Groupe Doux

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Doux

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Logo du Groupe Doux

Création 1955
Fondateurs Pierre Doux
Personnages clés Pierre Doux
Charles Doux
Forme juridique société anonyme
Siège social Drapeau de France Châteaulin (France)
Activité Agroalimentaire
Produits Produits alimentaires à base de volaille
Site web http://www.doux.com
Chiffre d’affaires 1,406 milliard d'euros (2011)

Le Groupe Doux était le premier producteur européen de volailles avec 1 million de tonnes produites chaque année, et l’un des leaders mondiaux à l’exportation de volaille et de produits élaborés à base de volaille.

Depuis la création de son premier abattoir en Bretagne, en 1955, le groupe fondé par Pierre Doux a connu une forte croissance notamment en rachetant en 1991 la marque Père Dodu au groupe Guyomarch et en s'implantant au Brésil en 1998. Le Groupe Doux est détenu à 80 % par la famille Doux et son Président est actuellement Charles Doux[1]. Selon le classement Challenges, la famille Doux est classée 146ème fortune de France avec plus de 300 millions d'euros.

Mis en difficulté financière, notamment par des dettes liées à sa filiale brésilienne[2], Charles Doux décide le 1er juin 2012 de placer son groupe en redressement judiciaire[3],[4].

Panorama de l'activité[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2012, le Groupe fut présent sur l'ensemble des segments du marché de la volaille (notamment poulet et dinde), des produits frais et congelés, entiers ou découpés, jusqu'aux produits élaborés : panés, nuggets, plats cuisinés, filets de volaille marinés, produits de snacking, charcuterie de volaille. Des sites sont dédiés à chacune de ces productions : sites de produits congelés, sites de produits frais et sites de produits élaborés.

Le Groupe Doux emploie près de 9 800 personnes (6000 salariés au Brésil, 3800 en Europe), et travaille avec plus de 800 éleveurs en filière intégrée. Il dispose de 22 sites de production en France et au Brésil dont 16 abattoirs, de découpe et d’expédition, 4 sites de transformation en produits élaborés, 11 couvoirs et 9 usines agro-alimentaires[1].

Les principaux clients du Groupe Doux sont :

  • la grande distribution alimentaire et le commerce de proximité ;
  • la restauration hors domicile, commerciale ou collective ;
  • l'industrie agroalimentaire.

Les principales marques du Groupe sont Père Dodu, Doux, Lebon, ainsi que Malvoisine et Cœur de Bretagne pour les volailles fermières.

Une activité tournée vers l'exportation[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, le Groupe Doux est devenu un acteur majeur de l’exportation de volaille. Le groupe est ainsi le premier exportateur de volaille et de produits élaborés vers l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, à Oman ou encore au Qatar. Le Groupe Doux a également pris des positions importantes en Russie et en Europe de l’Est et continue de se développer sur le marché asiatique. Les accords du Gatt signés à Marrakech en 1994 ayant imposé à l'Union européenne de réduire ses aides à l'exportation et de modifier, Doux perd la moitié de son marché à l'exportation, aussi il développe en 1998 sa filière au Brésil dont les coûts de revient rendent le poulet plus compétitif[5]. La grippe aviaire en 2004 fait s'effondrer le marché mondial de la volaille.

En 2009, le Groupe Doux a été le premier acteur de la filière à exporter directement en Chine depuis ses sites de production au Brésil qui exportent 50 % de la production de volaille du groupe vers une centaine de pays. À ce titre le groupe est le premier bénéficiaire en France des aides à l'exportation de l'Union européenne décidées dans le cadre de la PAC à hauteur de 200 à 300 euros la tonne de volaille exportée (ce qui a représenté 63 millions d'aides publiques d'octobre 2007 à octobre 2008)[6].

La présence commerciale du Groupe s’est renforcée dans les zones géographiques où la progression de la consommation de viande de volaille devrait être la plus forte à moyen et long termes, le marché de la volaille étant prévu d'atteindre 100 millions de tonnes annuels (marché équivalent à celui du porc), sur 250 millions pour toutes les viandes[7].

Résultats financiers[modifier | modifier le code]

Le développement du protectionnisme au Brésil a endetté le groupe dont les créances bancaires s'élèvent à 200 millions d'euros (correspondant alors à deux tiers des dettes du groupe). Ne pouvant vendre ses actifs brésiliens jusqu'à présent, Doux a cédé sa filière brésilienne en location-gérance au groupe agro-alimentaire brésilien JBS Friboi[8].

L’année 2009 a été marquée par une conjoncture économique internationale difficile liée à la crise financière qui a entraîné de fortes mutations dans la filière avicole mondiale, avec notamment la disparition d’acteurs de poids.

En 2009, le Groupe Doux a réalisé un chiffre d’affaires de 1,369 milliard d'euros. Premier exportateur de volaille et de produits élaborés vers l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Oman et le Qatar, le groupe a été, en 2009, le premier acteur de la filière à exporter directement en Chine depuis ses sites de production brésiliens.

Au premier semestre 2010, le chiffre d’affaires du Groupe s’est établi à 642,4 millions d’euros (M€) contre 626,4 M€ sur la même période en 2009, soit une progression de +2,5 %. Le nombre de têtes abattues a progressé de 4 %, à 252,8 millions,. La progression du chiffre d’affaires du Groupe Doux au cours du premier semestre 2010 est notamment portée par le Grand Export et le marché domestique brésilien.

