Grand-bi
Le grand-bi (Ordinary, Penny Farthing ou High-Wheeler en anglais) est un type de bicyclette qui apparait au début des années 1870, plus précisément en 1871. Il possède une roue avant d'un très grand diamètre et une roue arrière plus petite. L'intérêt de la grande roue avant est d'augmenter la distance parcourue pour un tour de pédale. Il connaît une grande popularité parmi les sportifs pendant les années 1870 et 1880, mais est relativement peu utilisé par les amateurs et le public à cause de sa dangerosité. Il est supplanté à partir de 1890 par les bicylettes de sécurité, ancêtres de la bicyclette moderne.
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Historique [modifier]
Le grand-bi (vélo) apparaît à une période où l'intérêt du grand public pour le vélocipède français a largement diminué. Il reste toutefois un fort intérêt pour les courses cyclistes[1]. Ce sont ces dernières qui motivent l'apparition du grand-bi. L'augmentation de la taille de la roue avant, sur laquelle sont attachées les pédales, permet en effet d'obtenir des vitesses plus élevées. Plus une roue est grande, plus la distance parcourue est importante à chaque tour de pédale ; en parallèle, comme la vitesse de pédalage est limitée, la taille des roues connaît une croissance importante pour que les vitesses atteintes puissent augmenter.
Un des premiers modèles préfigurant le grand-bi est celui utilisé par le coureur cycliste James Moore lors du Midland Counties Championship à Wolverhampton en 1870. La roue avant avait un diamètre d'1m20 et une roue arrière deux fois plus petite[2]. Il était construit par Eugène Meyer, un artisan français[2]. En 1871, James Starley et William Hillman produisent l'Ariel, un modèle semblable à celui de Moore avec un diamètre d'1m20, et vendu au prix relativement bas de 8 £, et obtient un beau succès commercial, y compris auprès des pratiquants occasionnels[2].
Des diamètres de plus en plus grands apparaissent pour améliorer les performances : 1m30, 1m40, et jusqu'à 1m50, avec une roue arrière ne dépassant pas les 40 centimètres de diamètre[3]. Ces modèles permettent de faire tomber les records, 1 mile en 3 minutes, 10 miles en 36 minutes en 1872 et permettent aux coureurs de tenir un rythme élevé sur de plus longues distances, et une vitesse en sprint de plus de 30 km/h[3],[4]. Les coureurs utilisaient en général la plus grande taille de roue que leur taille leur permettait[4].
Description [modifier]
Le grand-bi possède une roue avant d'environ 1,20-1,30 m de diamètre et une roue arrière ne dépassant pas 40 cm de diamètre. La roue motrice est la roue avant, sur laquelle sont attachées des pédales. C'est le premier type de bicyclette sur lequel le cycliste pose l'avant de ses pieds sur les pédales, plutôt que le milieu, ce qui permet de gagner en efficacité de pédalage[2]. Il n'y pas de roue libre, le cycliste est donc obligé de pédaler en permanence.
Les roues sont en acier, et sont entourées d'une fine bande de caoutchouc, afin de diminuer les chocs de la route. Les tubes du cadre en acier léger.
La selle est placée très en avant, légèrement en arrière de l'axe de la roue avant. Certains modèles possèdent une marche qui aide à la montée[3].
Les vitesses moyennes atteignent entre 10 et 15 km/h[3],[5].
Popularité [modifier]
Le grand-bi est très populaire dans les années 1870 en Angleterre parmi les sportifs et les pratiquants de loisirs. De nombreuses courses sont organisées, attirant des centaines de spectateurs[6], dont certaines sont des courses entre un cycliste et un cheval ou une carriole tirée par un cheval[7]. De nombreux clubs voient le jour, permettant aux pratiquants de rouler en groupe et d'organiser des voyages importants. Les membres du Middlesex Bicycle Club font ainsi en 1873 le trajet de Londres à John o' Groats, soit 1 100 km en deux semaines[8]. Le cyclisme devient également un sport universitaire, Cambridge et Oxford créant un club de pratiquants en 1874[9].
Certains grands-bis eurent ainsi des roues d'un diamètre de près de 1,50 m. Ils étaient donc rapides, mais considérés comme dangereux. Le cycliste se trouvait très haut perché tout en avançant à grande vitesse. S'il rencontrait une imperfection de la route (une bosse ou un nid de poule, par exemple), il pouvait être projeté par-dessus la roue avant et être gravement blessé, voire tué. La nature dangereuse de ces cycles les réservait plutôt aux jeunes hommes aventureux et les rendait peu attirants aux yeux du grand public, en particulier à cause de la difficulté de l'apprentissage, l'impossibilité de rester sur la selle à l'arrêt, la difficulté pour monter et descendre du grand-bi, et les conséquences importantes lors d'une chute[5]. Son utilisation par les pratiquants occasionnels ou en tant que véhicule utilitaire est limitée. On connaît cependant l'utilisation d'une forme primitive de grand-bi par des coursier à vélo parisiens dans les années 1870[10]
Postérité [modifier]
Le grand-bi fut choisi par Patrick McGoohan pour être le logo de sa série culte Le Prisonnier. Pour contrebalancer l'ambiance futuriste de la série, le grand-bi est comme un regard sur le passé, accentuant l'intemporalité de la série. D'après la fin du générique des versions alternatives des épisodes L'Arrivée et Le Carillon de Big Ben, la petite roue du grand-bi symbolise la Terre et la grande roue, l'Univers.
Anecdotes [modifier]
Le cycliste américain Thomas Stevens fut le premier à accomplir le tour du monde sur un grand-bi. Parti de San Francisco le 22 avril 1884, il arriva à Yokohama le 17 décembre 1886[11].
Sources [modifier]
Bibliographie [modifier]
- David V. Herlihy, Bicycle: the history, Yale University Press, 2004 (ISBN 978-0-300-12047-9) [détail des éditions]
Notes et références [modifier]
- Herlihy (2004), p. 159
- Herlihy (2004), p. 160-161
- Herlihy (2004), p. 163
- Herlihy (2004), p. 164-165
- Herlihy (2004), p. 167
- Herlihy (2004), p. 178
- Herlihy (2004), p. 165
- Herlihy (2004), p. 166
- Herlihy (2004), p. 173
- Herlihy (2004), p. 178
- http://openlibrary.org/books/OL24179475M/Around_the_world_on_a_bicycle