Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale

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Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN)
Écusson du GIGN depuis septembre 2007.
Écusson du GIGN depuis septembre 2007.

Période 1er mars 1974
Pays Drapeau de la France France
Branche Gendarmerie nationale
Type Forces spéciales
Rôle Contre-terrorisme, libération d'otages, lutte contre le grand banditisme.
Effectif Environ 420 personnes
Garnison Versailles-Satory
Devise « Toujours plus loin »
Décorations Croix de la valeur militaire avec palme de bronze
Commandant Général Thierry Orosco
Commandant historique Christian Prouteau
Denis Favier

Le Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) est une unité d'élite de la Gendarmerie nationale française spécialisée dans les opérations de contre-terrorisme et de libération d'otages. Sa devise est « Toujours plus loin ».

Présentation[modifier | modifier le code]

Le GIGN est basé dans le quartier de Satory (Versailles), son centre d'instruction et d'entraînement se situant au camp de Frileuse à Beynes. Pour participer à la sélection, il faut déjà être gendarme de carrière et avoir moins de 34 ans [1].

Depuis le 1er septembre 2007, une profonde réorganisation a eu lieu. Le « nouveau » GIGN regroupe, sous le même nom, l'intégralité des hommes de l'ancien GSIGN[2] :

  • Il est composé de quatre forces opérationnelles :
    1. la Force Intervention (ancien GIGN),
    2. la Force Observation Recherche (ancien groupe d'observation-recherche de l'EPIGN),
    3. la Force Sécurité Protection (qui regroupe les membres de la section de sécurité et protection de l'EPIGN et du personnel du détachement gendarmerie du GSPR) ;
    4. la Force Appui Opérationnel, comprenant des moyens techniques et diverses compétences nécessaires aux autres forces :
      • section moyens spéciaux
      • section appui cynophile
      • cellule EOD - dépiégeage d'assaut
      • cellule ouverture fine
      • cellule effraction chaude
      • cellule tirs spéciaux
      • cellule technique d'adaptation opérationnelle;
  • Ainsi que de la Force Formation, qui s'occupe aussi bien de la formation interne qu'externe.

Ces forces, sont conduites et soutenues par deux états-majors :

  1. l'État-major Opérationnel (EMOPS)
  2. l'État-major d'Administration et de Soutien

Les gendarmes nouvellement arrivés sont tous formés à l'intervention, puis ont la possibilité d'être formés à la protection ou à la recherche/observation (anciennes missions du GSPR et de l'EPIGN). Le sigle GSIGN n'a plus lieu d'être et le sigle « GIGN » ne désigne plus la même unité qu'auparavant.

Moyens[modifier | modifier le code]

L'effectif total actuel est d'environ 420 militaires contre 380 en 2008[3] et 407 en 2009.

Il sera alors possible d'engager jusqu'à 200 hommes entraînés et habitués à travailler ensemble lors d'interventions de grande envergure (prise d'otages massive par exemple, comme à Beslan).

Le budget de fonctionnement courant de cette unité, pour l'année fiscale 2009, est de 1,4 million d'euros, auquel s'ajoute un droit de tirage en frais de déplacement de 0,5 million d'euros sur le budget central de la gendarmerie[4].

Missions[modifier | modifier le code]

  • Contre-terrorisme : le GIGN intervient en premier lieu sur les missions suivantes :
    • Piratair : détournement d'avion
    • Piratmer : détournement ou attaque de navire
    • Piratome : attaque nucléaire
    • Piratox : attaque chimique ou biologique
    • Piratext : prise d'otages de ressortissants français à l'étranger

Pour les actes de terrorisme n'entrant pas dans ces catégories (prise d'otage, etc.), la répartition des missions entre le GIGN et le RAID se fait selon le lieu où l'alerte se produit : le milieu rural ainsi que les aéroports sont le domaine d'intervention du GIGN, le milieu urbain et les gares celui du RAID.

  • Autres interventions : les neutralisations de forcenés, les arrestations de personnes dangereuses et armées.
  • Force de sécurité et protection (FSP) : elle couvre l'intégralité du spectre de la Sécurité et de la Protection.

Sur le territoire national, les sections de sécurité-protection (SSP), assurent quotidiennement la protection de hautes personnalités françaises ou étrangères. Elles assurent également ce type de mission à l'étranger, au profit des diplomates en poste dans des zones à risques comme l’Afghanistan ou l’Irak.

Parallèlement aux missions de protection, les SSP procèdent à la mise en sécurité de sites. Que ce soit au profit de l'autorité protégée ou lors d’événements majeurs, cette force déploie des tireurs d'élite, le groupe de recherche d'engins piégés (GREP), ou encore les spécialistes en investigations subaquatiques.

Enfin, dans un contexte interministériel, la FSP est régulièrement sollicitée pour réaliser des audits de sécurité au profit des représentations françaises à l'étranger ou de sites sensibles partout en France. Ayant une expérience reconnue dans ce domaine, les missions évaluent les enjeux sécuritaires et apportent une expertise et des réponses adaptées, en vue d'accroître le niveau de sûreté des installations visitées.

En marge des missions évoquées ci-dessus, les militaires de cette force participent de façon régulière à la formation des troupes d'élite étrangères.

  • Missions des SSP :
    • Protection rapprochée de personnalités.
    • Sécurité des ambassades et représentations diplomatiques françaises à l'étranger (Congo-Brazzaville, Centrafrique, Algérie, Côte d'Ivoire, Haïti, Afghanistan, Irak, Libye, Mali…).
    • Extraction de ressortissant français à l'étranger.
    • Mise en sécurité.
    • Analyse du risque et audit de sécurité.
    • Gestion de crise à l'étranger.
    • Sécurité des événements d'ampleur nationale et internationale.
    • Formation internationale.

Pour permettre de mener à bien ces missions, les entraînements du GIGN sont très poussés et dangereux. Il y a ainsi eu plus de décès lors de ces entraînements que lors des missions elles-mêmes. Les démonstrations faites par le groupe reflètent les entraînements. Alors qu'il assistait à l'une d'elles en tant que ministre de l'intérieur, Pierre Joxe est très légèrement blessé par l'explosion d'une grenade qui n'a pas pu être neutralisée à temps[5].

Recrutement[modifier | modifier le code]

Pour pouvoir passer les tests de sélection, il y a des minima requis : être gendarme de carrière, avoir une aptitude pour le parachutisme et avoir moins de 34 ans[6]. De plus il y a une "sélection naturelle" avant le recrutement à proprement dit.

Ces épreuves sont à titre indicatif et non exhaustif[7] :

Épreuves de résistance[modifier | modifier le code]

  • Abdominaux : 100 pompes et 25 tractions en 2 minutes
  • Bras : Grimper à la corde sur 5 m uniquement avec les bras.

