Grotte du Mas-d'Azil

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Grotte du Mas-d'Azil
Image illustrative de l'article Grotte du Mas-d'Azil
Intérieur de la grotte
Coordonnées 43° 04′ 10″ N 1° 21′ 17″ E / 43.069444, 1.35472243° 04′ 10″ Nord 1° 21′ 17″ Est / 43.069444, 1.354722  
Pays Drapeau de la France France
Région française Midi-Pyrénées
Vallée Vallée de l'Arize
Localité voisine Le Mas-d'Azil
Voie d'accès départementale D 119
Cours d'eau Arize
Occupation humaine Magdalénien, Azilien, Néolithique
Protection Logo monument historique Classé MH (1942)

Géolocalisation sur la carte : Ariège

(Voir situation sur carte : Ariège)
Grotte du Mas-d'Azil

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Grotte du Mas-d'Azil

La grotte du Mas-d'Azil est une grotte traversante de grande taille creusée par l'Arize dans le massif du Plantaurel (Pyrénées ariégeoises). Elle fut occupée à différentes époques préhistoriques et historiques et laissa son nom à une culture préhistorique, l'Azilien.

La porte de l'Arize qui marque le début de la grotte au Sud est constituée d'un porche de 51 m de haut pour 48 m de large.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette grotte est située en France, région Midi-Pyrénées, département de l'Ariège, sur la commune du Mas-d'Azil, au centre des Pyrénées françaises (massif du Plantaurel ou massif de l'Arize sur le cours de l'Arize). Avant de percer la montagne, l'Arize la contournait : le tracé de cette ancienne vallée se distingue encore fort bien.

Topographie[modifier | modifier le code]

Une partie de la grotte est un tunnel naturel, long de 420 m et d'une largeur moyenne de 50 m, qui permet la traversée par une route (la départementale D 119) qui longe l'Arize sur 410 m. C'est l'unique grotte en Europe qui peut être traversée en voiture. La construction de cette route est à l'origine des découvertes archéologiques.

Vues de la grotte[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

La limite Crétacé-Tertiaire (limite KT) est visible dans cette grotte, formée il y a deux millions d'années par l'érosion provoquée par l'Arize. La rivière coulait autrefois en surface dans la vallée, à 60 m par rapport au niveau actuel. Elle s'est enfoncée dans le réseau karstique, agrandissant les failles, déblayant les marnes crétacées. 500 à 600 mètres de longueur auraient ainsi été creusés. Le cours d'eau de l'Arize revient alors à l'air libre sauf au niveau du calcaire de la base tertiaire qui se présente en couches horizontales non fissurées.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La grotte est d’abord fréquentée par des animaux et les galeries intérieures sont riches en ossements de mammouths[1], ours et rhinocéros laineux.

Puis des groupes préhistoriques s'y installèrent. La grotte est célèbre pour ses nombreux vestiges préhistoriques, dont le Faon aux oiseaux, un très beau propulseur magdalénien (17 000 à 12 000 ans avant le présent) découvert par Saint-Just Péquart. On y a également découvert un bouton gravé d'un aurochs femelle ainsi que de son veau sur l'autre face, et un crâne de jeune fille (14 000 ans) avec deux plaques d’os taillées simulant les yeux dans les orbites.

Outre la richesse et la diversité de son matériel mobilier, la grotte renferme également plusieurs galeries ornées:

  • salle de Breuil: bisons, chevaux, cervidés, poissons, un possible félin et des signes géométriques
  • galerie du Renne: nombreuses gravures d’animaux se superposant
  • salle du Four: arrière train de cheval, tête de bouquetin, fameux (visage humain sur un contour rocheux naturel)

Le site donna son nom à l'Azilien, une culture préhistorique de l'Épipaléolithique (environ 12 000 à 9 500 avant le présent) comprise entre le Magdalénien et le Mésolithique définie par Édouard Piette. On y retrouve une industrie microlithique, des harpons plats, de nombreux galets peints aziliens (galets colorés d'ocre rouge datant de 10 000 ans)[2].

Au Néolithique, de nombreux dolmens, datant d'il y a 4 000 ans, ont été dressés tout autour de la grotte (Bidot (classé), Cap-del-Pouech et Seignas (classé)). Des poteries ont été retrouvées à l'entrée de la grotte.

Mobilier préhistorique[modifier | modifier le code]

Galets peints[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Au IIIe siècle, les premiers chrétiens, alors persécutés, y établirent un lieu de prière.

La grotte servit également de refuge, probablement aux cathares (XIIIe siècle ; pas d'indice formel) puis aux protestants au XVIIe siècle, qui s'y réfugièrent à l'occasion du siège infructueux conduit en 1625 par le maréchal de Thémines contre la cité. En représailles, Richelieu fit sauter à l’explosif le plafond de la salle du Temple à l'intérieur de la grotte.

En 1942, la grotte est classée au titre des monuments historiques[3].

Fouilles et visites[modifier | modifier le code]

On pense que la plupart des vestiges de la présence humaine sont enfouis dans le remblai, à l'entrée de la grotte.

Un vestige d'habitat préhistorique peut être visité dans les parties supérieures des galeries, hors de portée des crues.

Un musée relatant l'histoire préhistorique de la région est présent dans le village du Mas d'Azil.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Estimation de l'âge à 60 000 ans environ
  2. Plusieurs hypothèses sur la fonction de ces galets coexistent: Pour les uns il s'agirait d'éléments d'un jeu sacré divinatoire, pour d'autres il s'agirait d'une première tentative d'écriture ou d'un système numérique archaïque in Daniel Bernet Guide de la France avant la France Pierre Horay éditeur 1984 p.174 (ISBN 2-7058-0139-1)
  3. « Grotte du Mas-d'Azil », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]