Grenelle (Seine)

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48° 51′ N 2° 18′ E / 48.85, 2.3 ()

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Grenelle est une ancienne commune française du département de la Seine, qui était aussi communément appelée Beau-Grenelle[1]. Elle est l'une des quatre communes entièrement annexées en 1860 par Paris[2]. Son territoire forme aujourd'hui une partie du 15e arrondissement s'étendant sur les deux tiers sud du quartier de Grenelle (la partie nord, au-dessus du boulevard de Grenelle, étant issue de l'ancien quartier des Invalides du Xe arrondissement ancien de Paris[3]), l'essentiel du quartier de Javel et un petit bout du quartier Necker.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Plaine de Grenelle.

La plaine de Grenelle s'étendait des actuels Invalides jusqu'aux anciens terrains marécageux de Javel en bordure de Seine à l'ouest. La terre de la plaine de Grenelle était difficile pour l'agriculture, ce qui explique pourquoi l'endroit fut longtemps très éparsement peuplé malgré la proximité de Paris.

L'ancienne commune de Grenelle était délimitée à l'Ouest par la Seine, l'île aux Cygnes étant comprise dans la commune et au Nord par le boulevard de Grenelle jusqu'à la place Cambronne. Ses limites Est et Sud étaient plus compliquées et ne correspondent pas toujours à des rues. À l'Est, la commune comprenait une grande partie du triangle formé par les rues de la Croix-Nivert, Cambronne et Mademoiselle, aujourd'hui inclus dans le quartier Necker. La rue Mademoiselle constituait sa limite entre les rue Quinault et de la Croix-Nivert, puis c'était la rue de la Croix Nivert jusqu'à la rue de Javel. La limite Sud était formée par la rue de Javel depuis la rue de la Croix-Nivert jusque la rue de Lourmel (alors appelée rue des Vaches à cet endroit), puis la rue de Lourmel jusqu'aux environs de la rue Varet, ensuite de ce point rejoignait le croisement des rues Cauchy et Gutenberg, et enfin suivait la rue Cauchy (alors rue Saint Paul) jusqu'à la Seine[4].

Par loi du 16 juin 1859, une partie quasiment non construite de ce qui était alors la commune d'Issy lui fut réunie, à savoir le territoire situé au sud-ouest entre la Seine et la rue de Lourmel jusqu'aux fortifications de Thiers incluses, c'est-à-dire jusqu'à l'actuel boulevard périphérique[4]. Le plan cadastral de Grenelle indique que cette partie fut selon cette loi « annexée à la commune de Grenelle »[4] mais en réalité cette loi est celle qui organisa aussi l'annexion de Grenelle par Paris[5].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Peu à peu le nom de Garanella devint Guarnelles, puis Garnelles avant de prendre son nom actuel[réf. nécessaire].

Histoire du lieu[modifier | modifier le code]

La commune de Grenelle n'exista en tant que telle que de 1830 à 1860.

Grenelle dans l’Antiquité et le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

C'est dans la plaine de Garanella que certains historiens situent le combat opposant, en l'an -52, les troupes du chef gaulois Camulogène aux légions du général romain Labienus, pendant la bataille de Lutèce. Malgré une courageuse résistance, les troupes gauloises furent défaites et passées par les armes[6],[7],[8]. Les Romains, en honneur à leur victoire rebaptisèrent la plaine "Champs de Mars", endroit où sera bâtie bien plus tard la Tour Eiffel[réf. nécessaire].

C'est vers le milieu du XIIIe siècle que Grenelle devint un fief de l’abbaye de Sainte-Geneviève et fut rattaché au village de Vaugirard que possédait déjà l'abbaye.

Grenelle pendant la Révolution[modifier | modifier le code]

Le 31 août 1794, une explosion très importante détruisit la poudrerie[9] installée sur le territoire de la commune de Grenelle, faisant un millier de victimes parmi les employés et la population riveraine.

En septembre 1796, un groupe d'artisans et de commerçants mécontents tenta de rallier à sa cause les militaires du camp de Grenelle pour renverser le Directoire. C'est l'affaire du camp de Grenelle. Tous ceux que la force publique put attraper furent fusillés à ce même endroit.

Le père d'Anselme Payen y ouvre une manufacture en 1797, produisant du sel ammoniac. Celle-ci deviendra sous la direction de son fils l'une des grandes manufactures de Paris lors de la Restauration et de la monarchie de Juillet.

Le lotissement Violet et le Grenelle moderne[modifier | modifier le code]

L'ancienne mairie de la commune libre

Le 15 mai 1824, deux conseillers municipaux de Vaugirard, Jean-Léonard Violet et Alphonse Letellier, achetèrent et lotirent tous les terrains de la plaine de Grenelle. La ferme de Grenelle, propriété de la Ville de Paris, faisait partie de l’achat avec des terres dépendant de la commune de Vaugirard. Dans l’espace périphérique des faubourgs mal urbanisés et souvent déshérités de la capitale, le lotissement Violet dessina un véritable quartier autonome, mêlant habitations, commerces et industries.