Épreuves de natation[modifier | modifier le code]

  • 100 m nage libre (temps imposé).
  • 50 m en apnée.
  • 50 m pieds et poings liés.
  • Saut d’un plongeoir de 10 mètres.

Épreuves d’endurance[modifier | modifier le code]

  • 8 000 m TAP (aptitude médicale des troupes aéroportées) avec musette sur le dos et arme en 60 minutes maximum.

Tests de tir[modifier | modifier le code]

  • Une épreuve au fusil à 200 m et une autre au pistolet automatique à 15 m, avec dix munitions chaque fois. Le score sera pris en compte dans le résultat global du postulant.

Après toutes les épreuves et formations, le gendarme a subi environ une année de formation pour être membre opérationnel du GIGN.

Les femmes et le GIGN[modifier | modifier le code]

Les femmes peuvent intégrer le GIGN à l'exception de la cellule d'intervention pour des questions de force physique (l'équipement de protection et les armes pèsent plus de 30 kg). En 2009, la force d'observation-recherche comptait quatre femmes[8]. Les épreuves de sélection féminines sont les mêmes que les masculines avec quelques modifications.

Histoire[modifier | modifier le code]

Suite à la prise en otages de membres de l'équipe d'Israël lors des Jeux olympiques de Munich en 1972, la gendarmerie crée, le 10 septembre 1973, une Équipe commando régionale d’intervention (ECRI) au sein de l'escadron du groupe 1/2 de gendarmerie (actuel escadron 26/1) de Maisons-Alfort. Elle devient opérationnelle le 1er mars 1974, date officielle de création du GIGN. Sa première opération a lieu dès le 10 mars 1974 pour neutraliser un forcené retranché dans son appartement avec deux otages à Ecquevilly[9]. Un mois plus tard, il est décidé de créer deux Groupes d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) :

  • GIGN no 1, basé à Maisons-Alfort et descendant de l'ECRI, opère sur le territoire des 1re, 2e, 3e et 6e régions militaires.
  • GIGN no 4 basé à Mont-de-Marsan, constitué au sein de l’escadron 9/11 de gendarmerie mobile opère sur les 4e, 5e et 7e régions militaires. Il était plus orienté sur les exercices de marine, proche de la façade atlantique.

L'intention initiale était de multiplier ces groupes sur tout le territoire, mais en 1976, décision est prise de rassembler les deux unités existantes en un seul GIGN national, à Maisons-Alfort. En 1983, le GIGN est déplacé à Satory dans la caserne Pasquier (elle porte le nom du 1er gendarme du Groupe décédé à l'entraînement), quartier des gendarmes à Versailles, dans les Yvelines.

Principales opérations[modifier | modifier le code]

Voir aussi : Missions du GIGN.

Le GIGN a mené des centaines d'opérations depuis sa création, aussi bien la libération d'otages que l'interpellation de forcenés (« neutralisation » dans le jargon de l'unité). Voici les plus connues :

  • en mai 1974, le GIGN no 1 intervient lors d'une mutinerie à la prison de Fleury-Mérogis. Leur intervention est déterminante pour résoudre la crise avec un minimum de violence.
  • libération (en coopération avec la 13e demi-brigade de Légion étrangère) de 30 écoliers (enfants de militaires français) pris en otages dans un car de ramassage scolaire par des terroristes du FLCS (Front de libération de la côte somalienne) à Loyada dans la colonie française de Djibouti (à l'époque le Territoire français des Afars et des Issas) le 3 février 1976. Dans cette opération, sept terroristes sont tués par un tir coordonné et simultané du GIGN mais deux enfants et une institutrice y trouvent la mort, cinq autres sont blessés et neuf soldats somaliens sont tués au cours de la confusion qui s'en est suivie : alors qu'un escadron se précipite vers le car pour extraire les enfants, les militaires somaliens, postés de part et d’autre du poste frontière, ouvrent le feu car croyant qu'il s'agit d'une agression terroriste[10],[11].
  • intervention suite au détournement par 5 terroristes croates anti-titistes d'un Boeing 727 de la TWA assurant un vol New York-Chicago en septembre 1976. Le GIGN parvient, par la négociation, à obtenir la libération des 49 otages et la reddition des terroristes.
  • intervention à Orly-Ouest pour résoudre, en coopération avec la brigade anti-gang du commissaire Robert Broussard, le détournement d'une Caravelle assurant le vol Air Inter 429 (Paris-Lyon), le 30 septembre 1977. Le forcené Jacques Robert détient en otage 94 personnes, dont le député Lucien Neuwirth et un ancien ministre, Philippe Malaud, depuis près de 7 heures, lorsqu'il fait usage d'une grenade, déclenchant l'assaut des forces de police et de gendarmerie. L'opération se solde par la mort d'un passager et la blessure de quatre autres, dont un grièvement. Jacques Robert se rend et est incarcéré[12].
  • préparation d'une tentative de libération des fonctionnaires de l'ambassade de France à San Salvador (Salvador) en mai 1979. Les terroristes accepteront de se rendre avant l'intervention, mais seulement aux autorités françaises qui acceptent de les relâcher au Panama en échange.
  • intervention de plusieurs hommes du GIGN lors de la prise de la Grande Mosquée de La Mecque, du 23 novembre au 5 décembre 1979.Les gendarmes semblent avoir en fait mis au point le plan d'attaque final, mais le nombre d'otages (plusieurs milliers) et de terroristes (environ 130) fait que l'on dénombre un nombre important de victimes [13]
  • intervention lors de la prise d'otages de l'hôtel Fesch par un commando corse mené par Marcel Lorenzoni en février 1980. Les terroristes se rendent après avoir négocié avec le GIGN[14].
  • libération des otages d'un détournement d'avion au Touquet en mai 1981. Le pirate de l'air, qui voulait obliger le pape à révéler le troisième secret de Fátima, est maîtrisé à mains nues lors d'un assaut-surprise.
  • arrestation d'un forcené à Chelles en avril 1982. Celui-ci, surarmé, tirera plus de 2 000 cartouches en une journée. Le commandant Prouteau comprend vite que ce forcené n'est pas un forcené ordinaire, puis en engageant des tentatives de négociations, comprend que son but est de défier le GIGN. Dès lors le commandant choisit de ne pas engager ses hommes dans des pièges probables. En soirée, profitant d'un relâchement du forcené et d'une diversion faite en faisant exploser la porte de l'appartement de l'homme, un gendarme maîtrise le forcené à mains nues.
  • arrestation de Philippe Bidart, chef du groupe terroriste basque Iparretarrak en février 1988
  • libération des otages détenus dans la grotte d'Ouvéa en Nouvelle-Calédonie en mai 1988. L'opération est globalement réussie malgré la mort de deux militaires de la DGSE et de 19 indépendantistes kanaks.
  • des membres du GIGN, parfois sous l'autorité du COS, ont participé à des opérations en Bosnie-Herzégovine entre 1992 et 1995, notamment l'arrestation de criminels de guerre.
  • Le 26 décembre 1994, libération des 164 passagers du vol AF 8969 pris en otages par quatre terroristes du GIA. Le GIGN donna l'assaut à l'appareil, posé à l'aéroport de Marignane près de Marseille, et parvint à tuer les quatre terroristes et à sauver tous les otages, sans pertes du côté des gendarmes mais avec onze blessés à des niveaux divers. L'assaut fut filmé par la télévision, et rendit célèbre le groupe dans le monde entier.
  • en septembre 1995, le GIGN participe avec l'EPIGN à la traque de Khaled Kelkal dans les forêts entourant Vaugneray près du col de Malval (Rhône). La plupart des hommes du GIGN seront rappelés pour participer à l'opération Azalée aux Comores avant la fin de la traque et c'est l'EPIGN qui met un terme à celle-ci en abattant Khaled Kelkal.
  • participation à l'opération Azalée (la libération des Comores) et notamment l'arrestation du mercenaire Bob Denard sous l'autorité du COS en septembre et octobre 1995.
  • lors d'une intervention contre un forcené à Valaurie dans la Drôme le 23 juin 1997, un membre du GIGN, Jean-Louis Prianon, est tué. C'est la première fois qu'un membre du GIGN est tué en opération[15].
Intervention avec la collaboration du Commando Hubert sur le navire Pascal Paoli de la SNCM en 2005, détourné par des marins syndicalistes du STC
  • le 19 janvier 2007, arrestation d'un forcené retranché chez lui à Gensac-sur-Garonne. Le GIGN essuie des tirs pendant la mise en place du dispositif (20 hommes) qui blessent un membre de l'équipe. Au moment de l'assaut, vers 22 h, le forcené ouvre le feu sur le trinôme de tête : il tue le maréchal des logis-chef Frédéric Mortier (35 ans, promu major à titre posthume) et blesse un autre de ses camarades. Il s'agit du deuxième membre du GIGN tué en opération.
  • le 11 avril 2008, opération Thalathine. Déclenchement du plan Piratmer. Intervention lors de la prise d'otage sur le Ponant, navire de luxe, au large de la Somalie. Une partie du GIGN aide à la négociation depuis Marseille, siège de la CMA-CGM, propriétaire du voilier, tandis qu'un commando est projeté sur le navire Var, ainsi que le colonel Denis Favier. Les trente otages sont libérés et une partie des pirates sont appréhendés par l'Armée française.
  • Entre le 29 janvier et le 4 février 2011, mission avec les forces françaises en Afghanistan pour arrêter un chef taliban en Kâpîssâ[16].
  • Le samedi 26 mars 2011, des hommes de la force sécurité protection (FSP) du GIGN sont parachutés en mer pour assurer la protection de l'ambassadeur français en Libye.

