Grand Nuage de Magellan

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Coordonnées : Sky map 05h 23m 34.6s, −69° 45′ 22″

Grand Nuage de Magellan
Image illustrative de l'article Grand Nuage de Magellan
Grand Nuage de Magellan avec, au-dessus à gauche, la nébuleuse de la Tarentule apparaissant en rose vif et la supernova SN 1987A à proximité – cliché du 23 juin 1987.
Découverte
Découvreur(s) al-Soufi
Date 964
Désignations PGC 17223
ESO 56-G115
Observation
(Époque J2000.0)
Ascension droite 05h 23m 34,6s[1]
Déclinaison −69° 45′ 22″[1]
Coordonnées galactiques = 280,4652 · b = -32,8884[1]
Vitesse radiale 283 ± 30 km/s[1]
Distance environ 48,5 kpc (∼158 000 a.l.)[2],[3],[4]
Magnitude app. 0,9[5]
Dimensions app. 645 × 550 minutes d'arc[1]
(= 10,8 × 9,2 degrés)
Constellation Dorade et Table
Caractéristiques
Type SB(s)m[5]

Le Grand Nuage de Magellan, souvent abrégé en LMC dans la littérature en référence à l'anglais Large Magellanic Cloud, est une galaxie naine de type SB(s)m appartenant au Groupe local et située dans les constellations de la Dorade et de la Table. Satellite de la Voie lactée, il s'agit d'une petite galaxie spirale magellanique, caractérisée par une grande barre et un seul bras spiral, située à environ 50 kpc (∼163 000 a.l.) du Soleil. C'est la troisième galaxie la plus proche de la Voie lactée, après les galaxies naines du Grand Chien et du Sagittaire, et la quatrième plus massive du Groupe local après la Voie lactée, la galaxie d'Andromède (M31) et la galaxie du Triangle (M33).

Visible dans le ciel nocturne de l'hémisphère sud, il a été mentionné pour la première fois par l'astronome perse Abd-al-Rahman Al Soufi en 964. Le navigateur Amerigo Vespucci le mentionne dans le compte-rendu de son voyage en 1503-1504 sans vraiment le définir, et ce fut l’expédition de Magellan autour de la Terre qui le popularisa et qui lui donna son nom.

Sa morphologie particulière l'a longtemps fait classer parmi les galaxies irrégulières jusqu'à ce qu'on identifie une barre et un bras spiral déformés à l'origine de sa classification comme spirale magellanique, un type de galaxies naines dont il est le prototype. Le sud de la barre est par ailleurs relié au Petit Nuage de Magellan par un pont de gaz et d'étoiles appelé le pont magellanique. Il contribue également au courant magellanique, une structure arrachée aux Nuages (principalement au Petit Nuage), probablement par les forces de marée galactique de la Voie lactée.

Structure et composition[modifier | modifier le code]

La barre du Grand Nuage de Magellan semble incurvée, ses extrémités étant plus proches de la Voie lactée que sa région centrale[6]. La galaxie elle-même est inclinée de telle sorte que ses régions nord-est sont plus proches de notre galaxie que ses régions sud-ouest, comme cela avait été remarqué dès 1986 par l'étude de ses céphéides[7].

Cette inclinaison a depuis été confirmée par de multiples mesure à l'aide des céphéides[8], des étoiles du red clump[9] et du sommet de la branche des géantes rouges[10], chacune de ces études arrivant à la conclusion que le plan moyen du disque du Grand Nuage de Magellan est incliné d'environ 35° par rapport au plan du ciel (son inclinaison serait nulle s'il était vu de face).

Des analyses plus poussées sur la cinématique des étoiles carbonées ont montré que ce disque est par ailleurs épais[10] et gauchi[11]. Enfin, la dynamique des amas stellaires du Grand Nuage de Magellan correspond bien à celle d'une distribution spatiale autour d'un disque[12], ces amas étant de surcroît distribués autour du même disque que celui de l'ensemble de la galaxie[13].

Comme la plupart des galaxies irrégulières et des galaxies spirales, le milieu interstellaire du Grand Nuage de Magellan est riche en gaz et en poussières, et est le siège d'une intense activité de formation stellaire. La nébuleuse de la Tarentule est à ce titre la région H II la plus grande et la plus active du Groupe local, avec une largeur d'environ 200 pc[14].

Pas moins de 60 amas globulaires, 400 nébuleuses planétaires et 700 amas ouverts ont été recensés dans le Grand Nuage de Magellan, ainsi que plusieurs centaines de milliers d'étoiles géantes et supergéantes. La supernova SN 1987A, la plus proche connue depuis SN 1604, se trouvait également dans cette galaxie.

Les deux Nuages de Magellan sont englobés dans une région H I commune, c'est-à-dire un vaste nuage d'hydrogène atomique neutre, dont la présence incite à penser que ces deux galaxies naines ont été durablement en interaction gravitationnelle l'une avec l'autre[15].

