Grèce

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République hellénique

Ελληνική Δημοκρατία (el)

Ellinikí Dhimokratía (el)

Drapeau
Drapeau de la Grèce
Blason
Armoiries de la Grèce
alt=Description de l'image EU-Greece.svg.
Devise nationale Ελευθερία ή θάνατος
(Elefthería í thánatos)
(En grec : La liberté ou la mort)
Hymne national Ímnos is tin Elevtherían (Hymne à la Liberté)
Administration
Forme de l'État République parlementaire
Président de la République Károlos Papoúlias
Président du Parlement Evángelos Meïmarákis
Premier ministre Antónis Samarás
Langues officielles Grec
Capitale Athènes

38° 00′ N 23° 42′ E / 38, 23.7

Géographie
Plus grande ville Athènes
Superficie totale 131 957 km2
(classé 97e)
Superficie en eau 0,86 %
Fuseau horaire UTC +2
Histoire
Indépendance de l’Empire ottoman
Proclamation 1er janvier 1822
Démographie
Gentilé Grec, Grecque
Population totale (2011) 10 815 197[1] [2] hab.
(classé 74e)
Densité 85 3 hab./km2
Économie
IDH (2010) en augmentation 0,855 (très élevé) (22e)
Monnaie Euro[N 1] (EUR​)
Divers
Code ISO 3166-1 GRC, GR​
Domaine Internet .gr
Indicatif téléphonique +30

La Grèce, en forme longue la République hellénique, en grec ancien et katharévousa Ἑλλάς / Hellás, en grec démotique Ελλάδα / Elládha et Ελληνική Δημοκρατία / Ellinikí Dhimokratía, est un État d’Europe du Sud, situé dans l'extrême Sud des Balkans. Sa capitale est Athènes.

La Grèce, d'une superficie de 131 957 km2 pour un peu moins d'onze millions d'habitants, partage des frontières terrestres avec l’Albanie, l'Ancienne République yougoslave de Macédoine[N 2], la Bulgarie et la Turquie et partage des frontières maritimes avec l'Albanie, l'Italie, la Libye, l'Égypte et la Turquie, cette dernière source de contentieux. La mer Ionienne à l'ouest et la mer Égée à l'est, parties de la mer Méditerranée, encadrent le pays dont le cinquième du territoire est constitué de plus de 9 000 îles et îlots dont près de 200 sont habités. De plus, 80 % de son territoire est constitué de montagnes dont la plus haute est le mont Olympe avec 2 917 mètres.

La Grèce est membre de l’OTAN depuis 1952[N 3], de l’Union européenne depuis 1981 et de la zone euro depuis 2001.

L'histoire de la région qui constitue son territoire actuel est très riche. La Grèce antique, avec ses cités, sa philosophie, sa démocratie ou son théâtre, a fortement influencé l'Empire romain et est devenue, depuis la Renaissance, l'un des modèles de culture européenne et de la civilisation occidentale moderne. En s'hellénisant, l'Empire romain d'Orient est devenu un empire grec, tout comme ses États successeurs (Trébizonde, Épire, Mistra ou Doros). L'influence et la présence grecques tout au long de ses périodes dépassèrent les limites du territoire actuel : cités et populations grecques d'Asie mineure et du pourtour de la mer Noire, Empire de Nicée, despotat de Dobrogée au XIVe siècle ou principautés de Valachie et de Moldavie à l'époque phanariote au XVIIIe siècle.

C’est au début des années 1830 que le premier État grec indépendant de l'ère moderne vit le jour, à la suite d'une guerre d'indépendance contre l'Empire ottoman.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Grèce.
La Grèce vue par satellite

La Grèce est située à l'extrémité sud de la péninsule des Balkans, approximativement entre 34°48′ à 41°45′ de latitude nord et de 19°00′ à 28°30′ de longitude est. Elle a une superficie de 131 957 km2 (3,3 % de la superficie de l'Union européenne). Ses côtes sont longues de 15 000 km[3],[4],[5].

Son territoire comprend de trois unités géographiques : la Grèce continentale, la presqu'île du Péloponnèse et les îles qui représentent un cinquième de la superficie totale du pays. Les côtes grecques sont bordées à l'ouest par la mer Ionienne et à l'est par la mer Égée où se trouvent la majorité des îles grecques. Les seules îles de l'Égée à ne pas être grecques sont Imbros et Ténédos[6]. Le nombre d'îles en Grèce varie selon la définition choisie : 9 841 selon l'Ambassade de Grèce en France[4] ou 3 000 dont 777 dignes d'intérêt selon certains guides[7]. Au recensement de 2001, 169 îles étaient habitées, mais un tiers d'entre elles comptaient moins de cinquante habitants. La taille de ses îles habitées va de 3 km2 pour la plus petite Délos (qui jouit d'un statut particulier[N 4]) à 8 263 km2 pour la Crète[6]. Aucun point de la Grèce n’est éloigné de plus de 80 km de la mer, dans le Péloponnèse et la Grèce Centrale cette distance n'est même que d'une cinquantaine de kilomètres. De fait, il n’existe pas de montagne en Grèce d’où la mer ne puisse être aperçue[4],[5].

La Grèce a des frontières terrestres avec l’Albanie (216 km), la Macédoine (qu'elle reconnaît uniquement sous le nom de « Ancienne République Yougoslave de Macédoine », ou ARYM, en anglais FYROM) (245 km), la Bulgarie (474 km) et la partie européenne de la Turquie (203 km)[3]. Le pays a des frontières maritimes avec l'Albanie, l'Italie, la Libye, l'Égypte et la Turquie, cette dernière source de contentieux.

Relief[modifier | modifier le code]

La Grèce est située à la rencontre des plaques tectoniques africaine et eurasiatique. Durant le mésozoïque, elle était recouverte par l'océan Téthys dont la Méditerranée est un vestige. Le rapprochement entre les plaques a créé le mouvement alpin dont les montagnes de Grèce font partie. Ce mouvement a entraîné la fracture de la plaque eurasiatique créant la plaque de la mer Égée. Il a aussi créé d'immenses nappes de charriage qui font que l'ouest de la Grèce est constitué de calcaire et flysch plissés et l'est de massifs cristallins et métamorphiques[3],[8]. Le mouvement tectonique se poursuit (4 cm par an) et est cause de tremblements de terre réguliers : la moitié des secousses annuelles en Europe ont lieu en Grèce. Les Cyclades (excepté le volcanisme de Santorin) sont les moins menacées par les séismes. Deux failles sont très actives : la première parcourt l'Égée d'est en ouest (de Rhodes à l'ouest de la Crète) puis remonte le long du Péloponnèse jusqu'à Corfou ; la seconde va des Dardanelles aux Sporades puis rejoint le golfe de Corinthe. Le tremblement de terre de Céphalonie et Zante du 18 août 1953 atteignit 7,2 sur l'échelle de Richter et fit 476 morts. Trois ans plus tard, Amorgos fut touchée par un séisme de magnitude 7,5 et eut à déplorer 53 morts[3],[8].

Le mouvement alpin et les charriages se sont accompagnés durant les trois derniers millions d'années de la création de failles nombreuses ainsi que de fossés d'effondrement envahis principalement par la mer, mais entraînant aussi la mise en place du réseau hydrographique actuel. À la fin de la glaciation de Würm, la remontée des eaux d'une centaine de mètres a dessiné les côtes actuelles, ainsi que les plaines littorales et les deltas des fleuves[8].

Entre 70 % et 80 % du territoire grec est montagneux, ce qui fait de la Grèce le sixième pays le plus montagneux d'Europe. Cependant, ces montagnes, plutôt massives aux pentes abruptes, sont considérées comme d'altitude « moyenne ». 43 % des communes grecques sont situées au-dessus des 800 mètres d'altitude, donc en « montagne » et 27 % sont en « semi-montagne » (entre 400 m et 800 m d'altitude)[6]. Vingt-neuf sommets dépassent les 2 000 mètres d'altitude. Le mont Olympe est le point culminant de Grèce avec ses 2 917 mètres au-dessus du niveau de la mer[6],[8].

Les monts du Pinde forment la chaîne centrale du pays, avec une hauteur moyenne de 2 650 mètres. Seul le col de Qatara (« malédiction » en français) permet de les franchir, à 1 700 mètres d'altitude. Ils sont, avec les massifs du Parnon et du Taygète dans le Péloponnèse et des Lefká Óri en Crète, puis les îles de Karpathos et Rhodes une prolongation de l'arc alpin et des Alpes dinariques. Le nord de la Grèce présente une autre chaîne de montagnes, les monts du Rhodope, entre 1 800 et 2 300 mètres d'altitude, à cheval sur la Macédoine orientale et la Thrace[3],[6],[8].

On trouve en Grèce de nombreux canyons et autres paysages karstiques, dont les Météores et les gorges de Vikos.

La plaine littorale d'Argolide.

Les zones de plaine ou de faible pente sont relativement rares en Grèce (20 à 30 % de la superficie)[6]. Les grandes plaines alluviales se trouvent principalement en Thessalie, en Macédoine et en Thrace et le long de la côte orientale du Péloponnèse. En raison des mouvements tectoniques du pliocène et du quaternaire, elles sont généralement peu étendues : la largeur de la plaine de Macédoine n'excède jamais les 100 km. Dans les plaines, l'eau a longtemps posé problème. Dans les poljés (bassins du Stymphale, de Tripoli ou du Copaïs par exemple), les katavothres (ponors) étaient (avant les travaux du XIXe siècle) incapables d'évacuer les pluies d'hiver qui créaient des lacs saisonniers et des marais. Les grandes plaines (Thessalie, Macédoine et Thrace) sont coupées par de petits reliefs montagneux qui obligent les eaux de pluie d'hiver à s'écouler dans d'étroites gorges. Avant les travaux d'aménagement, elles étaient retenues en amont des gorges, créant aussi des lacs saisonniers. D'importants travaux de drainage et irrigation ont été menés depuis le milieu du XIXe siècle et se sont accélérés d'abord dans les années 1920 puis les années 1960 afin de rendre les plaines grecques utilisables pour la culture et plus seulement l'élevage comme c'était traditionnellement le cas[6],[9].

Climat[modifier | modifier le code]

Diagramme climatique d'Athènes.

La Grèce a un climat typiquement méditerranéen (hivers doux et humides et étés chauds et secs). Cependant, on trouve une variété de sous-climats liés au relief ; les chaînes du Pinde, Taygète, Parnon et Lefká Óri bloquant les influences venues de l'ouest et plus chargées en précipitations[10],[11].

Les hivers sont plus froids sur le nord du pays : isotherme de janvier à °C sur les Rhodopes, °C sur l'ensemble des plaines du nord, °C en Thessalie, 10 °C pour la Grèce centrale et la région d'Athènes et isotherme de janvier à 13 °C pour la Crète et les Cyclades. Cette situation est liée à l'influence des Balkans au nord et de l'Afrique au sud. Le relief joue à nouveau un rôle pour les différences de température l'été. Le nord-est reste le plus frais (isotherme de juillet à 24 °C pour la Thrace) mais aussi le nord-ouest (isotherme à 25 °C pour l'Épire et toute la côte ionienne). La Thessalie (et jusqu'à Thessalonique au nord), la Grèce centrale, l'Attique et tout le Péloponnèse sont dans l'isotherme à 27 °C, avec une bulle à 28 °C pour la Laconie. Les vents du nord rafraîchissent les températures pour l'Égée[10],[11].

