Gouvernement Benkiran
| Gouvernement Benkiran | |
| Régime | Monarchie constitutionnelle |
|---|---|
| Chef du gouvernement | Abdel-Ilah Benkiran (nommé le 29/11/2011) |
| Début | 3 janvier 2012 |
| Durée | 1 an, 161 jours |
| Coalition | PJD-PI-PPS-MP |
| Majorité |
|
| Chronologie | |
| Gouvernement précédent | Gouvernement El Fassi |
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Le gouvernement Benkiran est le trentième du Maroc depuis son indépendance en 1956. Le 29 novembre 2011, Abdel-Ilah Benkiran, secrétaire général du Parti de la justice et du développement a été nommé chef du gouvernement, conformément à l'article 47 de la Constitution adoptée par référendum le 1er juillet 2011. Le 25 novembre 2011 en effet, le Parti de la justice et du développement avait remporté les élections législatives anticipées en obtenant 107 sièges sur les 395 qui composent la Chambre des représentants.
Le 3 janvier 2012, le roi Mohammed VI a nommé les 31 ministres du gouvernement Benkiran après 35 jours de négociations[1].
Ce gouvernement comprend une seule femme, Bassima Hakkaoui (ministre de la Solidarité, de la Famille et du Développement social), alors que le précédent en comprenait sept[2].
Sommaire |
Élections législatives de 2011[modifier]
Les résultats définitifs des élections du 25 novembre 2011 ont été annoncés le soir du 27 novembre 2011 par le ministre de l'Intérieur Taib Cherkaoui[3], le taux de participation a enregistré une légère hausse, s'établissant à 45,40 % alors que celui-ci s'était constamment réduit depuis les législatives de 1984 (67 % en 1984, 62 % en 1993, 58 % en 1997, 50 % en 2002 et 37 % en 2007).
| Rang | Parti | % | Sièges | Évolution (Législatives 2007) |
Participation au gouvernement | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1e | Parti de la justice et du développement (PJD) | 27,08 % | 107 | oui | ||
| 2e | Parti de l'Istiqlal (PI) | 15,19 % | 60 | oui | ||
| 3e | Rassemblement national des indépendants (RNI) | 13,16 % | 52 | opposition | ||
| 4e | Parti authenticité et modernité (PAM) | 11,90 % | 47 | opposition | ||
| 5e | Union socialiste des forces populaires (USFP) | 9,87 % | 39 | opposition | ||
| 6e | Mouvement populaire (MP) | 8,10 % | 32 | oui | ||
| 7e | Union constitutionnelle (UC) | 5,82 % | 23 | opposition | ||
| 8e | Parti du progrès et du socialisme (PPS) | 4,55 % | 18 | oui | ||
| 9e | Parti travailliste (PT) | 1 % | 4 | opposition | ||
| 10e | Parti du renouveau et de l'équité (PRE) | 0,50 % | 2 | soutien | ||
| 10e | Mouvement démocratique et social (MDS) | 0,50 % | 2 | soutien | ||
| 10e | Parti de l'environnement et du développement durable (PEDD) | 0,50 % | 2 | soutien | ||
| 10e | Parti Al Ahd Ad Dimocrati (AHD) | 0,50 % | 2 | soutien | ||
| 14e | Front des forces démocratiques (FFD) | 0,25 % | 1 | opposition[4] | ||
| 14e | Parti de l'action (PA) | 0,25 % | 1 | soutien | ||
| 14e | Parti unité et démocratie (PUD) | 0,25 % | 1 | soutien | ||
| 14e | Parti de la liberté et de la justice sociale (PLJS) | 0,25 % | 1 | soutien | ||
| 14e | Parti de la gauche verte (PGV) | 0,25 % | 1 | opposition | ||
| -- | Total (taux de participation 45,40 %) | 100 % | 395 | -- |
Formation[modifier]
Avec 27 % des sièges à la chambre basse du Parlement, le Parti de la justice et du développement doit se résoudre à former un gouvernement de coalition. Le 30 novembre 2011, trois jours après l'annonce officielle des résultats du scrutin, le PJD lance officiellement un appel aux partis de la Koutla[5]. L'Istiqlal (deuxième au scrutin avec 60 sièges) est le premier parti à se dire intéressé tandis que l'USFP (39 sièges) décline l'offre le 4 décembre 2011[6], préférant regagner une crédibilité dans l'opposition. Le troisième parti de la Koutla, le Parti du progrès et du socialisme, annonce quant à lui son ralliement au PJD le 10 décembre 2011[7], invoquant un « compromis historique » qui justifie le dépassement des divergences idéologiques opposant les deux mouvements[8].
De son côté, l'Alliance pour la démocratie, coalition politique hétéroclite de partis couramment surnommée le G8 et formée le 5 octobre 2011 dans la perspective des élections , se fissure. Si le PJD a d'emblée écarté l'hypothèse d'une alliance avec le Parti authenticité et modernité (47 sièges)[9], plusieurs partis de la coalition se déclarent intéressés, en premier lieu le Mouvement populaire (32 sièges) et l'Union constitutionnelle (23 sièges)[10]. Le 6 décembre 2011, le bureau politique du Mouvement populaire vote à l'unanimité le ralliement au PJD, outrepassant les réticences de la frange réformatrice de la base du parti[11].
