Granchain

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Granchain
Mairie de Granchain
Mairie de Granchain
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Arrondissement Arrondissement de Bernay
Canton Canton de Beaumesnil
Maire
Mandat
Daniel Perdriel
2014-2020
Code postal 27410
Code commune 27296
Démographie
Population
municipale
207 hab. (2011)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 02′ 28″ N 0° 39′ 34″ E / 49.0411, 0.659449° 02′ 28″ Nord 0° 39′ 34″ Est / 49.0411, 0.6594  
Altitude Min. 144 m – Max. 174 m
Superficie 8,12 km2
Localisation

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Granchain, dénommée jusqu'au 3 octobre 2008 Grandchain[1], est une commune française située dans le département de l'Eure en région Haute-Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Granchain se situe dans l'Eure (département) à la limite nord du pays d'Ouche.
Entouré par les communes de Sainte-Marguerite-en-Ouche, Saint-Aubin-le-Vertueux, Saint-Clair-d'Arcey, Corneville-la-Fouquetière et Saint-Aubin-le-Guichard, Granchain est à mi-chemin entre Bernay (Eure) (au nord) et Beaumesnil (Eure) (au sud).

Paysage de Granchain

C'est un petit village avec un habitat dispersé en hameaux sur un plateau où se succèdent des bois et des champs voués à l'agriculture et l'élevage, paysage traditionnel du pays d'Ouche qui « n’a rien changé à ses mornes étendues entre l’orée des bois, et seul y compte la magnificence du nuage, sur l’outremer atmosphérique » (La Varende).

Ses habitants sont appelés les Granchinois et les Granchinoises.

Village de Granchain

Toponymie[modifier | modifier le code]

Granchain est attesté sous les formes Grant Kahin[2] dans le dotalitium de la reine Judith vers l'an 1000[3], Grantchain dans un titre de 1391, Granchehen dans des archives notariales de Bernay en 1400[4], Grancheen en 1419, Granchan en 1469[5].

L'élément Kahin semble se retrouver au féminin dans Cahaignes (Cahainnes 1134) et Chaignes (Cahaniis sans date), autres communes de l'Eure[6].
En outre, on note dans l'Ouest : Cahagnes (Calvados, Chaaines 1135, Kahaignae 1203, une famille de Cahaignes / Cahagnes a donné les Keynes de Grande-Bretagne) et Chahaignes (Sarthe, Chahannae IXe siècle)[7].
Jean Adigard des Gautries, Fernand Lechanteur et à leur suite René Lepelley ont proposé le bas latin catanus « genévrier » avec le suffixe collectif -eus, précédé de l'adjectif roman grand, d'où le sens global de « grand bois de genévriers »[8]. Ernest Nègre reprend la même explication en mentionnant l'origine « préceltique » de catanus[9]. Le mot latin tardif cata a donné l'ancien provençal cada « genévrier », dont est issu le français cade (huile de cade). Albert Dauzat n'a pas traité ce toponyme, mais considère les types Cahaignes, Chaignes, Cahagnes et Chahaignes comme semblables et issus du latin Cadanea, alors que Cadenet (Vaucluse, Cadaneto, Cadenato fin Xe siècle) basé sur le même nom d'arbre serait construit avec le suffixe -etum[10], qui a donné la terminaison -ey, -ay dans le nord de la France et dont la forme féminine -eta a donné le suffixe français -aie servant à la formation de collectif d'arbres (cf. hêtraie).
François de Beaurepaire reste sceptique sur ces explications, aucune forme ancienne n'étant du type *Catanea, *Cadenea[11]. En outre, le suffixe collectif féminin -ea / -ia, masculin -eus / -ius n'a guère été utilisé dans la toponymie du nord de la France dans les formations toponymiques basées sur un nom d'arbre et ce, contrairement à la toponymie occitane (cf. occitan : la Fage « la hêtraie » / la Cassagne « la chênaie » correspondants des Fy, Fay / le Queney, le Chesnay du nord de la France).

Les recherches sur la botanique régionale montrent que les junipéraies occupent de façon primaire les corniches et les vires rocheuses calcicoles ou siliceuses qui surplombent la Seine et quelques rares sites en Basse-Normandie et que l'habitat secondaire des junipéraies est associé aux systèmes pastoraux extensifs hérités des traditions de parcours (ovin et caprin) et de pâturage maigre (bovin)[12]. On peut donc en déduire compte tenu de la situation géographique de Granchain, de la nature de ses sols et des pratiques d'élevage que la probabilité pour que des genévriers aient été présents avant l'an 1000 y est très faible.

La forme Grant Kahin, qui s'oppose à la forme *Grant Chahin (non attestée) d'où Grandchain, révèle une fluctuation de la ligne Joret dans cette partie du pays d'Ouche qui est mise en évidence par la toponymie[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

Granchain et la Gaule romaine[modifier | modifier le code]

A l'époque gauloise, le site de Granchain faisait probablement partie du domaine des Lexovii car, selon le Dr Raoul Doranlo[13], sa limite[14] orientale devait passer à l'Est de Fontaine-l'Abbé, de Saint-Clair-d'Arcey et de Granchain et serait restée stable jusqu'au IIIe siècle[15].
Des hachettes de pierre trouvées dans les parages du chemin avoisinant les lieux-dits Le Beuron et La Tringale situés sur la commune de Granchain[16] tendent à prouver l'origine gauloise de l'axe antique qui reliait l'ancienne cité d'Uggade à Lisieux et Sées passant par Beaumont-le-Roger et Les Jonquerets. Mais c'est la découverte de nombreuses briques, tuiles, poteries et médailles romaines au long du parcours de cette route[17], elle-même bordée de buttes, mottes, vigies ou castelliers, qui en atteste l'antiquité[18]. Le lieu-dit La Tringale [19] conserve par ailleurs le souvenir d'une construction antique[20].

