Greensleeves

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Greensleeves est une chanson anglaise traditionnelle écrite en l'honneur d'une dame aux manches vertes (de green: « vert » et sleeve : « manche »).

D'après une légende populaire, elle aurait été composée par le roi Henri VIII (1491-1547) en l'honneur d'Anne Boleyn (1501 ou 1507-1536).

Elle a probablement circulé sous forme de manuscrit, c'est-à-dire de copie manuscrite, comme la plupart des musiques populaires de cette époque, bien avant d'être finalement imprimée. La première version reconnue est de 1580, sous le titre de A New Northern Ditty of the Lady Greene Sleeves[1], sans qu'aucune copie de cette impression n'ait survécu, si bien que l'on ne sait pas qui a composé ce morceau.

Plus tardivement, le chant de Noël What child is this ?, traduit en français par Quel est l'enfant, reprend l'air de Greensleeves, en y rajoutant des paroles chrétiennes, de même que le chant d'angélus : Voici que l'Ange Gabriel.

Ce morceau, dont la mélodie est reconnue par beaucoup, a été utilisée dans plusieurs œuvres, et constitue par exemple le fil conducteur du film La Conquête de l'Ouest, où il est notamment interprété par Debbie Reynolds sous le titre "A Home in the Meadow". On le retrouve également dans certains jeux vidéo, dont la série King's Quest (voir aussi l'article dans King's Quest Omnipedia) et Overlord (sorti en 2007) « à l'auberge du septième ciel dans la ville du pic du paradis » ainsi que dans Anno 1602.

Sommaire

[modifier] Paroles

[modifier] Originales

Version de 1584, rapportée par Francis James Child (en) en 1860[1] (en anglais élisabéthain).

Alas, my love, ye do me wrong
To cast me oft discurteously,
And I have loved you so long,
Delighting in your companie.
(refrain)
Greensleeves was all my joy[2],
Greensleeves was my delight,
Greensleeves was my heart of gold.
And who but Ladie Greensleeves.
I have been readie at your hand
To grant what ever you would crave ;
I have both waged life and land,
Your love and good will for to have.
Greensleeves was all my joy, etc.
I bought thee kerchers to thy head
That were wrought fine and gallantly ;
I kept thee both at boord and bed,
Which cost my purse well favouredly.
Greensleeves was all my joie[2], etc.
I bought thee peticotes of the best,
The cloth so fine as fine might be ;
I gave thee jewels for thy chest,
And all this cost I spent on thee.
Greensleeves was all my joie, etc.
Thy smock of silke, both faire and white,
With gold embrodered gorgeously,
Thy peticote of sendall right,
And this I bought thee gladly.
Greensleeves was all my joie, etc.
Thy girdle of gold so red,
With pearles bedecked sumtuously,
The like no other lasses had,
And yet thou wouldest not love me.
Greensleeves was all my joie, etc.
Thy purse, and eke thy gay guilt knives,
Thy pincase, gallant to the eie,
No better wore the burgesse wives,
And yet thou wouldst not love me.
Greensleeves was all my joy, etc.
Thy crimson stockings, all of silk,
With golde all wrought above the knee
Thy pumps, as white as was the milk,
And yet thou wouldst not love me.
Greensleeves was all my joie, etc.
Thy gown was of the grassie green,
Thy sleeves of satten hanging by,
Which made thee be our harvest queen,
And yet thou wouldst not love me.
Greensleeves was all my joie, etc.
Thy garters fringed with the golde,
And silver aglets hanging by,
Which made thee blithe for to beholde,
And yet thou wouldst not love me.
Greensleeves was all my joie, etc.
My gayest gelding I thee gave,
To ride where ever liked thee,
No ladie ever was so brave,
And yet thou wouldst not love me.
Greensleeves was all my joie, etc.
My men were clothed all in green,
And they did ever wait on thee ;
All this was gallant to be seen,
And yet thou wouldst not love me.
Greensleeves was all my joie, etc.
They set thee up, they took thee downe,
They served thee with humilitie ;
Thy foote might not once touch the ground,
And yet thou wouldst not love me.
Greensleeves was all my joie, etc.
For everie morning, when thou rose,
I sent thee dainties, orderly,
To cheare thy stomack from all woes,
And yet thou wouldst not love me.
Greensleeves was all my joie, etc.
Thou couldst desire no earthly thing
But stil thou hadst it readily ;
Thy musicke still to play and sing,
And yet thou wouldst not love me.
Greensleeves was all my joie, etc.
And who did pay for all this geare,
That thou didst spend when pleased thee ?
Even I that am rejected here,
And thou disdainst to love me.
Greensleeves was all my joie, etc.
Wei, I wil pray to God on hie
That thou my constancie maist see,
And that yet once before I die
Thou will vouchsafe to love me.
Greensleeves was all my joie, etc.
Greensleeves, now farewel, adue !
God I pray to prosper thee,
For I am stil thy lover true ;
Come once againe, and love me !
Greensleeves was all my joie, etc.

