Goukouni Oueddei

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Goukouni Oueddei
Fonctions
Président du gouvernement national d'union de transition de la République du Tchad
(chef de l'État)
3 septembre 19797 juin 1982
(2 ans, 9 mois et 4 jours)
Premier ministre Djidingar Dono Ngardoum
Prédécesseur Lol Mahamat Choua
Successeur Hissène Habré
(président de la République)
Président du gouvernement national d'union de transition de la République du Tchad
(chef de l'État)
23 mars29 avril 1979
(1 mois et 6 jours)
Prédécesseur Félix Malloum
(président de la République)
Successeur Lol Mahamat Choua
Biographie
Date de naissance 1944
Lieu de naissance (Tchad)
Nationalité tchadienne
Parti politique Forces armées populaires
Religion Islam

Goukouni Oueddei
Chefs de l'État tchadiens

Goukouni Oueddei (né en 1944), fils de Oueddei Kihidemi (chef traditionnel des Teddas), est un homme d'État tchadien, chef de l'État entre 1979 et 1982 ; il a été de facto renversé en décembre 1981 par Hissène Habré, soutenu par la France et les États-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, il dirigea les Forces armées populaires (FAP), mouvement rival des Forces armées du Nord d'Hissène Habré, les deux étant opposés au régime dictatorial de Tombalbaye. Les FAP sont soutenues par la Libye de Kadhafi, tandis que les FAN sont soutenues par le Soudan[1].

Il est l'un des responsables de la détention de plusieurs ressortissants européens, dont l'ethnologue Françoise Claustre entre 1974 et 1977, et de l'exécution de l'émissaire envoyé par le gouvernement français pour négocier leur libération, le commandant Galopin.

Après les accords I et II de Kano (mars et avril 1979) et de Lagos (août 1979), un gouvernement national d'union de transition (GUNT) est créé, avec à sa tête Oueddei[1]. Goukouni devient ainsi officiellement chef de l'État d'abord du 23 mars 1979 au 29 avril 1979, puis à nouveau du 3 septembre 1979 au 7 juin 1982. Oueddei est accompagné du général Kamougué, à la vice-présidence, et d'Hissène Habré, au ministère de la Défense[1].

Article détaillé : Conflit tchado-libyen.

Années 1980[modifier | modifier le code]

En mars 1980, Habré rompt avec le GUNT et s'empare de N'Djamena. Avec l'appui des forces libyennes, Oueddei parvient à les repousser hors de la capitale. En janvier 1981, il annonce à Tripoli la fusion de son pays avec la Libye, suscitant la réprobation internationale, et particulièrement française [1]. En décembre 1981, Hissène Habré, désormais soutenu par la France et les États-Unis, qui considèrent dorénavant le conflit tchadien comme enjeu de la guerre froide, renverse Oueddei[1].

Il anime le GUNT, gouvernement de l'opposition à la dictature sanguinaire d'Hissène Habré, tout au long des années 1980. En 1983, les progrès du GUNT conduisent à l'opération Manta de l'armée française, en soutien à Habré[1]. Trois ans plus tard, une nouvelle offensive conjointe de la Libye et du GUNT suscite une nouvelle réaction de Paris, avec l'opération Épervier[1]. En 1987, Oueddei s'exile à Alger. Le 19 août 2009, après 22 ans d'exil, il annonce son retour au Tchad.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Alain Fogué Tédom, Enjeux géostratégiques et conflits politiques en Afrique noire, éd. L'Harmattan, 2008, 418 p., p.103-104