Granchain et le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Avant le Xe siècle, la localité de Granchain était attachée à un moulin et devait un jour former paroisse.
Au partage de la Neustrie par les Normands, la Carentonne et ses localités voisines dont Granchain (globalement la région de Bernay), restèrent dans le domaine ducal. Vers les années 995-1008, Granchain, mentionné comme Maitgrant Kahin, est détaché du domaine ducal pour former la dotation de la reine Judith de Bretagne lors de son mariage avec Richard II de Normandie. Pour des raisons inconnues, Judith ne disposa pas de sa dotation en faveur de son abbaye de Bernay.
En regard des successions, au XIe siècle, le domaine de Granchain appartenait très probablement à la famille Alis (orthographié parfois Alys). Guillaume Alis, premier du nom, fut compagnon de Guillaume le Conquérant à la bataille d'Hastings le 14 octobre 1066. Son petit-fils, Guillaume Alis, troisième du nom, étant mort sans enfants, c'est Guillaume de Sacquenville qui hérite de ses fiefs.

Vers 1119, Éloi Le Blanc, chevalier et seigneur d'un fief à Granchain, donne à l'abbaye du Bec par l'entremise de Luc, archidiacre d'Évreux, les deux tiers de la dîme qui lui appartient. En 1199, Jean de Sacquenville, suzerain du lieu, et son frère Gilles approuvent les largesses faites à l'abbaye du Bec par Éloi Le Blanc et ils renoncent à toutes prétentions sur la dîme donnée aux religieux. À la fin du XIIIe siècle, messire Raoul d'Harcourt, seigneur de Carentonne, hérite du domaine de Granchain par son mariage avec Jeanne de Sacquenville. Son fils Jean d'Harcourt devenu sire de Granchain meurt vers 1390 sans laisser d'enfants de son mariage avec Jeanne d'Etouteville. Sa sœur et héritière, Isabeau d'Harcourt, épouse en premières noces Pierre de Mauvoisin, seigneur de Serquigny. À la mort de son mari, elle épouse en secondes noces Jean d'Achey (orthographié parfois Aché ou encore Achy) dit « le Grand Gallois » dont elle aura trois fils et une fille. L'aîné, Jean d'Achey dit « le Petit Gallois » pour le distinguer de son père, devient seigneur de Granchain. En 1420, le roi d'Angleterre Henri V retire le manoir de Granchain au « chevalier rebelle » Jean d'Achey, et le donne à sir Thomas Walton qui deviendra en 1425 speaker du Parlement d'Angleterre d'Henri VI. Quelques années plus tard, « le Petit Gallois »[21] récupère finalement son fief de Granchain.

Avec le mariage de Marie d'Achey, fille du "Petit Gallois", avec Hue d'Avoise, la seigneurie de Granchain passe à la famille de ce dernier.
Ainsi, c'est en tant que seigneur de Granchain, du Homme et du Val-Jardin que le chevalier Jehan d'Avoise († après 1478) est signalé absent lors de la Montre tenue les 17 et 18 mars 1469 à Beaumont-le-Roger par Louis, bâtard de Bourbon († en 1487), comte de Roussillon en Dauphiné, amiral de France et lieutenant-général de Normandie[22].

Granchain et l’Époque moderne[modifier | modifier le code]

Selon les Registres d'Evreux, François d'Avoise, fils de Jehan, se présente à la cure de Granchain en 1514. Marié à Jeanne d'Orbec, il meurt en 1529. Selon les mêmes sources, son fils Jean se présente aussi à la cure de Granchain en 1541. Mais la famille d'Avoise s'éteint et la seigneurie de Granchain passe à la famille du Rouyl.
Florence du Rouyl[23], fille d’honneur de Diane de Poitiers (1499-1560), duchesse de Valentinois, puis de Catherine de Médicis (1519-1589), apporte vers 1550 les fiefs de Granchain et du Mesnil-Simon[24], à son mari Charles-Robert du Quesnel († le 25 décembre 1567), baron de Coupigny[25] et seigneur d’Anet[26].
Charles-Robert du Quesnel se présente à la cure de Granchain en 1561. De son union avec Florence du Rouyl vinrent au moins quatre enfants : Gabriel Ier, Florence, Jeanne-Charlotte[27] et enfin Françoise du Quesnel[28].

C'est comme seigneur et patron de Granchain en 1575, mais aussi marquis de Coupigny, baron de Saint-Just, seigneur du Mesnil-Germain[29] et chevalier de l’ordre de Saint-Michel, que Gabriel Ier du Quesnel († après 1598) fut nommé à la tête d’une compagnie d’ordonnance de 50 lances[30].

Gabriel Ier du Quesnel avait épousé en 1res noces[31] le 6 août 1577 Isabeau d’Alègre, devenue marquise d’Alègre en 1599[32], qui lui donna : Gabriel II [33], Marguerite[34], et Pierre du Quesnel[35]. Naquirent également Charlotte du Quesnel qui prendra le titre de baronne de Granchain et une autre fille qui épousera Gédéon de Pigace.
Charlotte du Quesnel, veuve en secondes noces d'Isaac de Briqueville mourut sans descendance et c'est sa nièce Anne de Pigace qui recueillit sa succession dont Granchain.
En 1646, Anne de Pigace, dame de Granchain, épouse Jean de Mauduit.

Armoiries concédées en septembre 1649 à François II Liberge (ca 1612 - 1661 Granchain), écuyer, vicomte de Plasnes et d’Échanfray, depuis seigneur et patron de Granchain, et sénéchal de la baronnie de Bernay.

