Groupement d'intervention spécial

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Groupement d'intervention spécial (GIS)
Écusson du GIS
Écusson du GIS

Période 1987
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Allégeance Forces armées algériennes
Branche Département du Renseignement et de la Sécurité
Type Forces spéciales
Rôle Contre-terrorisme
libération d'otages
protection rapprochée.
Effectif Environ 400 personnes
Garnison Alger
Surnom Les ninjas
Devise No milking
Guerres Guerre civile algérienne
Batailles Prise d'otages du Vol 8969 Air France
Prise d'otages de Tiguentourine

Le Groupement d'intervention spécial (GIS), plus connu sous le surnom des « ninjas »[1], est une unité d'intervention des forces spéciales algériennes appartenant au département du Renseignement et de la Sécurité (DRS)[2]. Il est spécialisé dans la lutte antiterroriste (en particulier dans les actions de contre-guérilla ainsi que la chasse aux terroristes dans les zones hostiles et complexes), la libération d'otages, la protection rapprochée et à tout autres types de missions à caractère spécial[3].

Possédant son propre budget et recevant une formation locale ainsi qu'à l'étranger, le groupement emploie de techniques et de moyens d’actions particuliers, mis en œuvre par un personnel surentrainé et hautement qualifié.

Unité caractérisée par sa grande discrétion, elle constitue la force de frappe des services de renseignements algériens. Il n'en demeure pas moins qu'elle est considérée comme l'élite des forces spéciales algériennes et l'une des meilleurs d'Afrique et du bassin méditerranéen[4].

En 2013, le groupement se fait remarquer pour avoir participé à la libération de plusieurs personnes pendant la prise d'otages massive d'In Amenas[5].

Historique[modifier | modifier le code]

Période de création (1987-1991)[modifier | modifier le code]

Créé en 1987, le groupement affichait à son actif initialement 300 membres recrutés auprès des différents corps de sécurité. La plupart d'entre eux furent sélectionnés parmi les commandos parachutistes qui constituaient à l'époque l'élite des troupes de chocs de l'armée algérienne[6].

À ses débuts, le GIS était déjà préparé à contrer d'éventuelles actions terroristes mais n'avait pour mission que la protection et la sécurité présidentielle ainsi que la protection rapprochée de certaines personnes haut placées.

Période de la décennie du terrorisme (1991-2002)[modifier | modifier le code]

Après l'annulation des élections législatives de 1991 remportées par les islamistes du Front islamique du salut (FIS), la situation sécuritaire se dégrada graduellement et l'Algérie fut face aux premières insurrections et attentats terroristes. Des milliers d'islamistes prirent les armes pour les maquis prenant ainsi les militaires et les policiers pour cible, les victimes civiles ne tardèrent pas à suivre peu de temps après[7].

Les éléments de l'ANP étant formés avant tout pour les guerres conventionnelles furent dépassés et impuissants devant ce nouveau type de conflit. Les embuscades et les prises d'otages se multiplièrent causant de lourdes pertes du côté des soldats inexpérimentés.

Face à cette situation totalement nouvelle, il était plus qu'évident qu'il fallait créer des unités aptes à conduire des opérations spéciales antiguérillas et antiterroristes. La police algérienne et la gendarmerie nationale créèrent leurs propres unités d'intervention et l'armée établit une vaste campagne de formation et de perfectionnement des régiments de commandos parachutistes. Le GIS étant l'unité la mieux formée de toute bien avant le commencement des événements, eut son premier baptême du feu dés le début de l'insurrection, elle réalisa de bon résultats sur le terrain et prouva son efficacité contre les groupes armés de l'AIS, du GIA et du GSPC.

Le 29 juin 1992, le président Mohamed Boudiaf fut assassiné par Lambarek Boumaarafi qui était membre de la garde présidentielle[8]. Suite à cet événement, le GIS cessa toute ses activités de protection rapprochée du président, il se concentra totalement à la lutte antiterroriste.

