Grande Aunée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La Grande Aunée (Inula helenium) est une grande plante d'origine asiatique, naturalisée depuis longtemps en Europe, où on l'a utilisée pour ses vertus médicinales. Elle appartient au genre Inula et à la famille des Asteraceae. Dans cette vaste famille, les Inules se rapprochent des marguerites, avec deux types de fleurons : à la périphérie des fleurons ligulés, au centre (disque), des fleurons tubulés. Les fleurons périphériques du genre Inula sont femelles, tandis que les fleurons du disque sont hermaphrodites.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Inula helenium vient du fait qu'Hélène aurait eu une branche d'Aunée dans la main lorsqu'elle fut enlevée par Pâris[1].

La Grande Aunée est parfois appelée Inule aunée ou Œil-de-cheval et plus rarement Inule hélénie.

Description[modifier | modifier le code]

Inflorescence de Grande Aunée

Plante vivace plus ou moins velue, formant parfois des touffes importantes. Tiges érigées pouvant facilement atteindre deux mètres. Grandes feuilles simples ovales, alternes, régulièrement et finement dentées, les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles et engainantes. L'inflorescence est un corymbe de capitules jaunes assez grands (généralement plus de 4 cm), mais certains capitules peuvent aussi être solitaires. Les bractées extérieures de l'involucre, ovales à extrémité pointue, ont tendance à se recourber. Les fleurons périphériques se présentent sous la forme de longues et fines languettes. Les fruits sont des akènes bruns. Floraison en été.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Inula helenium
  • Graine :
  • Habitat et répartition :
    • Habitat type : mégaphorbiaies planitiaires-collinéennes, eutrophiles
    • Aire de répartition : introduit (Asie occ.)

données d'après: Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Inula helenium (Radu Privantu) 001.jpg

La Grande Aunée fait partie des plantes comestibles. On apprécie en particulier sa racine très aromatique, utilisée fraîche ou séchée pour parfumer certains desserts. Cette racine riche en inuline est à la fois amère et tonique (d'où le nom de quinquina français parfois donné à la plante). Elle possède également diverses vertus médicinales : elle est notamment recommandée pour son action sur les bronches.

On en faisait des conserves au sens médicinal à l'instar des conserves des roses de Provins. Sous cette forme et également en poudre, elle entrait dans la composition de l'opiat antiscorbutique, un des remèdes de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle [2].

Ses racines sont actuellement utilisées en phytothérapie dans des indications à usage interne, pour lutter contre la toux et les inflammations de l'appareil respiratoire ; ses capacités anti-fongiques constituent un indicateur dans le traitement des dermatoses à champignons.

Attention : l'usage de cette plante est particulièrement déconseillé aux femmes enceintes ou allaitant, et il est recommandé de n'en prendre que sur prescription médicale en raison de ses effets non souhaités, tels que diarrhées, vomissements et douleurs pelviennes[3].

Symbolisme[modifier | modifier le code]

Helenium par Pietro Andrea Mattioli, Kreutterbuch de Johan Feyerabendt (1590)

Autrefois, cette plante n'était pas seulement réputée pour ses propriétés médicinales : la légende raconte que la belle Hélène en tenait une branche à la main lorsqu'elle fut enlevée par Pâris (d'où son nom scientifique). Dans la symbolique chrétienne, elle est associée, en raison de ses pouvoirs médicinaux, à la guérison des péchés. « L'Inula résiste au poison, éclaire la poitrine malade/Et donne au cœur joie et plaisir. Celui qui aime la parole de Dieu et son église,/qu'il traverse sans peine la vallée des soupirs de la vie... » (Hohberg, 1675)[4].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopédie des symboles, article Inula, (ISBN 2253130249)
  2. Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986.
  3. Gérard Chenuet et al., Phytothérapie : la santé par les plantes, Vidal - Sélection du reader's digest,‎ 2007, 320 p. (ISBN 978-2-7098-1851-3)
  4. d'après l’Encyclopédie des symboles La Pochothèque, LE LIVRE DE POCHE, ISBN 2-253-13010-9

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :