Gouvernance d'Internet

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La gouvernance d'Internet est l’élaboration et l’application conjointes, par les États, le secteur privé et la société civile, dans le cadre de leurs rôles respectifs, de principes, normes, règles, procédures de prise de décision et programmes propres à façonner l’évolution et l’usage d'Internet (selon la définition donnée par le groupe de travail sur la gouvernance d'Internet du Sommet mondial sur la société de l'information).

La gouvernance d'Internet, qui s'étend à toute norme juridique ou technique prise à l'égard d'Internet, se distingue du e-gouvernement, ou administration électronique, qui couvre l'usage que font les gouvernements des technologies de l'information et de la communication pour remplir leurs fonctions. Toutefois, l'administration électronique ne peut se passer de telles normes.

Les réglementations et l'organisation de la gouvernance d'Internet font l'objet de divers débats entre les parties prenantes du Net, où se confrontent des visions différentes sur la manière de faciliter la libre communication des idées et des connaissances.

Organisation mondiale[modifier | modifier le code]

« Qui dirige Internet ? », graphique visant à présenter une vue d'ensemble du fonctionnement d'Internet.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1979, l'Internet Configuration Control Board a été fondé par la DARPA pour superviser le développement du réseau. En 1984, il a été renommé Internet Advisory Board (IAB), pour devenir en 1986 l'Internet Activities Board et enfin l'Internet Architecture Board en 1992.

L'Internet Engineering Task Force (IETF) a été formé en 1986 par le gouvernement des États-Unis pour développer et promouvoir les standards de l'Internet. Il se composait initialement de chercheurs, mais à la fin de l'année la participation était ouverte à de nouveaux arrivants, et son activité fut très largement portée par le développement de la messagerie électronique.

Depuis la naissance du réseau jusqu'à sa mort en 1998, Jon Postel a supervisé l'allocation des adresses et d'autres numérotages et assignations de protocole Internet, en sa qualité de directeur de la division des réseaux informatiques de l'Information Sciences Institute (ISI) de l'université de la Californie du Sud et sous contrat avec le département américain de la Défense (DoD). Ce rôle fut ensuite connu sous le nom d'Internet Assigned Numbers Authority (IANA), et comme il s'était étendu pour inclure la gestion des serveurs racines de tout le Domain Name System, une petite organisation prit forme. Jon Postel remplit aussi des fonctions d'éditeur de Request for Comments (RFC).

Organisations et responsabilités[modifier | modifier le code]

Les Sommets mondiaux sur la société de l'information et la gouvernance d'Internet[modifier | modifier le code]

Depuis 2003, la gouvernance d'Internet est débattue à travers les sommets mondiaux sur la société de l'information (SMSI).

Un premier sommet a eu lieu à Genève en 2003, un second à Tunis en 2005. Un troisième sommet à Athènes en 2006 a débattu plus particulièrement de la gouvernance de l'Internet.

Les questions relatives à l'allocation des adresses IP et des noms de domaines ont été largement abordées.

Principaux aspects[modifier | modifier le code]

Attribution des adresses IP[modifier | modifier le code]

Jusqu'au début des années 1990, l'IANA attribue les blocs d'adresses aux utilisateurs finaux, généralement de grandes entreprises ou des universités. À partir du début des années 1990 se forment les registres Internet régionaux (RIR) qui attribuent les adresses dans leur zone de service, généralement un continent :

Définition des noms de domaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Domain name system.

L'organisation présentée comme la structure régulant le DNS est la société de droit californien à but non lucratif dénommée Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN).

C'est le 18 septembre 1998 que la responsabilité de l'allocation des noms de domaines et des adresses IP a été transférée à l'ICANN.

Gestion des accès aux ressources informatiques[modifier | modifier le code]

La gestion des accès Internet aux ressources informatiques de type fichiers classiques ou bases de données s'est d'abord faite avec les adresses des serveurs et des stations de travail (numéros IP dans le réseau informatique). Mais la multiplication à grande échelle à travers le monde des échanges de données électroniques et l'utilisation de ressources informatiques très diversifiées (documents électroniques, textes, images, sons…) posent plusieurs questions :

L'organisation de l'innovation dans des communautés de pratique composées d'organismes différents, comme dans les pôles de compétitivité qui allient entreprises, centres d'étude et de recherche et universités, transcende les frontières classiques des entreprises. La protection des données sensibles, du point de vue technique, financier et juridique, ne peut plus être assurée par les procédés classiques de sécurité informatique.

La manière dont beaucoup d'organisations internationales, surtout aux États-Unis, mais également au Japon (photographie) et dans une moindre mesure dans l'Union européenne, abordent cette question, est d'associer des métadonnées aux ressources numériques afin d'en faciliter l'accès, mais aussi de protéger les droits d'auteur. Les métadonnées conditionnent l'interopérabilité entre les ressources informatiques. Elles interviennent dans les recherches d'informations par les moteurs de recherche et dans la gestion des règles métier.

Article détaillé : Registres de métadonnées.

Gestion des langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gestion des langues.

La gestion des langues est une partie de la gouvernance d'Internet. La langue est en effet, dans les référentiels de mots-clés, l'un des paramètres qui participent à la structuration des informations en rapport avec des communautés d'intérêt . C'est, par exemple, l'un des quinze éléments de description génériques retenus dans le Dublin Core.

Gestion de la consommation énergétique et des impacts environnementaux[modifier | modifier le code]

Première « forêt-Internet » néerlandaise, plantée en 2008.

Internet permet théoriquement des économies de transport et de papier, mais est dans les faits source d'une consommation croissante d'énergie (électrique essentiellement). Les matériels et supports électroniques sont à faible durée de vie, rarement éco-conçus et consommateurs d'eau et de ressources rares ou précieuses, tout en étant producteurs en fin de vie de déchets toxiques en quantité dispersée. Un des aspects de la gouvernance d'Internet est la production d'un réseau plus sobre en énergie, moins émetteur de gaz à effet de serre et plus respectueux de l'environnement.

L'une des voies empruntées consiste à appliquer à Internet le principe de la compensation carbone. Diverses opérations illustrent cette tendance, comme le boisement de bouleaux (essence à croissance rapide) planté le 22 avril 2008 près d'Apeldoorn, au Pays-Bas, à l'initiative de Cleanbit[1], société qui vise à développer l'investissement dans les énergies renouvelables et la compensation des émissions de dioxyde de carbone induites par les serveurs et les sites volontaires. Des actions du même type sont en cours pour les serveurs de la société Computel, en collaboration avec l'ONG Climate Neutral Group, avec 4 400 plants à l'hectare et certification FSC[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]