Néanmoins, le GIS souffrait d'un manque de matériel adéquat pour mener ce type d'opération. Un embargo militaire contre l'Algérie fut imposé au début des années 1990 par les pays occidentaux[9], scandant que la situation ressemblait beaucoup plus à une guerre civile qu'à du terrorisme. Toutefois, après les attentats du 11 septembre 2001, le monde prit conscience de l’ampleur de la situation et les fournisseurs occidentaux ont été autorisés à vendre des équipements à l'Algérie au nom de la guerre contre le terrorisme international[10].

Organisation[modifier | modifier le code]

L'organisation du GIS reste à ce jour secrète, l'organigramme exacte de sa composition et de son fonctionnement sont quasiment inconnus du grand public. Selon les rares informations disponibles à ce sujet, il se subdivise en plusieurs unités, chacune ayant sa propre fonction. Selon la nature de la mission, elles peuvent travailler communément dans une opération aussi bien séparément.

Néanmoins il est possible de classer ces unités de la sorte :

  • Unités d'interventions : groupes d'assaut, groupes d'appui, tireurs de précision
  • Unités d'appui opérationnel : reconnaissance, observation, écoute, brouillage
  • Unités de nageurs de combat
  • Unités de protection rapprochée et d'escorte
  • Unités d'artificiers et de démineurs
  • Unités cynophiles

Missions[modifier | modifier le code]

  • Lutte anti-terroriste et libération d’otages
  • Lutte anti-guérilla
  • Neutralisation de forcenés ou de malfaiteurs dangereux
  • Protection rapprochée et l’escorte de hautes personnalités
  • Opérations spéciales clandestines

Recrutement[modifier | modifier le code]

Très peu d'informations à ce sujet, c'est un secret militaire de l'armée algérienne.

Formation[modifier | modifier le code]

Le Groupement d’intervention spéciale (GIS) a effectué des formations très poussée avec plusieurs cycles de formation dans differents domaines (assaut, sniping, aéronef, squadbomb) à l'École d'application des troupes spéciales (EATS) en Algérie, sans oublier les formations aux cotés des groupes Alpha de Russie. Les hommes du GIS sont initiés au Ju-Jitsu art de combat japonais et au Kuk Sool Won art de combat coréen, mais dans un aspect purement militaire. Avec ça panoplie de formations et sont expérience sur le terrain le GIS est devenue l'une des unités les plus expérimentés du monde et reconnue par les différents groupes tactiques dans le domaine de la lutte antiterroristes au point où le G.I.S a été recommandé par l'USSOCOM pour former plusieurs groupes africains et européens.

Matériel et équipement[modifier | modifier le code]

Armement[modifier | modifier le code]

Le groupement a accès à toute une panoplie d'armes qui sont choisis selon les besoins et la nature de la mission. Chaque individu est équipé d'une arme principale (généralement un fusil d’assaut ou un pistolet mitrailleur), d'une arme de poing et s'ajoute à cela les différents types de grenades (fragmentation, fumigène, aveuglante, etc.).

Les fusils d'assauts ainsi que les pistolets mitrailleurs sont favorisés lors d'un assaut, ce type d'armes confient une précision et une certaine puissance de feu pendant le combat.

Les équipes tactiques d'appuis ont recours aux armes munies de systèmes de visées optiques moyennes distance. Lorsque la situation l'impose, les membres du GIS arrivent à utiliser des mitrailleuses légères chargées de munitions perforantes qui ont un impact redoutable à faire taire les feux ennemis et qui peuvent carrément percer les murs de briques. On retrouve ce mode opératoire fréquemment lors de missions qui ont pour objectif d'éliminer les insurgés et ou la négociation est impossible, cela se passe généralement en milieux forestiers ou dans une zone dépourvue de civile pour éviter ainsi les dommages collatéraux.

Les tireurs de précision et les snipers ne manquent pas dans le groupement, une multitude de choix leur est proposé, allant du petit et moyen calibre jusqu'aux gros calibres employés pour le tir antimatériel qui permet de détruire des équipements légers.