Ce sont probablement Anne de Pigace ou Jean de Mauduit qui vendirent le fief de Granchain, sans doute après 1652, à François II Liberge (ca 1612 - Grandchain 14 novembre 1661)[36], fils de maître Emery Liberge[37] et de son épouse Charlotte de Monteilles[38].
Écuyer, vicomte baillivial et juge criminel ès vicomtés de Plasnes et d’Échanfray à Notre-Dame-du-Hamel jusqu’à 1653 au moins et frère servant en la charité de Sainte-Croix de Bernay en 1653-1654, le nouveau seigneur de Granchain fut anobli par lettres patentes données en septembre 1649 par le jeune roi Louis XIV et enregistrées en la Cour des Aides de Normandie à Rouen le 2 avril 1650[39], bien que ses ancêtres aient pris la qualité de nobles depuis la seconde moitié du XVIe siècle.
Ces patentes précisent que François II Liberge demeurait alors à Orbec[40]. Enfin, François II Liberge fut procureur de François Feydeau de Brou († en 1666)[41]. Écuyer, licencié ès-lois, il exerçait la charge de sénéchal de la baronnie de Bernay le 12 octobre 1652. Son acte d’inhumation rédigé en 1661 par son cousin André de Monteilles, curé de Grandchain, le désigne ainsi : « escuyer, seigneur et patron de cette paroisse, honneur très considérable pour l’exercice de la justice et autres […] dont il estoit doüé ». D’une épouse encore inconnue, il eut au moins 3 enfants, lesquels auraient renoncé à la qualité de nobles lors de la recherche commencée en 1666[42].

Granchain et la période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Avec la période révolutionnaire, c'est surtout la question de la constitution civile du clergé qui agite la population de Granchain.
Ainsi, Jacques Bénard, curé de Granchain, se cache. En septembre 1792, il est déclaré émigré et condamné en tant que tel à la déportation, en application de la loi du 26 août 1792.
Marie-Catherine Bertrand, sœur de Saint-Vincent, née à Granchain vers 1760 et hospitalière à Angers comparaît devant le citoyen Berger, maire de la commune d'Angers et refuse le serment. Elle sera alors conduite aux Pénitentes[43] puis traduite devant une commission militaire et condamnée à la déportation[44]. De même, Jacques Bertrand, né le 14 mars 1765 à Granchain, tonsuré en 1785, ordonné en 1788 et professeur au collège d'Evreux, annonce le 15 janvier 1791 qu'il est prêt à jurer fidélité à la Constitution mais il se ravise, ne prête pas serment et il est destitué[45].
Un certificat du 21 pluviôse an II (09 février 1794) donne écho aux prédications d'inspiration révolutionnaire et très anti-papiste du curé de Granchain[46]. Il s'agit du "prêtre constitutionnel" Denis qui a été mis en place à Granchain. Celui-ci déclare que les prêtres catholiques sont réfractaires à la loi et qu'ils n'ont pas juré à cause de leur orgueil. Un jour où il se fait réprimander par un paroissien pour avoir uriner contre l'église, il répondit qu'il n'y avait pas de décret pour l'empêcher de faire de l'eau ! Il abandonnera l'exercice de son culte le 22 ventôse an II (12 mars 1794). Parallèlement, des prêtres non assermentés continuent d'exercer clandestinement aux alentours, en particulier des mariages. C'est ainsi qu'en 1797 des paroissiens de Granchain, de Sainte-Marguerite-en-Ouche, de Saint-Aubin-le-Guichard et de Saint-Clair-d'Arcey se cotisent pour avoir des ornements et habits sacerdotaux à l'usage des prêtres catholiques pour exercer leur ministère de la religion chrétienne.[47]

La famille de Liberge reste influente sur la paroisse et en particulier en cette fin du XVIIIe siècle, avec Guillaume Jacques Constant de Liberge de Granchain (1744-1805), seigneur et patron de Granchain, amiral de France. Celui-ci avait épousé en 1782 Françoise de Mauduit de Carentonne, de 19 ans sa cadette. Le 28 fructidor de l'an II (14 septembre 1794) la nouvelle municipalité de Beaumesnil leur donne un certificat de résidence à Granchain aux noms de citoyen Guillaume Jacques Constant Liberge Granchain et citoyenne Françoise Amélie Mauduit.

Granchain et la guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Après que la France ait déclaré la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870, la guerre tourne rapidement au désastre. Ce qui restait des armées françaises tenta de résister. Des volontaires s'engagèrent, des unités de la Garde nationale mobile regroupées en bataillons départementaux font face aux Prussiens et des francs-tireurs harcèlent les arrières de l'ennemi. En Normandie, les mobiles de l'Eure, de la Loire-Inférieure renforcés par ceux de l'Ardèche et des Landes vont livrer combat jusqu'en janvier 1871.

Depuis la prise de Rouen le 5 décembre par les Prussiens la défense du nœud ferroviaire de Serquigny (ligne Caen-Rouen) n'est plus un enjeu stratégique. Le dispositif de défense est réorganisé pour protéger Bernay des menaces venant de Rouen ou d’Évreux.

En décembre 1870 la vallée de la Risle a été choisie comme ligne de défense stratégique avec comme avant-poste le nœud ferroviaire de Serquigny situé au cœur d'un triangle dont les trois branches se dirigent vers Rouen, Caen et Paris. Les Francs-Tireurs de Bernay prennent position dans la forêt de Beaumesnil[48] et traversent donc Granchain. L'entrée des Prussiens à Rouen le 5 décembre modifie la situation. Le 12 décembre 1870 alors que des désordres se produisent à Bernay[49], le commandement militaire décide de prendre des positions défensives en avant de la ville, sur les hauteurs dominant la rive gauche de la Risle face à la menace prussienne qui arrive de Rouen (ville prise le 5 décembre) et d’Évreux (ville prise le 6 décembre). En conséquence, le 1er bataillon de l'Eure est envoyé à Rôtes, le 3e à Carsix, et le 2e autour du carrefour des routes de Rouen à Bernay et de Paris à Caen (dit carrefour de Malbrouck). Le bataillon de la Loire-Inférieure va occuper les côtes d'Aclou et le bataillon des Landes, Fontaine-l'Abbé et Granchain. En même temps, plusieurs compagnies de francs-tireurs sont envoyées à l'Est de la ligne de défense pour connaître les positions de l'ennemi.