Coalition gouvernementale[modifier]
Après 2 semaines de négociations entre le chef du gouvernement Abdel-Ilah Benkiran et les partis politiques susceptibles de participer au gouvernement, la coalition a été officiellement dévoilée le soir du lundi 12 décembre 2011 à la suite de la réunion d'Abdelilah Benkirane avec les secrétaires généraux des partis ayant accepté la participation. Après 5 semaines de négociations, la liste gouvernementale a été approuvée et nommée officiellement le 3 janvier 2012 par le roi Mohammed VI.
| Rang | Parti | % (Législatives 2011) |
Sièges (Législatives 2011) |
Nombre de ministres | |
|---|---|---|---|---|---|
| 1e | Parti de la justice et du développement (PJD) | 27,08 % | 107 ( |
11 (+ Chef du gouvernement) | |
| 2e | Parti de l'Istiqlal (PI) | 15,19 % | 60 ( |
6 | |
| 6e | Mouvement populaire (MP) | 8,10 % | 32 ( |
4 | |
| 8e | Parti du progrès et du socialisme (PPS) | 4,55 % | 18 ( |
4 | |
| -- | Indépendants | 5 | |||
| -- | Total | 54,92 % | 217 ( |
31 |
Crise de mai 2013[modifier]
Le 12 mai 2013, le conseil national du parti de l'Istiqlal annonce son retrait de la coalition gouvernementale à la suite d'une réunion extraordinaire tenue à Rabat. Le début de cette crise politique commence en effet en septembre 2012, à la suite de l'élection de Abdelhamid Chabat à la tête du parti de l'Istiqlal, il critique alors publiquement le bilan gouvernemental et appelle au retrait de ses six ministres partisans du gouvernement.
Composition[modifier]
| Portefeuille | Nom | Parti politique | |
|---|---|---|---|
| Présidence du Gouvernement | |||
| Chef du gouvernement | Abdel-Ilah Benkiran | PJD | |
| Ministre d'État | Abdellah Baha | PJD | |
| Ministres | |||
| Ministre de l'Intérieur | Mohand Laenser | MP | |
| Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération | Saâdeddine El Othmani | PJD | |
| Ministre de la Justice et des Libertés | El Mostafa Ramid | PJD | |
| Ministre des Habous et des Affaires islamiques | Ahmed Toufiq | Indépendant | |
| Secrétaire général du gouvernement | Driss Dahak | Indépendant | |
| Ministre de l'Économie et des Finances | Nizar Baraka | PI | |
| Ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Politique de la ville | Mohamed Nabil Benabdallah | PPS | |
| Ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime | Aziz Akhannouch | Indépendant | |
| Ministre de l'Éducation nationale | Mohamed El Ouafa | PI | |
| Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres | Lahcen Daoudi | PJD | |
| Ministre de la Jeunesse et des Sports | Mohammed Ouzzine | MP | |
| Ministre de l'Équipement et du Transport | Abdelaziz Rabbah | PJD | |
| Ministre de la Santé | Houcine El Ouardi | PPS | |
| Ministre de la Communication Porte-parole du gouvernement |
Mustapha El Khalfi | PJD | |
| Ministre de l'Énergie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement | Fouad Douiri | PI | |
| Ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle | Abdelouahed Souhail | PPS | |
| Ministre de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies | Abdelkader Amara | PJD | |
| Ministre du Tourisme | Lahcen Haddad | MP | |
| Ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social | Bassima Hakkaoui | PJD | |
| Ministre de la Culture | Mohamed Amine Sbihi | PPS | |
| Ministre de l'Artisanat | Abdessamad Qaiouh | PI | |
| Ministre chargé des Relations avec le parlement et la société civile | El Habib Choubani | PJD | |
| Ministres délégués | |||
| Chargé de l'Administration de la défense nationale Auprès du Chef du gouvernement |
Abdellatif Loudiyi | Indépendant | |
| Chargé des Marocains résidant à l'étranger Auprès du Chef du gouvernement |
Abdellatif Maâzouz | PI | |
| Auprès du ministre de l'Intérieur | Charki Draiss | Indépendant | |
| Auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération | Youssef Amrani | PI[12] | |
| Chargé des Affaires générales et de la Gouvernance Auprès du Chef du gouvernement |
Mohamed Najib Boulif | PJD | |
| Chargé de la Fonction publique et de la Modernisation de l'administration Auprès du Chef du gouvernement |
Abdelâdim El Guerrouj | MP | |
| Chargé du Budget Auprès du ministre de l'Économie et des Finances |
Idriss Azami Al Idrissi | PJD | |
Programme gouvernemental[modifier]
Conformément à l'article 88 de la constitution, le Chef du gouvernement a présenté le programme gouvernemental le mardi 17 janvier 2012 devant les membres du parlement.
