévention et dépistage le 3 octobre 2005 [5]
  7. Brésiliens, vraiment, les travestis du bois de Boulogne, article paru dans Marianne 2, samedi 2 octobre 2004 [6]
  8. Suivi réalisé dans le cadre d'une mission de médiation réalisée en collaboration avec la Commission nationale Citoyens justice police (formée par la LDH, le MRAP, le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France). Voir le rapport De nouvelles zones de non-droit. Des prostituées face à l'arbitraire policier [7]
  9. Maud Dugrand, Les transsexuels, seraient-ils des citoyens de seconde zone ?, article paru dans L'Humanité le 13 septembre 2003, [8]
  10. L. Richardot, Le PASTT face aux tentations sécuritaires. Le Journal de la démocratie sanitaire, fascicule 150-151, page 25-27, année 2002, ISSN 1153-0863 [9]
  11. Clarisse Fabre et Pascale Krémer, Plusieurs centaines de "personnes prostituées" se sont rassemblées à Paris contre le projet Sarkozy, article paru dans Le Monde le 6 novembre 2002 [10]
  12. Cahiers d'études africaines, 2005 [11]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Coordonnées du PASTT