Gouverneur général des Tuvalu

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Politique aux Tuvalu
Image illustrative de l'article Gouverneur général des Tuvalu

Le gouverneur général des Tuvalu est le chef de l'État de facto des Tuvalu. Il représente le chef de l'État de jure, la reine des Tuvalu, Elisabeth II.

Le gouverneur général exerce les fonctions et responsabilités de la reine en son nom[1], lorsqu'elle n'est pas présente elle-même aux Tuvalu. Ces fonctions sont essentiellement symboliques.

Le gouverneur général est officiellement nommé par la reine, qui est toutefois tenue d'agir en accord avec les recommandations du Premier ministre, et c'est donc ce dernier qui choisit véritablement le gouverneur général. Le premier ministre consulte le Fale i Fono (Parlement) afin d'effectuer son choix[2].

L'actuel gouverneur général est Sir Iakoba Italeli, depuis 2010[3],[4].

La crise constitutionnelle de 2013[modifier | modifier le code]

Ordinairement, les fonctions du gouverneur général sont cérémonielles et symboliques. En 2013, toutefois, le gouverneur général Sir Iakoba Italeli exerce ses pouvoirs de réserve dans le cadre d'une crise politique.

Le 21 décembre 2012, le décès du ministre des Finances Lotoala Metia prive le gouvernement du Premier ministre Willy Telavi d'une majorité claire au Parlement : il ne dispose plus que de sept sièges, soit autant que l'opposition dirigée par Enele Sopoaga. Dès lors, le gouvernement ne convoque plus le Parlement. Une élection partielle doit se tenir pour le siège laissé vacant par Metia, à Nukufetau ; Telavi parvient à retarder sa tenue jusqu'à ce qu'une décision de justice le contraigne à permettre cette élection, le 28 juin 2013. Le siège est remporté par le candidat de l'opposition, Elisala Pita. L'opposition demande alors que le Parlement soit convoqué, afin que le gouvernement puisse être destitué par une motion de censure déposée par la nouvelle majorité[5]. Telavi répond que la Constitution prévoit que le Parlement siège au minimum une fois par an : il considère donc ne pas avoir à convoquer l'assemblée avant décembre 2013[6]. Le 3 juillet, face à ce refus, le gouverneur général, Sir Iakoba Italeli, fait usage de ses prérogatives constitutionnelles pour convoquer le Parlement pour le 30 juillet[7].

Ce jour-là, alors que l'opposition s'apprête à déposer une motion de censure, le ministre de la Santé Taom Tanukale démissionne de son poste de député, et donc également de son ministère. Suite à la mort de Metia, et le ministre de l'Éducation Falesa Pitoi étant à l'étranger pour cause de maladie depuis décembre 2012, le démission de Tanukale ne laisse que quatre ministres en poste et actifs : le Premier ministre, le vice-Premier ministre, Kausea Natano, le ministre des Affaires étrangères, Apisai Ielemia, et la ministre de l'Intérieur Pelenike Isaia. Le gouvernement, désormais nettement minoritaire, dispose par ailleurs du soutien du président du Parlement, mais n'a aucun simple député dans son camp[8]. Le lendemain, la raison de la démission de Tanukale est révélée. Le président du Parlement, Kamuta Latasi, rejette la demande de l'opposition qu'une motion de censure soit votée ; il évoque l'existence d'un siège vacant. Latasi ajourne le Parlement, statuant que celui-ci ne se réunira à nouveau qu'après la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Tanukale. Il prolonge ainsi la survie politique du gouvernement Telavi[9].

L'opposition se tourne vers le gouverneur général. Le 1er août, Telavi annonce son intention de limoger Sir Iakoba. Celui-ci prend les devants, et limoge le Premier ministre ; il nomme le chef de l'opposition officielle, Enele Sopoaga, Premier ministre par intérim[10]. Refusant d'être limogé, Telavi réitère alors son intention de demander à la reine de limoger Italeli[11]. L'article 55 de la Constitution dispose que le gouverneur général peut être démis de ses fonctions par le monarque, uniquement sur demande du Premier ministre, ce dernier devant nécessairement avoir au préalable consulté en privé les députés. Le 2 août, le Parlement retire officiellement sa confiance dans le gouvernement Telavi, et l'opposition, majoritaire, prend le pouvoir[12]. Sopoaga, ayant reçu la confiance du Parlement, écrit au Palais de Buckingham et demande à la reine de ne tenir aucun compte de la demande formulée par Telavi[13].

Liste des gouverneurs généraux[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Constitution des Tuvalu, art.51
  2. ibid, art.55
  3. (en) "HE Mr Iakeba Taeia Italeli", Commonwealth des Nations
  4. (en) "New Tuvaluan MPs get key cabinet portfolios", Pacific Islands News Association, 29 septembre 2010
  5. (en) "Tuvalu’s Opposition waiting to hear from GG", Islands Business, 1 juillet 2013
  6. (en) "Parliament needs one yearly meeting only says defiant Tuvalu PM", Radio New Zealand International, 2 July 2013
  7. (en) "Tuvalu’s parliament convenes July 30", Islands Business, 3 juillet 2013
  8. (en) "Tuvalu govt bombshells", Islands Business, 30 juillet 2013
  9. (en) "Tuvalu in constitutional crisis, says opposition", Radio New Zealand International, 31 juillet 2013
  10. (en) "GG appoints Sopoaga as Tuvalu’s caretaker PM", Islands Business, 1 août 2013
  11. (en) "Tuvalu government faces constitutional crisis", Radio Australia, 1 août 2013
  12. (en) "Tuvalu opposition votes out government", Radio New Zealand International, 2 août 2013
  13. (en) "PM Sopoaga: ‘My govt is ready to lead", Islands Business, 6 août 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]