Le versant ouest ionien (Épire, Étolie-Acarnanie, ouest du Péloponnèse et ouest de la Crète) est le plus arrosé, avec une pluviométrie entre 1 000 et 1 400 mm de pluie par an. Le nord-est du pays (Thrace, Chalcidique, est de l'Eubée parfois jusqu'à Tinos et Andros) reçoit des dépressions lui assurant une pluviométrie de 800 à 1 400 mm de pluie par an, en fonction de l'altitude. La région la plus sèche va donc de l'Attique aux Cyclades (400 à 600 mm de pluie par an)[10],[11].

Fleuves et lacs[modifier | modifier le code]

La Grèce est un pays qui souffre de manques d'eau alors qu'il reçoit en moyenne le double de précipitations des autres pays méditerranéens. En effet, la population et l'activité touristique se concentrent dans la zone la plus sèche : Attique et Cyclades. De plus, les activités humaines ont accentué les phénomènes : déforestation et bétonnage empêchent l'absorption et accentuent les risques d'inondations ; l'irrigation (maïs et coton) massive, mais souvent avec des installations anciennes qui fuient, les golfs et piscines ainsi que le tourisme prélèvent une part importante de l'eau ; la gestion de l'eau au XXe siècle (assèchement des zones humides, barrages, pompage de nappes trop près de la mer entraînant des remontées d'eau saline ou utilisation massive d'engrais polluant la ressource) a obéré l'approvisionnement au début du XXIe siècle. Cependant, la situation semble s'améliorer : retraitement et meilleure gestion agricole et humaine[12].

La formation de fleuves est limitée par la rareté de précipitations et le morcellement du relief. Les grands fleuves sont ainsi assez peu nombreux et certains trouvent parfois leur source à l'extérieur du territoire grec. Il y a cinq grands fleuves au nord : l'Axios (source en ARYM, 87 km en Grèce et se jette dans le golfe Thermaïque), l'Évros (source en Bulgarie, 204 km en Grèce et se jette en mer de Thrace), le Nestos (source en Bulgarie, 130 km en Grèce et se jette en mer de Thrace) et le Strymon (source en Bulgarie, 118 km en Grèce et se jette dans le golfe Strymonique) ; l'Aliakmon coule intégralement en Grèce : il est le plus long du pays avec 297 km (ou 312 km selon les sources) et se jette dans le golfe Thermaïque. L'Achéloos, long de 217 km (ou 280 km selon les sources) coule intégralement en Grèce occidentale et se jette dans le golfe de Patras près de Missolonghi. Le Pénée en Thessalie est le dernier fleuve qui dépasse les 200 km de longueur. Tous sont utilisés pour l'irrigation et l'hydroélectricité et leur cours est émaillé de barrages[4],[13].

Il y a en Grèce vingt et un lacs, dont quatorze artificiels, qui recouvrent une superficie de 59 900 hectares. Ils se trouvent dans une grande moitié nord du pays.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

La forêt couvre un cinquième du territoire du pays. Parmi les 200 espèces d'arbres, les principaux sont le pin, l'olivier, le peuplier argenté, le cyprès, le châtaignier et le sapin[14]. Ses 65 000 km2 sont largement inférieurs aux surfaces des autres pays européens et constamment menacés par la pression immobilière et les incendies de forêts (tels ceux de 2007). Huit mille hectares sont encore une forêt primaire, principalement dans les Rhodopes[15].

La Grèce est un des pays méditerranéens qui a le mieux conservé sa biodiversité. Plus de 6 000 végétaux sont recensés dont 4 050 espèces sauvages dont 800 sont protégés. On compte aussi 900 espèces animales dont deux cents protégées. Certaines sont endémiques ou dont les derniers représentants sont en Grèce (Phoque moine de Méditerranée, tortue carette) ; 28 des 36 espèces d'aigles européens vivent dans le ciel de Grèce[4],[15].

La protection de la nature est un phénomène ancien (1932 : premières lois de protection ; 1937 : premiers parcs nationaux). En 2009, le pays compte neuf parcs nationaux et dix réserves aquatiques. Quatre cents zones supplémentaires ont été protégées dans le cadre du plan européen Natura 2000. Cependant, la réalité est différente : les activités humaines (chasse, agriculture, immobilier, tourisme, etc.) empiètent sans grande crainte de représailles légales sur les zones protégées[15].

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire de la Grèce
Image illustrative de l'article Grèce
Préhistoire de la Grèce
3200 av. J.-C. Civilisation cycladique
2700 av. J.-C. Civilisation minoenne
1550 av. J.-C. Civilisation mycénienne
Grèce antique
1200 av. J.-C. Siècles obscurs
 800 av. J.-C. Époque archaïque
 510 av. J.-C. Époque classique
 323 av. J.-C. Époque hellénistique
 146 av. J.-C. Grèce romaine
Grèce médiévale
 330 Empire byzantin
1202 Quatrième croisade
Grèce ottomane
1453 Chute de Constantinople
1799 République des Sept-Îles
1821 Guerre d'indépendance
Grèce contemporaine
1832 Royaume de Grèce
1936 Régime du 4-Août
1941 Occupation
1946 Guerre civile
1967 Dictature des colonels
1974 République hellénique

Sur l’actuel territoire de la Grèce, le climat a permis une bonne conservation des vestiges même très anciens, et l’écriture est tôt apparue : l’histoire du pays est donc très bien connue, de la Grèce antique à la Grèce actuelle en passant par les périodes hellénistique, romaine, byzantine, ottomane, de l’indépendance, de la monarchie, de la guerre civile et de la dictature des colonels.

Depuis le XIXe siècle, deux écoles s’affrontent pour l’écriture de l’histoire de la Grèce : celle d’une continuité de l’hellénisme entre l’antiquité et nos jours, qui prend en compte surtout l’évolution de la langue, et celle d’une différence profonde entre la Grèce classique et la Grèce contemporaine, introduite au travers des Empires byzantin puis ottoman, dont les religions monothéistes sont analysées comme une rupture culturelle fondamentale[16].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Vénus stéatopyge dite « la grosse dame de Saliagos », Paros, Cyclades, Ve millénaire av. J.‑C.

Quelques sites paléolithiques sont aujourd'hui connus en Grèce. Les traces de présence humaine les plus anciennes ont été découvertes dans une grotte de Petrálona (Πετράλωνα) en Chalcidique. L'analyse du crâne de l’Archanthropus europaeus petraloniensis qui y a été découvert a permis d'envisager une datation large allant de 700 000 ans avant le présent (pour un homo erectus petralonensis) à 300 000 ans avant le présent (pour un homo sapiens petralonensis proche de l'homo rhodesiensis). Cependant, l'hypothèse d'une datation de 100 000 ans avant le présent ne serait pas à exclure[17]. Des traces datant du XLe millénaire av. J.‑C. ont été retrouvées dans trois grottes de la vallée du Louros qui furent occupées durant le moustérien[18].

La grotte de Fránchthi en Argolide a été occupée sans interruption au moins du XXe au IIIe millénaire av. J.-C. quand l'entrée fut obstruée par un éboulement. Elle permet de suivre le passage d'une « société » de chasseurs-cueilleurs nomades à des sédentaires pratiquant l'agriculture (restes d'animaux et de céréales domestiqués)[19]. Cette transition semble s'être faite vers le VIIe millénaire av. J.‑C. pour l'ensemble de la Grèce actuelle : Épire, Macédoine, Égée et Crète. Partout, des éléments aux caractéristiques similaires (poteries à figures noires sur fond rouge et formes architecturales arrondies) ont été retrouvés[20].

Le Néolithique commence vers 4500 av. J.-C. en Grèce. les sites sont très dispersés et cette époque se caractérise par la sédentarisation des populations et les débuts de l'agriculture. Il est difficile de mesurer l'évolution sociale de ces périodes anciennes; mais la diversification des outils et des armes semblent indiquer un début de spécialisation dans les activités humaines[21]. L'usage des métaux se développa à partir du IIIe millénaire av. J.‑C. entraînant l'entrée de la région dans la protohistoire[20].

Protohistoire[modifier | modifier le code]

Tête cycladique.
Fresque à Knossos.

L'âge du bronze commence vers 3000 avant J-C. À cette époque, la Grèce ne connait pas une structure et un développement semblables aux grandes civilisations égyptiennes ou mésopotamiennes. Mais il faut distinguer des régions comme les Cyclades ou la Crète qui se démarquent par une civilisation originale[21].

La civilisation cycladique a englobé les Cyclades dans une unité culturelle au IIIe millénaire av. J.‑C. pendant l'âge du bronze. Elle est célèbre pour ses idoles de marbre, retrouvées jusqu'au Portugal et à l'embouchure du Danube[22]. Son influence dans l'espace grec s'est étendue de la Crète à l'Attique[23]. Son organisation en petites entités politiques, sans pouvoir central étatique, portait en germe celle de la Grèce des siècles suivants[24].

La civilisation cycladique est un peu plus ancienne que la civilisation minoenne de Crète qui se développa du XXVIIIe au XIIIe siècle av. J.-C., avec un apogée dans la première moitié du IIe millénaire av. J.‑C. Tirant son nom du nom du roi légendaire Minos, elle a été révélée par l'archéologue anglais Arthur John Evans au début du XXe siècle. Elle est célèbre pour ses palais comme Knossos, Phaistos et Malia. Ils sont situés dans les plaines les plus fertiles de l'île, permettant à leurs propriétaires l'accumulation de richesses, notamment agricoles, comme le prouvent les grands magasins de produits agricoles[25]. Construits avec des briques cuites (innovation), ils n'étaient pas fortifiés car la puissance maritime de cette civilisation semble l'avoir mise à l'abri de la plupart des dangers extérieurs. Ses échanges marchands englobaient la Sicile, Chypre, l'Égypte, l'Asie mineure et la Grèce continentale. D'abord organisée en clans, cette société évolua avec le développement d'une classe marchande. Elle resta cependant très hiérarchisée et centrée sur les palais dominant des agglomérations quasi-urbaines. L'architecture et le décor des palais, ainsi que la qualité de la céramique sont considérés comme sans précédent artistiques. La plupart des hypothèses lient le déclin de la civilisation minoenne et son remplacement par la civilisation mycénienne à l'explosion de Santorin[26].

Masque d'or dit « masque d'Agamemnon », (XVIe siècle av. J.-C., Mycènes, cercle A des tombes).

