Grandes Heures de Philippe le Hardi

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Grandes Heures de Philippe le Hardi
Image illustrative de l'article Grandes Heures de Philippe le Hardi
L'annonce aux bergers
Date vers 1370 puis 1451
Technique Enluminure sur parchemin
Dimensions (H × L) 25,3 × 17,7 cm 275 + 144 + 310 folios reliés en 3 volumes
Localisation Fitzwilliam Museum, Bibliothèque royale de Belgique, Cambridge, Bruxelles (Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni, Drapeau de la Belgique Belgique)
Numéro d'inventaire Ms.3-1954 ; Ms.11035-37 et 10392

Les Grandes Heures de Philippe le Hardi sont un livre d'heures à l'usage de Paris, enluminé en France vers 1370 pour le duc Philippe II de Bourgogne. Il a été complété vers 1451 pour son petit-fils Philippe le Bon. Il est partagé entre le Fitzwilliam Museum à Cambridge sous la cote Ms.3-1954 et la Bibliothèque royale de Belgique sous les cotes Ms.11035-37 et 10392.

Historique[modifier | modifier le code]

L'histoire du manuscrit est relativement bien connue grâce aux archives des ducs de Bourgogne encore conservées. Alors que la bibliothèque de Philippe le Hardi est relativement modeste, en 1376, il passe commande d'un livre d'heures luxueux contenant de nombreuses prières, réalisé à Paris par l'intermédiaire de son confesseur Guillaume de Valen pour la somme de 200 francs. En 1378 et 1379, de nombreuses prières sont ajoutées à l'ouvrage, dans un volume annexe, parties écrites par le copiste Jean l'Avenant pour les sommes de 20 et 50 francs. Plusieurs dépenses relatives à la décoration des manuscrits sont par ailleurs recensées pendant la même période : des boites en cuir sont exécutées à Paris et à Lille pour les contenir, de la soie, du satin sont commandés à des marchands italiens (dont Dino Rapondi) pour en décorer la couverture, et son orfèvre officiel, Josset de Halle, réalise deux fermoirs ainsi que d'autres décorations en métal précieux[1].

Le manuscrit est mentionné comme deux grands livres d'heures, dans l'inventaire après-décès du duc en 1404. L'ensemble est légué à son fils, Jean sans Peur. Les deux volumes sont de nouveau mentionné dans l'inventaire de la bibliothèque ducale en 1419 comme « les Grandes Heures de Notre Dame » et un livre de prières. Quelques temps après, plusieurs ajouts sont effectués au premier volume pour être adapté à l'usage de Marguerite de Bavière, veuve de Jean sans Peur et celui du duc Philippe[2]. En 1451, l'enluminure Dreux Jehan, alias le Maître du Girart de Roussillon, est payé pour avoir refait la reliure du des deux volumes, ainsi que les fermoirs et la dorure. À cette occasion, un nouveau texte est ajouté au second volume, il s'agit d'une version française et en prose du Vigile des morts, sans doute copié par Jean Miélot, le copiste officiel du duc. Des miniatures sont aussi ajoutées au premier volume, sans doute de la main du même enlumineur, mais aussi de celle de Willem Vrelant et Jean Le Tavernier[3].

À la mort de Philippe le Bon, le premier volume est scindé en deux manuscrits, la seconde partie constituant le Ms.11035-37 de la bibliothèque de Bruxelles. En 1487, seul le second volume (Ms.10392) est mentionné dans l'inventaire de Maximilien d'Autriche qui a hérité de la bibliothèque des ducs de Bourgogne par l'intermédiaire de sa femme Marie de Bourgogne. Ce même manuscrit contient une note signée du bibliothécaire d'Albert d'Autriche, leur descendant[4]. En 1939, la trace de la première partie du livre est retrouvée à Symondsbury (en) (Dorset), par Sydney Cockerell, chez la femme du recteur de la paroisse. Celle-ci vend l'ouvrage au vicomte Arthur Lee of Fareham (en), qui, à sa mort, le lègue au Fitzwilliam Museum[5].

Description[modifier | modifier le code]

Le manuscrit de Cambridge contient 11 grandes miniatures datant de l'époque de Philippe le Hardi (8 pour les heures de la Vierge, 1 pour les psaumes pénitentielles, 1 pour l'office des morts, 1 pour le canon de la messe) et 104 petites miniatures datant de Philippe le Bon. Les grandes miniatures sont attribuées à l'atelier du Maître des Boqueteaux, un des artistes les plus prolifiques à Paris sous le règne de Charles V, dans lequel trois mains sont distinguées, ainsi qu'au Maître du Couronnement de Charles V, qui doit son nom à une miniature des Grandes Chroniques de France de Charles V[6]. Parmi les miniatures ajoutées au XVe siècle, 3 sont de la main de Willem Vrelant (f.253, 257r et 257v), 1 par Jean Le Tavernier (f.78), plusieurs autres de Dreux Jehan[3].

Le manuscrit 11035-37 contient pour sa part 8 miniatures.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Patrick Marc de Winter, « The Grandes Heures of Philip the Bold, Duke of Burgundy. The Copyist Jean L’Avenant and His Patrons at the French Court », Speculum, vol. 57, no 4,‎ 1982, p. 786–842 (lire en ligne)
  • Bernard Bousmanne et Thierry Delcourt (dir.), Miniatures flamandes, Bibliothèque nationale de France/Bibliothèque royale de Belgique,‎ 2012, 464 p. (ISBN 9782717724998), p. 189-190, 212, 239
  • L’art à la cour de Bourgogne. Le mécénat de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur (1364-1419), catalaogue d'exposition, Dijon-Cleveland-Paris 2004, no. 034

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Winter, p.788-790
  2. Winter, p.790-791
  3. a et b Miniatures flamandes, p.189-190, 212, 239
  4. Winter, p.790
  5. Site Internet du FM
  6. Winter, p.792-798