Groupe Cémoi

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'entreprise agroalimentaire. Pour la chocolaterie, voir Cémoi.

Groupe Cémoi

Description de l'image  Logo Petit Ourson Guimauve Cémoi.jpeg.
Forme juridique société par actions simplifiée
Siège social Drapeau de France Perpignan (France)
Activité Agroalimentaire
Effectif 3 000
Site web cemoi.fr
Chiffre d’affaires 750 millions d'euros (2011)

Le groupe Cémoi est une entreprise agroalimentaire française spécialisée dans la production de chocolat et de confiseries. Il trouve son origine dans une fabrique de chocolat construite en 1814 par Jules Pares à Arles-sur-Tech, dans les Pyrénées-Orientales. Il a porté le nom de Cantaloup-Catala de 1887 à 1962, puis de Cantalou jusqu'en 1981. À cette date, il a repris le nom de l'ancienne chocolaterie grenobloise Cémoi.

Le groupe Cémoi possède 13 usines et 4 entrepôts dans le monde. Sa filiale à destination des professionnels, DIPA Industries, emploie environ 180 personnes pour un chiffre d'affaires annuel de 375,5 millions d'euros (chiffres 2010)[1]. Son siège social se trouve à Perpignan.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines : de la fabrique de Jules Pares à l'avènement de Cantalou[modifier | modifier le code]

En 1814, le chocolatier Jules Pares bâtit la première fabrique de chocolat de France à Arles-sur-Tech, dans les Pyrénées-Orientales[2]. En 1872, une usine est construite à Arles-sur-Tech[réf. nécessaire]. Celle-ci marque le passage à l'ère industrielle. Le 30 décembre 1887, la société prend le nom de ses deux directeurs : Joseph Cantaloup et Emile Catala[réf. nécessaire]. Cinq ans plus tard, l'usine Cantaloup est une des premières[pas clair] à utiliser l'électricité[réf. nécessaire].

En 1913, le fils de Joseph Cantaloup, Léon, prend la direction. Il investit dans du matériel moderne et produit 2 tonnes de chocolat par jour. Mais les décennies suivantes sont marquées par deux incidents qui auraient pu être fatals à l'entreprise : tout d'abord, l'usine d'Arles-sur-Tech est détruite par un incendie en 1927. Léon Canteloup en fait reconstruire une plus grande qui atteint la production de 8 tonnes par jour en 1939. En 1940 se produit une nouvelle catastrophe : une inondation gigantesque détruit l'usine.

Une nouvelle usine est construite entre 1941 et 1946 sur le site d'Orle[Note 1], qui bénéficie d'un accès ferré. Cette construction plus moderne n'est donc terminée qu'après la guerre : la chocolaterie Cantaloup–Catala emploie alors 150 personnes et produit 12 tonnes, distribuées dans le Sud de la France mais aussi en Afrique du Nord, en Angleterre et en Allemagne.

Le grand développement[modifier | modifier le code]

En 1962, l'homme d'affaires Georges Poirrier rachète la chocolaterie. À cette occasion, la société Cantaloup-Catala est renommée Cantalou. Au cœur des Trente Glorieuses et du développement de la société de consommation, la chocolaterie Cantalou adapte son modèle économique et se spécialise à cette époque dans la fabrication de tablettes de chocolat sous marque de distributeur pour les réseaux de grandes surfaces alors naissants[3].

Par ailleurs, elle commence à racheter des concurrents : Frankonia à Würzburg en Allemagne en 1977, puis Phoscao, premier producteur français de petits déjeuners en 1979. La même année, le groupe Cantalou s'implante en Espagne avec la reprise de la chocolaterie Olle à Vallirana (province de Barcelone).

Les années 1980 confirment cette tendance aux acquisitions. Entre 1981 et 1984, le groupe rachète six chocolateries en Europe : les trois marques françaises Aiguebelle, Pupier et surtout Cémoi, dont il emprunte le nom commercial pour se rebaptiser[Note 2] en 1981, ainsi que la chocolaterie de l'Abbaye de Tinchebray en 1982, laquelle est fusionnée avec la chocolaterie Suisse Normande de Paris en 1983 lors du rachat de cette dernière. Enfin, la société espagnole Elgorriaga est absorbée en 1984 apportant au groupe ses deux établissements d'Irun (chocolaterie) et d'Avila (biscuiterie).

Le développement du nouveau groupe Cémoi se fait aussi au travers de construction d’usines à Sorbiers en 1981, et en Allemagne pour Frankonia en 1982.

