Groupe Doux

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Doux

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Logo du Groupe Doux

Création 1955
Fondateurs Pierre Doux
Personnages clés Pierre Doux
Pierre Jean Doux
Charles Doux
Arnaud Marion
Forme juridique société anonyme
Siège social Drapeau de France Châteaulin (France)
Actionnaires D&P Participations (52.5%), Al Munajem (25%), Famille Doux (22.5%)
Activité Agroalimentaire
Produits Produits alimentaires à base de volaille
Site web www.doux.com
Chiffre d’affaires 475 millions d'euros (2013)[1]

Le Groupe Doux, créée en 1955 et basée à Châteaulin (Finistère), est une entreprise française de production industrielle de volaille, d’exportation et de produits élaborés à base de volaille. En 2014, Doux est le premier exportateur européen de volailles, et le 3e au niveau mondial[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Débuts et industrialisation : 1930 - 1970[modifier | modifier le code]

Dans les années 1930, Pierre Doux démarre un négoce de volailles. En 1955, il ouvre à Port-Launay dans le Finistère son premier abattoir de volailles[3]. L’aviculture bretonne développe alors l’élevage hors-sol qui consiste à nourrir la volaille avec des aliments produits en dehors de l’élevage[4].

Dans les années 1960, la société Doux adopte le système de poulets hybrides, où différentes souches de poulet sont élevées selon les avantages qu’offrent leurs attributs physiologiques respectifs[3]. Durant cette même période, la société achète ses premières machines de congélation aux États-Unis et initie le développement d’un commerce de volailles congelées vers le Moyen-Orient[5].

En 1975, Charles Doux prend la direction de l’entreprise créée par son père[6].

Internationalisation : 1970 - 2003[modifier | modifier le code]

Dans les années 70, Doux s'internationalise et devient le premier exportateur de volailles congelées et transformées vers l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis. Le groupe bénéficie d’une situation portuaire idéale pour acheminer ses produits dans un pays où le poulet ne fait l’objet d’aucun interdit religieux[4].

En 1991, la société Doux rachète la marque Père Dodu au groupe Guyomarch, un rachat qui se concrétise en 1998 avec le rachat de la Soprat[7],[8].

Les accords du Gatt signés à Marrakech en 1994 imposent à l'Union européenne de réduire ses aides à l'exportation, et Doux perd alors la moitié de son marché à l'exportation[9].

En 1998, le groupe Doux s'implante au Brésil en rachetant Frangosul[3], pays où les coûts de revient rendent le poulet plus compétitif[9]. S'en suit le développement du protectionnisme au Brésil qui endette le groupe à hauteur de 200 millions d'euros. En mai 2012, ne pouvant vendre ses actifs brésiliens, le groupe Doux cède sa filière brésilienne en location-gérance au groupe agroalimentaire brésilien JBS Friboi[10].

Difficultés financières : 2004 - 2011[modifier | modifier le code]

En 2004, la grippe aviaire fait s'effondrer le marché mondial de la volaille. Cette année-là, le groupe Doux affiche une perte de 14 millions d'euros[11]. Entre octobre 2005 et février 2006, les ventes de Doux chutent de 15 à 20%, et encore de 25% à 30% entre fin février et début mars 2006[12]. En 2006, Doux enregistre une perte totale de 45,3 millions d’euros, et l’année suivante une perte de 35,3 millions d’euros[13]. Au total, de 2002 à 2008, le chiffre d’affaires de Doux a reculé de 6,7% à 1,5 milliards d’euros. En 2008, Doux enregistre encore une perte de 7 millions d’euros[14].

En 2008, face à l’épisode de grippe aviaire, à la flambée du prix des céréales et du pétrole, et devant l’impossibilité de répercuter ces augmentations sur les prix de vente dans la grande distribution, le groupe est contraint de revoir en profondeur son organisation industrielle pour renforcer sa compétitivité et pérenniser ainsi sa présence sur le marché du frais en France[15]. Cette réorganisation entraîne la fermeture des sites de Locminé[16] et du Châtelet[17] pour raisons économiques et permet à Doux un retour aux bénéfices avec 52 millions d’euros enregistrés sur l’année 2009[14].

En 2009, le Groupe Doux a été le premier acteur de la filière à exporter directement en Chine depuis ses sites de production au Brésil qui exportent 50 % de la production de volaille du groupe vers une centaine de pays. À ce titre le groupe est le premier bénéficiaire en France des aides à l'exportation de l'Union européenne décidées dans le cadre de la PAC à hauteur de 200 à 300 euros la tonne de volaille exportée (ce qui a représenté 63 millions d'aides publiques d'octobre 2007 à octobre 2008)[18].

Au Brésil, en juin 2009, pour tenter de trouver l’équilibre financier sur un marché brésilien porteur mais coûteux en termes de développement pour le groupe, Doux vend sa filiale brésilienne de production de dinde au brésilien Marfrig pour 23,6 millions d’euros. A partir de 2011, la politique protectionniste de Dilma Rousseff leste la compétitivité de Doux au Brésil. En mai 2012, ne pouvant vendre ses actifs brésiliens, le groupe Doux cède sa filière brésilienne en location-gérance au groupe agroalimentaire brésilien JBS Friboi, mais ne parvient pas à se défaire de ses dettes.

En juillet 2013, Bruxelles décide de geler les aides à l’exportation de produits congelés, un coup dur pour Doux qui bénéficiait de 5 à 6 millions d’euros d’aide par mois.

Depuis 2012 : Restructuration et relance[modifier | modifier le code]

Le 24 mai 2012, le groupe annonce la nomination de Jean-Charles Doux au poste de directeur général délégué pour négocier la crise financière[19].

En juin 2012, Charles Doux décide de placer son groupe plombé par une dette de 320 millions d’euros en redressement judiciaire[20]. Il s’entoure d’Arnaud Marion, un expert en gestion de crises dans les situations complexes, à qui il confie le soin d’adapter au plus vite l’entreprise pour favoriser un plan de continuation[21]. Deux mois plus tard, Doux annonce la suppression de son pôle frais[22] afin de se recentrer sur l'export qui constitue 81% de son chiffre d'affaires[23].

Arnaud Marion négocie avec Barclays un accord permettant un soutien de la période d’observation en vue d’un plan de continuation, et de s’opposer à la reprise par le consortium Sofiprotéol (Glon Sanders, Tilly Sabco et Terrena) des pôles exports et élaborés[24],[25].

En mai 2013, le groupe Doux entame une nouvelle dynamique avec l’arrivée du fonds D&P dirigé par Didier Calmels, un spécialiste de la recapitalisation et du redressement d’entreprise. Aux côtés d’Arnaud Marion, D&P négocie le rachat de la dette de Barclays et l’incorporation de cette dette au capital, ce qui lui permet de devenir le futur actionnaire majoritaire tout en désendettant l’entreprise. Arnaud Marion est alors nommé président du directoire du groupe[26]. Le plan de continuation validé par le tribunal de commerce de Quimper le 29 novembre 2013[26]. Dans le cadre de ce plan, Didier Calmels devient actionnaire majoritaire avec 52,2% des parts, et le groupe saoudien Al-Munajem prend une participation de 25%[26], participation confirmée en octobre 2014[27].

En janvier 2015, le groupe annonce tabler sur un résultat d'exploitation de 25 millions d'euros et une centaine de recrutements en 2015, notamment grâce à une progression de ses ventes au Moyen-Orient[28].

Activité[modifier | modifier le code]

Marché[modifier | modifier le code]

Le groupe Doux est présent sur l'ensemble des segments du marché de la volaille (poulet et dinde) : produits congelés, entiers, produits panés (cordons bleus, nuggets, burgers de poulet), plats cuisinés. Des sites sont dédiés à chacune de ces productions : sites d'abattage de volaille entière destinée à être congelée et sites de produits élaborés.