[modifier] Traduction libre

Hélas, mon amour, vous me maltraitez,
À me rejeter de façon si discourtoise,
Moi qui vous aime depuis si longtemps,
Qui me délecte en votre compagnie.

(refrain)

Vertes-Manches était toute ma joie,
Vertes-Manches était mon bonheur,
Vertes-Manches était mon cœur d'or,
Qui d'autre que Dame Vertes-Manches ?
Je vous étais entièrement soumis
Pour réaliser le moindre de vos caprices.
J'ai remué ciel et terre
Pour m'assurer votre amour et votre bienveillance.
Je t'ai offert des foulards pour ta tête
Qui étaient superbement et galamment brodés.
Je t'ai prise tant au bourdeau qu'au lit
Et ma bourse s'en est trouvée bien dégarnie.
Je t'ai acheté des jupons de la meilleure qualité,
Les habits les plus élégants qui soient.
Je t'ai donné des bijoux pour orner ton devantier,
Et tout ces frais je les ai faits pour toi.
Ta blouse de soie, à la fois belle et blanche,
Et superbement brodée de fils d'or,
Ta jupe de lourde soie,
Je t'ai acheté tout cela de bon cœur.
Ta ceinture d'or si rouge,
Somptueusement ornée de perles,
Aucune autre fille n'a la même
Et pourtant tu n'as pas voulu m'aimer.
Ta bourse et aussi tes couteaux bien affutés,
Ta boite à épingles, si élégante à l'œil,
Les épouses des bourgeois n'en ont pas de meilleures,
Et pourtant tu n'as pas voulu m'aimer.
Tes bas cramoisis, tout en soie,
Avec leur jarretière en or,
Tes chaussures, blanches comme le lait,
Et pourtant tu n'as pas voulu m'aimer.
Ta robe était du vert de l'herbe,
Tes manches de satin y étaient fixées,
Qui faisaient de toi notre reine des moissons,
Et pourtant tu n'as pas voulu m'aimer.

[modifier] Musique

La chanson est traditionnellement jouée sur l'air suivant[3] :

Greensleeves.gif

[modifier] Les interprétations notables

[modifier] Jazz

[modifier] Folk-Rock

[modifier] Folk

  • Jean-Yves Lozac'h (Pedal steel guitar) et Jean-Marie Redon (Banjo), Album Folk Pirate, 1er volume (1974)
  • David Nevue (piano), dans l'album Sweet Dreams & Starlight[4].
  • La Primavera, dans l'album English Renaissance Music[5].

[modifier] Musique celtique

[modifier] Musique classique

[modifier] Pop

[modifier] Références

  1. a et b English and Scottish ballads, Francis James Child, 1860, sur Internet Archive.
  2. a et b Les deux orthographes joie et joy apparaissent dans le texte original.
  3. Some old French and English ballads, édité par Robert Steele, 1905.
  4. Sweet Dreams & Starlight. Consulté le 28 mars 2009
  5. La Primavera : English Renaissance Music. Consulté le 28 mars 2009

[modifier] Liens externes

Ces liens pointent vers des variations de Greensleeves au format MIDI :

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