Gouvernement de l'Église catholique

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne toutes les Églises rituelles autonomes, spécialement l'Église latine ; en ce qui concerne les Églises catholiques orientales, on fera les adaptations qui s'imposent.
Gouvernement de
l'Église catholique
Image illustrative de l'article Gouvernement de l'Église catholique

Type Théocratie hiérarchique
Primauté pontificale Saint-Siège
(composé du pape et de la Curie romaine)
Langue(s) Latin
et langues vernaculaires
Membre(s) Évêques et prélats
Magistère de l'Église Collège épiscopal
Diocèses et Églises particulières Ordinaires locaux
Instituts de vie consacrée et Sociétés de vie apostolique Chapitres et modérateurs
Site web http://www.vatican.va

Le gouvernement de l'Église catholique signifie l'action pastorale des évêques et de leurs collaborateurs, exercée en communion avec le Pontife suprême de l'Église universelle. Le gouvernement de l'Église n'est donc pas un bloc monolithique, mais il réunit en collégialité les Églises particulières placées sous la primauté pontificale de l'évêque de Rome, dont l'autorité suprême et la juridiction universelle s'exercent par la Curie romaine.

Fidèles du Christ[modifier | modifier le code]

Les fidèles, baptisés et unis au Christ, constituent l'Église catholique, gouvernée par le pape et la communion des évêques :

« Les fidèles du Christ sont ceux qui, en tant qu'incorporés au Christ par le baptême, sont constitués en peuple de Dieu et qui, pour cette raison, faits participants à leur manière à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, sont appelés à exercer, chacun selon sa condition propre, la mission que Dieu a confiée à l'Église pour qu'elle l'accomplisse dans le monde. Cette Église, constituée et organisée en ce monde comme une société, subsiste dans l'Église catholique gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques en communion avec lui. Sont pleinement dans la communion de l'Église catholique sur cette terre les baptisés qui sont unis au Christ dans l'ensemble visible de cette Église, par les liens de la profession de foi, des sacrements et du gouvernement ecclésiastique[1]. »

État ecclésiastique[modifier | modifier le code]

Pouvoir de gouvernement[modifier | modifier le code]

« Au pouvoir de gouvernement qui dans l'Église est vraiment d'institution divine et est encore appelé pouvoir de juridiction, sont aptes, selon les dispositions du droit, ceux qui ont reçu l'ordre sacré. À l'exercice de ce pouvoir, les fidèles laïcs peuvent coopérer selon le droit[2]. »

« Dans le pouvoir de gouvernement, on distingue les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Le pouvoir législatif doit s'exercer selon les modalités prescrites par le droit ; celui qu'un législateur inférieur à l'autorité suprême détient dans l'Église ne peut être délégué validement sauf autre disposition expresse du droit ; une loi contraire au droit supérieur ne peut être validement portée par un législateur inférieur. Le pouvoir judiciaire que possèdent les juges ou les collèges judiciaires doit être exercé selon les modalités prescrites par le droit ; il ne peut être délégué si ce n'est pour accomplir les actes préparatoires à un décret ou à une sentence. En ce qui concerne l'exercice du pouvoir exécutif, les dispositions des canons (numéros 136 à 144) seront observées[3]. »

Offices ecclésiastiques[modifier | modifier le code]

« Un office ecclésiastique est toute charge constituée de façon stable par disposition divine ou ecclésiastique pour être exercée en vue d'une fin spirituelle. Les obligations et les droits propres à chaque office ecclésiastique sont déterminés par le droit qui le constitue ou par le décret de l'autorité compétente qui, tout ensemble, le constitue et le confère[4]. »

Dispositions normatives[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Diplomatique vaticane.

Les actes administratifs ou juridiques peuvent être énoncés en plusieurs variantes ou sous-classes, mais comprennent en général : lois, coutumes, décrets, instructions, préceptes, rescrits, privilèges, dispenses, statuts et règlements.