La civilisation mycénienne s'étend de 1550 à 1100 environ av. J.-C. (Helladique récent, fin de l'âge du bronze). Son apogée se situe environ entre 1400 et 1200 av. J.-C.[27]. Le terme « mycénien » a été choisi par l'archéologue Heinrich Schliemann pour qualifier cette civilisation dans la seconde moitié du XIXe siècle[28]. Ce nom est repris de celui de la ville péloponnésienne de Mycènes, à la fois parce qu'il s'agit du premier site fouillé à révéler l'importance de cette civilisation et du fait de l'importance que revêtait la cité dans la mémoire des auteurs grecs antiques, en premier lieu Homère, qui faisait du roi de Mycènes le chef des « Achéens ». Par la suite, Mycènes s'est révélée n'être qu'un pôle de cette civilisation parmi d'autres, mais le terme de « mycénien » est resté utilisé par convention[27]. Elle se répandit progressivement à partir du sud de la Grèce continentale sur le monde égéen dans son ensemble, qui connut pour la première fois une certaine unité culturelle. Cette civilisation est notamment caractérisée par ses palais-forteresses, ses différents types de poterie peinte que l'on retrouve tout autour de la mer Égée, ainsi que son écriture, le linéaire B, la plus ancienne écriture connue transcrivant du grec. Depuis son déchiffrement en 1952, la civilisation mycénienne est la seule civilisation égéenne pré-hellénique connue à la fois par des sources littéraires, des traces archéologiques et des documents épigraphiques[29].

À la fin du IIIe millénaire, de nouvelles populations, parlant une langue différente qui se rattache aux langues indo-européennes, arrivent dans la région. Ces peuples sont les Hellènes, ou Grecs, selon le nom que leur ont donné les Latins. Par convention, les habitants qui les ont précédés sont appelés les populations "pré-helléniques"[21].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Siècles obscurs et période géométrique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siècles obscurs.

L'historiographie moderne appelle siècles obscurs (Dark Ages, « Âges sombres » suivant l'expression anglo-saxonne d'origine) ou" Moyen Âge grec", en Grèce antique, l'époque qui va du XIIe siècle av. J.-C. au VIIIe siècle av. J.-C. Les invasions qui aboutissent à la destruction de la civilisation mycénienne marquent le début de la période. Le submycénien commence en 1200 av. J.-C. au maximum et s'étend jusque vers 1015. Il est suivi par le proto-géométrique. Celui-ci se termine avec l'émergence d'Athènes comme foyer culturel, vers 875, caractérisée par le succès d'une nouvelle forme de céramique dite géométrique, et l'avènement de l'âge des cités.

À la période proto-géométrique (XIe et Xe siècles av. J.-C.), les éléments de continuité sont aussi nombreux que ceux de rupture avec les siècles précédents : un dépeuplement sévère mais une continuité culturelle. Certains historiens avancent l'hypothèse d'une transformation du mode de vie vers le pastoralisme comme explication de ces changements . Les IXe et VIIIe siècles av. J.-C. sont souvent appelés période géométrique du nom du style de céramique qui se développe alors. Si l'on se réfère au nombre de tombes dans les nécropoles du VIIIe siècle av. J.-C., la tendance démographique s'inverse ; mais cette interprétation est toujours l'objet de débats. Ces quatre siècles portent les prémisses des techniques, pratiques sociales et modes de pensée qui définissent ensuite la Grèce archaïque. Ils sont aussi l'époque de rédaction de documents écrits dont certains d'une importance capitale dans la culture grecque : les poèmes homériques, l'Illiade et l'Odyssée attribués à Homère[30].

Grèce archaïque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Époque archaïque.

On désigne du terme « époque archaïque » une des cinq époques de l'histoire grecque, définie sur la base des styles de poterie. Elle commence vers 620 et se termine en 480. L'expression est parfois utilisée dans un sens plus large pour la période qui s'étale entre 750 et 480.

L'âge des cités[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne la Grèce antique, l'époque classique correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.-C., c'est-à-dire depuis la chute de la tyrannie à Athènes en 510 jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand en 323.

L'expression d'« époque classique » est une dénomination postérieure à la période chronologique à laquelle elle renvoie. Les Grecs ont eu conscience que le monde qui existait avant l'épopée d'Alexandre le Grand et la dilatation du monde grec, pouvait être considéré comme un « âge d'or ». De manière plus contemporaine, l'époque classique sert à désigner la période durant laquelle les valeurs et les institutions fondamentales du monde grec trouvèrent leur pleine expression et arrivèrent à maturité.

Considérée comme la période de référence, il n'y a pas de rupture entre les différentes époques. « Époque classique » est une expression historique commode pour les historiens de ces périodes.

Grèce hellénistique[modifier | modifier le code]

La Grèce hellénistique vers 200 avant J.-C.

L’époque hellénistique (IVeIer siècles av. J.-C.), si l’on excepte les figures d’Alexandre le Grand et de Cléopâtre, est relativement méconnue. Elle est souvent considérée comme une période de transition, parfois même de déclin ou de décadence, entre l’éclat de l’époque classique grecque et la puissance de l’Empire romain. Cependant la splendeur des villes, telles Alexandrie, Antioche, Pergame, l’importance des échanges économiques, des métissages culturels, le rôle dominant de la langue grecque et sa diffusion vont profondément modifier le visage du Moyen-Orient antique y compris plus tard sous la domination romaine.

L’époque hellénistique a été définie par les historiens du XIXe siècle (le terme « hellénistique » est employé pour la première fois par l’historien allemand Johann Gustav Droysen dans Geschichte des Hellenismus (1836 et 1843), à partir d’un critère linguistique et culturel à savoir l’accroissement spectaculaire des régions où l’on parle le grec (ἑλληνίζειν / hellênízein) et donc du phénomène d’expansion de l’hellénisme. Cependant ce phénomène d’hellénisation des populations et de rencontre entre les anciennes civilisations orientales et grecques se poursuit y compris sous l’« Empire gréco-romain », selon l’expression de Paul Veyne. Les limites chronologiques de la période hellénistique sont donc conventionnelles et politiques : elles débutent avec les conquêtes d’Alexandre le Grand et se terminent quand le suicide du dernier grand souverain hellénistique, la reine d’Égypte Cléopâtre VII, fait place à la domination romaine.
Les travaux archéologiques et historiques récents conduisent à réévaluer cette période et en particulier deux aspects caractéristiques de l’époque, l’existence et le poids des grands royaumes dirigés par des dynasties d’origine grecque ou macédonienne (Lagides, Séleucides, Antigonides, Attalidesetc.) mais aussi le rôle déterminant des centaines de cités dont l’importance, contrairement à une idée longtemps répandue, est loin de décliner.

La période romaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grèce romaine.

La période de domination romaine en Grèce s'étend conventionnellement de 146 av. J.-C. après le sac de Corinthe jusqu'à la reconstruction de Byzance par Constantin Ier et sa proclamation en tant que seconde capitale de l'Empire romain en 330 apr. J.-C. Durant cette période la Grèce était alors plusieurs provinces romaines distinctes.

Empire byzantin[modifier | modifier le code]

En 395, à la mort de Théodose Ier, l’Empire romain est partagé en deux parties : l’Empire romain d'Occident qui disparaît en 476, et l’Empire romain d’Orient qui dura jusqu'en 1453 à Constantinople, jusqu’en 1461 à Trébizonde et Mistra et jusqu’en 1475 en Crimée grecque. Le terme byzantin vient de Byzance, l’ancien nom de la capitale Constantinople, mais l’appellation « Empire byzantin » apparaît seulement au XVIe siècle, en 1557, sous la plume de l’historien allemand Hieronymus Wolf, pour définir l’histoire de l’Empire romain d’Orient considérée comme une histoire grecque, distincte de celle de l’Empire romain d'Occident[31]. En effet, bien que les citoyens de l’Empire d’Orient nommaient leur État en grec Βασιλεία Ρωμαίων (Basileía Rômaíôn : « Empire des Romains »), qu’ils se considéraient comme Romains (Rômaíoi)[32], et qu’ils ne se soient jamais désignés comme « Byzantins », il n’en reste pas moins que la langue de communication, la culture et la liturgie de l’Empire romain d’Orient étaient essentiellement grecques : d’ailleurs, si certains chroniqueurs désignent l’empire comme « Terre de Romanie »[33], la plupart utilisent plutôt « Imperium Graecorum », « Græcia » ou « Terra Græcorum » et « Grecs » pour ses citoyens.

Au cours des mille ans séparant l’an 395 de l’an 1453, un certain nombre de valeurs et de savoirs furent conservés par les grecs Byzantins : État de droit écrit gouverné par le Code Justinien, empereur responsable devant le Sénat, absence de servage, collectivités agricoles libres, techniques agricoles élaborées (irrigation), architecture romane, aqueducs, eau courante, tout-à-l’égout et éclairage dans les villes, usage de bains (que nous appelons « bains turcs »), sémaphores et phares, transmission des savoirs antiques, de la philosophie grecque classique et de la médecine hippocratique dans les universités de Constantinople, Trébizonde et Mistra… Ces savoirs ont aussi été transmis aux Arabes qui à leur tour les ont communiqués à l’Occident.

La disparition de la partie occidentale de l’empire romain et la fin du système des légions, ainsi que les menaces permanentes sur leurs frontières amenèrent les Byzantins à se doter d’une armée puissante, dont la tactique a évolué et commencé à s’élaborer de manière autonome dès le VIe siècle.

Comme empire romain, l’Empire byzantin fut un État chrétien qui, après le schisme de 1054, resta fidèle à l’ orthodoxie et aux dogmes du christianisme de l’église du premier millénaire. Un ce des dogmes est que le Saint-Esprit ne procède que de Dieu lui-même et non du Christ, ce qui fait que toute âme même non-chrétienne peut être sauvée : pour cette raison, l’empire byzantin refuse de participer aux croisades du XIe siècle au XIIIe siècle et considère les Latins comme un danger aussi grave que celui des Turcs, ce que confirme le sac de Constantinople par les Croisés en 1204, qui morcelle et affaiblit définitivement l’empire[34].

Domination ottomane[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grèce ottomane.

La Grèce ottomane est le terme utilisé pour désigner la période de domination ottomane, dès avant la prise de Constantinople en 1453 (puisque les Ottomans s’emparent des Balkans dès le XIVe siècle) et jusqu’à la fin de la guerre d'indépendance grecque au début des années 1830. La majeure partie de la Grèce fait alors partie de l’Empire ottoman, dont les conquêtes durent plusieurs siècles (la dernière île grecque prise est Tinos en 1715 : une partie non négligeable de l’actuel territoire restant jusqu’à très tardivement sous la souveraineté vénitienne). Corfou, Ithaque et l’archipel ionien n’ont jamais fait partie de l’Empire ottoman. La Crète demeura vénitienne jusqu’à la moitié du XVIIe siècle ; le Péloponnèse fut reconquis et occupé pendant trente ans par les Vénitiens, jusqu'en 1715.

Les Grecs connaissaient alors des situations sociales contrastées. Alors que les aristocrates grecs des îles Ioniennes et de Constantinople (Phanariotes) vivaient dans la prospérité, certains obtenant même des postes à responsabilité au sein de l'administration ottomane, une importante partie de la population de Grèce continentale souffre des conséquences économiques et sociales de la conquête ottomane (système des Timars, pédomazoma-παιδομάζωμα, double-capitation sur les non-musulmans). Dans les derniers années, les autorités ottomanes lancèrent une politique de création d’États héréditaires, qui transforma les ruraux grecs en véritable serfs.