À cela s'ajoutent de nombreuses arrestations de terroristes (basques, notamment du groupe Iparretarrak, corses…) de criminels dangereux, de transferts sensibles de personnes, et d'interventions lors de révoltes en milieu pénitentiaire et des missions encore classifiées.

En 1994, peu après la prise d'otages du Vol 8969 Air France le GIGN fête ses vingt ans. Il avait alors mené plus de 650 missions, libéré plus de 500 otages, tué une douzaine de terroristes et arrêté plusieurs centaines de criminels. Pendant cette période, 5 hommes du GIGN sont morts à l'entraînement et 19 ont été blessés en opération (dont 9 lors de l'assaut de Marignane). En 2004, le bilan à l'occasion des trente ans du groupe était de plus de 1 030 missions, de plus de 970 personnes arrêtées, et 534 otages libérés. De 1974 à 2012 le groupe a perdu neuf hommes, dont deux en mission et sept en entrainement[17]. En 2014, le GIGN fête ses 40 ans et a alors mené 1 600 opérations, interpellé 1 500 personnes, libéré 625 otages et maîtrisé 260 forcenés, 11 de ses membres sont morts en mission et en entrainement[18]

Commandants de l'unité[modifier | modifier le code]

  • Lieutenant Christian Prouteau : 1973-1983 (GIGN no 1 puis GIGN)
  • Capitaine Paul Barril : 1982-1983 (par intérim)
  • Capitaine Philippe Masselin : 1983-1985
  • Capitaine Philippe Legorjus : 1985-1989
  • Chef d'escadron Lionel Chesneau : 1989-1992
  • Capitaine Denis Favier : 1992-1997
  • Chef d'escadron Éric Gerard : 1997-2002
  • Lieutenant-colonel Frédéric Gallois : 2002-2007
  • Général Denis Favier : 2007-2011
  • Général Thierry Orosco : 2011

Présence internationale[modifier | modifier le code]

Mondialement reconnu comme une des unités d'intervention les plus efficaces au monde[19], le GIGN est une unité d'élite de la Gendarmerie Nationale française. Ses nombreux succès (près de 600 otages libérés, plus de 1 000 criminels capturés ou abattus) au cours des diverses opérations qu'il a été amené à monter en font depuis 10 ans une référence internationale en matière de sécurité des personnes civiles. Le GIGN s'est surtout fait connaître en décembre 1994 lors de la prise d'otage d'un avion d'Air France par le GIA.

Le GIGN est intervenu à l'étranger (Afghanistan, Djibouti, San Salvador, Arabie saoudite, pays basque espagnol, Niger, Union des Comores, Mali (Opération Serval), Centrafrique (Opération Sangaris).

Armement[modifier | modifier le code]

« Notre principe fondamental est de reculer l'usage des armes à feu jusqu'au dernier moment »
Denis Favier, commandant du GIGN de 1992 à 1997.

Malgré ce but du GIGN d'éviter au maximum l'emploi des armes, le Groupe possède un armement répondant à des besoins précis. On n'emploie pas des fusils d'assaut comme un G-3 TGS contre un forcené, ils sont réservés à l'utilisation dans des situations quasi-militaires. À l'opposée, dans le cas d'une intervention extrême comme lors de la prise d'otages du Vol 8969 Air France à Marignane, il est nécessaire de disposer de tous types d'armes, du Manurhin .357 Magnum au fusil de précision en passant par le PM HK.

L'armement « de base » lors d'une mission se compose d'une arme de poing pour chaque homme, plus un MP-5 et un fusil calibre 12 pour l'appui.