Communications publiques[modifier | modifier le code]

À la suite du Synode des évêques, qui eut lieu en octobre 2005 et porta sur le thème de l'Eucharistie, le pontife romain Benoît XVI promulgua, en 2007, l'exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, par laquelle il recommanda l'usage de la langue latine dans aucunes célébrations liturgiques :

« Je pense en ce moment, en particulier, aux célébrations qui ont lieu durant des rencontres internationales, aujourd'hui toujours plus fréquentes. Pour mieux exprimer l'unité et l'universalité de l'Église, je voudrais recommander ce qui a été suggéré par le Synode des Évêques, en harmonie avec les directives du Concile Vatican II : excepté les lectures, l'homélie et la prière des fidèles, il est bon que ces célébrations soient en langue latine ; et donc que soient récitées en latin les prières les plus connues de la tradition de l'Église et éventuellement que soient exécutés des pièces de chant grégorien. De façon plus générale, je demande que les futurs prêtres, dès le temps du séminaire, soient préparés à comprendre et à célébrer la Messe en latin, ainsi qu'à utiliser des textes latins et à utiliser le chant grégorien ; on ne négligera pas la possibilité d'éduquer les fidèles eux-mêmes à la connaissance des prières les plus communes en latin, ainsi qu'au chant en grégorien de certaines parties de la liturgie[5]. »

À l'échelle de l'Église universelle, de même que le latin est-il langue liturgique et juridique, l'italien est langue véhiculaire du diocèse de Rome et du Vatican, alors que le français est langue de la diplomatie du Saint-Siège et l'allemand, de la Garde suisse pontificale. Ainsi, toutes langues de l'écoumène, telles que l'anglais et l'espagnol, utilisées en lieu et place d'une des langues officielles nommées précédemment deviennent vernaculaires pour les fonctions et les offices auxquels elles contribuent provisoirement.

Autorité suprême de l'Église[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Magistère de l'Église.

Pontife romain[modifier | modifier le code]

Successeur du Prince des apôtres, « [l'Évêque] de l'Église de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d'une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qui doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l'Église tout entière sur cette terre; c'est pourquoi il possède dans l'Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu'il peut toujours exercer librement[6]. »

Serviteur des serviteurs de Dieu, le pontife romain se sert habituellement de la Curie romaine - avec laquelle il constitue le Saint-Siège - « pour traiter les affaires de l'Église tout entière, et [pour accomplir] sa fonction en son nom et sous son autorité pour le bien et le service des Églises[7] ».

Collège des évêques[modifier | modifier le code]

« Le Collège des Évêques [...] est lui aussi en union avec son chef et jamais sans lui, sujet du pouvoir suprême et plénier sur l'Église tout entière[8]. »

Synode des évêques[modifier | modifier le code]

« Le synode des Évêques est la réunion des Évêques qui, choisis des diverses régions du monde, se rassemblent à des temps fixés afin de favoriser l'étroite union entre le Pontife Romain et les Évêques et d'aider de ses conseils le Pontife Romain pour le maintien et le progrès de la foi et des mœurs, pour conserver et affermir la discipline ecclésiastique, et aussi afin d'étudier les questions concernant l'action de l'Église dans le monde[9]. »

Collège des cardinaux[modifier | modifier le code]

Princes de l'Église, « [les] Cardinaux de la Sainte Église Romaine constituent un Collège particulier auquel il revient de pourvoir à l'élection du Pontife Romain selon le droit particulier ; les Cardinaux assistent également le Pontife Romain en agissant collégialement quand ils sont convoqués en corps pour traiter de questions de grande importance, ou individuellement, à savoir par les divers offices qu'ils remplissent en apportant leur concours au Pontife Romain surtout dans le soin quotidien de l'Église tout entière[10]. »

Légats et nonces apostoliques[modifier | modifier le code]

Souverain de l'État de la Cité du Vatican, « le Pontife Romain a le droit inné et indépendant de nommer des Légats et de les envoyer auprès des Églises particulières dans les diverses nations ou régions, ou en même temps auprès des États et Autorités publiques, ainsi que de les transférer et de les rappeler, en respectant cependant les règles du droit international en ce qui regarde l'envoi et le rappel des Légats accrédités auprès des États. Aux Légats du Pontife Romain est commis l'office de représenter le Pontife Romain lui-même de façon stable auprès des Églises particulières ou encore auprès des États et des Autorités publiques auprès de qui ils sont envoyés. [...] La charge principale du Légat pontifical est de rendre toujours plus solides et efficaces les liens d'unité qui existent entre le Siège Apostolique et les Églises particulières[11]. »

Églises particulières[modifier | modifier le code]

