Grand Sissoï

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Grand Sissoï
(Sisoy Veliky - Сисой Великий)
Image illustrative de l'article Grand Sissoï
Le Grand Sissoï

Histoire
A servi dans Pavillon de la marine impériale russe Marine impériale de Russie, Flotte de la mer Baltique
Quille posée
Lancement
Statut sabordé le à la bataille de Tsushima
Caractéristiques techniques
Type Pré-Dreadnought cuirassé
Longueur 107,23 mètres
Maître-bau 20,73 m
Tirant d'eau 7,77 m
Déplacement 10 400 tonnes
Propulsion 2 machines à vapeur verticales alternatives à triple expansion (TEV) usine Baltique - 12 chaudières Belleville - consommation 1000 tonnes de charbon
Vitesse 15,07 nœuds pleine vitesse de croisière (29 km/h)
Caractéristiques militaires
Blindage ceinture : 100 à 410 mm, ponts : 76 mm, tourelles : 300 mm, casemate : 127 mm, barbette : 305 à 351 mm,
Armement 4 × 305 mm (canons), 6 × 152 mm (canons), 12 × 47 mm (fusils), 18 × 37 mm (fusils), 2 × 63,5 (fusils d'assaut), 6 tubes lance-torpilles (hors de l'eau)
Rayon d'action 5200 kilomètres
Autres caractéristiques
Équipage 27 officiers et 555 hommes d'équipage
Chantier naval Amirauté Shipyard, Saint-Pétersbourg

Le Grand Sissoï, en russe : Сисой Великий (transcription anglaise : Sisoy Veliky), est un pré-Dreadnought cuirassé construit pour la Marine impériale de Russie. Sa carrière dans la marine fut très brève (1894-1905). Il participa à la répression menée en 1900 contre les Boxers. Il prit part à la Guerre russo-japonaise (1904-1905). Ce conflit lui fut fatal : il fut sabordé le 28 mai 1905.

Historique[modifier | modifier le code]

Insigne naval de Russie Le 23 septembre 1896 le Grand Sissoï effectua ses premiers essais en mer. Il atteignit une vitesse de 15,5 nœuds. En 1897, la déclaration de guerre contre l'Empire ottoman étant imminente, l'Amirauté russe accéléra l'armement du cuirassé. Cette précipitation fut la cause d'importants défauts dans le mécanisme des canons. Malgré cela le navire mit le cap sur la mer Méditerranée. Il fut intégré à l'escadre placée sous le commandement du contre-amiral Messner[1]. Le 3 mars 1897, au cours d'un tir effectué à l'arrière du cuirassé, une violente explosion se produisit, provoquant la mort de seize marins, et quinze furent grièvement blessés. Une commission spéciale fut nommée pour enquêter sur les causes de ce tragique accident. Elle découvrit l'origine de l'explosion : l'obturateur du canon refusait de se fermer. Elle constata aussi d'autres défauts[2]. Les réparations furent effectuées dans la port de Toulon entre mars et décembre 1897.

Pendant cette période, la situation en Extrême-Orient se dégrada et les relations russo-japonaises s'envenimèrent. En 1897 deux croiseurs, le Russie et le Vladimir Monomaque, furent dépêchés en Extrême-Orient. Le 22 décembre 1897, le Grand Sissoï et le Navarin appareillèrent à leur tour pour l'Extrême-Orient et jetèrent l'ancre, le 16 mars 1898, à Port-Arthur. En 1900, le Grand Sissoï prit part à la répression menée contre les Boxers. Le navire participa à la prise de Shangaï avec les forces internationales en présence et la même année, à Pékin, il remplit une mission de protection pour les missions diplomatiques.

En , le Grand Sissoï fut affecté à l'escadre de l'amiral Grigory Pavlovitch Tchoukhnine (1846-1906). De retour en mer Baltique, on effectua des réparations et une modernisation sur le cuirassé. Il jeta l'ancre à Libava en avril 1902. Il participa ensuite à la parade navale donnée en l'honneur de la visite du président Émile Loubet[3]. Sa mission terminée en juin 1902, le Grand Sissoï regagna le port de Cronstadt pour subir de nouvelles réparations. Sa remise en état ayant pris un grand retard, les travaux de réfection n'étaient toujours pas achevés au moment de la déclaration de guerre russo-japonaise de 1904. Pour permettre au cuirassé de gagner l'Extrême-Orient, les réparations furent effectuées en hâte. À peine furent-elles achevées que le Grand Sissoï prit la mer pour sa dernière mission.

