Goswin de Stassart

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Goswin de Stassart
Goswin de Stassart
Goswin de Stassart
Fonctions
1er président du Sénat belge
Successeur Louis Baron de Schiervel
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Malines (Hôtel Perceval)
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Bruxelles
Nationalité Drapeau de la Belgique belge
Parti politique Parti Libéral

Goswin de Stassart

Goswin Joseph Augustin, baron de Stassart, né à Malines, le 2 septembre 1780 et décédé à Bruxelles le 16 octobre 1854, est un homme politique et écrivain belge du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant l'indépendance de la Belgique[modifier | modifier le code]

Goswin de Stassart est né à Malines, le fils de Jacques-Joseph-Augustin de Stassart, conseiller au Grand Conseil de Malines et président du conseil de Namur, et de Barbe de Maillen. En 1789, lors de la révolution brabançonne, son père Jacques-Joseph, fidèle à l'empereur d'Autriche Joseph II, fuit Namur et part s'installer en Autriche. Après quelques années d'exil il revient s'établir à Namur. En 1795 la Belgique devient française et le jeune Goswin est envoyé à Paris pour étudier.

Ayant effectué des études de droit et acquis aux idées de la Révolution française, Goswin de Stassart devient en 1804, à l'instauration du Premier Empire, Auditeur au Conseil d'État.

Grâce à sa connaissance de l'allemand (enfant, il avait vécu en Autriche), il est de 1805 à 1806 intendant du Tyrol et du Vorarlberg. En 1806 chargé de mission d'inspection administrative en Belgique et en Rhénanie puis successivement intendant d'Elbing et de la Vieille Prusse (1807), intendant de la Prusse-Orientale, de la Prusse-Occidentale, de la Moyenne Marche et de Berlin (1808).

En 1809 retour en France où il devient sous-préfet d'Orange puis préfet du Vaucluse en 1810. En 1811, il figure dans la liste des membres de la goguette marseillaise des Troubadours de Marseille, en qualité de Troubadour associé[1]. En 1811 également, il devient préfet des Bouches-de-la-Meuse à la création de ce département à la suite de l'annexion du Royaume de Hollande et le reste jusqu'en 1813.

Il avait épousé en 1810 Caroline, une fille cadette de Charles Antoine Armand Odet du Mas de Payzac. Ils n'eurent pas d'enfant.

En 1815, lors de la campagne des Cent-Jours, Napoléon l'envoie porter des ouvertures de paix à l'empereur d'Autriche où il se fait arrêter.

En 1815, à la suite du Congrès de Vienne, les anciens Pays-Bas autrichiens sont réunis aux anciennes Provinces-Unies pour former le nouveau Royaume uni des Pays-Bas. Goswin de Stassart, dans ce nouveau royaume, devint membre de la seconde Chambre des États généraux de 1821 à 1830 où il siégea dans les rangs de l'opposition.

Après l'indépendance de la Belgique[modifier | modifier le code]

En 1830, à la suite de l'indépendance de la Belgique, il est élu au Congrès national et y défend le projet d'une union personnelle entre la France et la Belgique, à travers la personne de Louis-Philippe[2]. Il était également partisan de l'unionisme.

Plus tard, Léopold Ier apprendra à apprécier le baron de Stassart, qui deviendra une des personnalités les plus en vue de Belgique : premier gouverneur de la Province de Namur en 1830 puis, en 1834, gouverneur de la province de Brabant jusqu'en 1839.
En 1831 il devient également le premier Président du Sénat.

Franc-maçon et catholique, il est élu à la tête du Grand Orient de Belgique à la fondation de celui-ci en 1833, mais dans l'espoir de voir le roi (franc-maçon lui aussi) accepter une grande-maîtrise symbolique, Stassart n'acceptera que le titre de "Premier Grand Surveillant faisant fonction de Grand-Maître". C'est bien lui qui exerça le premier la fonction de Grand-Maître.

En 1837 il doit faire face à la circulaire des évêques de Belgique interdisant la fréquentation des loges maçonniques aux catholiques. Mais il décide de ne pas se soumettre à la décision des évêques et fait le choix de la franc-maçonnerie. Ce choix il le paiera très cher : en 1838, à la suite des attaques du Parti catholique soutenu par le roi, il doit quitter la présidence du Sénat… qu'il réintégrera comme sénateur en 1839 grâce au soutien des libéraux.

En 1841, il démissionne de la Grande maîtrise pour divergence d'opinions sur le rôle que doit tenir la franc-maçonnerie.

Il fut également membre du conseil supérieur de l'École centrale du commerce et de l'industrie[3].

Il restera toute sa vie un libéral dans l'esprit des Lumières.

Le préfet Goswin de Stassart, Baron d'Empire. Portrait exposé au Musée d'Orange

L'écrivain[modifier | modifier le code]

Écrivain, académicien depuis 1833, il deviendra président de l'Académie royale de Belgique à laquelle il léguera sa très riche bibliothèque. Ses œuvres complètes, comprenant des "Idylles", des "Fables", des "Pensées", des écrits à caractère politique et des œuvres d'inspiration maçonnique connurent plusieurs éditions avant d'être rassemblées et publiées à Paris en 1855 à l'initiative de l'Institut de France.

Goswin de Stassart, outre ses activités de haut fonctionnaire, était un poète réputé de son temps, auteur de Fables, il était considéré comme un écrivain de valeur, même si le temps a fait modifier ce jugement. Il était membre aussi de la Société de littérature de Bruxelles.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Le graveur Léopold Wiener a exécuté une médaille posthume à l'effigie du baron de Stassart. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 0465).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir la liste des Troubadours associés dans l' Année lyrique des Troubadours de Marseille pour 1811.
  2. Jean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, tome 1, Les Racines de la Belgique, éditions Racine, Bruxelles, 2000 (ISBN 2-87386-218-1), p. 209.
  3. Almanach Royal et du Commerce de Belgique pour l’an M DCCC XXX VIII, présenté à Sa Majesté, Bruxelles, Imprimerie Balleroy, 1838 : « ECOLE CENTRALE DE COMMERCE ET D'INDUSTRIE , Rue Royale Neuve, 53. Conseil supérieur, MM. Le baron de Stassart, président du sénat et gouverneur du Brabant. Engler, sénateur. Desmaisières, représentant. Le comte Ferd. Meeus, représentant, directeur de la société générale pour favoriser l'industrie et de la société de commerce. Coghen, représentant et directeur de la société Nationale. Zoude, représentant. Rouppe, Bourgmestre de Bruxelles. Wyns, membre du conseil provincial du Brabant. Dindal, membre du conseil provincial du Brabant. Van Dievoet, avocat à Bruxelles ».

Références[modifier | modifier le code]

  • Collectif, À la découverte de l'histoire d'Ixelles (7), Éditions de la Porte de Namur
  • Hervé Hasquin, Dictionnaire d'histoire de Belgique, Didier Hatier, 2000

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Illustres et Francs-maçons, Éditions Labor, 2004
  • Marie-Rose Thielemans, Goswin, baron de Stassart, 1780-1854, Éditions de l'Académie royale de Belgique, 2008


Précédé par Goswin de Stassart Suivi par
-
Logo Senat+Drapeau Belge.png
président du Sénat belge
1831 - 1838
Louis baron de Schiervel