La saison ne permet pas de camper et les soldats ne reçoivent pas de vivres. Les mobiles des Landes avec leur blouse et leur pantalon de toile bleue[50] ne sont pas équipés contre le froid. Ce n'est donc que dans les lieux habités qu'ils peuvent trouver un abri et de la nourriture. Un mobile du Vexin témoigne du bon accueil réservé par la population de Bernay et de ses environs mais aussi des conditions de neige et de gel particulièrement éprouvantes (jusqu'à - 15 °C) pour les soldats en ces difficiles journées de décembre 1870[51].

Le 14 décembre les troupes prussiennes qui ont investi Beaumont-le-Roger évacuent cette ville, mais le 15 décembre les Prussiens sont à Montfort-sur-Risle et Pont-Authou et des renseignements nombreux annoncent de Rouen 15,000 Prussiens, et une quarantaine de canons marchant sur Brionne et Serquigny.
Le commandant du bataillon des Landes[52] dont une partie des troupes est à Granchain reçoit alors l’ordre de regrouper ses troupes à Fontaine-l'Abbé[53].

La contre-offensive du général Louis Faidherbe vers Amiens fait faire demi-tour aux Prussiens qui repartent vers Rouen. Le bataillon des Landes regroupé à Fontaine-l'Abbé va être renforcé et reprendra sa progression vers Saint-Denis-des-Monts, puis Thuit-Hébert pour ensuite participer aux combats de Maison-Brulée et de Château-Robert avant la terrible attaque prussienne du 4 janvier 1871 qui sonnera l'heure de sa débâcle vers Pont-Audemer, puis Honfleur et Pont-l'Évêque.

Après les ultimes combats (21 et 22 janvier 1871) de la guerre de 1870-1871 à Bernay et à Orbec contre le XIIIe corps prussien commandé par le Grand-Duc de Mecklembourg[54], le 24 janvier 1871 des Prussiens de la 22e Division d'infanterie[55] aux ordres du général von Rheinbaben[56] traversent Granchain alors qu'ils se rendent de Broglie au Neubourg[57]. Granchain connaitra un meilleur sort que Conches-en-Ouche qui fut livré au pillage[58].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001   Maurice Couzin    
mars 2008   Daniel Perdriel    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 207 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
285 326 364 360 342 362 341 341 323
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
312 304 303 247 250 241 230 225 190
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
204 201 204 182 183 190 175 179 153
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
158 157 176 157 181 225 237 241 204
2011 - - - - - - - -
207 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[59] puis Insee à partir de 2004[60].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le château de Liberge de Granchain.

Le château de Granchain, inscrit à l'Inventaire général du patrimoine culturel, fut construit dans le style Louis XVI entre 1783 et 1785, sur les plans que l'amiral de Granchain traça lors de ses voyages en mer, à l'emplacement d'un vieux manoir mentionné depuis 1119. C'est l'architecte bernayen Jacques Fresnel (1755-1803) qui est chargé des travaux. Jacques Fresnel épousa en 1785 Charlotte-Augustine Mérimée, l'une des filles de François Mérimée, avocat, dont il eut Augustin Fresnel (Broglie 1788 - Ville-d'Avray 1803). Charlotte-Augustine Mérimée était la tante de l'écrivain Prosper Mérimée (1818-1870). Quant à l'amiral de Granchain, il rapporta d'Amérique du Nord graines et semences de plusieurs essences d'arbres qu'il planta dans le parc et dans tous les environs du château.

Descendants de Liberge de Granchain, les Deshayes de Forval puis les La Barre de Nanteuil furent propriétaires du château jusqu'en 1920, époque où il passa à la famille d'un industriel, Victor du Lac de Fugères (17 avril 1870 en Haute-Loire - 17 novembre 1928), qui fit venir des exploitants hollandais pour cultiver ses propriétés. En 1966, le domaine fut acheté par l'OHT (Œuvre de l'Hospitalité du Travail), association Loi 1901, reconnue d'utilité publique et ayant pour but d’aider moralement et matériellement les femmes qui, par suite de circonstances accidentelles ou habituelles, ne sont pas en mesure de gagner normalement leur vie. Sous la houlette des sœurs de Notre-Dame du Calvaire de Gramat, dans les Causses, qui le baptisèrent du nom de leur fondateur, le bienheureux Pierre Bonhomme (1803-1861)[61], l'OHT demeura jusqu'en 2007 au château de Granchain, avant que ce dernier ne fût revendu à un particulier.

Église Saint-Pierre de Granchain (face Ouest).

L'église Saint-Pierre, également inscrite à l'Inventaire général du patrimoine culturel, présente un gros œuvre en partie du XIIe siècle, des baies repercées au XVIe siècle, ainsi qu'un chœur et une nef reconstruits au XVIIIe siècle. Suite à un incendie dû à la foudre, une campagne de restauration générale fut entreprise en 1880 par l'architecte Ludovic Renou (Laigle 1833 - ?), architecte du département de l'Eure de 1866 à 1880, sous la houlette du maître d'œuvre Daniel Darcy (Cateau-Cambrésis 20 mars 1823 - 23 novembre 1904), architecte diocésain d'Évreux depuis le 10 août 1872. Dans le style néo-gothique flamboyant, ces derniers ajoutèrent des ouvertures de pierre et construisirent un nouveau clocher, inspiré de celui de l'église paroissiale Notre-Dame de la Couture à Bernay, depuis basilique.

Vue panoramique intérieure de l'Église Saint-Pierre de Granchain
Église Saint-Pierre de Granchain (face Sud)

Dans le vieux cimetière se trouvent les tombes des familles de Liberge de Granchain et Deshayes de Forval, ainsi que celle du capitaine de frégate Pierre Charles François d'Argence (1764 - 1833)[63].

La Rufaudière.

