Groupe Doux

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Doux

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Logo du Groupe Doux

Création 1955
Dates clés octobre 2014: Al Munajem entre au capital
Fondateurs Pierre Doux
Personnages clés Pierre Doux
Charles Doux
Forme juridique société anonyme
Siège social Drapeau de France Châteaulin (France)
Actionnaires D&P Participations (75%), Al Munajem (25%)
Activité Agroalimentaire
Produits Produits alimentaires à base de volaille
Site web www.doux.com
Chiffre d’affaires 1,406 milliard d'euros (2011)

Le Groupe Doux est une entreprise française de production industrielle de volaille, leader européen d’exportation de volaille et de produits élaborés à base de volaille[1].

Historique[modifier | modifier le code]

En 1955, Pierre Doux ouvre à Port-Launay dans le Finistère son premier abattoir de volailles.

Dans les années 1970, le groupe s'internationalise et devient le premier exportateur de volailles congelées et transformées vers l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes.

En 1991, la société Doux rachète la marque Père Dodu au groupe Guyomarch, un rachat qui se concrétise en 1998 avec le rachat de la Soprat[2],[3].

En 1998, le groupe Doux s'implante au Brésil. S'en suit le développement du protectionnisme au Brésil qui endette le groupe à hauteur de 200 millions d'euros. En mai 2012, ne pouvant vendre ses actifs brésiliens, le groupe Doux cède sa filière brésilienne en location-gérance au groupe agroalimentaire brésilien JBS Friboi[4].

En 1999, le groupe Doux a conclu un Accord de Réduction du Temps de Travail (ARTT) défensif suite à un Plan de Sauvetage de l'Emploi (PSE) prévoyant le passage à 35h de travail par semaine. En 2004, il est reproché à Doux d'avoir fait passer la durée effective du temps de travail de ses salariés de 32,83 heures par semaine payées 39 à 35 heures réellement travaillées et toujours payées 39[5]. Plus de 260 salariés ont porté l'affaire en justice qui leur a donné raison sur la rémunération des temps de pause après quatre années de procédure[6]

En 2004, la grippe aviaire fait s'effondrer le marché mondial de la volaille. Cette année-là, le groupe Doux affiche une perte de 14 millions d'euros[7].

En 2008, face à l’épisode de grippe aviaire, à la flambée du prix des céréales et à la difficulté à répercuter ses augmentations sur les prix de vente dans la grande distribution, le groupe est contraint de revoir profondément son organisation industrielle pour renforcer sa compétitivité et pérenniser ainsi sa présence sur le marché du frais en France. Cette réorganisation entraîne la fermeture des sites de Locminé[8] et du Châtelet[9] pour raisons économiques. Parallèlement, face à l'augmentation de la consommation mondiale de volailles, le groupe Doux a annoncé l'embauche de 125 salariés - CDI et CDD - pour son usine de Châteaulin (Finistère), où il emploie 500 collaborateurs.

En juin 2012, mis en difficulté financière, notamment par des dettes liées à sa filiale brésilienne[6], Charles Doux décide de placer son groupe en redressement judiciaire[10],[11]. En août 2012, le groupe Doux annonce la suppression de son pôle frais[12] afin de se recentrer sur l'export qui constitue alors 81% de son chifrfe d'affaires[13].

Panorama de l'activité[modifier | modifier le code]

Le groupe Doux est présent sur l'ensemble des segments du marché de la volaille (poulet et dinde) : produits frais et congelés, entiers ou découpés, produits panés, nuggets, plats cuisinés, filets de volaille marinés, produits de snacking, charcuterie de volaille. Des sites sont dédiés à chacune de ces productions : sites de produits congelés, sites de produits frais et sites de produits élaborés.

En 2011, le Groupe Doux emploie près de 9 800 personnes[14] (6000 salariés au Brésil, 3800 en Europe), et travaille avec plus de 800 éleveurs en filière intégrée. Il dispose de 22 sites de production en France et au Brésil dont 16 abattoirs, de découpe et d’expédition, 4 sites de transformation en produits élaborés, 11 couvoirs et 9 usines agro-alimentaires.