Chaque élément de Groupe possède trois ou quatre armes de poing et au moins deux armes d'épaule. Au total, on dénombre pour le Groupe quelque 900 armes et 1000 optiques. Les armes (du fusil de précision à l'arme de poing) sont testées au banc d'essai Stabilisator 3000 A1 de la marque française L2S.

Un grand nombre des armes ont été modifiées sur commande pour le GIGN. Il ne faut pas oublier les accessoires génériquement nommés « aides à la visée » : collimateurs (systèmes de visée non grossissants, souvent luminescents), lunettes grossissantes, lasers de visée, lampes torches, équipements de visée nocturne, etc. Les modifications et les aides à la visée présentes sur les armes sont détaillées en même temps que les armes elles-mêmes.

Les armes sont présentées de la plus fréquemment employée à la moins employée. Exceptions : les armes de précision (ordre en fonction des calibres).

Armes de poing[modifier | modifier le code]

  • Manurhin MR 73 en .357 Magnum avec diverses longueurs de canons (4 pouces, 5 pouces ¼, voir 8 pouces et 10 pouces pour le tir de précision), très utilisé depuis les débuts de l'existence du GIGN. Il est encore aujourd'hui l'arme de poing la plus utilisée par les hommes du GIGN comme arme secondaire.Toutefois la plupart des hommes portent simultanément un revolver et un PA (pistolet semi-automatique) taille « compact » (principalement les Glock 19, Sig-Sauer P228, FN Five-seveN et PAMAS G1S). Aujourd'hui elles sont encore utilisées.
  • Glock 19 en 9 mm Parabellum. L'arme de poing visiblement la plus utilisée après le MR-73 (et dans une moindre mesure les Glock 26 et Glock 17 sont aussi utilisés), y compris par les plongeurs du Groupe en raison de sa haute résistance à l'eau. Il est fréquemment équipé d'une lampe tactique Insight Technology M3 LED ou M6 avec laser intégré. Version modifiée en l'absence de loquet de sécurité.
  • S&W 686 GFS « Stainless » en .357 magnum en diverses longueurs de canons de 4 à 10 pouces, préféré au MR-73 par quelques éléments, mais le remplaçant systématiquement pour les plongeurs d'intervention (le Manurhin ne semble pas aussi résistant à l'eau). Les plongeurs utilisent aussi le Glock 19 et le Five-seveN, mais sans les lampes tactiques.
  • Sig-Sauer P228 (et son « grand frère » P226) en 9 mm Para., avec des chargeurs à grande capacité de 20 cartouches en plus des normaux de 15 cartouches et parfois une lampe Insight Technology M3 LED. L'adoption du P226 par le GIGN plaide pour sa qualité, alors même qu'il fut écarté par les forces de l'ordre françaises au profit du Beretta 92 dans les années 1980…
  • FN Five-seveN Tactical IOM en 5,7 × 28 mm ayant une très bonne capacité de pénétration avec une hausse fixe et un guidon allongé depuis 2005 environ éventuellement avec une lampe-laser Insight Technology M6 sur le rail Picatinny.
  • GIAT PAMAS G1S en 9 mm Parabellum) : le Beretta 92G construit sous licence était l'arme réglementaire de la Gendarmerie nationale (avant l'emploi du Sig Sauer SP 2022), mais il est relativement peu utilisé au GIGN.
  • SIG-Sauer Pro SP 2022 en 9 mm Para. Arme de poing principale du GIGN (aussi de toute la Gendarmerie Nationale et de la Police Nationale) en dotation et en remplacement du PAMAS G1.

En opération classique, les armes de poing employées sont généralement des modèles compacts (MR-73 à canon 4", Glock 19, P228) ; par contre, les Glocks 17 et P226 sont utilisés lors des « missions kaki » (en milieu naturel), où les contraintes d'espace sont moins importantes.

Pistolets-mitrailleurs[modifier | modifier le code]

  • HK MP5 en versions A5 (sélecteur 3-Round Burst), SD3 et K-PDW (tous deux avec sélecteurs SEF), équipés d'aides à la visée sur le dessus de l'arme : collimateur Aimpoint CompM2 ou EOTech 550 AA, lunette de visée Trijicon ACOG 3,5 x 35 ou encore type « mini-lunette » à montage latéral, souvent vue chez d'autres forces spéciales françaises (CPA 10 et 30, parachutistes de l'Armée de terre). En version navalisée il a remplacé l'Uzi chez les plongeurs. Depuis la première moitié des années 1990, les MP-5A5 sont équipés d'un garde-main permettant le montage d'une aide à la visée. Par ailleurs il faut noter l'utilisation depuis le début des années 2000 sur les MP-5A5 et MP 5K PDW de montages SureFire « cocking tube mount » sur l'extrémité du tube de prise de gaz permettant de fixer deux accessoires; ces accessoires sont des lasers jour/nuit SureFire L72 de couleur rouge et L75 infrarouges (point visible à l'intensificateur de lumière) et des lampes torches Nitrolon P. Le MP-5SD6 peut recevoir une lampe fixée sous le canon silencieux à l'aide d'anneaux.
Le « PM HK » (comme il est couramment nommé au sein du Groupe) est toujours très utilisé malgré l'arrivée du FN P90 aux caractéristiques balistiques intéressantes.
  • FN P90 Tactical avec laser intégré dans la poignée. Il renforce et se substitue en partie aux MP-5 et pourrait même les remplacer chez les plongeurs. Le P90 offre une grande capacité de 50 cartouches et tire la très performante munition FN 5,7 × 28 mm dont la puissance de pénétration permet de neutraliser des adversaires abrités ou équipés de gilets pare-balles. Il est l'arme standard des chefs de sections opérationnelles et de groupes tactiques. Les trois rails Picatinny permettent d'y fixer un grand nombre d'accessoires, généralement un collimateur Aimpoint CompM2 sur le rail supérieur (le EOTech n'est jamais vu monté), un laser SureFire sur le côté droit et une lampe à forte intensité du côté gauche. Éventuellement, un silencieux Gemtech SP90 et un sac récupérateur de douilles peuvent être ajoutés.

Fusils à canon lisse[modifier | modifier le code]

  • Remington 870 en calibre 12 Magnum, le plus souvent avec une crosse se pliant latéralement et un sous canon plus long que le canon ; il est aussi doté d'un rail Picatinny en position supérieure sur la culasse accueillant souvent un collimateur (Aimpoint CompM2, Aimpoint 3000 ou EOTech 550 AA), et une lampe ou un laser (voire les deux simultanément) sont souvent fixés sur la pompe.
  • Benelli M3 Super 90 en calibre 12 Magnum, rarement vu, contrairement au Remington.
  • Franchi SPAS 12 Special Purpose Automatic Shotgun également en calibre 12, seul fusil à pompe au monde à posséder un sélecteur de tir (permettant de choisir entre un mode manuel ou semi-automatique). Son aspect dissuasif et impressionnant en fait une arme appréciée des forces d'intervention.