Arme de poing[modifier | modifier le code]

  • Makarov PM en 9 x 18 mm PM, présent depuis l'indépendance au sein de l'ANP et fabriqué localement à l'établissement de construction mécanique de Khenchela (ECMK), ce pistolet semi-automatique reste très prisé en raison de ses dimensions (161 mm de longueur totale et 730 g de masse à vide) qui en font une arme compacte et discrète. Possédant un canon court, il est surtout employé pour l’autodéfense plutôt que pour l'offensive pendant une opération.
  • Beretta 92 en 9 × 19 mm Parabellum, est en dotation aussi chez la DGSN, cette arme est nettement plus précise que le Markov. Utilisé aussi bien en milieu naturel ou pendant le combat en milieu clos (la libération d'otage dans une habitation par exemple), ce semi-automatique apporte une certaine précision et légèreté à la fois.
  • Glock 17 en 9 × 19 mm Parabellum, ce semi-automatique est l'un des pistolets les plus réputés au monde. Fabriqué en plastique, il donne la capacité d’être utilisé à des températures extrêmes, amoindrit le recul de par la souplesse du son matériau, possède une grande légèreté et une oxydation totalement nulle. Sa capacité de 17 coups +1 lui donne l'avantage tactique certain devant les deux premiers pistolets cités plus haut.
Le GIS l'emploie carrément comme arme d'assaut dans les milieux clos en raison de sa précision, ce qui est crucial pendant une opération délicate telle une prise d'otage.
  • Caracal en 9 × 19 mm, ce pistolet est fabriqué en Algérie à l'ECMK depuis que le ministère de la Défense nationale a conclu un accord en octobre 2011 avec l’émirati Caracal, filiale du fonds d’investissement du même pays, Tawazun. Ce même accord aboutit à la création d'une société mixte qui porte le nom de Caracal Algérie et qui a pour objet de moderniser les infrastructures industrielles et technologiques au niveau de l'établissement de fabrication[11].
Les premiers modèles sortis de l'usine furent distribués aux éléments du GIS pour des essais de tir. Après des résultats concluants, le Caracal fut adopté par le groupement qui en fit l'une des principales armes de poing.
Ce pistolet fait appel aux dernières innovations dans le domaine de l'armement. Il se compose de 28 pièces ce qui permet de le démonter en quelques secondes. La carcasse est en polymère intégrant un berceau en acier pour allier légèreté et robustesse. Afin de diminuer au maximum le relèvement de l'arme au tir, le canon est surbaissé dans la carcasse. Pour en assurer la meilleure précision, ce dernier est fabriqué par martelage à froid ce qui est très rare pour une arme de poing[12].

Pistolet mitrailleur[modifier | modifier le code]

  • HK MP5A5 en 9 × 19 mm Parabellum, il est caractérisé par une crosse rétractable, un sélecteur navy, une poignée universelle et un cache flamme étoile. Réputée pour sa qualité, sa grande fiabilité, sa bonne précision au tir (qui s'effectue la culasse fermée) et sa bonne flexibilité le MP5 est l'une des armes les plus répondues au sein des services de polices et d'unités spéciales au monde[13].
Le GIS fut la première unité en Algérie à avoir intégré cette arme en dotation. Bien avant le début du terrorisme, ce pistolet mitrailleur était très apprécié pour assurer la protection rapprochée du fait de sa légèreté (3,41 kg chargé) et de sa maniabilité. Utilisée que très rarement en milieux sauvage, cette arme fut utilisée en revanche dans la plupart des opérations qui ont été menées, notamment pour l'interception et l'élimination de terroristes dans les zones à grande fréquentation et dans le "Close Quarter Combat".