Le temps de la diversification[modifier | modifier le code]

Cémoi se diversifie, soit en lançant de nouveau produits, comme la gaufrette Quadro en 1986, soit par le biais d'une intégration horizontale accrue : les sociétés Coppelia[Note 3], Dolis[Note 4], Foullon[Note 5], OP Chocolate[Note 6] et Cheval Blanc Distribution sont rachetées entre 1987 et 1991. Toujours en 1991, le groupe s'enrichit de trois nouvelles unités de production : la Chocolaterie d'Aquitaine à Bègles, la Confiserie Saint Siffrein à Carpentras et la Chocolaterie Cheval Blanc à La Tour-du-Pin.

De 1993 à aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Fin 1993, l'usine de Perpignan est certifiée ISO 9002[réf. nécessaire]. En 1996, afin de décongestionner ses usines de transformation, le groupe investit dans la construction d'une usine de trituration des fèves de cacao en Côte d'Ivoire[4]. Puis, en 1999, Cémoi inaugure sa gamme Cémoi Équitable de chocolat biologique[réf. nécessaire]. En 2003, le groupe rachète à Cadbury la chocolaterie Bouquet d'Or à Villeneuve-d'Ascq, spécialiste du praliné et du Petit Ourson guimauve[5]. En 2007, le groupe crée Moreuil Distribution qui regroupe les entrepôts d'Arras et de Mâcon et acquiert l'usine Gryf en Pologne, spécialisée dans la torréfaction des fèves et les produits industriels. Cette même année, le groupe Cémoi reprend la société Jacquot, basée à Troyes, qui compte 4 usines et 600 personnes et est spécialisée dans les moulages et la confiserie de chocolat.

Démarche[modifier | modifier le code]

Le groupe Cémoi est le seul groupe en France à maîtriser la filière de production de la fève de cacao jusqu’à la tablette et se distingue par une stratégie atypique sur le marché du chocolat.

Le chocolat bio-équitable[modifier | modifier le code]

Le groupe Cémoi lance en 2009 une gamme de six tablettes de chocolat bio-équitable bénéficiant du label Agriculture Biologique délivré par Ecocert dont chacune est fabriquée avec un cacao en provenance d'un seul pays producteur[6].

Implantations[modifier | modifier le code]

L’entreprise intègre l’ensemble des activités de la filière chocolat, des fèves de cacao jusqu’aux différentes gammes de produits finis. Le groupe Cémoi dispose de 13 usines et 4 entrepôts :

  • 9 usines en France
  • 1 en Allemagne
  • 1 en Grande Bretagne
  • 1 en Pologne
  • 1 en Côte d’Ivoire
  • 3 entrepôts en France
  • 1 en Espagne

Filière du cacao[modifier | modifier le code]

Implication du groupe[modifier | modifier le code]

Depuis la fin des années 80, Cémoi s’implique fortement et à long terme auprès des producteurs de cacao. Il s’agit d’un engagement répondant aux divers principes du développement durable (sociétal, éco-responsable.).

La joint venture signée en 2010 : Pacts[modifier | modifier le code]

Les chocolatiers Cémoi, BLOMMER et PETRA FOOD (marque Delfi) signent, le 19 mai 2010, la création d’une Joint Venture pour développer une filière cacao éthique et de qualité en Côte d’Ivoire. La nouvelle structure est baptisée « PACTS » (Processors Alliance for Cocoa Traceability and Sustainability). Initié par Cémoi, 1er chocolatier français, l’accord passé entre les trois groupes familiaux indépendants vise à améliorer la qualité du cacao produit localement en adoptant une démarche de développement durable dont les principaux objectifs sont les suivants :

  • professionnaliser la filière,
  • améliorer le rendement des cocaoyers grâce à des techniques agronomiques naturelles,
  • développer le concept des « fèves fraîches » pour une qualité supérieure,
  • généraliser la fermentation en 3 phases pour développer les meilleurs arômes,
  • donner un nouveau rôle aux coopératives en matière de transformation et de développement local,
  • assurer un développement durable à long terme, grâce à une meilleure qualité et une productivité accrue de la filière.

Ce sont 2,3 millions d’euros investis pour développer qualité et rendement des cacaoyers. Unis par la même volonté d’obtenir une qualité optimale et constante des fèves de cacao, les trois groupes vont travailler de concert avec les planteurs ivoiriens pour structurer la filière. Le programme PACTS va notamment se traduire par un investissement de 2,3 millions d’euros pour construire des centres de fermentation (30 en 3 ans), et pour accompagner les coopératives et les producteurs locaux dans les différentes étapes de production et de transformation des fèves.