Les principales marques du groupe sont Doux et Supreme à l’export, et Père Dodu en France.

Les principaux clients du Groupe Doux sont :

  • la grande distribution alimentaire et le commerce de proximité ;
  • la restauration hors domicile, commerciale ou collective ;
  • l'industrie agroalimentaire.

Modèle économique[modifier | modifier le code]

Le groupe Doux est un acteur intégré ayant ses propres fermes de reproducteurs (28 fermes et 170 bâtiments), ses couvoirs (130 millions de poussins chaque année), ses éleveurs (325 éleveurs intégrés et 200 éleveurs de coopératives), ses usines d’aliment (450.000 tonnes de production annuelle), ses abattoirs (3 sites abattant 180 millions de poulets chaque année, soit 180.000 tonnes), ses usines de produits élaborés (production annuelle de 40.000 tonnes), en Bretagne et dans les Pays de la Loire[2]. Il dispose de 9 sites de production en France dont 13 abattoirs, de découpe et d’expédition, 2 sites de transformation en produits élaborés, 2 couvoirs et 2 usines agro-alimentaires[29]. En 2014, Doux est le premier accouveur français avec une production de 170 millions d’œufs. Ses usines d’aliments produisent 450 000 tonnes annuellement[2].

En 2014, le Groupe Doux emploie près de 2200 personnes[30]. L’entreprise est classée 600e française et 15e employeur breton[31].

En 2014, Le groupe Doux, troisième acteur mondial derrière les brésiliens JBS Friboi (55 milliards de Dollars de chiffre d’affaires) et BRF (10 milliards de Dollars de chiffre d’affaires), est le leader européen représentant 90% de la production avicole à l’export en Europe et en France[2].

Certification Halal[modifier | modifier le code]

Le Groupe Doux assure une production de viande certifiée halal. Doux utilise la méthode de l'électronarcose et de l'abattage mécanique, une méthode certifiée par l'AFCAI, un organisme agréé par la Grande Mosquée de Paris. Cette production est assurée sur des chaînes de production dédiée et 100% de cette production est destinée à l’export[32].

Le Groupe Doux exporte depuis plus de 50 ans ses volailles au Moyen-Orient (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Yémen, Sultanat d'Oman…) destination vers laquelle l’abattage est exclusivement de type halal.

Résultats financiers[modifier | modifier le code]

Données financières en millions d'euros
Années 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Chiffre d'affaires 1 517 1 719 1 369 1 400 850 500 475
bénéfices -14 -45,3 -35,3 -7 52