La Rufaudière est un fief mentionné depuis 1562, année où les héritiers de Guillaume le Loutterel[64], seigneurs du lieu, furent taxés pour le ban à 7 livres et 4 sols, ce qui représentait alors le dixième du revenu du fief.
C'est en tant que seigneur de la Rufaudière que Louis d'Argence fut maintenu noble en 1667 ; il avait épousé Marie Morin, dont il eut un fils : Louis.
Louis d'Argence va mourir laissant un fils du même nom qui fait aveu pour la Rufaudière en 1690.
Ancien manoir, le logis de la Rufaudière est reconstruit en 1774.
En 1789, le seigneur de la Rufaudière était l'abbé d'Argence, alors curé de Grandcamp
Les armes des d'Argence étaient : de gueules, à la fleur de lys d'argent[65].
La Rufaudière est aujourd'hui une propriété privée.


Presbytère de Granchain (reconstruit en 1899)

Le Presbytère a été reconstruit à la fin du XIXe siècle sur l'emplacement même d'un plus ancien.
L'ancien presbytère était à l'origine une maison mise à la disposition des curés desservant la paroisse par les propriétaires du château de Granchain. C'est la famille Deshayes de Forval qui vend cette maison, ses dépendances et son terrain à la mairie de Granchain pour en faire officiellement le presbytère de la commune en décembre 1845 pour la somme de 2400 francs. En 1851, une partie du terrain est prélevée pour réaliser la cour de récréation de l'école des filles (aujourd'hui bâtiment appartenant à la commune attenant à la grange aux dîmes).
Au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, la maison du presbytère étant particulièrement en mauvais état, le curé de Granchain s'en plaint et la commune envisage alors la réalisation de travaux de réfection et, en particulier, sa mise hors d'eau. La commune achète ainsi 4000 vieilles tuiles à Madame de Saint-Opportune[66] à Saint-Quentin-des-Isles. Mais les travaux de réfection ne suffisant plus, la commune décide alors la reconstruction du presbytère en 1897.
Avec la Loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, l'abbé Dodeux, curé de Saint-Aubin-le-Vertueux et desservant Granchain perd la jouissance du nouveau presbytère. Celui-ci est désormais loué par la commune aux curés desservant Granchain (Huret - 1907 ; Heroult - 1910 ; Chéron - 1914) puis à des particuliers à partir de 1923 avant d'être vendu[67]. Le presbytère est aujourd'hui une propriété privée.

Le patrimoine de Granchain[68] comprend également Le Castel édifice fortifié XVIIe siècle, des maisons et fermes XVIIe siècle, XVIIIe siècle et XIXe siècle, une grange aux dîmes XVIIIe siècle, une croix de cimetière XVIIIe siècle et une croix de chemin XIXe siècle.

Monument aux Morts[modifier | modifier le code]


Guerre 1914 - 1918

Monument aux morts de Granchain.
    HUE Léon[69]
LECOMTE Paul[70]
ANNE Eugène[71]
CHERON Jules[72]
HUE Daniel[73]
HEBERT Eugène[74]
ISABEL Georges[75]
MITATRE Louis[76]
CHEMIN Édouard[77]

Guerre 1939 - 1945

    R. LEFEBVRE
C. ROSEMBEAU


Musique et Littérature[modifier | modifier le code]

En 1820, une chansonnette intitulée La petite Châtelaine de Grandchain est composée sur des paroles de Monsieur le chevalier de Saint-Denis et un accompagnement au piano ou harpe de Berton fils[78]

Une scène du feuilleton Le Drame du Val-Martin écrit par Victor Garien et publié en 1899 dans le journal Le Petit Parisien se déroule à Granchain[79].