Les diverses origines du cacao Cémoi[modifier | modifier le code]

Côte d'Ivoire : le retour aux valeurs traditionnelles[modifier | modifier le code]

Durant ces 20 dernières années, la perte progressive du savoir-faire des producteurs ivoiriens a entraîné une baisse de la qualité aromatique de fèves. C'est dans le cadre d'un partenariat avec 9 coopératives groupant 1450 producteurs que Cémoi met actuellement en place une filière cacao premium grâce au contrôle des paramètres du traitement post-récolte ainsi que de la traçabilité des fèves.

Équateur : el cacao nacional[modifier | modifier le code]

Du fait de ses conditions géographiques particulières, l’Équateur n’est pas fortement industrialisé. Situé au cœur de la Cordillère des Andes, ce pays abrite une variété de cacao unique sur son territoire : le « cacao nacional ». La filière bio équitable Cémoi a retrouvé la qualité originelle de ces cacaos fins grâce à un travail de sélection des plantations qui offrent les meilleures fèves. Deux arômes différents de fèves ont ainsi été découverts suivant les plantations : le cacao aromatique typiquement floral et le cacao aromatique fruité. Cette organisation regroupe 19 coopératives et plus de 1 800 familles de producteurs associés au sein de l’Unocace. En devenant partenaires de Cémoi, ils sont assurés d’un prix de vente stable et d’un accompagnement en recherche et techniques agronomiques.

São Tomé : cacao de variété Amelonado[modifier | modifier le code]

Aujourd’hui, à São Tomé, la culture du cacao s’articule autour de petits producteurs possédant de 2 à 5 ha de cacao. Cémoi s’est associé avec le Fonds d’investissement du développement agricole pour aider à structurer les groupements de producteurs locaux, créer les infrastructures nécessaires à la transformation post-récolte du cacao, organiser l’ensemble de la filière au sein d’une coopérative d’exportation partenaire de Cémoi. La même démarche de sélection des meilleures plantations de cacao est au centre de la stratégie d’amélioration de la qualité sur l’île. 27 coopératives sont ainsi regroupées, au sein de la Cecab, avec 1 100 familles de producteurs associés. São Tomé & Principe, surnommé « Ile Chocolat », est l’un des plus petits États d’Afrique. Il est constitué de deux îles volcaniques, situées au large du Gabon sur une superficie de 960 Km2. On y cultive le cacao Amelonado, dont l’exploitation a longtemps été négligée du fait de la petite taille des fèves. Son goût est particulièrement doux et fruité. Il est à la base de ces trois tablettes.

Vanuatu[modifier | modifier le code]

Cémoi travaille au Vanuatu depuis 1999 avec la VOCGA, la fédération des coopératives regroupant 1250 familles de producteurs de cacao répartis dans 23 coopératives. Ce petit archipel volcanique de l’Océan Pacifique se caractérise par un climat subtropical et une population à 65 % rurale. L’économie est basée sur une agriculture et une pêche de subsistance à l’échelle des villages. Le cacao du Vanuatu est doux et fruité. On y trouve en majorité des cacaoyers de type Amelonado. Le fréquent passage de cyclones perturbe régulièrement cette production pourtant essentielle dans la culture du pays.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Orle est un lieu-dit de Perpignan.
  2. En effet, la chocolaterie grenobloise Cémoi, créée en 1920 par Félix Cartier-Millon, disparaît en 1974. Le groupe Cantalou ne rachète donc que le nom commercial en 1981.
  3. Leader français des bonbons de chocolat à la liqueur.
  4. Le but étant que ses deux usines de Saint-Florentin et de Bourbourg confortent la place du groupe sur le marché de la confiserie de chocolat.
  5. Numéro 1 français de la dragée au travers des marques Foullon et Festy.
  6. Leader britannique des barres chocolatées.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation de DIPA (Cémoi), sur société.com, consulté le 23 déc. 2011.
  2. Gwenaëlle Moulins, « Cémoi, le savoir-faire français du chocolat », La Croix,‎ 2 mars 2009, p. 15
  3. Jacqueline Coignard, « Les bonnes affaires sans étiquettes du dernier fabricant français de chocolat », sur Libération,‎ 23 janvier 1995
  4. Anne-Isabelle Six, « Cémoi, le roi français du chocolat », sur La Tribune,‎ 12 mai 2009
  5. Jacques Ramon, « Cémoi achète à Cadbury la chocolaterie « Bouquet d'Or » de Villeneuve-d'Ascq », Les Échos, no 18815,‎ 3 janvier 2003
  6. « Cémoi, 1er chocolatier français, lance une gamme bio », sur L'Usine Nouvelle,‎ 19 février 2009

Lien externe[modifier | modifier le code]