Le jeudi 19 janvier 2012, le parlement a approuvé ce programme par 218 voix contre 135. Aucune absention n'a étét enregistrée[13].
Les cinq grands axes du programme[modifier]
La déclaration gouvernementale repose sur trois bases[14] sur lesquelles seront fondées les politiques gouvernementales, ainsi que leurs mises en application:
- Action intégrée ;
- l'approche coopérative;
- lier la responsabilité à la reddition des comptes.
Dans la page 9 du programme qui en compte 97, cinq grandes directives sont instaurées :
- la consolidation de l’identité nationale unifiante dans la diversité de ses composantes tout en s’ouvrant sur les civilisations, les cultures et les langues étrangères ;
- la protection des droits et libertés acquis et leur élargissement, la régionalisation élargie et la bonne gouvernance ;
- le renforcement de l’économie nationale , la création d’emplois décents et l'instauration d'une politique économique garantissant une répartition équitable des richesses ;
- l’adoption d’un nouveau pacte social axé sur la solidarité entre les différentes couches sociales, entre les générations et les régions et assurant aux citoyens l’accès aux prestations sociales ;
- l'encouragement de la réactivité positive avec l'environnement régional et mondial et le renforcement du service public au profit des marocains résidant à l'étranger ;
Réactions de la classe politique[modifier]
Ce programme a été qualifié par la majorité de la classe politique de "très ambitieux et d'audacieux"[15].
Débats parlementaires[modifier]
Programme gouvernemental face aux attentes de la société civile[modifier]
Le chômage, le manque de prestations sociales adéquates et les problèmes liés au deséquilibre entre le pouvoir d'achat des citoyens et les prix exorbitants de l'habitat et des services médicaux constituent les principaux défis à l'action gouvernementale[16].
Mise en application du programme[modifier]
Popularité[modifier]
Un peu plus d'une semaine après la victoire électorale du PJD le 27 novembre 2011, un sondage d'opinion réalisé pour le compte de l'hebdomadaire Actuel par l'institut LMS-CSA (filiale marocaine de l'institut de sondage français CSA) révèle que 82 % des Marocains font confiance au Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane[n 2]. Il montre aussi que la lutte contre la corruption, l'amélioration de l'accès aux soins et la réforme de l'éducation constituent alors les dossiers prioritaires du gouvernement aux yeux de la population[17].
Articles connexes[modifier]
Notes et références[modifier]
Notes[modifier]
- Le Parti authenticité et modernité, bien que n'ayant pas participé aux législatives de 2007, était présent dans le précédent parlement avec 55 députés ayant rallié le parti au cours de la législation, à la suite de sa fondation.
- Sondage réalisé du 2 au 5 décembre 2011 sur un échantillon de 1000 personnes.
Références[modifier]
- SM le Roi nomme les membres du nouveau gouvernement, 3 janvier 2011, Portail national du Maroc
- Mohamed Chaoui, « Nouveau gouvernement : Une équipe toujours aussi pléthorique », L'Économiste, no 3692, 4 janvier 2012 [texte intégral (page consultée le 14 janvier 2012)]
- MAP, « Résultats définitifs du scrutin du 25 novembre portant sur les 395 sièges », Le Matin, 27 novembre 2011 [texte intégral (page consultée le 27 novembre 2011)]
- Fouâd Harit, « Le gouvernement "kafkaïen" de Benkirane », Afrik.com, mercredi 14 décembre 2011
- RFI, « Maroc: tractations du PJD pour la formation d'un gouvernement de coalition », Radio France internationale, 2 décembre 2011
- RFI, « Maroc : l’USFP ne participera pas au gouvernement Benkirane », Radio France internationale, 5 décembre 2011
- Halima Djigo, « Le PPS rejoint le gouvernement Benkirane », Yabiladi, 10 décembre 2011
- Oumar Baldé, « Mort de la Koutla démocratique, place à la « Koutla historique » », Yabiladi, 6 décembre 2011
- Oumar Baldé, « Benkirane : « Toutes les alliances sont possibles, sauf avec le PAM » », Yabiladi, 26 novembre 2011
- Oumar Baldé, « Nouveau gouvernement au Maroc : Quand les alliances cèdent la place aux postes ministériels », Yabiladi, 2 décembre 2011
- Reda Mouhsine, « Divisé, le MP rejoint l'équipe Benkirane », Le Soir Échos, 8 décembre 2011
- http://www.albayane.press.ma/documents/50-divers/11478-sm-le-roi-installe-le-gouvernement-benkirane--ministeres--11-au-pjd-6-au-pi-4-au-mp-4-au-pps-et-5-sap.html
- [1]
- Gouvernement 2012 BON.pdf|page 6 du programme gouvernemental de janvier 2011 ( en langue arabe
- [2]
- [3]
- Maghreb Arabe Presse, « Plus de 80 % des Marocains font confiance au leader du PJD, Abdelilah Benkirane », Atlasinfo.fr, vendredi 9 Décembre 2011