Groupe Ernesto Breda

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Società Italiana Ernesto BREDA per Costruzioni Meccaniche S.p.A.

alt=Description de l'image LOGO-BredaMenarinibus.png.
Création 1886
Dates clés 1962 : reprise par la holding publique EFIM
Forme juridique Société anonyme
Siège social Drapeau d'Italie Milan (Italie)
Actionnaires englobé dans le groupe Finmeccanica
Produits systèmes de défense, construction de matériel roulant ferroviaires, autobus et autocars
Site web www.ansaldobreda.com

La Società Italiana Ernesto Breda per Costruzioni Meccaniche - Société italienne Ernesto Breda Constructions mécaniques - était une très importante entreprise italienne spécialisée dans la mécanique lourde. Véritable empire industriel jusque dans les années 1950, ses activités concernaient la mécanique, les constructions ferroviaires, les avions militaires, les camions les motocyclettes, les machines industrielles, agricoles et pour les travaux publics, la sidérurgie et l'armement.

De nos jours, le groupe Breda n'existe plus en tant que tel mais quelques entreprises ont conservé le nom et son logo, un cheval cabré rouge, après avoir racheté une des multiples sociétés qui composaient le groupe.

Origine[modifier | modifier le code]

La société a été créée à Milan en 1886 par l'ingénieur Ernesto Breda après le rachat de la société "L'Elvetica", petite entreprise de mécanique et de construction ferroviaire milanaise. Au début, la société Breda était une société en commandite et sera transformée en société anonyme en 1899 sous la raison sociale "Società Italiana Ernesto Breda per Costruzioni Meccaniche". L’activité la plus importante était la construction de locomotives. En 1891, elle remporte un énorme contrat avec la fourniture de 22 locomotives à la Roumanie, au grand dam des constructeurs anglais et allemands, les seuls constructeurs renommés pouvant fabriquer une telle quantité à l'époque. Elle bénéficiera plus tard de grosses commandes publiques italiennes afin de développer le réseau national naissant (ndr : l'unité italienne ne date que de 1860).

La société intervenait dans d'autres domaines mécaniques comme le forgeage de pièces métalliques, la production de chaudières industrielles, machines agricoles et industrielles. Les premiers ateliers de Milan situés le long du Naviglio della Martesana, furent rapidement saturés et la société Breda décida de construire une grande usine à l'avant garde en matière d'automatisation et de l'organisation du travail sur un site situé entre Milan-Bicocca et Sesto San Giovanni.

En 1907, la société fêta sa 1.000 ème locomotive produite et en 1908, elle exporta 137 locomotives dans les différents pays européens (Belgique, Suisse, Autriche etc...)

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Un usine en 1920

La Grande Guerre de 1915/18 fut très importante pour le développement de la société Breda qui s'était impliquée dans la production de matériel de guerre, en particulier les projectiles, les canons et les avions. La difficulté à trouver des matières premières, l'acier notamment, et des machines outils de qualité, poussera la société à réorganiser sa structure avec une intégration plus verticale de ses activités d'où la décision de construire une aciérie pour satisfaire ses propres besoins.

Cette décision engendrera de grosses difficultés pour la reconversion au lendemain de la guerre. L'entreprise décida de spécialiser son usine de Brescia dans les armes légères, et de renforcer son activité de construction d'avions.

En 1917, le nouveau centre de Recherche et de Formation, l'"Istituto Scientifico Tecnico E. Breda", sera inauguré. Il deviendra l'un des plus importants centres de recherche italien dans le domaine de la métallurgie.

En 1936, Breda rachètera la société "Officine Ferroviarie Meridionali", entreprise aéronautique et ferroviaire de Naples qui sera renommée IMAM, puis Aerfer, et augmentera de ce fait, sa capacité de construction aéronautique. À la veille de la seconde guerre mondiale, le groupe Breda était un groupe gigantesque intégré avec huit sections :

  • Sezione I, Ferroviaria - matériel ferroviaire,
  • Sezione II, Termomeccanica - Chaudières industrielles,
  • Sezione III, Fucine - forges,
  • Sezione IV, Siderurgica - sidérurgie,
  • Sezione V, Aeronautica - aéronautique,
  • Sezione VI, Armi (Brescia) - Armes légères,
  • Sezione VII, Armi, (Rome) - armes lourdes,
  • Sezione VIII, Cantiere navale (Marghera) - chantiers navals.