Le marché avicole[modifier | modifier le code]

Évolution depuis 2008[modifier | modifier le code]

La crise économique et financière mondiale qui sévit depuis 2008 s’accompagne d’une évolution des grandes tendances du marché avicole dans le monde et d’une modification des habitudes de consommation.

La volaille est aujourd’hui la deuxième viande la plus consommée au monde et la troisième en France. Le marché de la volaille sera en croissance de 5 à 6 % par an sur les 10 prochaines années : la viande de volaille sera ainsi la viande la plus consommée au monde dans 10 ans[9].

La hausse du prix des céréales[modifier | modifier le code]

Le Groupe Doux, comme l’ensemble des acteurs de la filière avicole, est confronté depuis mi-2010 à l’augmentation du prix des céréales qui interviennent dans la composition des aliments pour les volailles (maïs, blé et soja).

L’aliment à base de céréales qui contribue à hauteur d’environ 50 % du coût de revient des volailles a augmenté de plus de 40 % depuis mi-2010, augmentation qui n’a pu être totalement répercutée dans les prix de vente.

Après plusieurs semaines de négociations infructueuses avec certains distributeurs français, le Groupe Doux, comme d'autres acteurs de la filière, avait alerté les pouvoirs publics sur les conséquences de leur refus de prendre en compte le renchérissement du prix des aliments pour la volaille, dans un contexte de flambée des prix des céréales. La hausse des matières premières a représenté une hausse de 20 % des prix du poulet à la sortie de l’usine.

Les professionnels de la filière avicole soulignent le risque de la disparition de nombreux producteurs et entreprises[10].

Certification Halal[modifier | modifier le code]

Le Groupe Doux assure une production de viande halal, lorsque ses clients inscrivent cette spécificité dans leurs cahiers des charges.

Le Groupe Doux exporte depuis plus de 50 ans ses volailles au Moyen-Orient (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Yémen, Sultanat d'Oman…) destination vers laquelle l’abattage est exclusivement de type halal.

Politique sociale[modifier | modifier le code]

En 2009, le Groupe Doux et les Organisations syndicales représentatives du Groupe CFDT, FO et CFTC ont signé trois accords pour l’entreprise française et ses 4 000 salariés :

  • un accord sur la prévoyance pour les salariés non-cadres,
  • un accord sur le maintien dans l’emploi des seniors,
  • un accord sur l’emploi des personnes en situation de handicap.

En 2008, dans un contexte difficile pour la filière avicole en France et ce pour plusieurs raisons - l’épisode de grippe aviaire de 2006, la flambée du prix des céréales et la difficulté à répercuter ses augmentations sur les prix de vente dans la grande distribution en 2007 – le Groupe a été contraint de revoir profondément son organisation industrielle pour renforcer sa compétitivité et pérenniser ainsi sa présence sur le marché du frais en France. Cette réorganisation a entrainé la fermeture des sites de Locminé et du Châtelet pour raisons économiques.

Cependant, la consommation mondiale de volailles étant en progression de 5 à 6 % par an, le groupe Doux a démarré début 2011 une campagne de recrutements et a annoncé le 21 février la création d’une troisième équipe et l'embauche de 125 salariés - CDI et CDD - pour son usine de Châteaulin (Finistère), où il emploie 500 collaborateurs. La production journalière de cette usine va donc passer de 375 000 à 477 000 poulets.

Conflit avec des salariés[modifier | modifier le code]

En 1999, le groupe Doux a conclu un Accord de Réduction du Temps de Travail (ARTT) défensif suite à un Plan de Sauvetage de l'Emploi (PSE) prévoyant le passage à 35h de travail par semaine.

Cet accord a été dénoncé en 2004. Après 15 mois, aucun nouvel accord n’ayant pu être obtenu, le Groupe Doux a décidé d’appliquer les dispositions légales et conventionnelles de branche. Plus de 260 salariés ont porté l'affaire en justice qui leur a donné raison sur la de rémunération des temps de pause après quatre années de procédure[2].

Communication[modifier | modifier le code]

Le Groupe Doux a mis en place un site internet informatif et didactique, www.toutsurlavolaille.com, dédié aux volailles dîtes ‘classiques' et, plus spécifiquement, à leurs conditions d’élevage, leur alimentation, leur bien-être et leurs qualités nutritionnelles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Source: Groupe Doux
  2. a et b Martine Orange, « Doux ou la fin du modèle agricole breton », Mediapart, 5 juin 2012.
  3. Doux ne veut pas se laisser plumer, Christine Murris, Valeurs actuelles, 7 juin 2012
  4. Doux. Le groupe de 3.400 salariés placé en redressement judiciaire, Jacky Hamard et AFP, Le Télégramme, 2 juin 2012
  5. D. Boussier et al, « 7 ans d’accords du Gatt pour les viandes », Viandes Prod. Carnés, vol. 23, no 3,‎ 2001, p. 81-86
  6. Erwan Seznec, « La revanche du capitalisme familial » dans Histoire secrète du patronat : de 1945 à nos jours, sous la direction de Benoît Collombat et David Servenay, La Découverte, 2009, p. 648.
  7. Claire Fages, « Le volailler français Doux plombé par sa filiale brésilienne », Chronique des Matières Premières sur RFI, 5 juin 2012
  8. « Le Groupe volailler Doux en redressement », Reuters, 1er juin 2012
  9. Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture: http://www.fao.org/economic/ess/ess-publications/ess-yearbook/ess-yearbook2010/fr/]
  10. Institut National de Recherche Agronomique, http://www.inra.fr/presse/la_filiere_avicole_francaise_a_l_horizon_2025]"

Liens externes[modifier | modifier le code]