Gros-bec casse-noyaux

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Coccothraustes coccothraustes

Coccothraustes coccothraustes

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Gros-bec casse-noyaux

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Fringillidae
Genre Coccothraustes

Nom binominal

Coccothraustes coccothraustes
(Linnaeus, 1758)

Répartition géographique

Description de l'image  Rangemap-grosbec.png.

Statut de conservation UICN

( LC )
LC 2004 : Préoccupation mineure

Le Gros-bec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes) est une petite espèce de passereau, de la famille des Fringillidae, et du genre Coccothraustes. Il est partiellement migrateur. C'est l'espèce la plus grande de la famille des fringillidés. Il est apparenté à certains gros-becs, actuellement classés dans des genres différents.

Historique et dénomination[modifier | modifier le code]

L'espèce Coccothraustes coccothraustes a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Loxia coccothraustes[1].

Synonymie[modifier | modifier le code]

Taxinomie[modifier | modifier le code]

D'après Alan P. Peterson, il existe six sous-espèces de gros-bec casse-noyaux :

  • Coccothraustes coccothraustes buvryi Cabanis, 1862 ;
  • Coccothraustes coccothraustes coccothraustes (Linnaeus, 1758) ;
  • Coccothraustes coccothraustes humii Sharpe, 1886 ;
  • Coccothraustes coccothraustes japonicus Temminck & Schlegel, 1848 ;
  • Coccothraustes coccothraustes nigricans Buturlin, 1908 ;
  • Coccothraustes coccothraustes schulpini H. Johansen, 1944.

Description[modifier | modifier le code]

Le gros-bec est gros et corpulent, mesure environ 17 à 18 cm et se distingue par son énorme bec triangulaire Plus de détails, son cou épais et présente une queue assez courte ; sa silhouette penche toujours vers l'avant. Ses yeux sont rosés ; ses pattes passent du sombre en hiver au rose clair en été. Il paraît légèrement disproportionné à cause de son cou très volumineux.

Aspect de l'adulte[modifier | modifier le code]

Le mâle adulte a la tête rousse et le cou noir, la nuque grise et le dos brun. Ses ailes larges sont bleu noir, traversées par une grande bande blanc roussâtre que l'on retrouve sous le ventre. Sa queue courte est brune avec le bout blanc. Son ventre est d'un brun rose très pâle et son bas-ventre blanc. La femelle ressemble beaucoup au mâle excepté que sa tête est moins rousse et que ses secondaires sont grises.

(Attention, vu de loin, confusion possible avec le jaseur boréal.)

Aspect du juvénile[modifier | modifier le code]

Le gros-bec juvénile a la tête brun jaune peu marquée, la poitrine et les flancs tachetés et la barre alaire séparée en deux.

Chant[modifier | modifier le code]

Il chante assez peu fréquemment et son chant est très hésitant et très peu sonore souvent un « tik-tik-tour-oui-ouit ». Au contraire ses cris sont sonores et explosifs, assez typiques, des « tsik » ou des « ptik...ptikit » et son appel un « tsrîîh » fin. Lorsqu'il est inquiété il lance un « kioûû » craintif.

Comportement[modifier | modifier le code]

Le gros-bec est très farouche, méfiant et assez erratique, il ne se laisse pas approcher facilement, et il s'enfuit pour se percher en haut des arbres et ne redescend que très craintivement de branche en branche.

Son vol est puissant et onduleux, et sa démarche sautillante est tanguée.

Lorsqu'un gros-bec mâle a réussi à séduire une femelle, il commence sa parade nuptiale. Le mâle hérisse ses plumes et agite ses ailes et sa queue. Ensuite sa partenaire s'avance vers lui et il commence à faire des révérences. La parade se termine par un « baiser » entre les deux partenaires, ils collent leurs deux becs. À ce stade le mâle va chercher de la nourriture qu'il dépose directement dans le bec de la femelle. Il arrive que pendant le vol nuptial les gros-becs se poursuivent en poussant de grands cris. Pendant cette période le gros-bec se montre très nerveux et agressif.

L'hiver, lorsqu'il migre il se regroupe souvent avec ses congénères de la même espèce.

Longévité[modifier | modifier le code]

Le gros-bec peut vivre environ 10 ans.

Habitat[modifier | modifier le code]

On le rencontre surtout dans les forêts de feuillus et de conifères qui comportent différentes espèces, mais il vit aussi dans les parcs, les vergers et les boqueteaux.

Distribution[modifier | modifier le code]

Le gros-bec est présent dans toute l'Europe, toute l'Asie (sauf l'Asie du Sud-Est) le Maghreb, l'Égypte, la Libye, et aussi en Alaska.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Nidification[modifier | modifier le code]

Oeufs de Gros-bec casse-noyaux Muséum de Toulouse

Il est arboricole et préfère les charmes, les hêtres et les érables pour établir son nid. Les gros-becs se regroupent souvent en colonies pour nicher, et chaque couple défend un petit morceau de territoire.

Son nid - dont le site est choisi par le mâle et les fondations construites aussi par lui - est situé au moins à plus de 3 m du sol. Il est en forme de coupe et la femelle y apporte des radicelles, du poil et du crin.

Une fois le nid achevé la femelle y dépose 4 à 7 œufs d'environ 2 cm de long et dont la teinte va du gris-bleu au vert pâle. Mais la couleur et les motifs (taches, stries...) de la coquille sont assez variables.

Le gros-bec produit normalement une couvée par an, mais dans les milieux où il se plaît cela lui arrive de faire une deuxième couvée dans l'année.

Élevage des oisillons[modifier | modifier le code]

L'incubation des œufs dure une dizaine de jours. C'est la femelle qui couve tandis que le mâle la ravitaille au nid.

À l'éclosion les poussins sont recouverts d'un long duvet blanc très épais. Les parents les nourrissent d'insectes, mais principalement de chenilles. Les parents peuvent en porter une douzaine à la fois.

Au bout d'une douzaine de jours, parfois moins, les jeunes quittent le nid mais restent à proximité et sont nourris par les adultes encore pendant 15 jours.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Un gros-bec décortiquant des graines

Le gros-bec se nourrit principalement de noyaux et de graines qu'il décortique avec son bec très puissant grâce à la musculature impressionnante de ses mâchoires, car il faut une pression énorme pour casser un noyau[2]. Mais au printemps lorsque les graines viennent à manquer, il change de régime alimentaire, devenant insectivore et se nourrit volontiers de chenilles et de cerfs-volants qu'il attrape au vol.

Protection[modifier | modifier le code]

Le gros-bec n'est pas facile à recenser vu qu'il est très farouche et donc difficile à observer. Il semble néanmoins que les populations aient diminué ces dernières années.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Linnaeus, C. (1758). Systema Naturae per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, Tomus I. Editio decima, reformata. Holmiæ: impensis direct. Laurentii Salvii. i–ii, 1–824 pp : page 171
  2. De 30 à 47 kg au cm2 pour un noyau de cerise et de 53 à 80 kg au cm2 pour un noyau d'olive (Mountfort, 1957)

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Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Jiří Félix, Oiseaux des Pays d'Europe, Paris, Gründ, coll. « La Nature à livre ouvert »,‎ 1986, 22 cm × 30 cm, 320 p. (ISBN 2-700-01504-5), p. 299
  • Guy Mountfort et P.A.D Hollom, Guide des oiseaux de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé, coll. « Les guides du naturaliste», Paris, 1994.