Depuis la chute des Empereurs de Constantinople, l’Église grecque orthodoxe était considérée par le gouvernement ottoman comme l’autorité dirigeant toute la population chrétienne orthodoxe de l’Empire ottoman, qu’elle soit de langue grecque ou non. Bien que l’État ottoman n’obligeât pas les non-musulmans à se convertir à l’Islam, les chrétiens étaient confrontés à différents types de discriminations liées à leur statut inférieur dans l’Empire. Les discriminations contre les chrétiens, surtout lorsqu’elles étaient associées a des mauvais traitements de la part des autorités ottomanes locales, décidaient la conversion, réelle et définitive, ou apparente et provisoire. Au cours du XIXe siècle, avec l’émergence du nationalisme grec moderne, certains « crypto-chrétiens » retournèrent à leur ancienne obédience religieuse… surtout lorsque les territoires où ils vivaient furent enlevés à l’Empire ottoman par les nouveaux états chrétiens.

La nature de l’administration ottomane de la Grèce diffère selon les régions et les époques. Certaines villes étaient dirigées par des gouverneurs nommés par le Sultan tandis que d’autres étaient des municipalités qui s’autogouvernaient. Certaines régions montagneuses et de nombreuses îles restèrent à l’écart du pouvoir central ottoman pendant de nombreux siècles.

Quand des conflits militaires se déclenchaient entre l’Empire ottoman et des États chrétiens (Autriche, Venise), les Grecs, à quelques exceptions près, prenaient généralement les armes contre l’Empire, surtout si ses adversaires étaient orthodoxes (Empire russe, Principautés danubiennes). Avant la guerre d'indépendance, il y eut une série de guerres où l’on vit des grecs combattre les Ottomans : la participation grecque à la bataille de Lépante en 1571, la révolte des paysans épirotes de 1600-1601 en même temps que celle de Michel de Valachie dans les Principautés danubiennes, la guerre de Morée de 1684-1699 et la Révolution d’Orloff de 1770 qui cherchait à démanteler l’Empire ottoman en faveur des intérêts russes. Ces insurrections furent noyées dans le sang.

Les XVIe et XVIIe siècles sont vus comme un « âge obscur » de l’histoire grecque, la perspective de renverser la domination ottomane apparaissant éloignée. Au cours du XVIIIe siècle, cependant, cette perspective se concrétisa grâce à la richesse de la classe marchande. Ces marchands commencèrent à dominer le commerce à l’intérieur de l’Empire grâce aux communautés dans les Balkans, en Europe occidentale et sur les pourtours de la Méditerranée. Les idées des Lumières combinées aux idéaux de la Révolution française et du sentiment national romantique commencèrent à pénétrer le monde grec par l’intermédiaire de cette diaspora marchande. À la fin du XVIIIe siècle, Rigas, le premier à envisager un État grec indépendant, publia une série de documents sur l’indépendance grecque, incluant notamment la première carte détaillée de la Grèce, à Vienne. À cette époque, la notion de « Grec » se confondait encore avec celle d’ancien citoyen de l’Empire grec (Rômaios / Ρωμαίος, pas forcément hellénophone, mais grec orthodoxe selon le système ottoman des milliyets) et la « Nouvelle Grèce libre » alors envisagée par les « philhellènes » était plutôt philosophique que nationale, débordant largement la Grèce moderne et se référant plutôt à l’antique aire d’expansion de l’hellénisme (ἑλληνιζμός / hellênizmós), incluant la majeure partie des Balkans, l’Anatolie occidentale et la région du Pont. Un mouvement philhellène soutenu par les Tzars se développe à ce moment dans l'Empire russe et se traduit par la mise en place, au nord de la Mer Noire, dans les territoires alors pris à l’Empire ottoman, d’une « Nouvelle Russie » multinationale, mais orthodoxe, où de nombreux colons grecs sont invités et dont les villes nouvelles reprennent les noms des antiques colonies grecques de la région ou bien reçoivent des noms grecs : Odessa, Tyraspolis, Nicopolis, Chersonèse, Théodosia, Eupatoria, Sébastopol, Simferopol, Melitopol, Stavropol et d'autres, tandis que les études archéologiques se multiplient. Puis, au début du XIXe siècle, la notion de « Grec » prend de plus en plus une signification ethnique au sens moderne du terme, et se confond dès lors avec l’ensemble des locuteurs natifs de la langue grecque, et eux seuls.

Guerre d’indépendance[modifier | modifier le code]

En 1814, une organisation secrète, la Filikí Etería fut fondée avec pour but la libération de la Grèce. Elle avait prévu de lancer le mouvement dans le Péloponnèse, et les Principautés danubiennes alors gouvernées par des Phanariotes. Dans ces dernières, l'insurrection commença le 6 mars 1821 sous le commandement d’Alexandros Ypsilantis, venu d’Odessa, mais elle fut réprimée en quelques mois. En parallèle, le Péloponnèse entra en révolte ouverte à partir de la fin mars et, en octobre 1821, les Grecs capturèrent Tripolizza. La révolte péloponnésienne fut suivie par des révoltes en Crète, en Macédoine et en Grèce centrale. Pendant ce temps, les navires grecs avaient remporté des succès contre la marine ottomane dans la mer Égée, ce qui gêna l’envoi de renforts ottomans par la mer. Toutefois, en 1822, les Turcs ravagèrent Chios, ce qui galvanisa l’opinion publique occidentale en faveur des Grecs.

L'indépendance de fait fut proclamée lors de l'Assemblée nationale d'Épidaure en 1822. L'opinion publique européenne était assez favorable au mouvement, à l'image des nombreux philhellènes. Dans un premier temps, cependant, aucun pays ne bougea à cause du poids politique et diplomatique de la Sainte-Alliance. Pendant deux ans, les Grecs multiplièrent les victoires. Cependant, ils commencèrent à se déchirer. Pendant ce temps, le Sultan négocia avec Méhémet Ali d’Égypte, qui accepta d’envoyer son fils Ibrahim Pacha en Grèce avec une armée pour supprimer la révolte en échange d’un gain territorial. Ibrahim accosta dans le Péloponnèse en février 1825 et conquit rapidement la majeure partie de la région. Missolonghi, assiégée par les Ottomans depuis le mois d’avril 1825, tomba en 1826. Athènes tomba à son tour en juin 1827.

Après des années de négociation, les trois grandes puissances, la Russie, le Royaume-Uni et la France, décidèrent d’intervenir dans le conflit, chaque nation envoyant une flotte en Grèce. La Russie, intéressée entre autres au sort des Orthodoxes grecs, souhaitait de plus en plus ardemment intervenir. Les Britanniques, quant à eux, désiraient limiter l'influence russe dans la région. D’après des informations selon lesquelles une flotte combinée turco-égyptienne devait attaquer l’île grecque d’Hydra, la flotte alliée intercepta la flotte turco-égyptienne à Navarin. Après un long bras de fer d’une semaine, la bataille commença et eut pour résultat la destruction de la flotte turco-égyptienne. Une expédition française fut ensuite envoyée dans le Péloponnèse pour superviser son évacuation par l'armée égyptienne en 1828, tandis que les Grecs obtenaient des succès contre les Ottomans en Grèce Centrale. La Russie déclara la guerre aux Turcs la même année. Sa victoire fut entérinée par le traité d'Andrinopole, en 1829. Ces interventions européennes précipitèrent la création de l'État grec. La Conférence de Londres (1830), où se réunirent des représentants britanniques, français et russes, permit en effet l'affirmation de l'indépendance grecque que la Prusse et l'Autriche autorisèrent. La France, la Russie et le Royaume-Uni, appelées « puissances protectrices », gardèrent ensuite une influence notable sur le jeune royaume (sorte de protectorat, la Grèce étant endettée à la suite de différents emprunts contractés pendant la guerre et au début de la naissance de l'État)[35].

La Grèce de l'indépendance à l'échec de la Grande Idée (1830-1923)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grande Idée.

De 1830 à 1914, la Grèce progresse vers le nord avec la conquête de la Thessalie, de la Macédoine, de la Thrace, de la Crète, des îles de la mer Égée, grâce entre autres aux guerres balkaniques de 1912-1913 et 1913. La Première Guerre mondiale offre à la Grèce le traité de Sèvres mais la Guerre gréco-turque (1919-1922) et le traité de Lausanne l'invalident, provoquant la grande catastrophe, la fin de l'hellénisme ionien et les échanges de population entre Grèce et Turquie.

La Grèce depuis le traité de Lausanne[modifier | modifier le code]

L'entre-deux-guerres (1923-1939)[modifier | modifier le code]

De 1923 à 1941 se succèdent différents régimes : la République (1924-1935) suivi d'un rétablissement de la monarchie (1935) et de la dictature de Ioannis Metaxas (1936-1941).

La République est proclamée le 25 mars 1924, à la suite des élections ayant donné la majorité au parti républicain. Le roi Georges II est destitué. Cette République dure douze ans, douze années agitées, ponctuées par des coups d'État militaires et des conflits frontaliers avec ses voisins, comme l'Incident de Pétritchen 1925, résolu par l'intervention de la Société des Nations. Venizélos parvient sur la fin (1928) à établir un régime à peu près stable. Mais un énième coup d'État voit la restauration de la monarchie en 1935.

L'année suivante, le général Ioannis Metaxas, devenu Premier Ministre, abolit la Constitution pour imposer sa dictature. Il instaure un régime totalitaire inspiré de Mussolini (Mouvement de la jeunesse nationale, salut fasciste, emprisonnement ou déportation des communistes). Cependant, en 1940, il saura s'opposer à la volonté d'invasion de Mussolini.

La Seconde Guerre mondiale et ses suites (1939-1946)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Grèce.

Le régime de Metaxas se termine, malgré la résistance militaire de la Grèce face à l'Italie (1940), dans un effondrement face à l'Allemagne (1941). Metaxas avait gardé une position extérieure alignée sur l'Angleterre (ainsi que le désirait le roi Georges II). Il avait opposé une fin de non-recevoir le 28 octobre 1940 à la demande de Mussolini de laisser libre passage aux forces fascistes sur le territoire grec ; ce coup d'éclat, malheureusement soldé par l'invasion allemande, a fait de ce « non » grec la fête nationale.

L'occupation allemande est très dure (famine, fusillades, destructions). Résistance extérieure (gouvernement du Caire et armée grecque du Moyen-Orient) et résistance intérieure (EAM-ELAS et le KKE ; l'EDES ; l'EKKA) ne s'entendent pas. La libération précoce d'une partie de la Grèce par l'EAM (auto-administration) amène des conflits entre mouvements de résistance qui mènent à la guerre civile : conflit entre l'EAM-ELAS et l'armée britannique en décembre 1944 ; accord de Varkiza - également appelé « trève de Varkiza » (février 1945).

