Rock gothique

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Rock gothique (Gothic rock)

Origines stylistiques Post-punk
New wave
Coldwave
Origines culturelles Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Fin des années 1970
Instruments typiques Guitare, basse, batterie (ou Boîte à rythmes) et synthétiseur
Popularité principalement underground dans les années 1980
Scènes régionales Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Voir aussi Mouvement gothique
Musique gothique

Genres dérivés

Darkwave
Deathrock

Genres associés

Darkwave
Deathrock
Batcave
New wave
Cold wave

Le rock gothique est un sous-genre du post punk né en Angleterre à la fin des années 1970 sur les cendres du mouvement punk, avec des groupes précurseurs[1] comme Joy Division[2],[3], Siouxsie and the Banshees et The Cure[3].

Le rock gothique a seulement commencé à être défini comme tel avec les groupes Bauhaus, Sisters of Mercy et Fields of the Nephilim.

Les origines[modifier | modifier le code]

Des formations ont simultanément commencé à créer une musique plus sombre dans les années 1970. En 1973, Lou Reed publie l'album Berlin dont toute « la seconde face est un Golgotha panique »[4], s'appuyant sur les principes du psychodrame. La critique anglaise décrit un concert donné à Liverpool comme « une messe noire dans une cathédrale gothique »[5]. La pochette de l'album live Rock 'n' Roll Animal enregistré durant cette période, montre Reed « les yeux outrageusement charbonnés »[5] tout de noir vêtu, avec un collier en cuir garni de clous. Un autres artiste pré-gothique David Bowie, avec l'album Diamond Dogs et l'un de ses morceaux We are the Dead, a influencé bon nombre de musiciens post-punk parmi lesquels Siouxsie and the Banshees et The Cure. Ces deux groupes ont régulièrement maintenu des attaches avec la culture, le style et l'esthétique "gothique" alors que leur musique s'en est écartée petit à petit dès 1982. Siouxsie and The Banshees ont par certains aspects été affiliés à ce genre avec l'album Juju publié en 1981. The Cure ont aussi fait une incursion dans ce style sur Pornography[6] : sur cet album figurent tous les codes musicaux gothiques avec notamment des rythmes tribaux et des orgues d'église comme sur le titre Cold.

Joy Division[7] a aussi un « son gothique »[2] selon le critique Bayon. En 1980, Melody Maker écrit que "Joy Division sont les maîtres de la mélancolie gothique"[8]. Ce groupe mancunien qui a notamment été marqué par Iggy Pop et les ambiances sombres de l'album The Idiot, a eu un impact important sur des formations gothiques comme Play Dead, qui ont commencé à emerger après le début des années 80. Emmenés par leur leader à la voix sépulcrale Ian Curtis, les membres de Joy Division ont été pris en photo par Anton Corbijn, arborant des vêtements sombres en symbiose avec les ambiances délétères de leur musique et la noirceur de leurs textes. Cela leur a permis d'accéder à un statut d'icônes mais contrairement à Siouxsie, la chanteuse des Banshees et Robert Smith, le leader de The Cure, Curtis et ses comparses n'ont jamais arboré le look gothique tel qu'on l'entend aujourd'hui, avec les cheveux crêpés et les paupières noircies de mascara.

L'avènement d'un genre[modifier | modifier le code]

Bauhaus est considéré comme le groupe initiateur de cette scène gothique avec la chanson clef Bela Lugosi's Dead parue en 1979[9]. Ce titre fait référence à l'acteur de film d'horreur Béla Lugosi qui a incarné à l'écran l'image ultime du vampire avec son interprétation dans le film Dracula. Les paroles de la chanson de Bauhaus évoquent de jeunes fiancées vierges et des chauves-souris qui sortent d'un clocher; l'imagerie que cela véhicule sera déclinée par la suite à l'envi par une multitude d'autres groupes dont Christian Death.

