Grégoire Choniadès

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Grégoire Choniadès (ou Chioniadès) est un savant byzantin ayant vécu à la fin du XIIIe siècle, célèbre pour avoir introduit à Byzance les acquis de l'astronomie persane.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les informations à son sujet viennent de l'astronome Georges Chrysococcès, qui publia en 1346 à Constantinople une Περσική Σύνταξις, et d'autre part de seize lettres de Choniadès lui-même qui ont été conservées. Ayant passé sa jeunesse à Constantinople, où il étudia la médecine, il voulut s'instruire en mathématiques, en astronomie et dans d'autres sciences ; mais l'astronomie, notamment, était bien déchue à l'époque dans l'Empire byzantin, tandis que le brillant centre intellectuel de Maragha, en Perse, avec son observatoire fondé en 1259 par Houlagou Khan, avait acquis une grande réputation. Choniadès décida donc de s'y rendre ; passant par Trébizonde, il se ménagea l'appui de l'empereur de cette ville (apparemment Jean II, d'après la chronologie, mais ensuite aussi Alexis II), et, arrivé en Perse, il put également gagner les faveurs de l'Ilkhan.

À Maragha et Tabriz, où il semble avoir séjourné vers 1295, il reçut notamment l'enseignement du savant Shams al-Din al-Boukhari, ancien disciple du célèbre Nasir ad-Din at-Tusi[1]. Il revint à Trébizonde, puis à Constantinople, entre 1296 et 1302, porteur de plusieurs textes de mathématiques et d'astronomie qu'il traduisit du persan en grec. Il aurait fondé un observatoire à Trébizonde. Il fut l'objet d'accusations d'impiété dont il se disculpa dans une profession de foi adressée au patriarche de Constantinople[2]. En 1302, il retourna à Tabriz en tant qu'évêque de l'Église orthodoxe.

Choniadès traduisit en grec des tables astronomiques persanes, notamment les Tables ilkhaniennes de Nasir ad-Din at-Tusi, les Tables sinjariques d'al-Khazini, un astronome de Merv d'origine byzantine (flor. 1115-1130), et aussi les tables et commentaires de son maître Shams al-Boukhari. Il est sans doute l'un des inspirateurs de la renaissance de l'astronomie à Constantinople sous Andronic II (Manuel Bryennios, Théodore Métochite, Nicéphore Grégoras). En tout cas il fut la source des travaux astronomiques de Georges Chrysococcès et surtout de Théodore Méliténiotès.

Édition des textes[modifier | modifier le code]

  • (en) David Pingree (dir.), The Astronomical Works of Gregory Choniades I, Corpus des Astronomes Byzantins, Amsterdam, 1985.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Edmund B. Fryde, The Early Palaeologan Renaissance (1261-c. 1360), E. J. Brill, Leyde, 2000.
  • (en) David Pingree, « Gregory Choniades and Palaeologan Astronomy », dans Dumbarton Oaks Papers 18, 1964, p. 135-160.
  • L. G. Westerink, « La profession de foi de Grégoire Choniadès », dans Revue des Études Byzantines 18, 1980, p. 233-245.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il semble s'être heurté à une réticence à enseigner l'astronomie à un Byzantin. Quand il demanda pourquoi l'étude de cette discipline était réservée aux seuls Persans, on lui répondit que « c'est une vieille croyance chez eux que leur empire sera détruit par les Romains (= les Byzantins) quand ceux-ci useront de l'astronomie » (Georges Chrysococcès, éd. Usener, Kleine Schriften III, p. 357).
  2. « Certaines gens » soupçonnaient que son séjour parmi « les Persans, les Chaldéens et les Arabes » lui avait fait adopter des doctrines impies. Il jette l'anathème sur « ceux qui croient au Destin et à la Fortune », et jure que, si jamais, en discutant, il a exposé les arguments des païens, des juifs ou des musulmans contre les chrétiens, il l'a fait seulement à titre d'information, sans que cela exprime sa pensée.