Les opérations ayant été menées assez rapidement, le nouveau quartier de Beau Grenelle fut inauguré le 27 juin 1824. La construction de l’église Saint-Jean-Baptiste en 1825, du pont de Grenelle en 1826, l'aménagement d'un port sur la Seine pour le trafic par voie d'eau et d'une gare fluviale destinée à entreposer les marchandises, ainsi que la réalisation du théâtre de Grenelle en 1829, vinrent parachever cet ensemble organisé en réseau global.

Sous l'impulsion de la Compagnie des Entrepreneurs fondée par Violet et Letellier, le quartier ne cessera de se développer et provoquera peu à peu la jalousie et l'hostilité des habitants du vieux Vaugirard.

L'indépendance de la commune de Grenelle[modifier | modifier le code]

Ainsi le 13 mai 1829, les conseillers de Vaugirard ayant refusé l'installation de réverbères à huile dans la rue Mademoiselle, les beau-grenellois demandèrent la séparation d'avec la commune de Vaugirard. Après enquête, l'ordonnance du 22 octobre 1830 érigea tout le quartier en commune indépendante sous le nom de Grenelle[10] :

« No 334. - Ordonnance du Roi portant que le village de Grenelle et les terrains qui en dépendent sont distraits de la commune de Vaugirard, arrondissement de Sceaux, département de la Seine, pour former une commune séparée. Cette disposition aura lieu sans préjudice des droits d'usage qui seraient réciproquement acquis. (Paris, 22 octobre 1830.) »

L'ancien bâtiment construit pour servir de mairie en 1848 existe encore, place du Commerce.

Démographie de l'ancienne commune de Grenelle[modifier | modifier le code]

Population de l'ancienne commune de Grenelle
1831 1836 1841 1846 1851 1856
1 647 3 768 4 129 5 548 7 878 14 863
(Source : cassini.ehess.fr[11] )


Courbe d'évolution démographique de Grenelle de 1831 à 1856

Pendant la courte vie de la commune de Grenelle, sa population explosa, étant quasiment multipliée par dix en à peine vingt-cinq ans.

Le rattachement à Paris[modifier | modifier le code]

Cependant l'indépendance de la nouvelle agglomération fut de courte durée. Le 1er janvier 1860, sur décision du baron Haussmann et malgré l'hostilité des Grenellois[12], la commune de Grenelle fut annexée à Paris lors de l'extension de celle-ci et son territoire forma avec la commune de Vaugirard, le quartier de Javel, jusqu'alors sur la commune d'Issy-les-Moulineaux, et le sud du Xe arrondissement ancien de Paris, le 15e arrondissement de Paris[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire complet de tous les lieux de la France et de ses colonies, 1831, p. 64, article « Grenelle (le nouveau), ou Beau-Grenelle ».
  2. Les trois autres sont Belleville, Vaugirard et La Villette.
  3. La partie située au nord-est du boulevard de Grenelle se trouvait avant 1860 dans le quartier des Invalides de Paris, voir le plan de Paris divisé en 12 arrondissements et 48 quartiers, de 1843.
  4. a, b et c Voir l'ancien plan cadastral sur le site des archives de Paris, comportant une note relative à la loi du 16 juin 1859 annexant une partie de la commune d'Issy.
  5. a et b No 7072 — Loi sur l'extension des limites de Paris (du 16 juin 1859), Bulletin des lois de l'Empire français, t. XIV, XIe série, no 738, 3 novembre 1859, p. 747–751, reproduit sur Google Books.
  6. Voir Jean Favier, Paris: Deux mille ans d'histoire, Paris, Fayard,‎ 1997, 1010 p. (lire en ligne), « La bataille de Lutèce », p. 29-32.
  7. Voir Abel Hugo, Histoire générale de la France depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, t. I : Histoire de la Gaule, de l'an 1600 avant J.-C. à l'an 483 après J.-C. (Avant Clovis.), Paris, H.-L. Delloye,‎ 1836 (lire en ligne), « Camulogène. - Combat des légions de Labiénius contre les Parisiens », p. 179-180
  8. Voir Une société de gens de lettres et de savants, Joseph François Michaud (dir.) et Louis Gabriel Michaud (dir.), Biographie universelle, ancienne et moderne, ou, Histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, t. 6, Paris, Michaud frères,‎ 1812 (lire en ligne), « Camulogène », p. 655 (article rédigé par Villenave).
  9. http://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/Explosion-de-la-poudrerie-de-Grenelle-a-Paris-le-31-aout-1794--2509.html
  10. Ordonnance du 22 octobre 1830 dans le Bulletin des lois du Royaume de France, 1831, érigeant « le village de Grenelle et les terrains qui en dépendent » en commune indépendante sous le nom de Grenelle
  11. Notice de Grenelle sur le site cassini.ehess.fr
  12. L'annexion de 1860. Naissance du XVème arrondissement" sur le site de la Société historique et archéologique du XVe Arrondissement de Paris. Résumé d'un article de Jacques Couvreur in Bull. Soc. hist. & arch. du XVème arrondt de Paris – n° 25".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]