Grey Owl (film)

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Grey Owl, celui qui rêvait d'être indien (Grey Owl) est un film canado-britannique réalisé par Richard Attenborough, sorti en 1999.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Archie « Grey Owl » est trappeur mi-Apache mi-Écossais du Canada qui écrit dans des revues pendant les années 1930. Une jeune Iroquoise, Pony, lui demande de lui enseigner le mode de vie de ses ancêtres.

La sensibilité de Pony à l'égard des animaux fait prendre conscience à Archie de la fragilité de la nature et du danger que représente l'extinction des castors pour l'équilibre écologique. Il abandonne donc la chasse, écrit une autobiographie, travaille comme guide, puis comme gardien de la réserve du lac Ajawaan, dans le parc national de Prince Albert.

Son autobiographie rencontre un grand succès, et il part faire une tournée de conférences en Angleterre après avoir épousé Pony. Entre deux conférences, il va saluer sa famille : il s'avère qu'il est Anglais et qu'il a poursuivi son rêve d'enfance en allant vivre avec les Amérindiens, au point de se faire passer pour l'un d'eux.

À son retour au Canada, il retrouve Pony et lui révèle son passé. Il est ensuite accepté par les Amérindiens en tant que « celui qui suit son rêve » au cours d'un pow wow.

Son secret est découvert par un journaliste. Archie le convie à sa dernière conférence au cours de laquelle il se dépouille de son costume d'Amérindien et plaide pour la conservation de la nature. Puis, il se retire dans sa cabane et meurt deux ans plus tard. Le journaliste garde pour lui la véritable identité d'Archie « Grey Owl » et ne la révèle qu'après sa mort.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Cabane d'Archie « Grey Owl », sur le lac Ajawaan.

Le film a été tourné en 1998, alors que Pierce Brosnan était en contrat avec EON Productions pour le tournage des James Bond. Le tournage de Grey Owl a eu lieu entre ceux de Demain ne meurt jamais et Le monde ne suffit pas.

Lieux de tournage :

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le film a reçu le prix Génie des meilleurs costumes (Best Achievement in Costume Design) en 2000.

Personnalité qui a inspiré le film[modifier | modifier le code]

Le film est basé sur un fait vécu. Le véritable Grey Owl était Archibald Belaney. On peut visiter la cabane où il a vécu au Parc national de Prince-Albert au Saskatchewan. Grey Owl a contribué de façon importante au Service des parcs nationaux du Canada en faisant la promotion des pratiques de conservation. Il a acquis une renommée internationale grâce à ses films, ses écrits et ses conférences sur les espèces sauvages. Les animaux faisaient littéralement partie de la cabane, qui était aussi appelée cabane des castors.

Thèmes récurrents dans le film[modifier | modifier le code]

Grey Owl (1999) est un film qui présente l'histoire vraie d’Archibald Belaney. Cette œuvre cinématographique aborde plusieurs thèmes en lien avec la réalité de vie des Autochtones, comme la protection du castor, les mariages mixtes et la spiritualité, mais avec quelques différences.

La protection du castor[modifier | modifier le code]

Archibald Belaney qui aide à nourrir un castor.

L’importance de la nature est un thème important dans le film Grey Owl, mais ce qu’il favorise le plus est la place importante des animaux, surtout du castor. Un peu comme à travers le film, le personnage principal défend le castor et son importance dans la nature. Cet animal est le plus gros rongeur de l’Amérique du Nord et a été beaucoup chassé pour sa fourrure de haute qualité au moment de la traite des fourrures. Cette activité, jusqu’en 1820, fût le premier grand marché au Canada et c’est celle-ci qui permit la colonisation possible. C’est également vers 1820 que la traite des fourrures connait un déclin progressif. Le castor, en plus d'un siècle d'exploitation, a presque été une race en voie d’extinction avec l’arrivée des Européens, car la demande pour la fourrure avait largement augmenté[1]. Vers la moitié du film, le personnage d'Archie Grey Owl dit : « Les castors ont le sens de la famille, comme nous, enfin certains. (…) La race est presque éteinte, il y a trop de trappeurs et pas assez de castors. Quand le castor est parti du Nord, c’est les castors qui ont fait du Nord ce qu’il est aujourd’hui. Ils ont fait leurs barrages en bois pour former les réservoirs où les orignaux vont se nourrir, les rats musqués et les gibiers d’eau. Au printemps, ils ouvrent leur barrage pour laisser l’eau s’écouler. Éliminer le castor et vous briser la chaîne. ». Le castor est l’animal qui symbolise l’assiduité au travail, le film montre, en parallèle, l’effort et la détermination que les autochtones font pour préserver leur culture[2]. Le film propose une vision positive du castor et valorise sa protection.

