Georges Pinault

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Georges Pinault (né à Saint-Malo en 1928 - 29 novembre 2000), dit « Goulven Pennaod » ou Jord Pinault, est un nationaliste breton élevé dans une famille de la gauche radicale socialiste de Saint Malo, qualifié de néo-nazi par le Rapport Rousso et un linguiste spécialisé dans les langues indo-européennes et en particulier celtiques : breton, cornique, celtique continental ou gaulois.

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre Mondiale, Georges Pinault, étant trop jeune pour entrer dans la Waffen-SS, s'inscrit aux « Jeunes de l'Europe Nouvelle » (JEN), création du Groupe Collaboration à destination des adolescents. Il est condamné à cinq ans d'indignité nationale. Son ami romancier, le Waffen SS français Saint-Loup, le présente ainsi dans son livre Les Nostalgiques : « Goulven Pennaod n'avait pas quinze ans en 1943. Ne pouvant rallier la Waffen SS, il s'était inscrit aux jeunes de l'Europe nouvelle. Prison Jacques-Cartier à Rennes en 1945. Cinq ans d'indignité nationale en raison de sa jeunesse. (...) Il se retrouve au Pays de Galles, soldat dans l'armée secrète des séparatistes. (...) Il traîne sa nostalgie de la guerre qu'il n'a pas faite aux côtés du IIIe Reich socialiste. Ce socialiste anti-communiste se console en contractant un engagement pour l'Indochine pour, disait-il, "continuer la croisade anti-bolchévique". »

Il est sous-lieutenant durant la guerre d'Indochine où il participe à la bataille de Diên Biên Phu. Il fut décoré de la Légion d'honneur qu'il refusa. En 1959, il écrit sa première œuvre publiée en breton sous un pseudonyme : « Ur gudenn a vannouriezh : an tennan nuzh an aerloc'hennoù » (Un problème de balistique, le tir contre les missiles aériens), éditions Preder. À la fin des années soixante, il participe à la revue antisémite Europe-Action avec Alain de Benoist et Pierre Vial.

Georges Pinault, dit « Goulven Pennaod » était un grand érudit. Il était druide dans la Gorsedd de Bretagne. C'était surtout un rebelle anarchiste extrêmement railleur, un humoriste insoumis, sardonique. Il avait un goût insolent pour les provocations. Il méprisait profondément les Bretons petits-bourgeois serviles. Il crachait sur les collaborateurs de la France jacobine et de son idéologie droitiste ou gauchiste, même quand il était obligé de travailler avec eux. Il détestait l’extrême droite nationaliste gaulliste.

Ainsi l'un de ses nombreux canulars satyriques, comme celui-ci écrit en 1973, dans le bimensuel La Bretagne réelle-Celtia: « Nous haïssions la France d’une haine rabique et définitive, le chancelier Hitler était le plus grand homme du XXe siècle, le christianisme et les autres juiveries devaient être détruits, l’honneur et les vertus guerrières cultivées, les filles baisées, la racaille éliminée et finalement SS vaincra. »

Il a publié des articles, traductions, recensions - en breton et en français - dans les revues Al Liamm, Preder, Ogam-Tradition celtique, Études indo-européennes, Nouvelle École, Annales de Bretagne, Hor Yezh

Il avait toujours refusé d'être un universitaire, un « collabo de l'État français », comme il le disait lui-même. En 1989, malgré les avis défavorables du CNU (au niveau national) et diplômes universitaires inexistants, la présidence de Lyon III parviendra tout de même à le recruter en tant que maître de conférence associé (cf. le Rapport Rousso2). En 1997, il parvient à être présenté comme chercheur-associé à l'Université de Brest, bien qu'il ne soit pas universitaire.

Publications[modifier | modifier le code]

  • (br) Darleaduriou ker Vreizh, splet an henvrezhoneg evit ar yezh arnevez
  • (br) Ur guden a vannouriezh : an tennan ouzh an aerloc'hennoù (Un problème de balistique, le tir contre les missiles aériens) ; Preder, 1959.
  • (br) Yezhadur berr ar c'herneveg (Précis de grammaire cornique) ; 1960.
  • avec Abeozen : Yezhadur nevez ar c'hembraeg'' (Nouvelle grammaire galloise) ; 1964.
  • (br) Dornlevr krennvrezhoneg. Eil embannadur azveret (Manuel de moyen-breton) ; Plomelin, Preder, 1966 ; nouvelle éd., 1979.
  • (br) Kentskrid d'ur studi frammadel eus ar brezhoneg (Introduction à une étude structurale du breton) ; 1966.
  • Langues et littérature celtiques, in Nouvelle École no 15, 1971, p. 17-36.
  • Le calendrier gaulois de Coligny, in Les Celtes, Nouvelle École no 17, 1972 (p. 48-59 ; autres articles par Jean-Jacques Hatt, Wolfgang Meid (traduit par G.P.), Roger Hervé).
  • Inventaire du système consonantique du breton [réf. nécessaire].
  • Leçons de moyen-breton ; 1984 [réf. nécessaire].
  • Recueil des inscriptions gauloises. Tome III : Les calendriers (sous la direction de P.-M. Duval) ; P., Cnrs (supplément à Gallia, 45), 1986, 442 pages ISSN 00720119
  • « Quelques rois dans le Mabinogi » Études indo-européennes : Georges Dumézil in memoriam (vol. 2), sans date, p. 132-144.

Éditions :

  • (br) Doue ha mem Bro, de Y.V. Joubioux ; 1973.
  • (br) Bourrapted an tiegezh, de J.M. Heneu ; 1974.
  • (br) Oberennoù klok', de Prosper Proux ; 1975.
  • (br) Levr al labourer, adembannet ha skoue riekaet gant G.P. ; Plomelin, Preder, 1979, 151 pages (édition du poème de Joakim Gwilhom : Livr el labourer, Vannes 1849, avec traduction en breton unifié en regard).
  • (br) Passyon agan arluth - Pasion hon aotrou : barzhoneg kernevek eus ar 15t kantved testenn orin diwar ; Preder, 1978.
  • (br) An Novelov ancien ha devot : les Noëls anciens et dévots (texte de 1650 accompagné d'une traduction française de G.P.) ; Preder, 1984, 175 pages.
  • traduction de : Le combat des arbrisseaux du Pseudo-Taliesin (avec Alain Le Berre et Guy Étienne), in Poésie Bretagne no 8, 1987, p. 23-39.

Notes et références[modifier | modifier le code]