La Conférence interalliée des réparations de Paris conclut le 14 janvier 1946 que l'Allemagne doit 7,1 milliards de dollars à la Grèce en raison du pillage organisé du pays par la 12e armée de la Wehrmacht. L'Allemagne ne paiera effectivement que le 60e de cette somme[36].

La guerre civile (1946-1949)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile grecque.

La fin de la seconde guerre mondiale ouvre directement sur la guerre civile, en raison des divergences d'intérêts et d'opinions qui traversent la Grèce, région stratégique à l'orée de la guerre froide.

D'un côté, les Anglais, puissance victorieuse, ne peuvent imaginer la Grèce dépourvue de son roi Georges II ; de l'autre côté, l'organisation résistante EAM (Front de Libération Nationale), qui souhaite un gouvernement démocratique d'union nationale, apparaît comme « rouge » aux yeux de Churchill. Le conflit prend de l'ampleur, les opinions se radicalisent de part et d'autre ; c'est la guerre civile, qui voit s'affronter l'armée régulière (marquée par la présence de la droite et de l'extrême-droite, qui vont jusqu'à se servir d'anciens « collabos » et autres anciens partisans de Metaxas) et l'armée des partisans (ELAS, aile armée du parti communiste grec, et EAM). L'armée régulière est soutenue par les Britanniques puis les Américains, tandis que l'URSS prodigue une aide trop légère aux partis de gauche (Moscou préférant éviter un conflit trop direct avec les États-Unis).

Le conflit, sanglant, laisse plus de 200 000 morts et un pays ravagé. Les derniers combats, dans le Nord du pays, voient la victoire de l'armée régulière, en octobre 1949.

De la guerre civile à la dictature (1949-1967)[modifier | modifier le code]

La reconstruction est difficile ; le pays reste divisé, la priorité est donnée à la lutte anticommuniste, et le gros de l'aide Marshall passe en dépenses militaires. De fait, depuis le début de la guerre froide, la Grèce est considérée par l'Occident comme un rempart contre le bloc communiste menaçant.

En 1946, la monarchie avait été rétablie, replaçant Georges II à la tête du pays. À sa mort l'année suivante, c'est son frère Paul Ier qui lui succède.

Le gouvernement, après des années de confusion, est constitué en 1951 d'une majorité de droite conservatrice dure, menée par le maréchal Alexandros Papagos. À partir de 1955 lui succède Konstantinos Karamanlis, étoile montante de la scène politique grecque, chef de l'ERE (Union nationale radicale). Durant les douze années de ce gouvernement (1951-63), le pays subit un régime de fer, que marquent atteintes aux libertés, censure, exactions de groupes paraétatiques. Cependant, c'est également une période de stabilité, durant laquelle la Grèce s'engage dans le développement économique : urbanisation et exode rural, développement du tourisme, de la marine marchande, normalisation des relations internationales (entrée dans l'OTAN en 1952, traité d'association avec la CEE en 1961). Le pays prend peu à peu sa place dans le bloc occidental.

Au début des années 1960, le climat politique se tend ; les critiques sont de plus en plus vives à l'égard du gouvernement. Les partis d'opposition (Union du Centre ou EK, Gauche démocratique ou EDA) voient s'affirmer la figure de Georgios Papandréou (EK). En 1963, un député de l'EDA, Grigoris Lambrakis, est assassiné par une opposition paraétatique. Cet évènement, qui inspirera Costa-Gavras pour son film Z, contraint Karamanlis, discrédité, à s'exiler à Paris après avoir perdu les élections.

La victoire de Georgios Papandréou auxdites élections, en 1964, annonce une période d'embellie démocratique. Mais le Palais et les militaires vivent mal l'ombre dans laquelle ils sont rejetés. Ils s'irritent d'un prétendu complot « communiste », ourdi par le propre fils du premier ministre, Andréas. Les relations entre le roi et Papandréou deviennent si tendues que ce dernier démissionne, en juillet 1965. De nouvelles élections sont donc prévues, dont le résultat s'annonce évident : une nouvelle victoire du parti centriste de Papandréou.

C'est pourquoi, le 21 avril 1967, un efficace coup d'État de l'armée vient interrompre tout processus démocratique, ajournant définitivement les élections. Le groupe d'officiers à l'origine du putsch est secrètement soutenu par la CIA ; il inaugure la « dictature des colonels ».

La dictature des colonels (1967-1974)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dictature des colonels.

La « dictature des colonels » est le nom donné au pouvoir politique en place en Grèce de 1967 à 1974, qui provoqua en outre l'exil du roi Constantin II monté sur le trône en 1964. Le roi avait en effet tenté un coup d'État, en décembre 1967, contre les colonels. Son exil, consécutif à cet acte de bravoure raté, laisse le colonel Geórgios Papadópoulos[37], à la tête des officiers, imposer une Constitution dictatoriale lui attribuant les pleins pouvoirs.

Les colonels n'ont pas de véritable programme ; ils se contentent de proclamer « l'ordre moral », de se présenter en champions de l'orthodoxie, avec pour mot d'ordre « la Grèce des Grecs chrétiens ». Le régime policier pourchasse les opposants, supprime les partis, remplit les prisons, bannit la gauche. De nombreux intellectuels fuient à l'étranger. Cependant, le régime trouve l'Occident, et notamment les Américains, indulgents à son égard ; les États-Unis accordent leur aide financière, car ces militaires grecs occupent un emplacement stratégique dans la guerre froide, sur le flanc sud-est de l'OTAN.

La résistance a mis du temps à s'organiser. Ce sont les étudiants qui déclenchent le processus de désintégration de la dictature, en 1973, par l'occupation de l'École polytechnique d'Athènes ; la répression est brutale : les chars sont lancés à l'assaut de l'université, faisant 40 morts et une centaine de blessés.

Mais le coup définitif vient de Chypre, en 1974. L'île, indépendante depuis 1960 (après avoir été colonie anglaise), peuplée d'une majorité de Grecs et d'une minorité turque, est alors gouvernée par le président et archevêque Mgr Makarios III. Ledit président cherche à se débarrasser des officiers grecs de sa garde nationale, attirant la réaction de l'ultra-nationaliste Ioannidis, furieux, qui lance une tentative d'assassinat de l'évêque et une tentative de putsch sur l'île. La Grèce et la Turquie, toutes deux puissances garantes, s'apprêtent à intervenir ; les Turcs vont débarquer, et la junte des colonels s'enfoncer dans le chaos.

La classe politique rappelle alors Karamanlis de son exil parisien, pour qu'il participe à la restauration de l'ordre démocratique. En juillet 1974, il est placé à la tête d'un gouvernement provisoire d'union nationale ; il est confirmé à ce poste, trois mois plus tard, par des élections triomphantes.

Karamanlis peut alors prendre deux décisions importantes : légaliser le PC et définir la nature du régime, par un référendum qui voit les Grecs se prononcer à 70 % contre le retour du roi. La Grèce est enfin devenue une démocratie, qui entame sa marche vers la mondialisation et l'Union européenne.

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise de la dette publique grecque.

Après la dictature, la Grèce connaît une forte croissance économique, et des niveaux de vie jamais atteints auparavant, notamment grâce à la hausse du tourisme étranger en Grèce. Elle adhère à l'Union européenne en 1981, adopte la monnaie européenne en 2001. Le pays, qui est à l'origine des Jeux olympiques, accueille la compétition en 2004 à Athènes. À partir de 2007, le pays est touché par la crise économique mondiale venue des États-Unis, et en 2009, elle connaît une grave crise budgétaire, et est forcée de demander l'aide de l'Union européenne. Dès lors, la Grèce fait vaciller la stabilité de l'euro dans toute l'Europe. Cependant, les raisons de la crise grecque sont bien plus profondes qu'une crise conjoncturelle : comptes publics truqués, dépenses publiques non contrôlées et une évasion fiscale estimée à 8 % du PIB chaque année[38]. En 2013, et après plusieurs années de crise économique pendant lesquelles la notation financière du pays est revue à la baisse, la Grèce rejoint officiellement le groupe des pays dits émergents[39].

Politique[modifier | modifier le code]

Pouvoir central[modifier | modifier le code]

La Grèce est une république parlementaire depuis la constitution de 1975. Cette dernière garantit de façon détaillée les libertés civiles. Cependant le poids de l'Église orthodoxe y est resté très important : il n'y pas de séparation entre l'Église et l'État en Grèce (ainsi l'article 3 de la constitution règle les rapports entre les deux autorités[40]).

Le pouvoir exécutif est assuré par le président de la république, élu par le parlement à la majorité des 2/3, et un premier ministre issu de la majorité parlementaire.

Aujourd'hui, le président a un rôle purement représentatif et il n'a aucun pouvoir politique.

L’organe du pouvoir législatif est un parlement à chambre unique, la Vouli ton Ellinon (Chambre des Grecs).

L'Áreios Págos (Aréopage) est le nom porté par la Cour de cassation.

Une Cour suprême spéciale est composée du président et de quatre membres de la Cour de cassation, du président et de quatre membres du Conseil d'État, ainsi que du président de la Cour des comptes, assistés dans certains cas de deux professeurs de droit.

La politique étrangère de la Grèce est conduite par le gouvernement et le président n'a constitutionnellement aucun pouvoir.

Le 18 février 1952, la Grèce entre dans l’OTAN, en même temps que la Turquie, mais retire ses forces de la structure militaire intégrée le 14 août 1974 en protestation contre l'invasion turque au nord de Chypre[41]. Puis elle réintégre l'OTAN en 1980[42]. En 1981, la Grèce intègre la Communauté économique européenne.

Échelon local[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions de la Grèce.

La première organisation administrative de la Grèce fut l'œuvre de Ioánnis Kapodístrias entre 1828 et 1831 puis des ministres bavarois du roi Othon Ier (début des années 1830)[43],[44]. Furent alors mis en place une dizaine de nomes (νομός) et 750 dèmes (δήμος). La croissance du pays et l'explosion de sa capitale obligea à en multiplier le nombre. Dans les années 1970, la Grèce était divisée en 52 nomes, 152 éparchies et 6 130 dèmes et communautés (Κοινότητες kinótites). Une réforme dite Kapodístrias modifia cette structure à partir de 1985 pour permettre à la Grèce de se conformer à la charte européenne de l'autonomie locale (1997 : 13 régions ou périphéries (περιφέρεια), 52 nomes, 152 éparchies, 900 dèmes et 134 kinótites)[44].

En 2009, un nouveau programme de réforme de l'administration locale est lancé. D'abord appelé Kapodístrias II, il finit par prendre le nom d'un des architectes du Parthénon : Kallikrátis[45]. Il aboutit en octobre 2010 à une réduction radicale du nombre de subdivisions et d'élus de celles-ci. Un des objectifs principaux est de faire des économies budgétaires et de diminuer la bureaucratie locale[46].