Fusils d'assaut[modifier | modifier le code]

Le GIGN, comme la plupart des groupes d'intervention de la Gendarmerie nationale, n'utilise des fusils d'assaut qu'en milieu extérieur :

  • HK G3 TGS, le seul fusil d'assaut en 7,62 × 51 mm OTAN couramment utilisé par le GIGN. Il est principalement utilisé en milieu naturel (par exemple reconnaissances en « missions kaki ») et par des équipes spécialement formées au tir depuis des hélicoptères, ce qui a fait surnommer ces équipes « équipes G-3 ». Le G-3 TGS est un excellente arme d'appui « lourd » par rapport aux autres fusils d'assaut du GIGN en 5,56 mm en raison de son calibre 7,62 × 51 mm OTAN, de sa précision remarquable jusqu'à 400 m et de son lance-grenades HK 79 de 40 mm (utilisé avec des grenades à fragmentation, perforantes ou à gaz). Sa taille, sa crosse fixe ainsi que son puissant calibre (risquant de traverser facilement des murs et de toucher des otages ou les gendarmes d'une autre équipe d'assaut) font qu'il n'est pas utilisé en terrain urbain. Les G-3 TGS du GIGN sont tous équipés d'un sélecteur de tir type numérique et d'une crosse de MSG-90. On peut distinguer une variante « diurne » et une « nocturne » du G-3 au GIGN : la variante « diurne » est équipée d'un lance-grenades HK 79, d'un collimateur diurne Aimpoint 3000 ou 5000 et d'un montage SureFire cocking tube mount 490 ou 491 pour une lampe et un laser. La variante « nocturne » est équipée d'un Aimpoint CompM2 (compatible avec intensificateurs de lumière Lucie), le HK 79 est enlevé et le garde-main est sans accessoire ou avec bipied, le montage SureFire est parfois absent, d'autres fois présent, la lampe ayant dans ce cas un filtre IR. Des photos montrent aussi des Aimpoint 7000S et un laser sous le garde-main en plus du bipied. Pour les « équipes G-3 », les G-3 sont utilisés en versions « diurne » et « nocturne » avec un récupérateur de douilles en métal pour éviter que les étuis éjectés ne puissent endommager l'appareil ou gêner l'équipage ou l'équipe de tireurs.
  • SIG-550 et 551 SWAT avec lunette Hensoldt 6 x 42 BL, SIG-552 Commando avec un collimateur Bushnell HOLOsight de première génération, les fusils d'assaut en 5,56 mm les plus utilisés au GIGN.
  • HK33EA2 avec une crosse pliante HK type A3, un sélecteur 3-Round Burst à quatre positions et une lunette diurne Hensold 6 x 42 BL et d'un bipied sous le canon pour l'utilisation comme fusil de sniping (embuscade). D'autres aides à la visée peuvent être montés sur un montage SureFire « cocking tube mount ». Rappelons que le HK33, dérivé du G-3 en calibre 5,56 mm, en garde l'excellente précision même dans sa version standard (le G-3 et le HK33 ont tous deux connu des versions spécifiques de sniping comme le célèbre G-3SG1). On peut le différencier du G-3 par son chargeur courbe, l'absence systématique de lance-grenades et le sélecteur de tir à symboles.
  • GIAT FA-MAS F1. De type bullpup, il offre un rapport précision puissance sur taille très élevé. Le changement de configuration (droitier / gaucher) nécessite un démontage partiel et dure moins d'une minute. Peu utilisée, l'arme est trop lourde pour une utilisation tactique en bâtiment, néanmoins elle possède une très grande cadence et puissance de feu (capacité : 25 coups, calibre : 5.56 F1, portée efficace : 300 m, portée max : 3 200 m, système : culasse semi verrouillée).
  • HK G36C, fusil de calibre 5,56 OTAN, munis d'une crosse repliable tactique, complété d'une lunette de visée Red Dot et équipé en supplément d'un lance-grenades HK. Cette arme est particulièrement utilisée par la Force de Sécurité et de Protection du GIGN.
  • Le HK 416 a été choisi pour devenir la nouvelle arme longue standard[20].

Armes de précision[modifier | modifier le code]

  • Des modèles spéciaux de MR-73 en 8 et 10 pouces équipés de lunettes et des bipieds sont utilisés pour des tirs de précision à courte portée. La lunette la plus courante est la Magnum Phantom grossissant 1,5 × produite par Bushnell (parfois avec une protection caoutchouc autour de l'oculaire identique à celle de l'OB50), mais des optiques 4 × 32 équiperaient aussi d'autres de ces armes. Des S&W avec des longueurs de canons similaires seraient aussi utilisés avec lunettes et bipieds.
  • Trois modèles de la marque Accuracy International :
    • le AW en .338 lapua magnum (8.6x70mm ou 8.58x70 mm)
    • le AWS avec un canon silencieux (combiné à des munitions .308 « Sub » subsoniques) et le seul des trois types à avoir une crosse pliante.
    • le AW SM en .338 Lapua Magnum (8,6 × 70 mm) pour des tirs intermédiaires entre le 7,62 et le 12,7.
Plus de soixante AW remplacent depuis 1995 les vieux FR-F1, qui auront rempli une vingtaine d'années de bons et loyaux services. Une cinquantaine d'AW Super Magnum en .338 Lapua Magnum est entré en service en 2003 pour combler le « trou » existant entre les munitions de 7,62 mm et 12,7 × 99 mm OTAN. Le GIGN a signé un partenariat avec le constructeur Accuracy International pour lui faire partager les résultats des expérimentations de ces fusils dans toutes les conditions climatiques.
La lunette employée pour ces trois armes est la Schmidt & Bender Mk.II 3-12 × 50 avec un réticule Mil-Dot (comme toutes les armes de précision actuellement utilisées par le GIGN) 30 × 30 mm pourvu d'un croisillon luminescent rouge à l'intensité modifiable.
Chacun des huit groupes tactiques du GIGN emporte en opération huit Accuracy équipés d'un intensificateur de lumière Simrad KN200 de 3e génération monté sur la lunette grossissante pour le tir nocturne, ce qui permet d'utiliser la même arme avec les mêmes optiques de jour comme de nuit. Du temps du FR-F1, il fallait choisir entre un exemplaire équipé d'une lunette diurne ou un autre avec un intensificateur OB50. Auparavant les Accuracy étaient équipés de lunettes Bausch & Lomb Tactical 62-1040 grossissement 10 × 40 mm (elles étaient encore en service lors d'un entraînement à Djibouti début 2001) et du bipied Parker-Hale LM6 placé à l'avant de la crosse. Celui-ci a été fixé à mi-longueur de la crosse et non à l'extrémité de celle-ci. L'Accuracy est aussi équipé de rails latéraux type Picatinny (encore que l'on n'ait pas vu d'accessoires montés dessus).
Le GIGN dispose d'équipements de camouflage spéciaux pour ces fusils (schémas armée française type Centre-Europe et désertique, anglais DPM et moucheté allemand Bundeswehr). Le coût total de l'arme entière est d'environ 20 000 euros.
  • Le PGM Hécate II à verrou en 12,7 mm remplace les Barrett M82, Barrett M95 et McMillan depuis 1998. Cette arme est capable de neutraliser des véhicules peu ou pas blindés et de toucher des cibles abritées. Le 12,7 mm est le seul calibre expérimenté par le Groupe capable de traverser les deux vitres blindées d'un sas de banque. Les modèles utilisés sont des Hécate II standard et des Hécate II polymère avec une lunette Scrome J10 10 × 40 à réticule Mil-Dot montée sur un montage STANAG OTAN.

