Goyescas pour piano (Granados)

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Dans La Maja et les masques (1777, musée du Prado) Goya met en scène des majos dans une composition centrée sur l'amour, la jalousie et l'intrigue

Les Goyescas sont une suite pour piano écrite par Enrique Granados en 1911, considérée comme le chef-d'œuvre du compositeur. L'œuvre a été créée par son auteur le 11 mars 1911 au Palais de la musique catalane de Barcelone.

Enrique Granados a également composé l'opéra Goyescas en 1915, en reprenant plusieurs thèmes de la suite pour piano.

Titre de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Les Goyescas portent le sous-titre de Los majos enamorados (« les beaux amoureux »).

Le titre et le sous-titre de l’œuvre nom font référence au peintre Francisco Goya dont Granados était un grand admirateur et dont il s'inspire ici.

« Je suis amoureux de la psychologie de Goya, de sa palette, de sa personne, de sa muse, la duchesse d'Alba, des disputes qu'il avait avec ses modèles, de ses amours et liaisons. Ce rose blanchâtre des joues qui contraste avec le velours noir ; ces créatures souterraines, les mains perle et jasmin reposant sur des chapelets m'ont possédées[1],[2]. »

Avec le terme de « Goyesque », celui de de majos - beau, jeune et fort - se réfère clairement à l’œuvre de Goya qui peignit abondamment ces nobles vêtus à la façon du peuple, ainsi que les coutumes populaires réinvesties par l'aristocratie madrilène, la corrida notamment.

Ce titre laisse présager que, à la façon de Goya et de ses majos, Granados réutilise des airs populaires pour en faire une musique noble.

Il n'existe cependant pas de correspondance entre chacune des pièces et un tableau particulier : il s'agit donc plus d'une question d'atmosphère que de description musicale à proprement parler.

Pièces[modifier | modifier le code]

Les Goyescas se composent de six pièces et leur exécution demande environ un peu moins d'une heure. Une septième pièce, El pelele (le mannequin), a été écrite par Granados, la seule correspondant véritablement à un tableau existant du peintre, mais qui n'a pas été intégrée au cycle initial.

  • Los requiebros (les compliments) (dédié à Emil Sauer)
  • Coloquio en la reja (dialogue à la prison) (dédié à Édouard Risler)
  • El fandango de candil (fandango à la chandelle) (dédié à Ricardo Viñes)
  • Quejas, o la maja y el ruisenor (complainte, ou la jeune fille et le rossignol)- la pièce la plus fameuse, d'un lyrisme admirable (dédié à son épouse Amparo)
  • El Amor Y La Muerte (Balada) (Balade de l'amour et de la mort) (dédié à Harold Bauer)
  • Epilogo: Serenata del espectro (sérénade au spectre) (dédié à Alfred Cortot)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il fait probablement référence, dans cette dernière phrase, à Majas au balcon et Maja et Célestine au balcon
  2. (es) Harold C. Schonberg, Los Grandes compositores, Barcelone, Robinbook,‎ 2007 (ISBN 978-84-96924-04-8, lire en ligne), p. 501

Liens externes[modifier | modifier le code]