Fusil d'assaut[modifier | modifier le code]

Fusil mitrailleur[modifier | modifier le code]

Fusil de précision[modifier | modifier le code]

Fusil à pompe de combat[modifier | modifier le code]

Autres armes[modifier | modifier le code]

Équipement individuel[modifier | modifier le code]

Standard[modifier | modifier le code]

  • Tenue : combinaison de combat GIS noire, tenue de combat de l'ANP avec motif Camouflage DPM, tenue de combat désert, combinaison de combat montagnard blanche
  • Chaussures : chaussures d'interventions rangers de type Magnum Elite Spider et récemment des Magnum Response II 8
  • Casque : casque standard de l'ANP, casque MICH TC-2000 personnalisé, Casque Pro-tec Ace Wake Rescue
  • Gilet pare balle en kevlar de production algérienne
  • Gilet tactique
  • Garnitures de coude et genoux tactiques
  • Lunettes de protection tactiques
  • Cagoule
  • Gants de protection
  • Holster

Spécial[modifier | modifier le code]

  • Bouclier pare balle
  • Lunette de vision nocturne
  • Appareil de transmission individuel

Moyens de transport[modifier | modifier le code]

Terrestre[modifier | modifier le code]

Aérien[modifier | modifier le code]

Principales opérations[modifier | modifier le code]

  • Prise d'otages du Vol 8969 Air France
  • Neutralisation d'un groupe armé à Bab Azoun près de la Casbah d'Alger
  • Prise d'otages massive d'In Amenas (Tiguentourine)
  • Neutralisation de l’émir Bourihan Rabah (alias Ayadh Abou Aberrahmane) : cette opération a été menée dans la wilaya de Bouira, le 19 juillet 2013 en collaboration avec des éléments de la gendarmerie nationale algérienne. Après une longue filature de la voiture suspecte, les forces de sécurité ouvrirent le feu sur le véhicule qui s'était arrêté près d'un ralentisseur. L'opération s'est soldée par l'élimination de l'émir Bourihan Rabah (connu aussi sous le nom de Si Yahia dans les maquis)[14] ainsi que 3 de ses acolytes[15].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Méconnu du grand public, le GIS est une unité très discrète de par ses apparitions ainsi que ses interventions. De ce fait la population ainsi que la presse attribuèrent la plupart de ses opérations à d'autres corps de sécurité algériens.

Pendant la décennie noire, les commandos du GIS étaient surtout confondu par leurs homologues de l'office national de répression du banditisme (ONRB) qui est lui aussi une unité d'intervention d'élite de la police nationale. La confusion était surtout due aux tenues sombres que portaient ces deux unités (noir pour le GIS et bleu marine pour l'ONRB) ainsi qu'au port de la cagoule. Cette même cagoule a donnée naissance au célèbre surnom populaire «  les ninjas  ». Avec leurs tenues, rangers et cagoules noires, leurs accoutrements donnaient beaucoup de ressemblance à la tenue des ninjas et autres personnages télévisés connus de l'époque.

Le GIS et l'international[modifier | modifier le code]

En 2013, lors d'une interview de la part de l’hebdomadaire français "Le Nouvel Observateur", Frédéric Gallois (ancien membre du GIGN et ex-commandant de 2002 à 2007) répondit au sujet de l'intervention du GIS à l'attaque terroriste de Tiguentourine[3] :

« Nous collaborons très peu, mais nous savons à peu près comment ils fonctionnent. Ce sont des unités d'un très bon niveau sur un plan de l'anti-terrorisme militaire : contre-guérilla, chasse au terrorisme dans des zones complexes et hostiles,... Ce sont des unités très aguerries, de vrais professionnels dans les forces de sécurité, déterminés, qu'il ne faut pas sous-estimer. Mais, encore une fois, dans une optique extrêmement offensive qui ne correspond pas à l'état d'esprit européen de la manière de gérer des crises -même si on n'a pas été confrontés à la même situation. Leurs options, tactiques et stratégiques, sont essentiellement liées à une volonté de force. Il faut neutraliser les preneurs d'otages et envoyer un signal très fort. Si tous les otages sont tués lors de l'opération, ce n'est à la rigueur pas une préoccupation majeure, c'est le risque de la guerre. Ils sont en guerre. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]