Le Groupe disposerait au total de plus de cent Accuracy de tous calibres, et tous ses hommes ont une qualification TE (équipes tireur d'élite) de base sur Accuracy .308 et .338, ce qui en fait le groupe d'intervention disposant du plus grand nombre de tireurs d'élite au monde. Les équipes TE sont habituellement composées de deux hommes, un tireur et un observateur qui utilise un télescope monoculaire Leica Televid 77 mm (ou plus rarement l'Apo-Televid 77 mm) avec divers grossissements disponibles jusqu'à 60 ×, une paire de jumelles Leica Vector IV (ou jumelles infrarouges Thomson Sophie la nuit). Les équipes TE disposent en plus d'un télémètre laser Leica Rangemaster LRF 1200 doté d'une optique 7 × 21 mm ayant une précision d'un mètre avec une portée de 15 à 1 100 m, d'une mini-station météo Skywatch Geos 9 (anémomètre-girouette, boussole, hygromètre, thermomètre, baromètre, altimètre et montre combinés dans un objet des quelques grammes), d'un sac à eau, d'une musette de tir et depuis 2003-2004 d'un carnet de tir spécifique au Groupe.

Armes sub-létales[modifier | modifier le code]

La faible fiabilité des armes sublétales et leur dangerosité a longtemps limité leur adoption par le GIGN. La technique favorite était le tir à l'épaule au revolver ou au fusil de précision : une balle dans l'épaule du bras armé est une technique de neutralisation très efficace.

Moyens de transport[modifier | modifier le code]

Le GIGN bénéficie depuis 2006[21] du Groupe Interarmées d'Hélicoptères (GIH), unité mixte d'hélicoptères de l'armée de terre et de l'armée de l'air, mise à sa disposition par le 4e régiment d'hélicoptères des forces spéciales (4e RHFS), qui est installé sur la base aérienne 107 de Villacoublay.

Moyens spéciaux[modifier | modifier le code]

Cette section décrit les moyens spéciaux utilisés par le GIGN y compris ceux qui ne font pas partie de la cellule des moyens spéciaux du groupe.

Cellule des moyens spéciaux[modifier | modifier le code]

Au début du GIGN en 1974, les moyens spéciaux sont inexistants, il aura fallu attendre plus de 20 ans après la création de l'unité pour voir la création du service. Les moyens au départ sont très limités et rudimentaires. Très rapidement la perspective d'un tel outil devient évidente. Le recrutement des candidats est très compliqué. Les profils nécessaires pour faire partie de cette cellule sont rares. Il faut être physique, mais pas seulement. Des qualités de techniciens sont nécessaires, mais la qualité principale est la capacité d’adaptation. Faire de la technique dans un environnement pas toujours très propice, dans l’urgence, et surtout fiable. Le groupe commence à chercher des matériels d'écoute et de vision nocturne et diurne pour satisfaire ses besoins opérationnels. La raison principale de cette cellule technique appelée en 1997 « moyens spéciaux » est la recherche du renseignement lors de prises d’otages. Lorsque ces matériels n'existent pas sur le marché standard, le groupe les crée lui-même ou bien fait développer en partenariat avec des entreprises compétentes et discrètes les futurs outils. En 1998, la cellule des moyens spéciaux (CMS) est opérationnelle à 100 %. Avec très peu de moyens, cette cellule a convaincu, démontré son efficacité dans la recherche des informations permettant d'évaluer avec plus de finesse les futures opérations. Un recrutement plus important permettra par la suite avec l’arrivée de budgets de passer à une structure convenable. Aujourd’hui, les moyens spéciaux sont mis à contribution sur chaque opération. Pas une mission ne se déroule sans son concours technique.

Les membres de cette cellule sont tous des techniciens de très haut vol, capable de mettre en œuvre très rapidement dans des conditions parfois extrêmes leurs systèmes.

C’est de l’appui opérationnel. Peu d’unités d’intervention ont des techniciens de ce niveau de terrain.

Moyens spéciaux les plus utilisés :

  • Un mini-robot utilisé pour tout ce qui est reconnaissance.
  • Une caméra perche.
  • Un ballon qui peut servir de relais radio et vidéo.

Système HARAS[modifier | modifier le code]

Véhicule SWATEC avec système HARAS

Suite à la prise d'otage de l'avion d'Air France à Marignane, les unités d'intervention ont compris que sans un matériel adéquat, la résolution de ce genre d'opération est plus difficile ; Le FBI demande alors à la société américaine SWATEC de fabriquer un système d'intervention. Cette dernière met au point le HARAS (Height Ajustable Rescue Assault System) ou en français : Système d'assaut et de secours à hauteur réglable. Il est destiné à faciliter les interventions contre des bâtiments ou des véhicules (bus, avion). Il est opérationnel depuis 1999 et le Groupe en possède au minimum quatre.

Le HARAS est maintenu en place grâce à des goupilles de fixation de sûreté à attache rapide. Grâce à cela, il peut être monté ou démonté en moins de dix minutes. Lorsqu'il est entièrement déployé, le HARAS autorise un assaut jusqu'au troisième étage d'un immeuble (à peu près 9 mètres).

La cellule effraction[modifier | modifier le code]

écarteur

Cette cellule a été créée en 2001 grâce au commandant de l'époque, Éric Gérard. Elle comporte deux sortes d'effraction :

  • l'effraction dite « froide », pour laquelle sont utilisés des écarteurs (quasiment identiques à ceux utilisés par les pompiers pour la désincarcération) et des pinces coupantes qui tordent et découpent les matériaux les plus résistants.
  • l'effraction dite « chaude » pour laquelle sont utilisés des explosifs. Elle est plus délicate à utiliser, car il faut utiliser le bon dosage d'explosif pour ne pas blesser les otages.