Le groupe Breda sera un élément incontournable des productions de matériel de guerre durant l'époque du gouvernement de Benito Mussolini.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre, en 1945, le groupe Breda dut à nouveau convertir ses usines dans des productions civiles traditionnelles. Ses usines, comme toutes les usines italiennes, avaient beaucoup souffert des bombardements des alliés. L'État italien apporta une aide à travers le FIM (Fonds pour l’industrie mécanique), mais les sections du groupe Breda se retrouvaient très surdimensionnées par rapport aux besoins du marché national. Le secteur aéronautique regroupé dans Aerfer fut cédé à Finmeccanica, tandis que la division aéronautique de Sesto S. Giovanni sera fermée. L'usine sidérurgique sera vendue à Finsider. Le groupe Breda n'a jamais pu rembourser les avances consenties par le FIM, ce qui provoquera en 1962 la création de la holding EFIM qui reprendra la gestion du groupe Breda.

La Société financière Ernesto Breda[modifier | modifier le code]

Au sein de l'EFIM, le groupe Breda fut divisé en une holding cotée à la Bourse de Milan appelée "Finanziaria Ernesto Breda" (Finbreda) et en un certain nombre de sociétés regroupant des secteurs homogènes d'activités :

"Finbreda" agit selon les consignes et la règle des "Partecipazioni Publiques Italiennes", en soutenant de nombreuses initiatives industrielles, surtout dans le "Mezzogiorno". Le secteur le plus stratégique de Finbreda restera malgré tout celui de la défense, grâce au rachat, en 1973 de la société OTO Melara SpA. Finbreda constitua durant des années le second pôle de l’industrie militaire italienne en concurrence directe avec celui de son homologue IRI, autre gigantesque holding publique.

La restructuration[modifier | modifier le code]

À partir de 1980, l'État italien voulut réorganiser ses participations et privatiser une partie des sociétés qui gravitaient autour de ses trois holdings publiques et qui sont arrivées à détenir plus de 50 % de l'industrie du pays. Il fut décidé de supprimer l'EFIM d'abord, l'IRI ensuite. « Breda Fucine » passa de 20 000 salariés en 1960 à moins de la moitié[1]; devenue très rentable, elle sera ensuite revendue[2]. Le secteur ferroviaire ainsi que celui de la défense furent intégrés dans Finmeccanica. Les sites industriels des anciennes usines Breda fermées entre Milan et Sesto S. Giovanni furent démolies et le site reconverti en pôle universitaire de la Bicocca et en zones commerciales.

La marque Breda de nos jours[modifier | modifier le code]

Autobus urbain BredaMenariniBus à Bergame

Plusieurs entreprises industrielles utilisent la marque et le logo Breda dans leur dénomination. Il s'agit souvent d'anciennes activités du groupe rachetées avec leur marque, comme :

  • AnsaldoBreda, société italienne très importante dans la construction de matériel ferroviaire de tous types, toujours implanté à Pistoia,
  • BredaMenarinibus, constructeur d'autobus et autocars, regroupé avec Menarini, installé à Bologne;
  • Breda Meccanica Bresciana (en), constructeur de fusils et de canons,
  • Breda Energia, société toujours en activité dans la région de Milan et Sesto S. Giovanni, spécialisée dans la fabrication de valves et raccords pour l'industrie pétrolière et gazière (Site de l'entreprise),
  • Istituto Scientifico Tecnico E. Breda devenu "RTM BREDA", laboratoire privé d'essais sur les matériaux (Site web),
  • Danieli Breda, département du groupe Danieli SpA, constructeur de machines outils et de centres sidérurgiques.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. M. Michelino, D. Trollio, Operai, carne da macello – La lotta contro l’amianto a Sesto San Giovanni, du site resistenze.org
  2. parte delle attività della Breda Fucine, messa in liquidazione nel 1992, sono state rilevate dalla Metalcam del gruppo Carlo Tassara

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]