« Les Évêques qui d'institution divine succèdent aux Apôtres par l'Esprit Saint qui leur est donné sont constitués Pasteurs dans l'Église pour être, eux-mêmes, maîtres de doctrine, prêtres du culte sacré et ministres de gouvernement. Par la consécration épiscopale elle-même, les Évêques reçoivent avec la charge de sanctifier, celles d'enseigner et de gouverner, mais en raison de leur nature, ils ne peuvent les exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef et les membres du Collège[12]. »

Diocèses[modifier | modifier le code]

Chaque diocèse est une portion de l'Église universelle et gouverné par un évêque, monarque en sa curie diocésaine et archétype du prélat. En plus d'un presbytérium qui collabore à sa mission de pasteur, au nombre des organes assistant l'évêque se trouvent un conseil presbytéral, un collège des consulteurs ainsi qu'un conseil pastoral, et, selon le cas, un chapitre de chanoines ou un synode diocésain.

Les diocèses peuvent être regroupés en province ecclésiastique à la tête de laquelle se trouve un archevêque métropolitain et un concile provincial réunissant les évêques suffragants, en région ecclésiastique à la tête de laquelle se trouve une assemblée d'évêques ou en nation dont les Églises particulières coordonnent leur action sous les prérogatives honorifiques d'un primat et la charge pastorale d'une conférence épiscopale.

Les diocèses sont subdivisés en parties distinctes, les paroisses, à la tête desquelles se trouve un curé qui peut être assisté d'une équipe pastorale. Les paroisses peuvent être regroupées en vicariat forain.

Autres Églises particulières[modifier | modifier le code]

Sont assimilés aux diocèses la prélature territoriale, l'abbaye territoriale, le vicariat apostolique, la préfecture apostolique et l'administration apostolique.

Instituts de vie consacrée et sociétés de vie apostolique[modifier | modifier le code]

« Les Supérieurs et les chapitres des instituts (de vie consacrée) ont sur les membres le pouvoir défini par le droit universel et par les constitutions. Cependant, dans les instituts religieux cléricaux de droit pontifical, ils possèdent en outre le pouvoir ecclésiastique de gouvernement tant au for externe qu'au for interne[13]. »

« Le gouvernement de la société (de vie apostolique) est déterminé par les constitutions en observant selon la nature de chaque société les canons 617-633[14]. »

Associations de fidèles[modifier | modifier le code]

« Toutes les associations publiques ou privées, quels que soient leurs titres ou leurs noms, auront leurs statuts, par lesquels sont définis le but ou l'objet social de l'association, le siège, le gouvernement et les conditions requises pour en faire partie, et sont déterminés les modes d'action, compte tenu des besoins ou de l'utilité de temps et de lieux. [...] Toutes les associations de fidèles sont soumises à la vigilance de l'autorité ecclésiastique compétente, à laquelle il appartient d'avoir soin que l'intégrité de la foi (chrétienne) et des mœurs y soit préservée, et de veiller à ce que des abus ne se glissent pas dans la discipline ecclésiastique ; c'est donc le devoir et le droit de l'autorité compétente d'exercer la vigilance selon le droit et les statuts ; les associations sont encore soumises au gouvernement de cette même autorité[15] », c'est-à-dire le Saint-Siège et, s'il y a lieu, l'Ordinaire local.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joël-Benoît d'Onorio, Le Pape et le gouvernement de l'Église, Paris, Tardy, 1992
  • Mgr Pierre Batiffol, Catholicisme et papauté : les difficultés anglicanes et russes, J. Gabalda Éditeur, 1925
  • Cawthorne, Nigel, La Vie sexuelle des papes: la chronique scandaleuse du Vatican, trad. de l'anglais par Jean Dutourne, Köln, Evergreen, 1999, ISBN 3-8228-0780-X
  • Géopolitique du Catholicisme, de Patrick Levaye (Éditions Ellipses, 2007) ISBN 2-7298-3523-7
  • Philippe Levillain et François-Charles Uginet, Le Vatican ou les frontières de la grâce, Paris, Calmann-Lévy, 1992
  • Paul Poupard :
    • Connaissance du Vatican, Beauchesne, 1974
    • Le Vatican, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1994
  • Yves Bruley, Histoire de la papauté, Éditions C.L.D., 2008