Le mythe construit autour de la mort par pendaison du chanteur de Joy Division, Ian Curtis, marque l'histoire de cette culture du début des années 80, mettant au second plan, du coup, le côté profondément ironique et théâtral inspiré du glam rock anglais, de groupes comme Bauhaus, Virgin Prunes, Christian Death ou Fad Gadget. Cette phase nihiliste est ensuite délaissée au profit d'une esthétique hard rock macabre plus classique réminiscente d'Alice Cooper. Les groupes les plus emblématiques de ce style seront par la suite les Sisters of Mercy, The Mission et les Fields of the Nephilim. Le style des Sisters of Mercy qui a influencé la plupart des groupes Gothiques contemporains, est sensiblement différent avec des "riffs" se rapprochant parfois du hard-rock. Les musiciens de The Cult ont aussi joué de la guitare de la même manière.

Musicalement, le rock gothique reprend les sons de guitare et de synthétiseur du post-punk et les utilise pour construire des atmosphères funestes, tristes et souvent épiques. Selon le journaliste Simon Reynolds, les caractéristiques standards du genre se traduisent souvent par des "rythmes de guitare tranchants, des lignes de basses dans un registre aigu qui souvent cassent la mélodie; et des rythmes de batterie qui sont soit pesants, soit tribaux"[10].

De 1979 à 1985, les compositions plus synthétiques de Gary Numan, de Tubeway Army à The Pleasure Principle, présentent des caractéristiques gothiques bien que l'image glamour du chanteur ait été plus proche de l'esthétique new wave. Son style de musique et son look sombre ont en partie influencé par la suite la mode et le son cyberpunk.

Un mouvement gothique plus proche de la musique dance perdure encore aujourd'hui.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Nitsuh Abebe.A Life Less Lived Pitchfork.com. 24 janvier 2007. "Familiar classics from the bands who turned out to be goth's godfathers-- Joy Division, the Cure, Bauhaus, Siouxsie & the Banshees-- but the heart of the thing remains England's 1980s goth heyday, where the urge to dance comes out in grim, grinding, relentless music for the fake undead: Look to the Sisters of Mercy's steamroller Temple of Love"
  2. a et b Bayon, "Joy Division". Libération. 18 mai 1990. Texte reproduit dans "Rock Critics", éditeur Don Quichotte, 2010. (ISBN 2359490168). "un son gothique"
  3. a et b "NME Originals : Goth" NME. Hors série spécial publié en octobre 2004
  4. Philippe Manoeuvre. "La Discothèque Rock Idéale". éditeur Albin Michel, 2005.(ISBN 9782226152091). P.110 Critique de l'album Berlin de Lou Reed. "Toute la seconde face, de Oh Jim à Sad Song, est un Golgotha panique, à faire passer Marilyn Manson pour un joyeux drille".
  5. a et b Philippe Manoeuvre. "La Discothèque Rock Idéale". éditeur Albin Michel, 2005.(ISBN 9782226152091). P. 121 Chronique de l'album Rock 'n'Roll Animal de Lou Reed.
  6. Robert Dimery. "The Cure Pornography" par¨Peter Notari. Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie. P488 ISBN2082015394
  7. (en) Luke Lewis. "Release The Bats" NME.com. 5 mars 2009. 1. Joy Division – Atmosphere. Peter Hook despairs whenever anyone refers to Joy Division as a goth band, but what else were they? Desolate atmospherics, icily reverberating synths, Ian Curtis' portentous baritone. All those qualities found their ultimate expression in 'Atmosphere', a song whose shattering emotive power is intensified by Anton Corbijn's monochrome video (shot eight years after the song's original release), featuring mysterious hooded figures swarming slowly over a bleached landscape. Most gothic moment: The vast, echoing guitar chords that enter at 3.23.
  8. Chris Bohn. "Joy Division University of London Union -live review". Melody Maker. 8-2-1980. "Joy Division are masters of this gothic gloom..."
  9. (en) Goth rock. Allmusic.com. "The true birth of goth rock was "Bela Lugosi's Dead," the 1979 debut single by Bauhaus"
  10. Reynolds, p. 423

Sources[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • A life less lived - The Gothic box (coffret regroupant tous les titres clef de ces groupes compilés par Rhino Records, 2006)

Articles connexes[modifier | modifier le code]