La Spiritualité[modifier | modifier le code]

Les Autochtones accordent une grande importance à leurs coutumes, rituels ou leurs mythes. Ils font des danses et des rituels pour les animaux afin de respecter l’héritage symbolique des ancêtres et également pour remercier la terre de leur offrir quelques choses pour vivre. De ce fait, la collectivité a un sentiment de rapprochement entre eux et favorise leur responsabilité envers leurs communautés. Ce qui fait que leurs coutumes sont plus respectés et compris par la communauté[3]. Dans Grey Owl, les Autochtones utilisent l’attrape-rêve, font des danses symboliques, des rituels lorsqu’un animal est tué, etc. Ils dispose l'attrape-rêve près de l’endroit où ils vivent en forêt et les accrochent surtout pour les bébés ainsi que les nouveaux mariés. Selon les traditions autochtones, les mauvais rêves se prennent dans la toile et les bons rêves passent aux travers. Il s'agit d'une façon, pour eux, d’avoir l’esprit tranquille lorsqu’il est le temps de dormir. Archie Grey Owl effectue également un rituel lorsqu’il tue un chevreuil, le film propose cette action pour libérer l’animal de sa mort et pour qu’il repose en paix. C’est également un remerciement envers les êtres supérieurs pour lui avoir permis de se nourrir.

Le mariage mixte[modifier | modifier le code]

Entre 1813 et 1830, le mariage entre un Français et une sauvagesse commence à poser un problème, car les étrangers voulant un mariage avec eux ne peuvent pas s’établir à Kahnawake, suite à la Proclamation royale de 1763 et la Loi sur les Indiens de 1876. Cette loi défend aux non-autochtones interrraciaux d'habiter sur un territoire amérindien, ce qui complique les mariages[4]. Le film présente une version différente puisqu’à l’intérieur de celui-ci Archie Grey Owl se marie facilement avec Pony. L’histoire du film se situe dans les années 1930, à une époque où le mode de vie traditionnelle des Autochtones est bousculé par les changements industrielle au Québec. Dans le film, lorsqu’un homme devait quitter sa place en forêt pour un long voyage, il devait marier la femme qu’il fréquentait pour ne jamais briser leur lien. Ils devaient se marier, car ils ont comme perception que s’ils ne le font pas, le temps va filer trop rapidement et ils vont passer à côté de quelque chose d’important. L’œuvre cinématographique présente donc le mariage d’une sauvagesse avec un étranger, mais à l’intérieur de leur tribu, ce qui est plus simple pour eux.

Grey Owl est une œuvre qui s'inspire librement de la réalité autochtones, mais qui ne les présentent pas fidèlement. Le film le montre avec l’attachement au castor, à la spiritualité et l’importance du mariage. Une autre œuvre cinématographique qui peut illustrer la réalité de ceux-ci serait le long métrage documentaire de Richard Desjardins, Le peuple invisible. Il montre la façon dont les Autochtones vivent leur vie en lien avec les changements apportés au Québec.


Médiagraphie[modifier | modifier le code]

Hébert, Martin (2009). « Les Indiens, les Mohawks et les Blancs : mise en contexte historique et sociale de la question des Blancs à Kahnawake », Recherches amérindiennes au Québec, vol. 39, no 1-2, p. 159-171.

L. Létourneau, Éric (automne-hiver 2009). « Le patrimoine culturel immatériel dans les programmes de réhabilitation destinés aux peuples autochtones », Criminologie, vol. 42, no 2, p. 153-172.

Office national du film du Canada (s.d.). Le peuple invisible (Bande-annonce), http://www.onf.ca/film/peuple_invisible/trailer/Peuple-invisible-bande-annonce (Consulté le 13 mai 2013).

Tournier, Jean (1986). « Symbolique animale et traduction », Meta : journal des traducteurs / Meta: Translators' Journal, vol. 31, no 3, p. 332-349.

Université Laval (2006). Grey Owl, les autochtones et la perception environnementale au Canada au début du XXe siècle, http://theses.ulaval.ca/archimede/fichiers/23973/23973.html (Consulté le 13 mai 2013).

Sioui-Durand, Yves et Wickham, Philip (1999). « Chasser l’Esprit », Jeu : revue de théâtre, no 92, p. 90-918.

Wikipédia (2013). Grey Owl (film), http://fr.wikipedia.org/wiki/Grey_Owl_(film) (Consulté le 13 mai 2013).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Université Laval (2006). Grey Owl, les autochtones et la perception environnementale au Canada au début du XXe siècle (Consulté le 13 mai 2013).
  2. Tournier, Jean (1986). « Symbolique animale et traduction », Meta : journal des traducteurs / Meta: Translators' Journal, vol. 31, no 3, p. 332-349.
  3. L. Létourneau, Éric (automne-hiver 2009). « Le patrimoine culturel immatériel dans les programmes de réhabilitation destinés aux peuples autochtones », Criminologie, vol. 42, no 2, p. 153-172.
  4. Hébert, Martin (2009). « Les Indiens, les Mohawks et les Blancs : mise en contexte historique et sociale de la question des Blancs à Kahnawake », Recherches amérindiennes au Québec, vol. 39, no 1-2, p. 159-171.

Liens externes[modifier | modifier le code]