Grand incendie de Montréal de 1852

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Grand incendie de Montréal
Incendie de la maison Hayes au square Dalhousie
Incendie de la maison Hayes au square Dalhousie
Généralités
Type Incendie
Pays Drapeau de l'Empire britannique Canada-Uni
Localisation Montréal
Date 7 juin 1852 et 8 juillet 1852

Le grand incendie de Montréal est la pire tragédie de la ville en termes de pertes matérielles. Durant l'été 1852, deux feux majeurs détruisent environ 1 200 demeures, soit le sixième de l'ensemble de la ville et 10 000 personnes se retrouvent dans la rue[1].

Le Grand incendie de Montréal est reconnu par le gouvernement du Québec comme un évènement marquant faisant partie du patrimoine culturel[2].

L'incendie de juin[modifier | modifier le code]

Le 7 juin, le centre des affaires brûle. Le feu se déclare dans l'échoppe d'un menuisier sur la rue Saint-Pierre, situé derrière l'église écossaise St-Andrew qui prend feu également[3]. Le vent créé de nouveaux foyers d'incendies. La maison de Chomedey de Maisonneuve et le premier séminaire des jésuites. En six heures, toutes les maisons du quadrilatère des rues Saint-Pierre, Saint-François-Xavier, du Saint-Sacrement et Saint-Paul sont réduites en cendre. Les pertes seront estimées à près de 370 000$.

Les biens des sinistrés qui jonchent les rues seront tristement la proie des voleurs.

L'incendie de juillet[modifier | modifier le code]

8 juillet[modifier | modifier le code]

Le jour de l'incendie, un journaliste rapporte que la température atteint 37 degrés celsius alors qu'un vent souffle du sud-ouest avec beaucoup de force[3]. Cet incendie prend sa source d'une maison en bois de la rue Saint-Laurent, dans le faubourg Saint-Laurent. Le feu s'étend rapidement et bien que les pompiers arrivent rapidement sur les lieux, le peu de ressource en eau les condamnent au rôle d'observateurs impuissants. En effet, le réseau de l'aqueduc est malencontreusement vidé sur ordre du Conseil municipal.

À l'issue de cette journée, le quartier Faubourg Saint-Laurent est détruit. Au total, près de 25 pâtés de maisons, pour la plupart construites en bois, seront anéantis[3]. L'incendie s'éteint vers 17 heures après avoir fait rage pendant 9 heures.

9 juillet[modifier | modifier le code]

L'accalmie est de courte durée puisqu'à 19h le lendemain, un nouveau foyer d'incendie se déclare dans l'entrepôt de foin de l'écurie militaire du Champ-de-Mars, tout juste à l'arrière de la Hayes House, un hôtel qui est alors l'un des bâtiments les plus prestigieux de Montréal. L'incendie se propage est devient une sorte de mur qui longe la rue Sainte-Marie et s'étend jusqu'au fleuve Saint-Laurent jusqu'à la rue de La Gauchetière[3]. Les installations de la famille Molson en écopent ainsi que le faubourg Québec.

Faute de combustible, le feu s’épuise après deux jours mais le quart de la ville y passe. En gros, le quadrilatère des rues comprises entre Saint-Denis, Craig, Saint-Laurent et Mignonne y passe, y compris le Palais épiscopal, la cathédrale Saint-Jacques de Montréal et l'Hôpital Protestant sur la rue Dorchester sont également détruits[4].

Peu de bâtiments subsistent des suites du terrible incendie, la ville se transforme en un gigantesque campement. Des centaines de familles de sinistrés convergent vers les espaces verts de l'île comme le Champ-de-Mars, le square Viger, le mont Royal ou encore la ferme Logan. Il dormiront dans des bivouacs organisés par l'armée. Les secours seront nombreux à venir de la municipalité et des religieux.

La ville se relève[modifier | modifier le code]

Le maire Charles Wilson adopte rapidement des mesures pour «le soulagement de personnes qui ont souffert par le feu (...) et pour empêcher que pareilles calamités arrivent à l'avenir»[5]. On organise dès le 10 juillet un comité de secours sous la direction de Benjamin Holmes[6] qui demande de l'aide. L'appel sera même entendu par des organismes internationaux: Londres envoi 7839 £, Napoléon III donne 97£ et les villes de Boston et New York rassemblent ensemble 6500£ pour un total de 36 917£[7].

Monseigneur Ignace Bourget déclare : «c'est Dieu qui a soufflé, du souffle de colère, ce feu que la main de l'homme n'a pu maîtriser..., Dieu épargna ceux qu'Il voulait épargner et Il ruina ceux qu'Il voulait ruiner[4]».

Si les journaux font grands cas de la bravoures des pompier volontaire, on conteste cependant le leadership du chef John Perrigo qui sera remplacé peu de temps après par Alexander Bertram.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Claude Robert, Montréal 1821-1871. Aspects de l'urbanisation, Doctorat, École des Hautes Études en Science Sociales, Paris, 1977, p. 49
  2. patrimoine-culturel.gouv.qc.ca
  3. a, b, c et d Courtemanche 2005, p. 60.
  4. a et b Grand Québec
  5. La Minerve, 10 juillet 1852
  6. Dufaux et Oslon 2009, p. 44.
  7. Courtemanche 2005, p. 63.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Courtemanche, Le feu sacré, Montréal, Stromboli,‎ 2005
  • Incendie de Montréal 1852
  • François Dufaux et Sherry Oslon, « Reconstruire Montréal, rebâtir sa fortune », Revue de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, no 1,‎ 2009, p. 44-57 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]