La cellule négociation[modifier | modifier le code]

Les négociateurs sont très importants car ils résolvent plus de 80 % des situations pour lesquelles le GIGN est appelé à intervenir[22],[23]. Le recrutement des négociateurs se fait en interne dans le groupe après une série de tests établie par les négociateurs expérimentés.

Si la négociation échoue, il y a, en présence d'un officier de police judiciaire, un assaut délibéré qui tente de maîtriser à mains nues le(s) forcené(s) ; si le forcené tente de tuer une personne (otage ou gendarme), il est décidé un tir de neutralisation à l’épaule ou un tir à tuer dans les cas extrêmes[24].

La cellule cynophile[modifier | modifier le code]

chien d'attaque similaire à ceux du GIGN

Cette cellule est bien présente dans l'organisation du GIGN. En effet elle est un plus pour les hommes de la cellule d'intervention, les chiens courent plus vite que les hommes équipés pour neutraliser un individu. Elle est composée de deux maîtres-chiens et d'un homme d'attaque. Les maîtres-chiens sont des éléments à part entière des groupes d'intervention ; ils ont passé le même concours pour rentrer au GIGN et donc, ont la même condition physique et psychologique que les membres des groupes d'interventions. De son côté, l'homme d'attaque assure toute la logistique inhérente à la possession de chiens.

Les chiens du GIGN sont exclusivement des bergers belges malinois qui est la race la plus utilisée par la gendarmerie. Lorsqu'un chien réussit une neutralisation, on dit qu'il a un « mordant » de plus à son actif.

Le GIGN et le NRBC[modifier | modifier le code]

Exercice NRBC

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, le GIGN s'est doté de matériels de protection contre les attaques arme nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC). Mais ce matériel est lourd, encombrant, bruyant, limite le champ de vision et bloque l'autonomie à cause des réserves d'air. Ce type d'opération est intégré dans les missions du GIGN depuis 2002.

Le GIGN et l'international[modifier | modifier le code]

Le groupe entretient des relations particulières avec les autres groupes d'intervention grâce à leurs techniques modernes et leur expérience cela peut se faire sous forme d'échanges tactiques et techniques ou autre.

Dès 1974, le colonel Wegener, commandant du GSG 9 (groupe anti-terroriste allemand) désire que plusieurs de ses hommes suivent un stage au GIGN pour apprendre les techniques particulières d'intervention. Le 18 octobre 1977, le GSG 9 résoudra avec brio le détournement d'un avion à Mogadiscio (capitale de la Somalie).

En 1981, le GIGN travaille avec la Delta Force et forme quelques-uns de ses membres.

Le GIGN a aussi participé à la formation du groupe d'intervention autrichien « Cobra », ainsi que l'unité belge ESI (Escadron spécial d'intervention).

Les attentats qui ont visé l’Europe et l’Amérique du Nord depuis une quarantaine d'années ont aidé à créer des liens entre les unités d'interventions européennes et américaines. Pour l'anecdote, la conseillère spéciale de Bush, Condolezza Rice, ne voulait que le GIGN comme interlocuteur pour lutter contre le terrorisme[25]. De plus le GIGN est membre du réseau ATLAS qui est un réseau qui regroupe les unités d'intervention de l'Union européenne, cela permet des retours d'expériences entre ces unités pour une meilleure efficacité. De plus le Groupe a le leadership en ce qui concerne le contre-terrorisme aérien.

Pour que le GIGN s'internationalise il s'est doté d'une cellule "relations internationales" depuis le 1er septembre 2007 [26].

Devise[modifier | modifier le code]

  • Jusqu'en 2014 : « Sauver des vies au mépris de la sienne »
  • Depuis 2014 : « Toujours plus loin »

Décorations[modifier | modifier le code]

Ruban de la Croix de la Valeur militaire
downright

Le 13 novembre 2011 le GIGN est décoré de la Croix de la Valeur militaire par le ministre de la défense Gérard Longuet pour sa contribution aux trois principales opérations extérieures de 2011 : Guerre d'Afghanistan (2001), Guerre civile libyenne de 2011 et Crise politico-militaire en Côte d'Ivoire. C'est la première fois que la présence du GIGN en Afghanistan est reconnue officiellement[27].

Le 31 juillet 2013[28], l'unité est de nouveau décorée d'une Croix de la valeur militaire pour les opérations conduites en Afghanistan [29]

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • GIGN, à l'épreuve de la sélection, documentaire de Nicolas Moscara diffusé sur France 3, émission Des racines et des ailes
  • GIGN, au cœur de l'action, documentaire de Nicolas Moscara diffusé le 27 février 2007 sur France 3
  • Reportages, documentaire diffusé le 20 mars 2010 sur TF1
  • “Zone Interdite” au cœur du GIGN, documentaire avec Wendy Bouchard, le 18 novembre 2012 sur M6
  • GIGN, 40 ans d'assauts, documentaire de Vanina Kanban, le 23 février 2014 sur France 5

Micro-documentaires[modifier | modifier le code]

  • Cœur d'élite: Les Hommes du GIGN
  • GIGN, l'armée des ombres
  • GIGN "Je ne suis pas un héro", prise d'otage à Marignane

Films[modifier | modifier le code]

  • L'Assaut, long-métrage réalisé par Julien Leclercq, sur la prise d'otages de Marignane. Sorti en salles le 9 mars 2011.
  • L'Ordre et la Morale, long-métrage réalisé par Mathieu Kassovitz, sur la prise d'otages de la grotte d'Ouvéa. Sorti le 16 novembre 2011

Dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Anti-Terror Force : la version française du jeu est nommée GIGN Anti-Terror Force et propose d'incarner un membre du GIGN dans diverses missions aux quatre coins du monde. Néanmoins, le jeu a été classé comme l'un des plus mauvais FPS par la critique.
  • Call of Duty: Modern Warfare 3 : dans le mode solo le joueur accomplit une mission avec la coopération du GIGN . Dans le mode multi joueur, dans la carte : Résistance (Paris), le GIGN est l'une des deux équipes disponible dans cette carte (l'autre étant Spetsnaz). Dans le mode Survie, la section Anti-émeute sont des membres du GIGN.
  • Battlefield 3 : Dans le mode solo, des agents russes contrôlés par le joueur échangent des tirs avec le GIGN et la Police nationale en sortant de la Bourse de Paris, tandis que dans le mode coopération c'est le contraire, lorsque le GIGN aide les joueurs à pénétrer dans l'édifice tenu par des terroristes.
  • Counter-Strike, Counter-Strike: Condition Zero et Counter-Strike: Source : chaque joueur peut choisir son personnage, dont un est membre du GIGN.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Prouteau, Mémoires d'État, Paris, Michel Lafon,‎ 1998 (ISBN 2-84098-360-5)
  • Gilbert Deflez, La brigade des missions impossibles, Paris, Jacques Grancher,‎ 1979
  • Jean-Claude Bourret, GIGN, "mission impossible" : Les exploits de gendarmes anti-terroristes, Paris, France-Empire,‎ 1981
  • Bernard Daumur, GIGN... Détenir le pouvoir de Dieu..., mémoire, Institut d'Études Politiques (IEP) de Toulouse, 1982
  • Gilbert Deflez, GIGN : vocation, anti-terroristes, Paris, Publi-team,‎ 1983
  • Paul Barril, Missions très spéciales, Paris, Presses de la Cité,‎ 1984
  • Yvon Gagueche, GIGN : 10 ans d'action, Paris, éditions des Acacias,‎ 1985
  • Franck Abadie, Le Rôle du Groupement d'intervention de la gendarmerie nationale, mémoire, Institut d'études politiques (IEP) d'Aix-en-Provence, 1987
  • Philippe Legorjus (avec la collaboration de Jean-Michel Caradec'h), La morale et l'action, Paris, Fixot,‎ 1990 (ISBN 2-87645-077-1)
  • Gilbert Picard, Gendarmerie : unités spécialisées, Hermé,‎ 1990
  • Yvon Gagueche, GIGN, GSPR, EPIGN : gendarmes de l'extrême, Paris, Vanneau,‎ 1992
  • Jean-Claude Bourret, GIGN, vingt ans d'actions - 1974-1994 : les nouveaux défis, Paris, éditions Michel Lafon,‎ 1995 (ISBN 2-84098068-1)
  • Michel Bernard, GIGN, le temps d'un secret, Paris, éditions Bibliophane - Daniel Radford, coll. « Les hommes de notre temps »,‎ 2002 (réimpr. 2007) (ISBN 2-86970073-3) (nouvelle édition aux éditions Nimrod, 2010)
  • Bernard Meunier, Négociation de crise : de la prise d'otages à la scène de ménage..., Mission Spéciale Productions, coll. « Techniques et spécialistes »,‎ 2005 (ISBN 2916357033 et 978-2916357034)
  • Roland Môntins, L'assaut - GIGN - Marignane - 26 décembre 1994 - 17H12, Paris, les éditions des Riaux,‎ 2007 (ISBN 2-84901-063-4, résumé) (nouvelle édition Oh éditions, 2010)
  • Eric Micheletti, Le GIGN en action, Paris, Histoire et Collections,‎ 1995 (ISBN 2908182475)
  • Éric Micheletti, GIGN, vol. 1 : le GIGN aujourd'hui, Histoire et Collections,‎ 2004 (réimpr. 2005) (ISBN 2-913903-94-0, résumé)
  • Louis-Frédéric Dunal (photographies), Frédéric Gallois (préface et présentation de l'unité), Au cœur de l'action : GIGN, Boulogne-Billancourt, ETAI,‎ 2005 (ISBN 2-7268-9457-7)
  • Jean-Luc Calyel, GIGN, les secrets d'une unité d'élite, Paris, le Cherche-midi,‎ 2008
  • Manuelle Calmat-de Gmeline, GIGN : les experts du danger, Paris, Robert Laffont,‎ 2009 (ISBN 2221109856)
  • Daniel Cerdan, Dans les coulisses du GIGN, Paris, Calmann-Lévy,‎ 2010 (ISBN 9782702141052)
  • Éric Delsaut et Guillaume Moingeon, 15 ans au GIGN, l'àpart éditions,‎ 2011 (ISBN 978-2-360-35059-9)
  • Stephane Deplus, Jean-Marie Grivel, Par-delà les armures, Un visage du GIGN, Le Fantascope,‎ 2011 (ISBN 2357240237)
  • Le GIGN par le GIGN, éditions LBM,‎ 2012 (ISBN 978-2-9153-4794-4)
  • Roland Môntins, GIGN, 40 ans d'actions extraordinaires, préface de Christian Prouteau, Pygmalion, 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gign/Selections/Gendarmes-officiers-sous-officiers
  2. Organisation après la réforme sur le site de la Gendarmerie nationale
  3. « Plongée au cœur des secrets du GIGN », Le Figaro, 10 octobre 2008.
  4. « Question no  50888 de M. Urvoas Jean-Jacques ( Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Finistère ) », Assemblée nationale française,‎ 25 août 2009 (consulté le 15 septembre 2008)
  5. Jean Luc Calyel, GIGN, les secrets d'une unité d'élite, Le Cherche-midi,‎ 2008, p. 34
  6. [1]
  7. GIGN recrutement
  8. Le mammouth : GIGN : quatre femmes
  9. François Dieu, La gendarmerie, secrets d'un corps, Éditions Complexe,‎ 2002, p. 115
  10. Prise d’otages à Loyada, dossier du GIGN
  11. Roger Joint Daguenet, Histoire de la Mer Rouge. De Lesseps à nos jours, Éditions L'Harmattan,‎ 1997, p. 438
  12. Le Monde, 2-3 octobre 1977
  13. http://www.lesfaitsdivers.com/affaire/terrorisme-grande-mosquee-mecque-otage/636/
  14. MARCEL LORENZONI MILITANTU SINCERU
  15. « Des interventions des forces de l'ordre qui se terminent dans le sang », sur ladepeche.fr,‎ 22 mars 2012
  16. Jean-Marc Tanguy, « "A fucking good job" », sur Le Mamouth,‎ 7 octobre 2012 (consulté le 16 décembre 2012)
  17. Le GIGN rend hommage au Major MORTIER
  18. http://www.gign.org/groupe-intervention/?page_id=64
  19. http://www.gign.org/groupe-intervention/?page_id=623
  20. Le remplacement du FAMAS est bien en route
  21. hélicos du GIGN : la Terre et l'Air volent ensemble - Blog Secret-Défense Libération
  22. Fin de la prise d’otage à la prison de Fleury-Mérogis (France Info 8 septembre 2011)
  23. Le Minihic-sur-Rance : le forcené s’est rendu sans tirer un coup de feu (Ouest France 23 septembre 2011)
  24. GIGN : Mission type contre un forcené, dossier du GIGN
  25. Éric Micheletti, GIGN : Le GIGN aujourd'hui, vol. 1, Histoire & Collections,‎ 2004, 175 p. (ISBN 2-9139-0394-0)
  26. http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gign/Decouverte/International2
  27. http://lemamouth.blogspot.com/2011/11/les-gendarmes-aussi.html
  28. http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/fre/Sites/Gendarmerie/Actualites/2013/Juillet/Seconde-Croix-de-la-Valeur-militaire-pour-le-drapeau-du-GIGN
  29. Blog source

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]