Le chef-d’œuvre Martine[80] de Jean-Jacques Bernard, se déroule dans un village appelé Grandchin avec un décor "normand" de pommiers, de bois et de champs pour cette mélancolique histoire d’une petite paysanne qui aime et souffre en silence.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La commune a changé de nom par décret no 2008-1021 du 3 octobre 2008 portant changement de nom de communes, après délibération du conseil municipal de Grandchain du 8 avril 2005 et du conseil général de l'Eure du 20 juin 2007.
  2. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard,‎ 1981, 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 119
  3. Le texte du dotalitium porte (...) Sanctus Albinus, Laubias, Maigrant, Kahin, (...)Auguste Le Prévost (Mémoire pour l'Histoire de l'Eure t. I, p. 265), Louis-Étienne Charpillon (Dictionnaire historique de l'Eure t. II, p. 302) et Ernest de Blosseville (Dictionnaire topographique de l'Eure p. 101) voient une erreur dans le texte qui doit être corrigé en Grant Kahin qui représente Granchain.
  4. P. Rateau et J. Pinet (Histoire et géographie du département de l'Eure 1870 p. 140 et suivantes)
  5. Toutes les formes anciennes de Granchain se retrouvent à la page 101 du Dictionnaire topographique du département de l'Eure comprenant les noms de lieu anciens et modernes / rédigé sous les auspices de la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure par M. le Marquis de Blosseville; publié en 1878 par ordre du ministre de l'Instruction publique et sous la direction du Comité des travaux historiques et sont en majorité le fruit des recherches d'Auguste Le Prévost signalé (L.P.) sur le document.
  6. François de Beaurepaire, op. cit., p. 80 et 119
  7. François de Beaurepaire, op. cit., p. 80 et 119.
  8. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses Universitaires de Caen, 1996 (ISBN 2-905461-80-2), p. 138b.
  9. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, volume I, Librairie Droz 1990. p. 94
  10. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 129a
  11. a et b François de Beaurepaire, op. cit.
  12. Inventaire National du Patrimoine Naturel - INPN - code UE 5130 et code CORINE 31.88
  13. Raoul Doranlo (1875 - 1958), médecin et archéologue, fut vice-président (1923 et 1948), président (1924 et 1949) et enfin directeur (1958)de la Société des antiquaires de Normandie, société fondée en 1824 par Arcisse de Caumont, reconnue comme établissement d'utilité publique par décret du 14 février 1855 avec pour vocation l'étude de l'histoire et de l'archéologie de la Normandie toutes périodes confondues.
  14. R. Doranlo considère ces limites plus comme des zones de contact que des frontières au sens moderne du terme. Philippe Lannier in Les voies de communication antiques de la cité des Lexovii, Annales de Normandie, 1985, Volume 35, Numéro 35-3, p. 207-227.
  15. Les limites de la civitas des Lexovii in Bulletin de la Société normande d'études préhistoriques, Tome XXVII, 1927-1929, p. 157 et suivantes
  16. Le Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, Tome XXXIX, 1930-1931, p. 481. rapporte qu'elles figuraient dans la collection de M. Eugène L'Hommet qui fut adjoint au maire de Saint-Germain-la-Campagne de 1908 à 1921 et membre correspondant de la Société historique de Lisieux.
  17. Il s'agit aujourd'hui de la route départementale no 34 (RD 34)
  18. Alexandre Auguste Guilmeth, Histoire de la ville et des environs d'Elbeuf 1842, p. 190
  19. Selon Louis Du Bois dans son Glossaire du patois normand, 1856, la Tringale (parfois orthographiée Trigalle) est la rencontre de trois chemins (tres calles) et marque probablement un ancien bureau de péage
  20. Jean Mathière, La Civitas des Aulerci Eburovices, édition 1925. p. 247
  21. Jean d'Achey, 2e du nom, dit Le Petit Gallois, épousa en premières noces Marie de Tournebu, dont il eut Jacques et Simon, et en secondes noces Jeanne de Courtremblay, qui lui donna deux filles : Marie, femme de Hue d'Avoise et Colette, femme de Jean Pigace
  22. Cf. Théodose Bonnin (1807-1871), Monstres générales de la noblesse du bailliage d’Évreux en 1469, Paris, 1853 ; Louis-Étienne Charpillon et l’abbé Anatole Caresme, Dictionnaire historique, géographique et statistique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, tome 2e, 1879, article "Grandchain".
  23. Florence du Rouyl est la fille d'Eustache du Rouyl, seigneur des Loges et des Retailles, et de sa femme Magdeleine de Bricqueville, mariés le 16 décembre 1527 au manoir de Sainte-Croix-Grand-Tonne
  24. Autrement dit Grandval in Arcisse de Caumont (1801-1873), Statistique monumentale du Calvados, Caen : Leblanc-Hardel, Paris : Derache, Didron et Dentu, 1867, tome 5e (arrondissement de Lisieux), p. 700.
  25. Aujourd'hui Landelles-et-Coupigny
  26. Plus tard, Charles-Robert du Quesnel fut nommé capitaine de 300 hommes de pied français servant en Piémont, plus connus sous le nom des Bandes noires, par commission donnée en août 1555 à Anet par le roi Henri II, gentilhomme de sa chambre par lettres de provision du 25 avril 1560. Il était le second fils de Louis du Quesnel fait chevalier par Louis XII en 1509 et anobli par François Ier en 1515, et de sa femme Françoise Le Bœuf, dame du Fresne. Charles-Robert du Quesnel céda à son épouse la terre d’Anet, anciennement Anetais, que Florence du Rouyl céda ensuite à Diane de Poitiers et où le roi Henri II, son amant, fit construire l’actuel château Renaissance par Philibert Delorme et Jean Goujon, entre 1545 et 1555.
  27. Jeanne-Charlotte épousera Jean de Briqueville, seigneur de Sainte-Croix-Grantonne et du Mont-Canisy en la paroisse Saint-Christophe de Bénerville-sur-Mer
  28. Louis Moréri, Le Grand Dictionnaire historique ou le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, Paris, J.-B. Coignard, 1725, tome 5e, p. 640.
  29. Gabriel Ier du Quesnel fut seigneur du Mesnil-Germain jusqu'en 1614.
  30. La nomination de Gabriel Ier du Quesnel fut faite par un brevet du 2 juillet 1589 accordé par le roi Henri III et il fut confirmé à la tête de cette compagnie au camp de Darnétal par brevet du 31 juillet 1591 accordé par le roi Henri IV.