Objets notables[modifier | modifier le code]

Le Grand Nuage de Magellan possède de très nombreux objets célestes notables. Parmi ceux-ci :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) Grand Nuage de Magellan sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg
  2. (en) L. M. Macri, K. Z. Stanek, D. Bersier, L. J. Greenhill et M. J. Reid, « A New Cepheid Distance to the Maser-Host Galaxy NGC 4258 and Its Implications for the Hubble Constant », The Astrophysical Journal, vol. 652, no 2,‎ 1er décembre 2006, p. 1133-1149 (lire en ligne) DOI:10.1086/508530
  3. (en) D. J. Majaess, D. G. Turner, D. J. Lane, A. A. Henden, T. Krajci, « Anchoring the Universal Distance Scale Via a Wesenheit Template », The Journal of the American Association of Variable Star Observers, vol. 39, no 1,‎ juin 2011, p. 122 (lire en ligne)
  4. (en) Wendy L. Freedman et Barry F. Madore, « The Hubble Constant », Annual Review of Astronomy and Astrophysics, vol. 48,‎ septembre 2010, p. 673-710 (lire en ligne) DOI:10.1146/annurev-astro-082708-101829
  5. a et b (en) NASA/IPAC EXTRAGALACTIC DATABASE « Large Magellanic Cloud ».
  6. (en) Annapurni Subramaniam, « Large Magellanic Cloud Bar: Evidence of a Warped Bar », The Astrophysical Journal Letters, vol. 598, no 1,‎ 20 novembre 2003, p. L19-L22 (lire en ligne) DOI:10.1086/380556
  7. (en) J. A. R. Caldwell et I. M. Coulson, « The geometry and distance of the Magellanic Clouds from Cepheid variables », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 218,‎ 15 janvier 1986, p. 223-246 (lire en ligne)
  8. (en) S. Nikolaev, A. J. Drake, S. C. Keller, K. H. Cook, N. Dalal, K. Griest, D. L. Welch et S. M. Kanbur, « Geometry of the Large Magellanic Cloud Disk: Results from MACHO and the Two Micron All Sky Survey », The Astrophysical Journal, vol. 601, no 1,‎ 20 janvier 2004, p. 260-276 (lire en ligne) DOI:10.1086/380439
  9. (en) K. A. G. Olsen et C. Salyk, « A Warp in the Large Magellanic Cloud Disk? », The Astronomical Journal, vol. 124, no 4,‎ octobre 2002, p. 2045-2053 (lire en ligne) DOI:10.1086/342739
  10. a et b (en) Roeland P. van der Marel et Maria-Rosa L. Cioni, « Magellanic Cloud Structure from Near-Infrared Surveys. I. The Viewing Angles of the Large Magellanic Cloud », The Astronomical Journal, vol. 122, no 4,‎ octobre 2001, p. 1807-1826 (lire en ligne) DOI:10.1086/323099
  11. (en) David R. Alves et Cailin A. Nelson, « The Rotation Curve of the Large Magellanic Cloud and the Implications for Microlensing », The Astrophysical Journal, vol. 542, no 2,‎ 20 octobre 2000, p. 789-803 (lire en ligne) DOI:10.1086/317023
  12. (en) Robert A. Schommer, Nicholas B. Suntzeff, Edward W. Olszewski et Hugh C. Harris, « Spectroscopy of giants in LMC clusters. II - Kinematics of the cluster sample », The Astronomical Journal, vol. 103,‎ février 1992, p. 447-459 (lire en ligne) DOI:10.1086/116074
  13. (en) Aaron J. Grocholski, Ata Sarajedini, Knut A. G. Olsen, Glenn P. Tiede et Conor L. Mancone, « Distances to Populous Clusters in the Large Magellanic Cloud via the K-band Luminosity of the Red Clump », The Astronomical Journal, vol. 134, no 2,‎ août 2007, p. 680-693 (lire en ligne) DOI:10.1086/519735
  14. (en) V. Lebouteiller, J. Bernard-Salas, B. Brandl, D. G. Whelan, Yanling Wu, V. Charmandaris, D. Devost et J. R. Houck, « Chemical Composition and Mixing in Giant H II Regions: NGC 3603, 30 Doradus, and N66 », The Astrophysical Journal, vol. 680, no 1,‎ 10 juin 2008, p. 398-419 (lire en ligne) DOI:10.1086/587503
  15. (en) M. Heydari-Malayeri, F. Meynadier, V. Charmandaris, L. Deharveng, Th. Le Bertre, M. R. Rosa et D. Schaerer, « The stellar environment of SMC N81 », Astronomy and Astrophysics, vol. 411, no 3,‎ décembre 2003, p. 427-435 (lire en ligne) DOI:10.1051/0004-6361:20031360
  16. (en) HubbleSite – 19 décembre 2006 « Celestial Season's Greetings from Hubble ».
  17. (en) Observatoire européen austral – 10 décembre 2004 « SNR B0544-6910 in the LMC ».
  18. (en) Observatoire européen austral – 10 décembre 2004 « SNR 0543-689 in the LMC ».
  19. (en) Observatoire européen austral – 3 novembre 2003 « N44 in the Large Magellanic Cloud ».
  20. (en) Observatoire européen austral – 3 novembre 2003 « DEM L 159 Nebula and KMHK 840 and 831 Starclusters in the LMC ».
  21. (en) Observatoire européen austral – 27 mai 2010 « Detailed view of a section of the Large Magellanic Cloud ».
  22. (en) NASA Jet Propulsion Laboratory Caltech – 10 janvier 2012 « Dusty Space Cloud ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Le Grand Nuage de Magellan est l'une des galaxies satellites de la Voie lactée :

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