Naufrage du Grand Sissoï[modifier | modifier le code]

En ce jour du premier jour de mai 1905, dès potron-minet, le Grand Sissoï, le Navarin, et d'autres navires quittèrent la baie de Qwa. Le Grand Sissoï naviguait dans le sillage de l’Osliabia sur la ligne gauche. Le matin du 27 mai, la flotte russe aperçut la flotte japonaise. Après une trentaine de minutes écoulées, le Prince Souvorov engagea le combat en ouvrant le feu sur le Mikasa : ainsi débuta la célèbre et catastrophique bataille de Tsushima. Quant au Grand Sissoï il pointa ses canons sur les croiseurs japonais Nissin et Kasuga ; ses obus de 305 mm atteignirent l’Ivate.

Dans l'après-midi, une explosion à bord endommagea l'ouverture du couvercle du tube lance-torpille situé à la proue du navire. Quarante-cinq minutes plus tard, quatorze obus de 305 mm et de 203 mm atteignirent le cuirassé, tuant vingt marins et en blessant quarante-six autres. Un incendie se déclara à bord et les émanations de gaz provenant de l'obus de 203 mm envahirent la chaufferie, provoquant une baisse du moral chez les marins russes. La lutte contre le feu s'engagea et le Grand Sissoï rejoignit les autres navires. Pendant une heure et trente minutes, les marins combattirent le feu avec courage. À 17 heures l'incendie fut maîtrisé. Les hommes d'équipage tentèrent de colmater les trous dans la proue, mais sans succès. Malgré une inondation à bord, Le Grand Sissoï réussit à regagner le convoi russe et se plaça dans le sillage du Navarin. Les membres des équipages des autres navires lancèrent des Hourra en apercevant le navire. Lorsque les différents navires de la Marine impériale se regroupèrent, les bâtiments de guerre japonais avaient disparu dans la brume. Le combat s'achevait et les navires russes endommagés à la première bataille purent effectuer quelques réparations.

Après trente minutes de navigation, l'amiral J. Kamimuri se trouva face à la flotte russe. Après trente minutes de poursuite, les deux flottes s'affrontèrent de nouveau. Après 1 heure 30 de combat, le 2e escadron n'existait plus comme formation militaire. L’Osliabia, l’Empereur Alexandre III, le Borodino gisaient dans les profondeurs de la baie de Corée. Le Prince Souvorov fut également coulé à la fin de la journée.

Les marins russes manquaient d'expérience dans le maniement des projecteurs lumineux. À la nuit tombante, l'amiral Nebogato tenta de prendre l’Empereur Nicolas Ier et la panique s'empara des marins. Les membres d'équipage interpellèrent les hommes des autres navires et leurs crièrent de les suivre. l’Empereur Nicolas Ier se plaça en tête du convoi, mais la flotte russe ne put engager la bataille, car les navires endommagés pendant les combats de la veille (l’Amiral Outchakov, le Grand Sissoï, le Navarin) ne parvenaient pas à suivre le cuirassé de tête.

L’Empereur Nicolas Ier continua à fendre les flots à pleine vitesse. À 19 heures 45, un premier échange de tirs eut lieu entre la flotte russe et la flotte impériale japonaise. À 21 heures, les cuirassés quittèrent la colonne des croiseurs placés sous le commandement de l'amiral O.A Enkvist. Isolés, les cuirassés endommagés subirent les attaques de la flotte japonaise, le Grand Sissoï étant le premier touché. Il fut atteint par quatre projectiles, l'un à la proue, provoquant une gîte importante ; cela l'obligea à réduire sa vitesse. Vers 22 heures 30, il fut de nouveau touché sur tribord arrière par une torpille qui endommagea le gouvernail, lui interdisant toute action militaire.

Mais le plus grand péril pour le Grand Sissoï fut la présence d'une immense brèche dans la proue provoquant une inondation à bord. Celle-ci fut colmatée par les marins du navire.

Le matin du 28 mai 1905[modifier | modifier le code]

Le capitaine de 1er rang (grade correspondant à celui de colonel dans l'infanterie ou l'armée de l'air) Emmanuel Vassilievitch Ozerov, commandant du navire, tenta de rejoindre l'île de Tsushima après avoir constaté les dommages importants (le navire ne pouvait se maintenir à flot). À 7 heures 20, trois cuirassés, un croiseur et un destroyer de la flotte japonaise s'approchèrent du Grand Sissoï. Isolé et égaré, celui-ci était une proie facile. À 10 heures 5, il fut coulé à trois milles du cap Andrievsky. Ce naufrage causa la mort de trente-neuf marins[4]. Le capitaine Emmanuel Ozerov fut capturé par l'ennemi.

Nombre de victimes à bord du Grand Sissoï[modifier | modifier le code]

  • 59 personnes et plus de cinquante blessés.

Commandant du Grand Sissoï[modifier | modifier le code]

  • Capitaine 1er rang Manuel Vassilievitch Ozerov

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.morkniga.ru
  2. navyforce.ru
  3. www.morkniga.ru
  4. wwwmorkniga.ru

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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