Les principaux clients du Groupe Doux sont :

  • la grande distribution alimentaire et le commerce de proximité ;
  • la restauration hors domicile, commerciale ou collective ;
  • l'industrie agroalimentaire.

Les principales marques du Groupe sont Père Dodu, Doux, Lebon, ainsi que Malvoisine et Cœur de Bretagne pour les volailles fermières.

Une activité tournée vers l'exportation[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, le Groupe Doux est devenu un acteur majeur de l’exportation de volaille. Le groupe est ainsi le premier exportateur de volaille et de produits élaborés vers l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, à Oman ou encore au Qatar. Le Groupe Doux a également pris des positions importantes en Russie et en Europe de l’Est et continue de se développer sur le marché asiatique. Les accords du Gatt signés à Marrakech en 1994 ayant imposé à l'Union européenne de réduire ses aides à l'exportation et de modifier, Doux perd la moitié de son marché à l'exportation, aussi il développe en 1998 sa filière au Brésil dont les coûts de revient rendent le poulet plus compétitif[15].

En 2009, le Groupe Doux a été le premier acteur de la filière à exporter directement en Chine depuis ses sites de production au Brésil qui exportent 50 % de la production de volaille du groupe vers une centaine de pays. À ce titre le groupe est le premier bénéficiaire en France des aides à l'exportation de l'Union européenne décidées dans le cadre de la PAC à hauteur de 200 à 300 euros la tonne de volaille exportée (ce qui a représenté 63 millions d'aides publiques d'octobre 2007 à octobre 2008)[16].

La présence commerciale du Groupe s’est renforcée dans les zones géographiques où la progression de la consommation de viande de volaille devrait être la plus forte à moyen et long termes, le marché de la volaille étant prévu d'atteindre 100 millions de tonnes annuels (marché équivalent à celui du porc), sur 250 millions pour toutes les viandes[17].

Résultats financiers[modifier | modifier le code]

L’année 2009 a été marquée par une conjoncture économique internationale difficile liée à la crise financière qui a entraîné de fortes mutations dans la filière avicole mondiale, avec notamment la disparition d’acteurs de poids. Cette année-là, le Groupe Doux a réalisé un chiffre d’affaires de 1,369 milliard d'euros. Premier exportateur de volaille et de produits élaborés vers l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Oman et le Qatar, le groupe a été, toujours en 2009, le premier acteur de la filière à exporter directement en Chine depuis ses sites de production brésiliens.

Au premier semestre 2010, le chiffre d’affaires du Groupe s’est établi à 642,4 millions d’euros (M€) contre 626,4 (M€) sur la même période en 2009, soit une progression de +2,5 %. Le nombre de têtes abattues a progressé de 4 %, à 252,8 millions,. La progression du chiffre d’affaires du Groupe Doux au cours du premier semestre 2010 est notamment portée par le Grand Export et le marché domestique brésilien.

Un investisseur saoudien entre au capital du volailler Doux[modifier | modifier le code]

Al Munajem a finalement annoncé le 20 octobre 2014 son entrée au capital de Doux. C'est le premier client au Moyen-Orient et elle détiendra 25% du volailler français, le reste appartenant à de D&P Participations, le holding de l'homme d'affaires Didier Calmels[18].

Le marché avicole[modifier | modifier le code]

La volaille est aujourd'hui la deuxième viande la plus consommée au monde, et la troisième en France. Ce marché est vouée à croître de 5 à 6% par an pour devenir d'ici à 10 ans la viande la plus consommée au monde[19]. En 2010, le prix des céréales, base de l'alimentation des volailles sur les sites de production, augmente de 40%. Ceci a provoqué une hausse de 20% du prix de la volaille.

Certification Halal[modifier | modifier le code]

Le Groupe Doux assure une production de viande certifiée halal. Doux utilise la méthode de l'électronarcose et de l'abattage mécanique, une méthode certifiée par l'AFCAI, un organisme agréé par la Grande Mosquée de Paris. Cette production est assurée sur des chaînes de production dédiée et 100% de cette production est destinée à l’export[20].