L'échelon des périphéries est conservé tandis que les nomes et leurs subdivisions s'y dissolvent. Les élus des nomes (qui étaient un peu moins de 1 500) deviennent élus de l'échelon régional et ne sont plus que 700 sur l'ensemble du territoire. Les 900 dèmes et 134 kinótites, quant à eux, sont réduits à 325 dèmes. Les élus municipaux sont réduits de moitié, passant d'un peu plus de 16 000 à un peu plus de 8 000. Un économie budgétaire d'un milliard et demi d'euros est alors espérée sur trois ans[45],[46]. Les nouveaux conseillers municipaux et régionaux sont élus pour cinq ans. Cependant, les premières élections locales ont eu lieu en novembre 2010 et les suivantes sont prévues pour 2014, en même temps que les élections européennes, dans un but d'économie. Sont éligibles les Grecs de plus de 18 ans (comme pour le droit de vote), sauf pour le poste de maire où l'âge reste fixé à 21 ans. Le scrutin est proportionnel plurinominal avec panachage[47].

Partis politiques[modifier | modifier le code]

Les deux principaux partis politiques grecs sont les conservateurs du Nea Dimokratia et la gauche radicale de « SYRIZA ».

Le socialistes du PASOK et les conservateurs du Nea Dimokratia ont dominé la vie politique jusqu'en 2012. Ces deux partis ont adopté respectivement le vert et le bleu comme couleur emblématique. Ce choix propre à la Grèce rappelle les couleurs des deux groupes de partisans qui s'affrontaient à l'hippodrome de Constantinople à l'époque de l'empereur Justinien.

À l'extrême-gauche se trouvent des groupes marxistes révolutionnaires comme celui du « 17-Novembre » et le KKE (Parti communiste grec, d'obédience marxiste et ayant joué un rôle important dans la Résistance grecque à l'occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale). La droite souverainiste était représentée, jusqu'en 2004, par le mouvement Printemps Politique avant que le parti Alerte populaire orthodoxe ne prenne la relève. Depuis la grave crise financière et le chômage massif qui s'en est suivi, une minorité de Grecs ne perçoit plus les immigrés comme des prolétaires utiles mais comme des parasites, et l'extrême-droite est sortie de la marginalité : le parti Aube Dorée (Chryssi Avyi, qui revendique un héritage néonazi), a recueilli 7 % des voix lors des législatives de mai 2012.

Économie[modifier | modifier le code]

À la suite des révélations sur le caractère abyssal de la dette publique et du déficit des comptes publics grecs, le pays traverse une violente crise économique. La notation financière du pays est constamment revue à la baisse, et fin 2013, il rejoint le groupe des pays émergents.

Les deux-tiers du territoire grec peuvent être exploités par l'agriculture (40 % des terres sont en prairies ou pâturages et un peu plus de 20 % en terres arables)[14].

De nos jours, le port du Pirée est le plus grand port de la Grèce, mais la plupart des installations appartient désormais à des consortiums chinois. Globalement en 2010 les terminaux à conteneurs du port du Pirée ont traité un trafic de 863.808 EVP[Combien ?]. D’ailleurs, le port du Pirée est devenu la plus grande concentration urbaine du pays après Athènes, Thessalonique et Patras.

Aujourd'hui la Grèce est la première puissance maritime du monde (devant le Japon), puisque sa flotte marchande dispose de 3 695 navires pour 244 850 578 tonnes de poids en lourd au 1er janvier 2013 (15,17 % du tonnage total mondial)[48].

Commerce extérieur avec la France[modifier | modifier le code]

  • Exportations de la France vers la Grèce : 3,1 milliards d’euros (2005)[49]
  • Importations françaises de la Grèce : 520 millions d’euros (2005)[49]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en Grèce.
Touristes à Égine

Le nombre de touristes en Grèce a augmenté de 8,5 % en 2008 par rapport à 2007. Les trois quarts proviennent de l'Union européenne (principalement du Royaume-Uni pour 15 % et d'Allemagne pour 13 %)[50].

En 2010, le nombre de touristes étrangers en Grèce était approximativement de 15 millions de personnes. Une étude de la Fondation grecque pour la recherche économique a montré que les dépenses des touristes (étrangers et grecs) en 2010 ont généré 34,4 milliards d'euros, soit 15,1 % du PNB. Les deux-tiers sont liés à l'hébergement et à la restauration ; les transports génèrent quant à eux 3,1 milliards d'euros. De plus, l'étude a montré que pour 1 000 € dépensés, l'impact total sur le PNB était de 2 220 €. Directement ou indirectement, le tourisme génère 446 000 emplois. Au total, 16 % de la population active (716 000 personnes) dépend du développement touristique[51].

Selon le conseil du tourisme basé à Londres, 16 % du produit intérieur brut est issu du tourisme. En 2010, la région la plus visitée de la Grèce était la Macédoine centrale, avec 18 % du flux touristique total du pays (soit 3,6 millions de touristes), suivie de l'Attique avec 2,6 millions et le Péloponnèse avec 1,8 million. Le nord de la Grèce est la région la plus visitée du pays, avec 6,5 millions de touristes, le centre grec attire 6,3 millions de touristes, et se classe deuxième région la plus visitée de la Grèce.

Démographie[modifier | modifier le code]

Chiffres et tendances[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges en 2005
Article détaillé : Démographie de la Grèce.

La Grèce a une population estimée à 10 815 197 habitants, dont 8,4 % d'étrangers, en août 2013 (49,04 % d'hommes et 50,96 % de femmes)[1],[2]. Par rapport à son maximum de 10 934 097 habitants en 2001, la population a baissé de 1 %[2]. Cette baisse est un phénomène récent : en 2008, la Grèce présentait encore un accroissement de 48 700 (+ 0,43 %) habitants par rapport à l'année précédente, dont seulement 6 700 dus au solde naturel, le reste provenant de l'immigration[52]. Depuis 1996 en moyenne, le solde migratoire positif avait empêché la population grecque de diminuer[53]. En 2011, le pays a enregistré 110 726 décès pour 106 777 naissances. En 2012, le nombre de naissances a encore baissé, d'environ 15 000[54]. Cette année-là, la population a diminuée de 5,5 ‰[55]. En 2013, d'après Eurostat, il y a eu 94 100 naissances en Grèce contre 112 100 décès[56].

Au recensement de 2011, 50,3 % des Grecs sont mariés. Un foyer moyen comprend 2,6 personnes[2]. Les taux de fécondité et de natalité sont parmi les plus faibles d'Europe. Le déclin de la fécondité a atteint un premier étiage au début des années 2000 (17,9 ‰ de taux de natalité et 2,2 enfants par femme en 1961 ; 9,2 ‰ de taux de natalité avec 1,29 enfant par femme en 2001) pour remonter un peu ensuite : 9,45 ‰ de taux de natalité et 1,37 enfant par femme en 2009[53]. Entre 2009 et 2012, la natalité a recommencé à baisser, d'environ 10 %, passant de 117 933 à 100 980 naissances[57]. En 2012, le taux de natalité est de 9 ‰[55]. Ces chiffres sont expliqués par le coût important d'élever un enfant en Grèce : pas ou peu de crèches et éducation très chère en raison du recours aux cours privés[N 5],[53]. Il existe une relative homogénéité de ces phénomènes sur l'ensemble du territoire, avec deux petites nuances : les taux sont plus élevés dans les grandes villes car elles sont souvent le lieu de résidence des jeunes couples ; il en est de même en Thrace où se concentre la majorité de la population musulmane dont le comportement démographique est un peu différent de celui du reste du pays, même s'il tend de plus en plus à s'en rapprocher. La Grèce a par ailleurs un des plus faibles taux européens de naissances hors mariage : 6 % des naissances, contre 53 % en France. Cependant, ce taux a augmenté de 40 % entre 2004 et 2009[53]. Par contre, la Grèce est le pays d'Europe où la proportion d'avortement est la plus élevée : 200 000 IVG sont pratiquées tous les ans, soit le double du nombre de naissances. Il semblerait que l'avortement soit le principal moyen de « contraception » du pays, surtout auprès des plus jeunes. Une adolescente sur quatre y a au moins eu recours une fois et un cinquième des interruptions concernent des mineures[58].

Le taux de mortalité a longtemps baissé pour atteindre un minimum de 7,4 ‰ en 1961. Depuis, il est lentement remonté : 9,49 ‰ en 2004[59] et 10,42 ‰ en 2009[53]. Cette remontée du taux est due à plusieurs facteurs : un vieillissement de la population (19,2 % des Grecs ont plus de 65 ans et 14,3 % ont moins de 15 ans en 2009), mais aussi une dégradation des conditions de vie : tabagisme, alcool et obésité. L'espérance de vie en 2009 est de 77,3 ans pour les hommes et 82,3 ans pour les femmes[53].

Comme tous les phénomènes démographiques grecs, l'exode rural est relativement récent. La population rurale, encore majoritaire en 1961 (54,8 %), est tombée à moins du quart (24,9 %) de la population totale en 2001. Les zones montagneuses se sont principalement dépeuplées tandis que les zones rurales et les grandes villes croissaient. La principale zone de peuplement est au début du XXIe siècle l'axe Patras-Athènes-Volos-Larissa-Thessalonique : les douze nomes le long de cet axe concentrent en 2001 6,2 millions d'habitants, soit plus de la moitié de la population du pays. La tendance à l'hypertrophie de la capitale s'est ralentie. Après une explosion dans les années 1960-1970, Athènes (hors de ses limites administratives, en englobant son immense banlieue) a crû plus lentement dans les années 2000. Elle concentre cependant encore 36 % de la population (soit plus de 4 millions de personnes). En Attique, dans les centres-villes d'Athènes et du Pirée, comme ailleurs dans le monde, la population a diminué tandis que celle des banlieues résidentielles a augmenté, surtout à l'est : la population de la moitié des communes de l'Attique orientale a crû de 50 % à 128 % entre 1991 et 2001. Les villes principales des subdivisions de la Grèce connaissent elles aussi une forte augmentation tandis que 97 % des communes grecques ont moins de 2 000 habitants. Dernier phénomène : la population des îles, longtemps lieu d'émigration, augmente entre 1991 et 2001 : + 56 % à Mykonos, + 30 % à Paros, Naxos, mais aussi Schinoussa. Il en est de même dans le Dodécanèse et sur la côte nord de la Crète[60]. Le recensement de 2011 confirme ces tendances. L'Attique continue à concentrer plus du tiers de la population (record de densité à Kallithéa : 21 067 hab/km²), suivie de la région de Thessalonique avec 18 %. La Grèce de l'ouest a perdu le plus d'habitants entre 2001 et 2011 (de 721 541 à 680 190 habitants) tandis que le sud de l'Égée est la seule région en croissance (de 298 462 à 308 610 habitants)[61].

La Grèce a longtemps été un pays d'émigration : 1,2 million de Grecs ont quitté leur pays entre 1950 et 1977 (pour une population de 7,6 millions en 1951 et un peu moins de 9 millions en 1975) principalement vers les États-Unis, l'Australie, l'Allemagne fédérale mais aussi l'URSS. Après cette date (fin de la dictature en Grèce, fin des contrats de travail, âge de la retraite puis ouverture du bloc communiste), de nombreux retours définitifs (autour de 400 000 entre 1976 et 1990) ont eu lieu. En parallèle, la Grèce est devenue un pays d'immigration : 1,2 million d'entrées entre 1976 et 2000 dont 305 000 rien qu'entre 1996 et 2000. On comptait 167 000 étrangers en Grèce en 1991 et 797 000 en 2001[62]. En 2013, le phénomène migratoire est à nouveau inversé, avec les départs en excédent de 52 000 personnes par rapport aux entrées[56].