  31. Gabriel Ier du Quesnel se remaria en 1598 avec Charlotte de Clermont-Tallart, veuve de Jean d’O, vicomte de Manou, fille d’Antoine III, comte de Clermont, et de Françoise de Poitiers, qui lui donna Florence du Quesnel, femme de Gilles d’Aubigné selon Louis Moréri, op. cit., tome Ve, p. 640.
  32. Isabeau d'Alègre est la fille de feu Antoine d’Alègre, seigneur de Millau, et de son épouse Françoise de Mailly
  33. Gabriel II du Quesnel, marquis d’Alègre au droit de sa mère, chevalier de l’ordre de Saint-Michel, qui épousa le 5 juin 1599 sa cousine Ludovicienne d’O, fille desdits Jean d’O, vicomte de Manou, et Charlotte de Clermont-Tallard. D’où au moins deux enfants légitimes, Gabriel III et Charles II, et un fils illégitime, Gabriel IV dit Laval, qui vivait encore en 1649. Gabriel III du Quesnel, marquis d’Alègre, gouverneur d’Évreux, fit son entrée solennelle en celle ville en 1639, après avoir épousé en 1637 sa cousine Marguerite du Quesnel, qui ne lui donna aucune postérité
  34. Marguerite du Quesnel épousera Pierre de La Mouscière, seigneur de Baijosse
  35. Pierre du Quesnel, baron de Saint-Just, fut chevalier de Malte, quitta l’ordre et épousa Isabeau de La Rochefoucauld, dame de Combronde
  36. Ce qui infirme définitivement la thèse du curé de Sacquenville, l’abbé de Bouclon, selon laquelle un certain Guillaume de Liberge aurait acquis Granchain sur les d’Aché vers 1530 (Étude historique sur la marine de Louis XVI. Liberge de Granchain, capitaine des vaisseaux du roi, major d’escadre, directeur général des ports et arsenaux…, Évreux : Auguste Hérissey, 1866, p. 13).
  37. Emery Liberge était lieutenant général de monsieur le bailli de Mauny en la vicomté de Plasnes en 1609-1627 (au moins), enquêteur et commissaire examinateur pour le roi en la vicomté d’Orbec, prévôt la charité de Sainte-Croix de Bernay en 1623.
  38. Mariée à Emery Liberge avant 1607, Charlotte de Monteilles décèdera après 1622
  39. Registre mémorial 34, folio 219.
  40. Il n'est pas certain que François II Liberge soit vraiment présent à Orbec à ce moment-là car aux alentours des fêtes de la Pentecôte de l’année 1649, une épidémie de peste s’était étendue sur cette ville où elle fit un grand nombre de victimes, et que c’est en cherchant refuge à Lisieux et à Bernay que les bourgeois d’Orbec y auraient apporté la contagion selon Victor-Ernest Veuclin, in Saint Vincent de Paul à Bernay en 1650, Bernay : Vve Lefèvre, 1876, p. 6-8.
  41. François Feydeau de Brou fut nommé XXXVIIe abbé de Notre-Dame de Bernay, sur la résignation de son oncle Dreux Hennequin de Villenoce (1574-1651) en sa faveur, pour prendre possession de ladite abbaye de Bernay, le 30 octobre 1649, puis du prieuré Saint-Nicolas de Maupas à Capelle-les-Grands, le 9 mai 1650 selon Victor-Ernest Veuclin, in Op. cit., p. 4.
  42. Abbé Adolphe de Bouclon, curé de Sacquenville, Étude historique sur la marine de Louis XVI. Liberge de Granchain, capitaine des vaisseaux du roi, major d’escadre, directeur général des ports et arsenaux…, Évreux : Auguste Hérissey, 1866, p. 17.
  43. Au départ construit pour servir de refuge en cas de troubles, l'hôtel des Pénitentes dit aussi maison de la Voûte au 21, 23 boulevard Descazeaux à Angers, doit son nom aux jeunes filles qui l'occupaient lors de la Contre-Réforme. Cette fondation pour personnes jadis entachées par le vice devint officielle en 1642. Elle disposera d'une annexe qui fera office de maison correctionnelle où les prostituées seront détenues. Puis, au milieu du XIXe siècle, la ville d'Angers alors propriétaire des lieux y installe tour à tour une école élémentaire, un musée d'architecture, et deviendra un lieu d'apprentissage pour les étudiants de l’école des Beaux-arts jusqu'en 1982. Aujourd'hui, c'est un lieu d'expositions diverses et variées.
  44. Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Angers, 1882, p. 239
  45. Revue catholique d'histoire, d'archéologie et littérature de Normandie, Volume 43, p. 131
  46. Notes de Renoult dans les Archives du Greffe du Tribunal d'Evreux, p. 45-46
  47. D'après l'information judiciaire faite en l'an VI par le jury spécial de Bernay contre Jean-Charles Véron, ex-curé et prêtre réfractaire d'Épinay et Sébastien Renoult, cultivateur à Sainte-Marguerite-en-Ouche et exploitée par Robert Anchel dans Cinq procès de religion dans l'Eure (1791-1799) paru dans la revue La Révolution française, tome 64, janvier-juin 1913.
  48. Alex Gardin in La guerre de 1870–1871 à Bernay, Les Éditions Page de Garde, Saint-Aubin-les-Elbeuf, 1997.
  49. La population de Bernay traversée par des rumeurs de trahison s'était rassemblée sur la place de la ville et menaçait le commandement militaire qui réussit à rassurer les contestataires. Le 17 décembre 1870, une nouvelle insurrection populaire sera fatale au capitaine de vaisseau de Guilhermy.
  50. L'uniforme des gardes mobiles des Landes comportait en outre des pattes d'épaule rouges.
  51. Souvenirs d'un mobile du Vexin, tablettes de la 2e compagnie, cantons d'Etrepagny et de Gisors, 1871, p. 43 et suivantes
  52. Il s'agit du commandant Condamy (1er Bataillon) ou du commandant Bétat (3e Bataillon), tous deux anciens lieutenants démissionnaires ayant repris du service. Le commandant Baune, chef de bataillon à la retraite rappelé pour diriger le bataillon des Landes le 15 août 1870 était décédé le 30 novembre 1870
  53. L'ordre fut le suivant : Réunissez demain matin dès six heures et demie tout votre bataillon à Fontaine-l'Abbé pour couvrir la vallée de Serquigny à Bernay. Si vous apprenez d'une manière certaine que nos lignes aient été forcées, retirez-vous en suivant les hauteurs qui dominent la vallée de la Charentonne jusque vers Bernay et de là sur Orbec. Vous devrez vous mettre en communication avec les marins et les francs-tireurs qui seront à la barricade et les attendre dans le cas où ils exécuteraient leur retraite Vers la rive droite. On signale l'ennemi sur plusieurs points. On s'attend à une attaque sérieuse pour demain. En cas de retraite sur Orbec, tâchez de rejoindre en route le bataillon de la Loire-Inférieure.
