Grand Camée de France

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Le camée exposé au Cabinet des médailles, Paris

Le Grand Camée de France est un camée aux dimensions exceptionnelles en sardonyx à cinq couches. Il mesure 31 cm de hauteur et 26,5 cm de largeur. C’est le plus grand camée antique connu.

Il est conservé au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France.

Histoire[modifier | modifier le code]

La provenance exacte de ce camée est inconnue. L'hypothèse la plus couramment invoquée est qu'il a été commandé en l'an 20 par Tibère à Dioscoride, le fameux graveur de pierres précieuses de Rome pour orner l'urne d'or contenant les cendres de Germanicus, le neveu d'Auguste mort près d'Antioche le 10 octobre 19. Mais il est probable qu’à l’époque romaine il suivit ensuite le déplacement du centre du pouvoir de Rome à Byzance. Il a pu être acquis par saint Louis de Baudouin II, empereur de Constantinople. Puis, il est cité dans les premiers inventaires du trésor de France avant 1279. Il est mis en gage par Philippe VI en 1343 ; il est récupéré par le dauphin, futur Charles V, avant 1363. Puis il est restitué à la Sainte-Chapelle en 1379. Il fut réclamé par Louis XVI en 1791, qui le remit au cabinet des médailles. Il est volé en 1804, puis restitué en 1805 au cabinet des médailles.

Description[modifier | modifier le code]

Ce camée est une composition complexe de 24 figures réparties en trois registres. Il aurait été commandé par Antonia, la mère de Germanicus. Aujourd’hui encore, la datation et l’identification des personnages n’est pas certaine (surtout pour les femmes). Seule la signification générale et la visée politique sont à peu près sûrs. La scène représenterait l’apothéose d’Auguste. Son but est d’affirmer la continuité et la légitimité dynastique des Julio-Claudiens et l’unité de la famille impériale.

Son état de conservation est bon, mais il y a trois grandes fêlures (faites avant 1480) et deux têtes de prisonniers manquent.

Registre supérieur[modifier | modifier le code]

Ce registre évoque l’Olympe. C’est la place des morts héroïsés. Au centre, avec la couronne radiée sur la tête, on reconnait Auguste, le fondateur. Il est entouré, à gauche, par Drusus II, au profil caractéristique, et à droite par Germanicus chevauchant Pégase.

Registre médian[modifier | modifier le code]

C’est le monde des vivants. Au centre de la composition, un personnage à demi nu et recouvert de l’égide de Jupiter tient un long sceptre et un lituus. C’est Tibère. Il est accompagné de Livie, sa mère et la veuve d’Auguste. Il est entouré de ses descendants et de ses héritiers possibles.

À gauche, debout devant eux, se tient Nero Drusus, le fils ainé de Germanicus, et Antonia sa grand-mère. À droite, c’est Drusus III, le cadet de Germanicus, qui élève un trophée vers son père. À l’extrême gauche, on voit Agrippine l'Aînée, la femme de Germanicus, avec Caligula, son plus jeune fils, qui foule un tas d’armes avec ses petites caligae (chaussures de soldats).

Registre inférieur[modifier | modifier le code]

C’est le monde des vaincus. On voit des captifs barbares. Des Parthes avec des bonnets phrygiens et des Germains avec de longs cheveux. Ils paraissent écrasés par la domination romaine. Cela témoigne de la puissance de la dynastie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Giard, Le Grand Camée de France, Paris, Éditions de la Bibliothèque nationale de France, 1998, 48 p., 15 pl. en couleurs et en noir et blanc. (ISBN 2-7177-2045-6)
  • Camées et intailles, Volume 2 : Les portraits romains du Cabinet des médailles. Catalogue raisonné. Auteur : médailles et antiques Bibliothèque nationale de France. Département des monnaies. Éditeur : Bibliothèque nationale de France, Paris

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