En 2009, 906 000 étrangers vivaient en Grèce, soit 8,1 % de la population. Près des deux-tiers de ces étrangers étaient d'origine albanaise[63]. Au recensement de 2011, les étrangers constituent 8,4 % de la population du pays et 52,7 % d'entre eux sont d'origine albanaise[2]. La plupart des étrangers viennent des Balkans et principalement des pays limitrophes (Albanie, Bulgarie et Roumanie) dont la culture, la religion et les habitudes alimentaires ne sont pas très éloignées de celles de la population grecque. Leurs arrivées ont suivi la chute du bloc communiste et l'ouverture des frontières. Si les premiers migrants (des années 1970 et 1980) arrivaient de plus loin (Philippines, Pakistan et Afrique de l'est), ils sont moins nombreux au début du XXIe siècle et principalement concentrés à Athènes et Thessalonique. La population étrangère est répartie sur l'ensemble du pays évitant localement la désertification. Ainsi, entre 1991 et 2001, tous les nomes du Péloponnèse ont perdu des habitants « grecs » sans que leur population totale diminue. Les immigrés travaillent principalement dans l'agriculture et le bâtiment pour les hommes ; dans le tourisme et les services à domicile pour les femmes. Ils représentent 20 % de la population active. La Grèce est, dans les années 2000, touchée par une vague d'immigration « de transit » venue du Moyen-Orient et d'Asie centrale qui cherche à gagner la France et surtout le Royaume-Uni. En 2010, 82 % des migrants entrés illégalement dans l'Union européenne passent par la Grèce. Les points d'entrée sont le Dodécanèse et l'Évros. Les migrants se concentrent ensuite à Patras en espérant embarquer à bord d'un ferry[64].

Communautés linguistiques et religieuses[modifier | modifier le code]

Dans la population disposant de la nationalité grecque, 97 % parlent le grec et sont considérés comme orthodoxes par tradition, sinon par conviction[N 6]. Les 3 % restant appartiennent à diverses communautés linguistiques ou religieuses[65]. Pendant très longtemps, « être Grec » (« de souche ») supposait être locuteur usuel du grec et être orthodoxe. Même pourvu d'un passeport grec, on n'était pas considéré comme tel si l'on était slave, albanais, musulman ou catholique. Mais dès le XXe siècle l'intégration des Arvanites (Albanais orthodoxes), puis l'immigration et la laïcisation de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle, ont fait évoluer ces perceptions. Cependant, la place prépondérante de l'Église et le jacobinisme de l'État empêchent la prise en compte des particularismes : seuls les musulmans, considérés indistinctement comme « Turcs » par les dispositions du traité de Lausanne, sont décomptés à part[66]. Pour le reste, la loi et l'état-civil, comme en France, ignorent l'origine ethnique des citoyens et considèrent que les libertés reconnues à tous les citoyens par la constitution sont suffisantes, et évitent des tensions nationalistes comme celles qui ont abouti à la dislocation de la Yougoslavie[65].

À côté de la population des citoyens grecs, la Grèce compte des communautés n'ayant pas la nationalité hellénique. Les populations issues de l'immigration (environ 10 % de la population du pays) sont venues créer, car le phénomène est très récent, une véritable mosaïque ethnique et confessionnelles[67].

La Grèce est membre de l'Organisation internationale de la francophonie et de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

Église orthodoxe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église orthodoxe de Grèce.

Les Grecs sont en très grande majorité de confession chrétienne orthodoxe (97 % de la population)[65].

Le poids des deux Églises orthodoxes autocéphales (Patriarcat œcuménique de Constantinople et Archidiocèse d'Athènes et de toute la Grèce), qui se partagent le territoire grec, a toujours été très important dans la société hellénique : il n'y pas de séparation nette de l'Église et de l'État en Grèce ; ainsi l'article 3 de la Constitution règle les rapports entre les deux autorités[68]. Il faut néanmoins souligner que la Constitution de la Grèce garantit la liberté religieuse dans l'article 13[69],[70].

Communauté musulmane[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Islam en Grèce.

Légalement, une seule communauté musulmane est reconnue en Grèce : les musulmans de Thrace, non englobés dans l'échange de populations entre la Grèce et la Turquie à la suite du traité de Lausanne. Présents depuis la période ottomane, ils sont issus soit de migrations soit de conversions. Ils sont estimés en 2011 à 150 000 personnes environ, soit presque un tiers des habitants de la région, principalement dans l'ancien nome du Rhodope.

S'y ajoutent aussi les quelques milliers de musulmans du Dodécanèse intégrés avec leur région à la Grèce en 1948. Ils sont dans leur grande majorité sunnites, mais il y a aussi des bektachis. Ils sont considérés comme une minorité religieuse, mais des nuances linguistiques viennent s'ajouter. Les deux-tiers parlent turc. En fait, la communauté s'est même turquifiée depuis 1923 en raison de la proximité de la Turquie et du droit reconnu dans le traité de Lausanne à un enseignement en turc. Le reste de cette communauté est divisé entre Pomaks (musulmans bulgarophones, autour de 35 000) et Roms islamisés. Les musulmans de Thrace qui ont souffert des relations entre la Grèce et la Turquie, parfois tendues, ont vu leur sort s'améliorer depuis les dernières décennies du XXe siècle : plus grande tolérance, discrimination positive et élus aux niveaux local et national[65],[71].

Aux 150 000 musulmans de Thrace, il convient d'ajouter autour d'un demi-million de musulmans venus des Balkans (Albanais), d'Afrique et d'Asie (Pakistan)[65]. Leur situation diffère de celle des Grecs musulmans. Quasiment privés de lieux de culte, ils sont aussi en butte de la part des forces de l'ordre, et de citoyens, à des exactions liées à l'islamophobie en relation avec les tensions internationales mais aussi à l'afflux de migrants clandestins[72]. Pew Research Center estime le nombre de musulmans en Grèce en 2010 à 527 000 soit 4,7 % de la population[73].

Les autres communautés ethniques ou linguistiques n'ont aucune reconnaissance légale. Sans reconnaissance légale, il n'y a donc aucune statistique officielle[65].

Autres communautés religieuses minoritaires[modifier | modifier le code]

Synagogue à Thessalonique.

Les minorités religieuses sont plus faciles à cerner. Les catholiques de nationalité grecque sont autour de 50 000. Ils vivent principalement à Athènes et dans les Cyclades (Syros et Tinos surtout, héritage de la présence latine à la suite de la Quatrième croisade). Ils constituent ainsi encore la moitié de la population de l'île de Syros[N 7]. Il s'agit ici de la minorité religieuse la mieux intégrée, même si cette confession n'est toujours que « tolérée » et que certains de ses membres continuent à être parfois mal considérés, surtout en lien avec l'actualité internationale (guerres de Yougoslavie par exemple). À côté des 50 000 catholiques grecs, on en compte plus de 200 000 autres, provenant principalement de Pologne et des Philippines[65],[74].

D'autres chrétiens non-orthodoxes, moins nombreux, sont les membres des diverses Églises évangéliques venues en missions évangélisatrices depuis le début du XIXe siècle. Le premier établissement d'enseignement secondaire à Athènes était le Collège évangélique fondé en 1831 par Jonas King. Une cathédrale évangélique fut construite en 1871 à Athènes. Les chrétiens évangéliques sont autour de 25 000, surtout présents à Athènes, Patras et Kateríni[65],[75]. Les 26 000 Témoins de Jéhovah sont considérés depuis 1983 comme membres d'une secte. Ils sont assez mal vus, en raison de leur refus du service militaire. Des aménagements leur ont été concédés avec un service civil renforcé. Il existe aussi des minorités orthodoxes. Ainsi, les Arméniens, descendants des réfugiés du génocide arménien ainsi que de l'échange de populations de 1923. Nombreux jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, ils sont aujourd'hui en nombre très limité en raison des retours vers la République d'Arménie[75].

La communauté juive grecque, présente en Grèce depuis le VIe siècle av. J.-C. et encore très importante au début du XXe siècle (principalement à Salonique), a peu à peu diminué (déportation qui extermina 87 % de la population juive de Grèce puis émigration vers Israël). Elle ne compte plus que quelques milliers de membres, principalement à Athènes et Thessalonique. Ils sont toujours victimes d'antisémitisme de la part des communautés musulmanes, ce qui est une retombée locale de l'antisionisme[65],[76].

Les dodécathéistes olympiens (dits païens) sont considérés par l'église orthodoxe comme une secte. Ils sont regroupés dans le mouvement Ellinaïs[77].

Communautés et identités ethniques[modifier | modifier le code]

L'usage informel reconnaît diverses communautés, principalement dans le nord du pays. Ainsi, autour de Flórina, près de la frontière entre la Grèce et la Macédoine, vivent quelques dizaines de milliers de romanophones qui se disent « Aroumains » et de slavophones qui se disent pour certains « Slaves » ou Helléno-slaves, et pour d'autres « Macédoniens ». Les slavophones sont représentés par le parti politique Vinozhito (Arc-en-ciel) qui recueille autour de 5 000 à 6 000 voix et qui réclame un statut équivalent à celui des musulmans de Thrace mais se refuse au séparatisme[65].

Costume traditionnel grec, hérité des Arvanites.

Vers les XIVe et XVe siècles, des populations chrétiennes d'Albanais et d'Épirotes se sont installées dans une vaste région regroupant Attique, Béotie, sud de l'Eubée, nord-ouest du Péloponnèse et îles du golfe Saronique. Ces populations ont apporté avec elles la fustanelle et le fez rouge devenus ensuite emblématiques de la Grèce. Cette communauté estimée entre 140 000 à 200 000 personnes parlait l'arvanite, langue albanaise encore parlée par les plus âgés des membres de la communauté. Présents à tous les niveaux de la société grecque depuis les origines du pays, ils se considèrent comme grecs et leur engagement historique pour la « grécité » est fort ancien. Leurs associations ne visent que des buts exclusivement culturels ; il en est de même pour les Aroumains romanophones (dits valaques) et pour les locuteurs du tzakone (une langue hellénique) qui, tous, se revendiquent de la communauté nationale hellénique (Elleniki ethniki koinonia)[78].

En revanche, parmi les groupes linguistiques minoritaires, se trouvent aussi des citoyens grecs mais ne se revendiquant pas de la communauté nationale hellénique : Albanais musulmans (appelés « Tsamides »), Aroumains revendiquant une identité roumaine et Slaves revendiquant une identité bulgare ou slavo-macédonienne non reconnues par le gouvernement grec, Bulgares musulmans (appelés « Pomaques »), Turcs, Roms (dits Tziganes), Arméniens et Juifs.

Ces groupes linguistiques minoritaires parlent le bulgare, le slavo-macédonien (deux langues très proches l'une de l'autre), l'albanais, l'aroumain, le turc, le yévanique (judéo-grec) et le « ladino » (judéo-espagnol)[79].