  54. Frédéric-François II de Mecklembourg-Schwerin (1823 - 1883) fut grand-duc de Mecklembourg(-Schwerin) de 1842 à sa mort en 1883. À la tête du XIIIe corps il remporta le 2 décembre 1870 la bataille de Loigny-Poupry, et entra dans Orléans le 5 décembre. Son autre grand succès contre les Français fut la bataille du Mans du 10 au 12 janvier 1871. Le Kaiser Guillaume 1er le fit maréchal en 1873.
  55. La 22e Division d'Infanterie a été une grande unité de l'armée prussienne. Cette division est dirigée au début de la guerre 1870-71 par le général Hermann von Gersdorff (1809-1870) dans les batailles de Wissembourg et de Wörth. Le général von Gersdorff, gravement blessé à la poitrine lors des combat de Sedan le 1er septembre 1870 décède le 13 septembre suivant. Le 22 septembre, la 22e Division passe sous le commandement du général Ludwig von Wittich (1818 - 1884). Sous son commandement, cette division prend part aux batailles d'Artenay, de Châteaudun, de Loigny et d'Orléans. En janvier 1871, elle participe à la bataille du Mans.
  56. Karl Wilhelm Gustav Albert Baron Rheinbaben (1813 - 1880) était un général prussien de cavalerie qui avait remplacé le 23 janvier 1871 le général Ludwig von Wittich (1818 - 1884) à la tête de la 22e Division d'infanterie.
  57. La 22e Division est chargée de flanc-garder face au Sud le déplacement du Grand-Duc de Mecklembourg de Bernay vers Rouen
  58. Il s'agissait de représailles suite à la blessure d'un uhlan par des tirs au sortir de la ville le 23 janvier 1871. Louis-Paul Rolin La guerre dans l'Ouest : campagne de 1870-1871, 1874.
  59. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  60. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  61. Pierre Bonhomme (Gramat 4 juillet 1803 - Gramat 9 septembre 1861), ordonné prêtre pour le diocèse de Cahors le 23 décembre 1827, fut béatifié le 23 mars 2003 par le pape Jean-Paul II. Il est fêté le 9 septembre. Cf. http://saints.sqpn.com/saintp5h.htm
  62. C'est ce second projet dressé par l'architecte le 22 juin 1877 qui fut approuvé par le Maire de Granchain le 7 juillet 1877 puis par le Préfet de l'Eure le 31 mai 1878. Archives départementales de l'Eure
  63. La famille d'Argence posséda à Granchain du XVIe au XIXe siècle le fief de la Rufaudière, par alliance avec les Ruffault de Kerhuel, vieux lignage breton connu depuis le XIIIe siècle et passé en Normandie à la fin de la guerre de Cent Ans. Cf. Féliks Rynski d'Argence, Recherches sur la famille d'Argences (1096-2011) incluant un chapitre inédit sur 2 fausses descendances de 1874-75 à nos jours.
  64. Abbé Pierre François Lebeurier in "Rôle des taxes de l'arrière-ban du bailliage d'Évreux en 1562", 1861, p. 113
  65. Ce sont les mêmes armes que celles de la ville de Lille
  66. Anne, Joséphine, Amica Le Carpentier de Sainte-Opportune, née Molin, naît le 13 octobre 1831 au château de Beysat près de Puy-Guillaume (Puy-de-Dôme). Elle rejoint Paris en 1844 avec sa mère et sa sœur Léontine, pour ses études. En 1848, à 16 ans, elle voit la Révolution et assiste au pillage des Tuileries. En 1850, les deux sœurs épousent les deux frères Roger et Albert Le Carpentier de Sainte-Opportune. Mme de Sainte-Opportune s’installe définitivement dans sa résidence de vacances à Saint-Quentin-des-Isles en 1857. Le 21 janvier 1871, après les combats violents de Bernay contre les Prussiens, Mme de Sainte-Opportune se rend auprès du duc de Mecklembourg, au château de Broglie, et obtient que la ville ne soit pas brûlée. De 1919 à sa mort, elle recevra régulièrement son voisin Jean de La Varende. Elle repose dans le carré familial, dans le cimetière de Saint-Quentin-des-Isles. Madame le Carpentier de Sainte-Opportune fut doyenne des Français à partir de 1937 et était âgée de 107 ans lors de son décès survenu en 1939.
  67. Archives départementales de l'Eure, cote 5O6/365
  68. Base inventaire Mérimée
  69. HUE Léon Gustave né le 12 août 1882 à Beaumont-le-Roger, soldat du 24e régiment d'infanterie, mort pour la France le 25 août 1914 à Morlanwelz (Belgique).
  70. LECOMTE Paul Henri né le 23 septembre 1890 à Pont-Audemer, soldat du 24e régiment d'infanterie, mort pour la France le 6 septembre 1914 à Montceaux-lès-Provins (Seine-et-Marne)
  71. ANNE Désiré Eugène né le 4 octobre 1875 à Granchain, soldat du 17e régiment d'infanterie territoriale, mort pour la France le 30 septembre 1914 à Hébuterne (Pas-de-Calais)
  72. CHERON Jules Gaston né le 20 mars 1889 à Saint-Aubin-le-Vertueux, soldat du 24e régiment d'infanterie, mort pour la France le 13 octobre 1914 au Godat - ferme disparue entre Cormicy et Loivre - (Marne)
  73. HUE Pierre Désiré Daniel né le 31 mars 1884 à Granchain, soldat du 46e régiment d'infanterie, mort pour la France le 12 mai 1915 à Vauquois (Meuse)
  74. HEBERT Eugène Narcisse né le 30 mars 1879 à Saint-Clair-d'Arcey, soldat du 24e régiment d'infanterie, mort pour la France le 25 mai 1915 à Aix-Noulette (Pas-de-Calais)
  75. (sous réserve) ISABEL Georges né le 21 avril 1886 à Louviers, soldat du 74e régiment d'infanterie, mort pour la France le 11 juin 1915 à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais)
  76. MITATRE Louis Alexandre né le 27 février 1872 à Granchain, soldat du 22e régiment d'infanterie territoriale, mort pour la France le 30 octobre 1915 aux Hurlus (village disparu de la Marne)
  77. CHEMIN Édouard Joseph né le 12 mars 1879 à Bernay, soldat du 17e régiment d'infanterie territoriale, mort pour la France le 2 août 1916 à l'hôpital de Wiencourt-l'Équipée (Somme)
  78. Bibliographie de la France ou Journal général de l'Imprimerie et de la Librairie, année 1825, p. 678
  79. Supplément Littéraire Illustré du "Petit Parisien" no 551 du dimanche 27 août 1899, p. 276
  80. La pièce Martine est jouée pour la première fois le 10 mai 1922 au spectacle de la Chimère (théâtre des Mathurins) avec Marguerite Jamois. Cette pièce en 5 tableaux est admise le 13 novembre 1934 au répertoire de la Comédie-Française où elle est reconduite avec Madeleine Renaud cette année-là puis en 1939. Elle sera montée dans plusieurs pays d'où son succès mondial.


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