Sur le plan financier, le groupe Doux a été dépendant des « restitutions européennes » pendant plus de 40 ans ce qui lui assurait une rentabilité relative. Lorsque la Commission Européenne a supprimé ces subventions à l’exportation, qui représentaient près de 60 millions d’euros, le groupe s’est recentré sur les pôles export et produits élaborés[33].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stanislas du Guerny, « Le groupe Doux sort du redressement judiciaire », sur L'usine nouvelle,‎ 29 novembre 2013
  2. a, b, c et d « Arnaud Marion (Groupe Doux) : « Stéphane Le Foll nous a soutenus envers et …contre tous » », sur Actu éco,‎ 22 décembre 2014
  3. a, b et c Jacqueline Coignard, « La brève histoire d'un poulet standard. Premier producteur européen, Doux revendique sa méthode industrielle », sur Libération,‎ 27 novembre 1996
  4. a et b « Bretagne : la descente aux enfers du poulet », sur Le Point,‎ 25 novembre 2013
  5. « Doux affine sa stratégie mondiale », sur Pointsdevente.fr,‎ 4 octobre 2014
  6. Patrick Déniel, « Agroalimentaire : Doux peut-il se sauver lui-même ? », sur Usine Nouvelle,‎ 7 juin 2012
  7. « Père Dodu entièrement contrôlé par Doux », sur LSA-Conso,‎ 14 mai 1998
  8. « Le groupe Doux rachète les produits panés de Père Dodu », sur Les Echos,‎ 7 mai 1998
  9. a et b D. Boussier et al, « 7 ans d’accords du Gatt pour les viandes », Viandes Prod. Carnés, vol. 23, no 3,‎ 2001, p. 81-86
  10. « Doux cède la gestion de sa filiale brésilienne à JBS », sur La France Agricole,‎ 23 mai 2012
  11. « Grippe aviaire : Doux envisage des mesures de chômage partiel », sur Les Echos,‎ 28 octobre 2005
  12. « Grippe aviaire : la filière avicole a du plomb dans l'aile », sur LCI,‎ 3 mars 2006
  13. « Les temps sont durs pour les poulets Doux », sur Capital,‎ 23 janvier 2014
  14. a et b « Doux récolte le fruit de sa restructuration », sur L'usine nouvelle,‎ 5 mai 2009
  15. Nathalie Bougeard, « La filière avicole bretonne en restructuration », sur Le Figaro,‎ 24 juillet 2008
  16. « Locminé. Résignation face à la fermeture de Doux 7 septembre 2008 », sur Le Télégramme,‎ 7 septembre 2008
  17. « L'entreprise Doux du Châtelet ferme : 300 emplois touchés », sur L'écho du Berry,‎ 10 juillet 2008
  18. Erwan Seznec, « La revanche du capitalisme familial » dans Histoire secrète du patronat : de 1945 à nos jours, sous la direction de Benoît Collombat et David Servenay, La Découverte, 2009, p. 648.
  19. Stanislas du Guerny, « Le groupe Doux change de directeur pour tenter de surmonter la crise », sur L'usine nouvelle,‎ 24 mai 2012
  20. Jacky Hamard, « Le groupe de 3.400 salariés placé en redressement judiciaire », sur Le Télégramme,‎ 2 juin 2012
  21. Stanislas du Guerny, « Quand le volailler Doux reprend son envol », sur Les Echos,‎ 3 novembre 2014
  22. « Groupe Doux : le pôle frais, qui emploie 1 800 personnes, est liquidé », sur Le Monde,‎ 1 août 2012
  23. Keren Lentschner, « Doux veut de nouveau croire en l'avenir », sur Le Figaro,‎ 26 novembre 2013
  24. Juliette Garnier, « Sofiprotéol, ce conglomérat qui veille sur l'avenir de Doux », sur La tribune,‎ 5 juillet 2012
  25. Adrien Cahuzac, « Sofiprotéol va-t-il retenter un sauvetage des volailles de Doux ? », sur L'usine nouvelle,‎ 22 janvier 2013
  26. a, b et c « Le volailler Doux va revoler de ses propres ailes 18 mois après sa chute », sur Libération,‎ 29 novembre 2013
  27. Keren Lentschner, « Un investisseur saoudien entre au capital du volailler Doux », sur Le Figaro,‎ 20 octobre 2014
  28. http://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/0204085428356-beneficiaire-le-volailler-doux-accelere-ses-recrutements-1083676.php
  29. « Chiffres-clés », sur Doux.com
  30. Stanislas du Guerny, « Un an après son redémarrage, Doux retrouve de l’oxygène », sur Les Echos,‎ 30 novembre 2014
  31. Guillaume Bouniol, « Agroalimentaire. « Doux a réussi à redresser la barre » », sur Ouest France,‎ 22 mai 2014
  32. « Saudi Agro-Food 2014 met en évidence les tendances industrielles », sur Info Halal,‎ 8 août 2014
  33. Fabien Magnenou, « Dopé aux subventions, le volailler Doux est menacé de régime par l'UE », sur France TV info,‎ 18 janvier 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]