Dans les îles du Dodécanèse (dont Rhodes), et de la mer Egée, du fait de la colonisation italienne, de 1912 à 1943, l'italien est encore largement parlé. L'anglais est très présent partout en Grèce chez les plus jeunes, et dans le secteur du tourisme. L'allemand et le français viennent en position secondaire.

Culture[modifier | modifier le code]

Jours fériés[modifier | modifier le code]

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Nouvel an Πρωτοχρονιά
Théophanie (Baptême du Christ) Θεοφάνεια On jette la croix dans la mer et la rivière
7 mars (en 2011) Lundi pur Καθαρά Δευτέρα Début du Carême
25 mars Fête nationale (Annonciation) Ευαγγελισμός της Θεοτόκου Commémoration de la révolution de 1821, instaurée en 1838
21 avril (en 2006) Vendredi saint Μεγάλη Παρασκευή Jour de tous les vivants
23 avril (en 2006) Pâques Πάσχα Date basée sur le calendrier julien
24 avril (en 2006) Lundi de Pâques Δευτέρα Διακαινησίμου
1er mai Fête du travail Πρωτομαγιά
Lundi suivant le septième dimanche après Pâques (11 juin en 2006) Pentecôte orthodoxe Αγίου Πνεύματος
15 août Dormition Κοίμηση της Θεοτόκου
28 octobre Fête nationale (Jour du Non) Επέτειος του Όχι Rejet de l’ultimatum de Mussolini et recul des troupes italiennes de 60 km en Albanie
17 novembre Πολυτεχνείο Anniversaire de la révolte des étudiants de l’école polytechnique contre la junte militaire en 1973. Jour férié dans les écoles uniquement.
25 décembre Noël Χριστούγεννα

Sport[modifier | modifier le code]

La Grèce est avec la France la seule nation à avoir participé à tous les Jeux olympiques depuis leur création en 1896. En tout, la Grèce a remporté 138 médailles (37 en or, 62 en argent et 39 en bronze). En tant que nation berceau des Jeux olympiques, la Grèce ouvre toujours le défilé des nations lors des cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques.

L'équipe nationale de football grecque a gagné l'Euro 2004.

La Grèce a été en même temps championne d’Europe en football et en basket-ball, exploit que seules l’Union soviétique et l'Espagne ont réalisé.

Médias[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Journaux grecs.

Radios

TV

Données diverses[modifier | modifier le code]

  • Frontières terrestres : 1 210 km (Bulgarie 494 km ; Albanie 282 km ; Macédoine 228 km ; Turquie 206 km)
  • Littoral : 13 676 km
  • Extrémités d'altitude : 0 m > + 2 917 m
  • Indépendance : 1829
  • Lignes de téléphone : 6 millions (en 2003)
  • Téléphones portables : 10,4 millions (en 2003)
  • Postes de radio : 5 millions (en 1997)
  • Postes de télévision : 4,7 millions (en 2005)
  • Utilisateurs d'Internet : 4,2 millions (en 2005)
  • Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 31 (en 2005)
  • Routes : 117 000 km (dont 107 406 km goudronnés) (en 1996)
  • Voies ferrées : 2 548 km
  • Voies navigables : 80 km
  • Nombre d'aéroports : 81 (dont 65 avec des pistes goudronnées) (en 2000)

Codes[modifier | modifier le code]

La Grèce a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Avant 2002, la monnaie était la drachme grecque.
  2. La Grèce, comme la France et l'ONU, ne reconnaît ce pays que sous le nom provisoire d'« Ancienne République yougoslave de Macédoine » (ARYM, ou FYROM pour l'acronyme en anglais)
  3. Le 18 février 1952, la Grèce entre dans l’OTAN, en même temps que la Turquie, mais retire ses forces de la structure militaire intégrée le 14 août 1974 en protestation contre l'invasion turque du nord de la Chypre, elle réintègre l'OTAN en 1980.
  4. Il n'y a pas d'habitants à proprement parler. Seuls les archéologues et des gardiens sont autorisés à y séjourner.
  5. En 2010, les parents grecs ont dépensé 952 millions d'euros en cours privés pour leurs enfants, soit en moyenne 18,6 % du revenu du ménage. Ce chiffre est double de ce qui se fait en Espagne ou Italie. e-Kathimerini 1er juin 2011
  6. Les athées ne sont pas reconnus par la loi. ((en) e-Kathimerini 21/11/2008)
  7. Soit autour de 10 000 personnes.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. a, b, c, d et e (en) e-Kathimerini 25 août 2013
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  4. a, b, c, d et e Ambassade de Grèce en France (Géographie)
  5. a et b Dalègre 2011, p. 17
  6. a, b, c, d, e, f et g Dalègre 2011, p. 16
  7. Yiannis Desypris, 777 superbes îles grecques., Toubi's, Athènes, 1995.
  8. a, b, c, d et e Sivignon, Atlas de la Grèce., p. 10-11.
  9. Sivignon, Atlas de la Grèce., pp. 72-73.
  10. a, b et c Dalègre 2011, p. 17-18
  11. a, b et c Sivignon, Atlas de la Grèce., pp. 12-13.
  12. Dalègre 2011, p. 18-19
  13. Dalègre 2011, p. 19
  14. a et b Ambassade de Grèce en France (En bref)
  15. a, b et c Dalègre 2011, p. 21
  16. Svoronos 1964, p. 63
  17. (en) Rupert Ivan Murrill, Petralona Man : A Descriptive and Comparative Study, with New Important Information on Rhodesian Man, Springfield (Ill.), Charles C. Thomas,‎ 1981, 304 p. ; Kokkoros, P. et A. Kanelis, « Découverte d'un crâne d'homme paléolithique dans la péninsule chalcidique. » in Anthropologie, tome 64, 1960, p. 534-537 ; Site officiel de Petrálona
  18. R. Barber, Greece, p. 13.
  19. Université de Dartmouth
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  22. Guide Bleu. Îles grecques., p. 202.
  23. Fitton, p. 18-19
  24. Contogeorgis 1992, p. 19
  25. Alexiou, p. 7 et 23.
  26. Contogeorgis 1992, p. 19-24
  27. a et b Contogeorgis 1992, p. 24-25
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  35. Jean-Noël Jeanneney, « Le réveil de la Grèce au XIXe siècle : rêves antiques et empreintes turques » dans Concordance des temps, 3 décembre 2011
  36. Selon l'historien allemand, Karl Heinz Roth, dans deux articles parus à l'occasion de la crise de la dette grecque, dans la revue Lunapark21, no 15, 2011.
  37. Joëlle Dalègre, La Grèce depuis 1940, L’Harmattan, 2006, 251 p. (ISBN 2296003907)
  38. (en) Christopher Torchia, « Greeks and the state: an uncomfortable couple », Yahoo ! news, Associated Press,‎ 3 mai 2010 (lire en ligne)
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  42. (en) History, Editorial Consultant : Adam Hart-Davis, Dorling Kindersley Limited publisher, ISBN 978 1 8561 3062 2
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  51. (en) Tourism target holds great potential e-Kathimerini (26/09/2012
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  69. Ph. Vegleris, Quelques aspects de la liberté de religion en Grèce, RtrDH no 24/1995
  70. Nic. Valticos, Le premier arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme en matière de liberté de religion. L'affaire de Kokkinakis c. Grèce, in Mélanges G. Vlachos, Éditions Ant. Sakkoulas, 1995
  71. Pitsos 2011, p. 48-51
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  73. Pew Research Center’s Forum on Religion & Public Life, « The Future of the Global Muslim Population Projections for 2010-2030 », Pew Research Center,‎ janvier 2011, p. 22
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  77. [europaien.centerblog.net/1260151-Renouveau-Paien-en-Grece « Le renouveau païen en Grèce »]
  78. Pitsos 2011, p. 55-56
  79. Ambassade de Grèce en France
  80. Code de rédaction institutionnel de l'Union européenne

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

  • (en) Robin Barber, Greece, Blue Guide, Londres, 1988. (ISBN 978-0-7136-2771-8)
  • Joëlle Dalègre, La Grèce inconnue d'aujourd'hui : De l'autre côté du miroir, Paris, L'Harmattan, coll. « Études grecques »,‎ 2011, 253 p. (ISBN 978-2-296-13865-0)
  • Constantin Prévélakis, La Grèce de A à Z, Bruxelles, André Versaille éditeur, coll. « Les Abécédaires du Voyageur »,‎ 2011, 215 p. (ISBN 978-2-87495-136-7)
  • (mul) Collectif, Grèce, Les couleurs en Grèce, Athènes, Office national helléniste du tourisme,‎ septembre 1987, 224 p. — En quatre langues. Supervision artistique : N. Kostopoulos ; Dessin et composition : N. Kostopoulos, - K. Vitou – L. Petala – L. Hadio ; Textes : P. Kouvelakis ; Correction et révision : L. Briola – Z. Karachristou – R. Loïzou – E. Palaska ; Cartes : D. Tsopelas

Géographie[modifier | modifier le code]

  • Joëlle Dalègre, « Le cadre géographique », dans Joëlle Dalègre, La Grèce inconnue d'aujourd'hui : De l'autre côté du miroir, Paris, L'Harmattan, coll. « Études grecques »,‎ 2011, 253 p. (ISBN 978-2-296-13865-0)
  • Georges Prévélakis, Géopolitique de la Grèce, Paris, Complexe,‎ 2006 (1re éd. 1997), 143 p. (ISBN 2-8048-0073-3)
  • Michel Sivignon, Franck Auriac, Olivier Deslondes et Thomas Maloutas, Atlas de la Grèce., CNRS-Libergéo, La Documentation Française, 2003. (ISBN 978-2-11-005377-0)

Histoire[modifier | modifier le code]

Société[modifier | modifier le code]

  • Joëlle Dalègre, « La population, données démographiques », dans Joëlle Dalègre, La Grèce inconnue d'aujourd'hui : De l'autre côté du miroir, Paris, L'Harmattan, coll. « Études grecques »,‎ 2011, 253 p. (ISBN 978-2-296-13865-0)
  • Nicolas Pitsos, « Pour une société plurielle : les communautés qui ont fait la Grèce », dans Joëlle Dalègre, La Grèce inconnue d'aujourd'hui : De l'autre côté du miroir, Paris, L'Harmattan, coll. « Études grecques »,‎ 2011, 253 p. (ISBN 978-2-296-13865-0)

Administration[modifier | modifier le code]

  • Joëlle Dalègre, « L'organisation administrative », dans Joëlle Dalègre, La Grèce inconnue d'aujourd'hui : De l'autre côté du miroir, Paris, L'Harmattan, coll. « Études grecques »,‎ 2011, 253 p. (ISBN 978-2-296-13865-0)
  • Vincent Gouzi, « La réforme des institutions publiques », dans Joëlle Dalègre, La Grèce inconnue d'aujourd'hui : De l'autre côté du miroir, Paris, L'Harmattan, coll. « Études grecques »,‎ 2011, 253 p. (ISBN 978-2-296-13865-0)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]