Le Groupe Doux exporte depuis plus de 50 ans ses volailles au Moyen-Orient (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Yémen, Sultanat d'Oman…) destination vers laquelle l’abattage est exclusivement de type halal.

Politique sociale[modifier | modifier le code]

En 2009, le Groupe Doux et les Organisations syndicales représentatives du Groupe CFDT, FO et CFTC ont signé trois accords pour l’entreprise française et ses 4 000 salariés :

  • un accord sur la prévoyance pour les salariés non-cadres,
  • un accord sur le maintien dans l’emploi des seniors,
  • un accord sur l’emploi des personnes en situation de handicap.

Famille Doux[modifier | modifier le code]

Le Groupe Doux est détenu à 80 % par la famille Doux et son Président est actuellement Charles Doux[21].

Selon le classement Challenges, la famille Doux est classée 146e fortune de France avec plus de 300 millions d'euros.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le groupe Doux, leader européen de la volaille, dépose le bilan », sur Challenges,‎ 1er juin 2012
  2. « Père Dodu entièrement contrôlé par Doux », sur LSA-Conso,‎ 14 mai 1998
  3. « Le groupe Doux rachète les produits panés de Père Dodu », sur Les Echos,‎ 7 mai 1998
  4. « Doux cède la gestion de sa filiale brésilienne à JBS », sur La France Agricole,‎ 23 mai 2012
  5. « Doux : le PS accuse le gouvernement », sur Le Nouvel Obs,‎ 27 août 2004
  6. a et b Martine Orange, « Doux ou la fin du modèle agricole breton », Mediapart, 5 juin 2012
  7. « Grippe aviaire : Doux envisage des mesures de chômage partiel », sur Les Echos,‎ 28 octobre 2005
  8. « Locminé. Résignation face à la fermeture de Doux », sur Le Télégramme,‎ 7 septembre 2007
  9. « L'entreprise Doux du Châtelet ferme : 300 emplois touchés », sur L'écho du Berry,‎ 10 juillet 2008
  10. Doux ne veut pas se laisser plumer, Christine Murris, Valeurs actuelles, 7 juin 2012
  11. Doux. Le groupe de 3.400 salariés placé en redressement judiciaire, Jacky Hamard et AFP, Le Télégramme, 2 juin 2012
  12. « Groupe Doux : le pôle frais, qui emploie 1 800 personnes, est liquidé », sur Le Monde,‎ 1er août 2012
  13. Keren Lentschner, « Doux veut de nouveau croire en l'avenir », sur Le Figaro,‎ 26 novembre 2013
  14. « Vague de 80 embauches en CDD pour Doux », sur Usine Nouvelle,‎ 18 octobre 2011
  15. D. Boussier et al, « 7 ans d’accords du Gatt pour les viandes », Viandes Prod. Carnés, vol. 23, no 3,‎ 2001, p. 81-86
  16. Erwan Seznec, « La revanche du capitalisme familial » dans Histoire secrète du patronat : de 1945 à nos jours, sous la direction de Benoît Collombat et David Servenay, La Découverte, 2009, p. 648.
  17. Claire Fages, « Le volailler français Doux plombé par sa filiale brésilienne », Chronique des Matières Premières sur RFI, 5 juin 2012
  18. [http://www.lefigaro.fr/societes/2014/10/20/20005-20141020ARTFIG00306-un-investisseur-saoudien-entre-au-capital-du-volailler-doux.php http://www.letelegramme.fr/doux-al-munajem-entre-au-capital-20-10-2014-10393698.php « Un investisseur saoudien entre au capital du volailler Doux »], sur http://www.lefigaro.fr/ www.letelegramme.fr
  19. Annuaire statistique de la FAO 2010, Organisation des Nations-Unis pour l'alimentation et l'agriculture
  20. « Saudi Agro-Food 2014 met en évidence les tendances industrielles », sur Info Halal,‎ 8 août 2014
  21. « Charles Doux, portrait du vrai Père Dodu », sur Le Parisien,‎ 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]