Grands-mères de la place de Mai

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Grands-mères de la place de Mai
Devise : « Identitad - familia - libertad
(trad. : Identité - famille - liberté) »

Siège Virrey Cevallos 592 PB 1
(C1077AAJ) C.A.B.A.
Langue(s) Espagnol
Site web (es+en+it+pt) abuelas.org.ar

Les Grands-mères de la place de Mai (en espagnol : Abuelas de Plaza de Mayo) est une ONG fondée en 1977 en Argentine, un an après le coup d'État de mars 1976, dans le but de retrouver les enfants volés par la dictature militaire et les rendre à leur familles légitimes.

Proches des Mères de la place de Mai qui se consacrent à la recherche des desaparecidos et à la revendication de justice, les Grands-mères sont candidates au prix Nobel de la paix[Quand ?].

Elles ont elles-mêmes été frappées par la répression, avec notamment la séquestration et l'assassinat, à Lima, en 1980, de Noemí Gianetti de Molfino par le Bataillon d'intelligence 601.

Le , la présidente de l'association, Estela Barnes de Carlotto, a reçu le Prix des droits de l'Homme de l'ONU[1] et l'ONG le prix Félix-Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix en 2010.

Contexte : Les bébés volés de la dictature[modifier | modifier le code]

Inauguration du Jardin des Mères-et-Grands-Mères-de-la-Place-de-Mai à XVe arrondissement de Paris, angle rue Balard et quai André Citroën), le . De gauche à droite : la présidente des Grands-mères de la Place de Mai, Estela B. de Carlotto, la présidente de l'Argentine Cristina Kirchner, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le maire du XVe Philippe Goujon[2].

Ces victimes étaient des étudiants, des syndicalistes, des idéalistes épris de justice sociale. Ils étaient jeunes, la plupart entre 18 et 20 ans, et bon nombre d’entre eux avaient des enfants en bas âge, qui se sont ajoutés à la liste des desaparecidos (« disparus »).

Dès le début de leur lutte, les Abuelas ont précisé que tant l’enlèvement des adultes que celui des enfants, répond à un plan bien établi. En enlevant les enfants, on « enlevait » le présent, en enlevant les petits-enfants, on essayait d’enlever le futur. Elles ont compris également que l’enlèvement de ces enfants deviendrait, à la longue, un problème pour l’ensemble de la société.

Activités des grand-mères[modifier | modifier le code]

La Banque des données génétiques[modifier | modifier le code]

Avec la collaboration de scientifiques et d'institutions internationales (Blood Center de New York University[réf. nécessaire] de Berkeley[Lequel ?]) les Grand-mères ont rendu possible aujourd'hui la preuve de la filiation d'un enfant à 99,99 %, même en l'absence des parents[réf. nécessaire]. Ce taux est appelé indice de abuelidad (taux de grand-maternité), en référence à la démarche de ces femmes. Le taux est établi au moyen d'analyses spécifiques du sang des grands-parents, des oncles et des frères et sœurs.

Les Grands-mères de la Place de mai ont milité pour le vote de la loi 23.511, portant création de la Banque Nationale des Données Génétiques, adoptée en mai 1987. La Banque abrite les cartes génétiques de toutes les familles dont un enfant a disparu. Aujourd'hui, la banque de données contient les portraits génétiques de 352 familles, soit près de 3000 personnes [réf. nécessaire].

Leur travail a permis d'identifier 107[3] des 500 enfants kidnappés ou nés en détention durant la période militaire et clandestinement adoptés par les familles des militaires, policiers ou de proches du pouvoir[4]. Elles réclament notamment que les deux enfants d'Ernestina Herrera de Noble, la PDG du puissant groupe de presse Clarín, délivrent à la justice des échantillons ADN afin d'assurer qu'ils ne font pas partie des bébés séquestrés, ce qui est soupçonné par les enquêteurs[5].

Activités internationales[modifier | modifier le code]

Chaque année, les abuelas se rendent en Europe pour maintenir des contacts avec diverses organisations internationales et, notamment, à Genève pour informer de leurs démarches et donner leur témoignage à la Commission des droits de l'homme des Nations unies. La Peña del Sol a organisé en leur honneur, à la Basilique Notre-Dame de Lausanne, un unique concert, La Misa Crilla, du compositeur argentin Ariel Ramirez, le , dans le cadre de l'Année Internationale des Droits de l'homme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphanie Schüler, Dictature : justice pour des « bébés volés », RFI, 4 avril 2008
  2. Dossier de presse de la mairie de Paris et Discours d'inauguration du Jardin des Mères et Grands-mères de la Place de Mai à Paris, par le maire du XVe Philippe Goujon (3 avril 2008)
  3. « telerama.fr » (consulté le 19 mars 2013)
  4. Martine Déotte, « L’effacement des traces, la mère, le politique », Socio-anthropologie n°12, 2002, mis en ligne le 15 mai 2004
  5. (es) Polémica por ley de ADN en Argentina, El País, 19 octobre 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie et filmographie proposées[modifier | modifier le code]

  • Argentine, les 500 bébés volés de la dictature, de Michel Welterlin (prod.) et de Alexandre Valenti (réal.), Intuition Films & Docs, en coproduction avec Bo Travail ! & Cepa Audiovisual (Argentine) et avec la participation de France Télévisions [présentation en ligne] : Ce film a reçu le Fipa d’Or en 2013.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]